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Publié par Samuel Malonga

Dans les années 1970, un phénomène inquiétant marqua profondément la ville de Kinshasa. Dans plusieurs communes de la capitale, des jeunes filles prenaient l’habitude tragique de mettre fin à leurs jours par immolation, souvent dans le secret de leur chambre. Ce qui semblait au départ n’être que des cas isolés devint progressivement un véritable problème de société. Beaucoup en vinrent alors à se demander si un étrange esprit de mort ne planait pas sur la ville. Kinshasa découvrait ainsi une manière effroyable de se donner la mort, au point que même certaines familles proches du pouvoir n’échappèrent pas à ce drame. La famille du président Mobutu Sese Seko fut elle-même indirectement touchée par cette vague de suicides qui alimentait les conversations.

À cette époque, certaines jeunes filles supportaient difficilement les reproches ou les sanctions familiales. Une rentrée tardive, une nuit passée hors du domicile ou les remontrances sévères d’une mère, d’une grande sœur ou d’un père pouvaient suffire à pousser certaines d’entre elles vers l’irréparable. Des femmes mariées avaient également recours à cette pratique morbide après une dispute conjugale, une altercation avec une belle-sœur ou une rivalité amoureuse devenue insupportable. Dans de nombreux cas, ce geste apparaissait comme une réponse désespérée à une souffrance intérieure, à un profond sentiment d’humiliation ou à une colère impossible à exprimer autrement.

 

Le drame se déroulait généralement dans le huis clos de la maison familiale. La victime préparait souvent son geste à l’avance et profitait de l’absence des proches pour exécuter son plan macabre. Après avoir subi de simples reproches, elle s’enfermait dans sa chambre avec un bidon de pétrole et une boîte d’allumettes. Seule face à sa conscience et à une décision déjà arrêtée, elle s’aspergeait le corps de pétrole avant de craquer une allumette. Une simple étincelle suffisait alors à transformer le corps imbibé en torche humaine. Les cris déchirants alertaient parfois les voisins ou les membres de la famille, mais les secours arrivaient souvent trop tard, surtout lorsque la porte avait été verrouillée de l’intérieur.

Quand les proches parvenaient enfin à pénétrer dans la chambre et à éteindre les flammes, le spectacle était généralement insoutenable. Certaines victimes souffraient de brûlures au deuxième ou au troisième degré. Bien souvent, c’était déjà un corps sans vie que l’on transportait à l’hôpital. Celles qui survivaient restaient marquées à jamais par de graves brûlures qui défiguraient leur corps et leur faisaient perdre ce que la société considérait alors comme leur attrait féminin. À ces blessures physiques s’ajoutaient de profondes séquelles psychologiques qui accompagnaient les survivantes tout au long de leur existence.

Parmi toutes les victimes de cette époque, l’une d’entre elles demeura particulièrement célèbre dans la mémoire populaire kinoise : Marietou. Ancienne rocherette et danseuse renommée qui avait accompagné l’African Fiesta National à l’Olympia de Paris en 1970. Sa disparition tragique bouleversa profondément l’opinion publique. Le chanteur Tabu Ley Rochereau lui rendit hommage en l’immortalisant dans une chanson devenue célèbre, gravant ainsi son nom dans la mémoire de la rumba congolaise et dans l’histoire douloureuse de cette sombre période de Kinshasa.

