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Publié par Messager

Pourquoi les militaires étaient supporters de Dragons

L'impact des confessions religieuses sur les choix des supporters des équipes de football au Congo est très symptomatiques du lien que ces confessions religieuse, formatrice de la jeunesse ont gardé avec leurs ouailles, parfois, bien longtemps qu'après que ceux-ci aient quitté les bancs de l'école. Les associations d'anciens élèves ont ainsi servis aux formateurs de maintenir le lien avec leurs meilleurs éléments. Ce qui ne passait pas nécessairement par le sport. Les jésuites ont par exemple maintenu le lien avec leurs anciens élèves , à travers les publications du CEPAS (la revue Congo-Afrique). ce lien était parfois si fort, qu'on en arrivait, par supputations je précise, à établir des règles de répartition des portefeuilles au sein des différents gouvernements Mobutu, toujours avec la règle de "poids" confessionnel. Ainsi indiquait-on que les postes des finances et la diplomatie c'est l'affaire des anciens élèves des jésuites, alors que le commandement de l'armée était l'affaire des anciens des frères des écoles chrétiennes, tandis que l'éducation et l'information et les sports, étaient la chasse gardée des anciens des Pères de Scheut. Les protestants, moins revendicatifs se servaient du reste. Cette lecture évitait de se focaliser sur le poids tribal dans la répartition des portefeuilles.
Armée et Assanef
Formateurs de techniciens, les frères des écoles chrétiennes, comme je l'ai souligné dans une de mes chroniques sur Kintambo, ont fourni aux premières industries des années 30, non seulement leurs ouvriers et techniciens, mais aussi leurs premiers clercs venus de la colonie scolaire de Boma. Beaucoup d'entre eux vont intégrer l'administration et partant les services notamment de logistique et de cartographie, parce que formé au dessin industriel.Les premiers camps militaires implantés à proximité de Kintambo, c'est naturellement vers les terrains de cette commune que les militaires vont orienter leurs enfants. Kintambo par exemple comptait à la fin des années 1970, trois terrains de football. outre le stade vélodrome, il y avait le terrain Chanic, du côté du Camp Babylon et le terrain Fita, créé par un jeune du Camp Utex. Grâce à ces moyens dont ne disposaient pas les autres communes, Kintambo avait son propre championnat d'entente des jeunes, les Fameux FASCIC initiés par Mensah Wawa. Outre Dragons, je me souviens de LéoSport et d'Aiglon, deux équipes bottées, qui étaient les viviers de Dragons et où jouaient beaucoup de "bana basoda".
On notera aussi qu'un certain nombre d'officiers généraux à l'indépendance sorti de ce personnel d'appoint de l'armée, ^profondément Dragons, rejoindra les comités de l'équipe.
Enfin les services de la Défense nationale DDN au Mont Ngaliema sous Mobutu ou de l'Institut Géographique nationale, dépendant lui aussi de la défense nationale, avait massivement recruté au sein non seulement des ASSANEFIENS, mais aussi des filles des Soeurs franciscaines de Kintambo. Soulignons enfin que contrairement au Stade Tata Raphaél où les femmes n'ont jamais vraiment trouvé leurs places de supportrices, au Vélodrome de Kintambo, en pleine cité ouvrière et fief partagé des Frères des Ecoles Chrétiennes et des Soeurs Franciscaines, les filles n'ont jamais souffert de discriminations. Elles avaient leurs places sur les gradins à côté des garçons.

Joseph Pululu

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Longue 24/09/2008 10:59

Merci Joseph,Pour cette belle page d'histoire qui met côte à côte souvenirs et valorisation du patrimoine culturel de léopoldville, plus singulièrement de la commune de Kintambo. N'oublie pas de conserver toutes ces pages qui peuvent bien valoir un ouvrage...Moi, je suis de Mayumbu, je connais très peu l'histoire de léopoldville(capitale), bien que Mayumbu faisant partie de la province ecclesio-administrative de Léopoldville. Seulement, pour y avoir séjourné pour raison d'études et de travail, notre nouvelle appartenance à cette ville métropolitaine fait qu'on se sent très concerné et fier de ce patrimoine qu'il faudrait à tout prix préserver. J'aimerai que ces pages soient soumises à l'éclairage de Mr NESTOR LUMENGA NESO, éminent historien congolais, spécialiste du Pool Malebo et de la province de Léopoldville. Cela pernettrait d'augmenter le degré de  fiabilité, gage pour des travaux de recherche en faveur de nos jeunes des universités et Instituts supérieurs qui organisent des filières d'études et de formations en histoire et sciences sociales.Mwana Mayumbu