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Publié par Messager

 

Le déshonneur d'Ilankaka

Lonkundo dit : 'Vous tous les camarades assemblés, écoutez que je dégrade cette femme. Vous savez tous que je me conduis avec cette femme en tout bien. Ce n'est pas pour rien qu'elle est l'objet de ma bonté, car elle est très active. Savez-vous pourquoi épousée par un titre, je l'ai simplement ramassée, je l'ai prise dans un piège.

Je ne connais pas son père et sa mère. Pas un seul anneau de cuivre n'a été versé pour elle. Elle est devenue comme ma mère ; elle travaille à m'enrichir. Elle est mon paladin. Mais a-t-elle un clan ?

Si vous le contestez : n'avez-vous pas vu comment je l'ai amenée ?

Qu'est-ce que vous m'avez demandé ? D'où viens-tu avec cette femme ? Que vous ai-je répondu ? J'ai dit que cette femme était celle que j'avais cherchée depuis fort longtemps et que je viens d'enlever. Je vous ai menti. Sachez qu'elle n'est qu'une esclave'.

Lorsque les gens eurent entendu cela ils furent tout honteux. Ilankaka était écrasée, elle ne pouvait plus lever un pied (37). Tous avaient les yeux fixés sur elle. Elle se couvrit et baissa la tête. Transpirant et séchant alternativement, elle s'enhardit et quitta l'assemblée/

Toutes les coépouses étaient très mécontentent et réprimandérent leur mari. Celui-di dit : 'Non, laissez-moi. Elle vous traite mal toujours. C'est pour cela que j'agis ainsi'(38). Elles n'écoutaient pas leur mari et n'incriminaient que lui seul.

Ilankaka s'éclipsa furtivement. Mais arrivée en forêt elle éclata en sanglots, toute triste. Quelle affliction indescriptible ! Elle courut à pas de géants. Elle se dévêtit de tous ses vêtements et continua toute nue. Elle courut vite et arriva au village.

Lorsque ses co épouses la virent nue elles eurent peur. Elles allèrent s'enfermer.

Ilankaka entra dans sa maison ; elle prit sa corbeille, sortit et pleura : 'Papa hélas, maman hélas ! ma parenté qui n'a pas besoin de chercher le travail hélas ! que dois-je faire ? on m'a nommée esclave hélas' !

Ensuite elle alla au milieu des épouses et leur dit : 'Moi et vous avons vçu ensemble. Lonkundo est devenu célèbre par moi. Mais sachez qu'aujourd'hui il m'a déshonorée. Je ne demeure plus avec vous. Emballez vos affaires pour que je vous reconduise dans votre famille'.

Elles ne désobéirent pas. Elles entrèrent dans leurs maisons, ramassèrent toutes leurs frusques et se mirent en caravane.

Ilankaka prit des cendres, s'en couvrit et cria l'invitation : 'Nous toutes avons vécu ensemble, moi aussi, écoutez et répondez'. Et elle entonna : 'Libres' ! Elles répondirent : 'En avant'. Les femmes se mirent en rang serré et partirent. Ilankaka marcha en tête avec la fumée d'un brandon et chanta : 'Fumée, brouille le chemin' (39).

Elle alla conduire les femmes chez leurs pères et leur dit : 'Prenez vos filles et les payements de mariage'. Toutes arrivèrent chez leurs parents et ils se réjouirent. Mais elle-même contiua sa marche avec sa corbeille et arriva chez ses parents qui étaient séparés d'elle depuis fort longtemps. On lui souhaita la bienvenue, et on tua pour elle des poules et des chèvres.

Les femmes qui étaient restée là-bas avec Lonkundo l'avertirent qu'elles devaient se rendre derrière les huttes (40). Là elles sentirent l'odeur de la fumée laissée par Ilankaka qui les appelle et elles partirent définitivement. (O ajoute : Voilà le trébuchement de Lonkundo à cause de sa stupidité et de son orgueil).