Samuel Malonga

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E
Salut les mbokatiers,<br /> <br /> Je remercie l'auteur de l'article pour le sujet abordé ; je suis de la génération née dans la première moitié de la décennie 70, le phenomène de suicide de jeunes filles nous l'avons peu connu, mais l'avons vécu deux fois que je peux attester.<br /> <br /> Un cas de suicide d'un proche parent par l'absorption exagérée et volontaire des médicaments suite à la rivalité au sein du mariage ; je ne peux m'étendre là-dessus car il faut garder la discrétion familiiale.<br /> <br /> L'autre cas du suicide, c'est une jeune fille dans le quartier Mpudi à Matete, elle était jeune soeur à un ainé de ce quartier, ami à des parents que je fréquentais. La défunté s'était immolée un samedi, heureusement que je n'étais pas présent car je suis passé le lendemain et j'ai appris la triste nouvelle ; et aux dires de mes cousins, le spectacle était horrible. Les remontrances de la famille au sujet de sa grossesse (acquise après une aventure amoureuse) ont été la cause de l'acte de la défunte.<br /> <br /> Je tiens à souligner que ces évenements ont eu lieu dans la première moitié des années 80, ce qui confirme la tendance des années 70 évoquée par l'auteur. C'est après que j'ai compris le sens de la chanson Nakoboma nzoto te de Tabu-Ley. Et il faut féliciter notre icône, car il a contribué aussi à conscientiser le public sur la nullité de l'acte du suicide, car la vie continuait toujours après une déception amoureuse.<br /> <br /> Puisque je parle de Tabu-Ley et du phenoméne du suicide des années 70, je veux apporter ma petite contribution sur le cas Marietou, que je n'ai pas connue d'ailleurs : Seskain Molenga dans l'émission La Rumba sur Youtube (https://www.youtube.com/watch?v=EibeZ_XLa_Q), donne une version contraire à la thèse répandue du "suicide de Marietou" ; il explique que la mort serait due à une dispute entre la défunte et son amant d'alors. Je vous invite à consulter l'émission et si possible à approcher Seskain pour plus de précisions.<br /> <br /> Emile de Kinshasa
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M
Je suis soulagé de constater qu'il existe encore des jeunes patriotes épris de justice comme vous.<br /> La RDC doit compter sur des jeunes de votre envergure pour sa survie.
E
Salut le Messager <br /> <br /> Merci pour la réponse ; c'est dommage pour notre pays qu'une telle personne, criminel en fait puisse se tirer comme ça, pire en ayant recidivé comme vous l'écrivez.<br /> <br /> Et dire que pendant des années son forfait est converti pour les générations futures en un célèbre suicide, immortalisé malheureusement par une chanson qui rendait hommage à la victime.<br /> Un jour il faudrait qu'on se surpasse et que la vérité soit retablie sur un crime (s'il l'a été vraiment) et que son Auteur soit dénoncé même à titre posthume.
M
Erratum <br /> Lire Seskain au lieu de Dessin
M
Émile de Kinshasa.<br /> Effectivement, la version de Dessin est véridique. Ce fameux amant fut un jeune officier des FAZ. Je tais son nom. Il fut à l'origine d 'un autre suicide, après celui de Marietou.
L
SUICIDE POUR UN MARIAGE REFUSÉ<br /> Parmi les cas les plus fréquents de l' époque concernant les jeunes filles de Kinshasa qui se suicidaient par le feu , il y ' avait aussi le cas des Propositions des Mariages refusés par les Parents ou par l’un des 2 amoureux.<br /> Une jeune fille de l' époque aimée par un homme , sans informer les parents les parents ou du moins la maman , elle se livre déjà à un Amour excessif déjà connue par ses amies jeunes filles. <br /> C'est au moment oú l'Amour s'est avancé plus que la fille informera les Parents.Et cette information était accompagné d' une Proposition de MARIAGE.<br /> À cette époque nos Parents étaient très caégoriques et ne toleraient pas les bêtises et ne supportaient pas les voyous.. Raison pour laquelle les musiciens étaient considérés pour des voyous.<br /> Donc un garçon qui sortait déjà avec une jeune filles était déjà traité comme un mois sérieux et d' office disqualifié.Et toute tentative de proposition de mariage était déjà écartée , quoique la jeune fille avait déjà un excès d' Amour qu'on appelait à l' époque AMOUR FOU.<br /> Pour certaines jeunes filles , elles avaient la chance , avec les cconseils de la famille et voisins.Alors les parents revenaient à la tolerence pour permettre quand même le Mariage.<br /> D'autres par contre restaient catégoriques et à leur surprise la jeune fille avec cet Orgueil de kinoise , ne supportant pas la honte vis à vis des ses amies qui vont se moquer d' elle , choisit la Mort.<br /> C' est après que les parents vont être surpris de l' imprévu.<br /> L' autre cas était d' un garçon que les parents traitaient de moins sérieux , ou alors de tribu différente que les parents vont nier catégoriquement pendant que l' AMOUR était déjà FOU , alors la jeune fille deséspérée choisit la mort , soit disant «NAKOKOKA TE KO VIVRE SANS YE » (JE NE PEUX PAS VIVRE SANS LUI».<br /> <br /> D' autres Parents trop catégoriques pouvaient dire «SOKI OKOMIBOMA , MIBOMA NA YO » (SI TU VAS TE SUICIDER , SUICIDE-TOI). Et à leur surprise la jeune fille pour montrer qu' elle n' est pas en train de blaguer , se suicide comme les autres. Alors c' est après que les parents se rendront compte de leur imprudence de ne pas cajoler leur fille déjà trop amoureuse.<br /> <br /> Moi dans mon cas j'ai aimé à deux reprises une jeune fille pour le Mariage.Mais à chaque fos ma mère connaissant le comportement de chacune d' elles , était trop catégorique jusqu' à injurier publiquement «NDUMBA» (PROSTITUÉE) , tout en promettant à chaque fois « OKOBALA MUANA NA NGAI TE (TU NE VAS PAS TE MARIER AVEC MON ENFANT). <br /> Heureusement pour moi , la première a prèféré allait vivre à Matadi et se marier avec un autre homme. Elle est vivante aujourd' hui à Kinshasa .<br /> La deuxième changea aussi de ville , mais coupa catégoriquement toute relation. je n'ai jamais su oú elle est allé jusqu'aujourd'hui. Ou même si elle vivante. Heuresement qu' eles ne ce sont pas suicidées.<br /> <br /> il y ' avait encore un autre cas : l' homme ne veut plus continuer à aimer la jeune fille , et refuser de se marier avec elle , soit c' est la jeune fille qui ne veut plus brusquement. Ceci causait aussi des suicides.<br /> Quand on chantait dans le groupe catholique BILENGE YA MUINDA on avait risqué de perdre une fille membre du groupe , heureusement que l' homme aussi faisait partie du groupe , on a réussi à le convaincre puisque la fille menaçait déjà le suicide.Mais se réconciliant ,le suicide rata. <br /> Certains hommes aussi ce sont suicidé ,mais cette fois-ci par se pendre ou boire du poison ( on parlait de MAYI YA BATTERIE , DONC L' ACIDE DE LA BATTERIE , puisque la jeune fille catégorique ne VEUT PLUS.<br /> Mais pour les hommes c' était un cas rare.<br /> <br /> Dans ce cas de suicide par le feu pour raison de refus de mariage , ou autre suicide certains traitaient ce phenomène comme un envoûtement familial , les autres felicitaient ce drame de se suicider pour l' Amour comme un AMOUR FOU , donc un véritable , tandis que d' autres disaient EZA BUZOBA (C' EST DE LA SOTISSE ).<br /> Qui avait RAISON ?<br /> <br /> LUSED
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S
Le son de cloche qui sonne dans l'intro de cette chanson a berce toute ma jeunesse. Une melodie d'une melancolie inedite.<br /> Puis-je vous demander un service. Est-ce que un melomane peut partager les paroles entieres de la chanson Mbeya Mbeya d' Evoloko et le Zaiko Langa Langa? Merci d'avance.
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