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Publié par Messager

Je remercie Jean Vital Moanda pour les précisions apportées à notre évocation d'Angwalima et accessoirement de Ngabidila. Il est vrai pendant longtemps, cet anti-héros a été éclipsé par la dimension mythique d'Angwalima. On peut cependant revenir, à travers Ngabidila sur l'échelle des sanctions de la justice congolaise, des indépendances aux années 80. Chacune des sanctions avait  pour objectif d'abord de casser un mouvement dangereux en éliminant ses leaders. Cela passait souvent par une mesure d'éloignement appelée relégation. Ainsi au plus fort du mouvement des Goza et des bills(*) qui les premiers vont tomber sous le coup des mesures de relégation. A Kintambo le Kadiampemba Paurret Iyoma (vous vous rappelez mes premières chroniques) est arrêté à la Chanic. Emprisonné d'abord à l'OFITRA, il comparaîtra devant le juge Capelle et son sustitut Kalimasi (le père de Sapu Kalimasi) pour trouble à l'ordre public et différents aactes de délinquance caractérisée. la sentence est sans appel : relégation dans la province de l'équateur. Paurret Iyoma Bayaka avait à peine 22 ans. mais la mesure était si spéctaculaire que dans les jours qui ont suivi, les Goza se font tout petits. En effet, la raffle est allée au-delà de Kintambo. Chaque commune a eu un "Gang" arrêté et relégué. C'était la fin des Goza puisque dès 1957, il n'en était plus question. Les Yankés vont apparaître entre 1957 et 1959. ils seront les fers de lance du 4 janvier 1959.
Condamner Angwalima au bagne de Luzumu, lui qui était Mbuza était une mesure analogue à la relégation.
Alors pourquoi me direz-vous, Ngabidila a-t-il été exécuté alors que Angwalima était condamné à perpétuité? Au-delà de la frustration des Bakongo et angolais qui avaient crié à l'injustice, il faut souligner qu'à part les cambriolages, Angwalima n'a pas été melé à des crimes. Or Ngabidila a été déclaré responsable de la mort d'une européenne. Le gouvernement congolais se devait d'envoyer un signal fort aussi bien en direction des criminelles que de la justice belge, d'où cette pendaison.
(*)Les goza jeunes délinquants kinois des années 45/55 sont à l'origine d'un parler-kinois où se mélangeait le lingala et d'autres langues congolaises, les bills eux ont popularisé le Hindoubill, où mélange du lingala aux langues européennes, français, anglais ou flamand). Un vaste mouvement de désobéissance et de révolte contre l'embrigadement des jeunes. Beaucoup de ces jeunes refusaient d'aller à l'école s'il n'étaient pas indisciplinés au travail. En 1955, le gouverneur général chargera le commissaire Derrigs (le sorcier blanc qui résolvait les actes criminels rien qu'en fusillant de son regard bleu les suspects), et les juges Capelle et Kalimasi d'en finir avec cette pègre lipopoise avant qu'il ne soit trop tard. Grâce aux chefs de quartier, la plupart de ces délinquants ont été localisés et arrêtés.
Mwan'aMangembo 
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