Retour de Lonkundo

Avant que la réunion ne fut terminée Lonkundo se rappela ses fautes envers son épouse. Il avait beau attendre le retour de celles qui étaient allées derrière les maisons : elles ne revenaient pas. Il dit : 'Amis, moi et vous étions en assemblée. Vous avez vu avec quelle colère Ilankaka est partie. Voici que les femmes qui étaient avec moi ne reviennent pas. Attendez-moi donc un peu, je vais regarder, je reviendrai demain'.

Ils dirent : 'Pas ainsi ! Tu es un grand seigneur ; il ne convient pas que tu voyages par la forêt tout seul. Il est préférable que nous envoyons des jeunes gens qui aillent te chercher quelques femmes qui viennent te prendre'.

Ils envoyèrent les jeunes gens. Ceux-ci partirent en partie courant en partie marchant ; ils arrivèrent à la résidence du patriarche. Mais ils trouvèrent le village désert ; ils jetèrent des regards mais ne virent personne. Les maisons étaient abandonnées depuis longtemps. Quelle peur ! Ils retournèrent en grande vitesse. Ils arrivèrent chez eux et communiquèrent la nouvelle aux membres de l'assemblée.

Lorsque Lonkundo eut entendu cela il s'élança en courant. Mais ses compagnons lui dirent : 'Seigneur, arrête de courir, marche correctement. Tes épouses ne sont pas parties ailleurs, elles sont encore là'.

Mais lui rétorqua : 'Laissez-moi, je ne vous entends pas, j'ai perdu la tête'. Il partit au galop. Il passa par plusieurs villages et questionna les habitants : 'N'avez-vous peut-être pas vu mes épouses par ici' ? Ils dirent : 'Vas-y toi-même, nous autres nous avons trop peur'.

Il s'élança à toute allure. Arrivé à l'extrémité : ah ! le village tout désert ! Il commença à trembler ; il hésita, il passa dans la rue, il jeta des appels à celles qui sont mieux connues, en vain ! rien ! Il appela : 'Maman Ilankaka ! Maman Ilankaka !'Absolument rien. Il se jeta par terre. Il sanglota à pleine gorge. Il pleure bruyamment. Et il se rend chez Bonduwa qu'il avait chassée. Il lui demande où son bonheur est allé. Bonduwa répond : 'Est-ce à moi que tu le demandes ? Comment saurais-je ce qui se passe entre toi et tes femmes' ?

Il appela son fils et le questionna sur ce qui s'était passé. Son fils lui dit : 'Là où tu te trouvais à l'assemblée as-tu mal agi envers Ilankaka ' ? Il acquiesca. Le fils reprit : 'Voici : quand elle est venue ici, elle assembla les femmes et les enfants et leur raconta tout. Ce fut une colère extrême. Elle entra dans la maison, prit tous ses effets, elle maudit le palmier. Toute la multitude des co épouses entrèrent dans leurs huttes, emballèrent tous les ustensiles, et sortirent sur-le-champ : 'Libres ! En avant ' ! Ilankaka en tête entra avec elles en forêt. Si tu mets cela en doute, voilà le chemin par lequel elles ont passé'.

Lonkundo est là comme un chien qui a mangé les chenilles (41), il perd ses esprits. Il appelle son fils et dit : 'Viens, poursuivons-les'. Ils allèrent en forêt par le même chemin quélles avaient pris mais n'arrivèrent nulle part. Ils s'égarèrent et marchèrent par le même chemin par lequel ils avaient pénétré dans la forêt.

Le fils dit : 'Papa, maintenant nous n'arrivons pas où elles sont allées ; il y a trop de fumée. Nous ne voyons plus le chemin. Retournons donc'. Lonkundo brisé se laissa lourdement tomber, pleurant sans cesse, mais les pleurs ne rendent rien à personne.

Il retourna à sa femme précédente. Lui et sa femme et son fils emballèrent leurs effets et retournèrent à Méditerre. Il u revint monogame. Il débroussa les jachères, remit ses maisons en bon état et reprit son travail habituel de la clôture de chasse. Le fils devint un grand homme propre au mariage. Il désirait se marier lui aussi.


A. DE ROP - E. BOELAERT
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