Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

Publié par Samuel Malonga

Référence : Quand est-ce que les 1ères vespas sont-elles arrivées au Congo ? - MBOKAMOSIKA

En 1969, selon le témoignage du chanteur Lokombe, lorsque le capitaine Denis Ilosono, homme généreux bien connu dans les milieux sportifs et artistiques de Kinshasa, avait offert aux musiciens de Négro Succès, du Festival des Maquisards et aux joueurs du Daring Faucon, des Vespas de 150 cc flambant neuves, il ne s’agissait pas simplement d’un cadeau. C’était un véritable signe de prestige. L’écart de prix de l’époque dit tout : la Vespa coûtait 281,85 zaïres, soit presque le double d’une Volkswagen Coccinelle, qui revenait à seulement 150 zaïres. En d’autres termes, rouler en Vespa, c’était rouler sur un symbole de réussite sociale et encore plus tape-à-l’œil qu’une voiture.

 

La différence ne résidait pas seulement dans le coût, mais aussi dans l’effet visuel. Contrairement à une voiture qui enferme ses passagers derrière une carrosserie, le scooter exposait son conducteur à tous les regards. À Kinshasa, ville où la rue est une scène et la circulation un défilé permanent, être vu comptait presque autant qu’arriver à destination. Sur une Vespa, l’artiste-musicien ou le footballeur devenait un acteur en pleine lumière : lunettes noires, chemise à manches courtes impeccablement repassée, chaussures brillantes, et cette posture de demi-dieu urbain qui fendait la ville au son du moteur bourdonnant.

Pour les copines des vedettes, la Vespa représentait presque un podium ambulant. S’asseoir à l’arrière, les bras enroulés autour de la taille de leur chéri, signifiait être présentée à toute la ville. Chaque trajet, du quartier jusqu’au centre, devenait un cortège triomphal. Les passants se retournaient, les gamins interrompaient leurs jeux pour pointer du doigt, et les autres filles murmuraient des commentaires jaloux. L’arrière d’une Vespa, c’était la place d’honneur réservée aux reines du moment.

Le prestige était encore amplifié par les touches personnelles. Beaucoup de ces scooters portaient fièrement le nom de leur propriétaire, peint avec élégance sur la carrosserie ou gravé sur une plaque chromée. Cela donnait un air presque officiel : tout Kinshasa savait qui passait. C’était à la fois une signature et un avertissement, car la Vespa était autant un objet de désir qu’un étendard d’identité.

 

Le capitaine Ilosono, en distribuant ainsi ces engins coûteux, avait non seulement marqué les esprits, mais aussi contribué à façonner l’image publique des stars de l’époque. Le Négro Succès et le Festival des Maquisards n’étaient plus seulement des groupes que l’on écoutait. On les voyait passer, flamboyants, et on savait qu’ils appartenaient à cette élite qui faisait rêver la jeunesse kinoise. Même les joueurs du Daring Faucon et des autres clubs, déjà idoles sur le terrain, gagnaient une aura supplémentaire lorsqu’ils traversaient la ville sur ces bolides, escortés par les regards admiratifs.

En vérité, à la fin des années 1960, la Vespa à Kinshasa n’était pas qu’un moyen de transport. C’était un passeport social, une carte de visite roulante, un symbole d’ascension. Dans une ville où l’apparence comptait autant que le talent, elle était l’extension mécanique du charisme. Et le ronronnement du moteur, reconnaissable entre mille, annonçait l’arrivée de son propriétaire bien avant qu’il ne tourne au coin de la rue.

Samuel Malonga

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
N’y a-t-il pas d’épisodes de mobylette ou vespa cognée par une voiture? Outre tout le prestige, n’y avait-il même pas la sensation qu’en voiture on s’abritait des intempéries? Il ne pleuvait pas peu à Kinshasa!
Répondre
S
En 1968, sur l’avenue Kasa-Vubu, à hauteur du zoo, nous attendions notre bus scolaire. C’est alors qu’apparut Bakekole Lumumba, le joueur de V.Club, sur son scooter rutilant. Soudain, une pluie fine puis battante s’abattit sans prévenir. Le pauvre, pris de court, n’eut d’autre choix que d’accélérer, filant dans l’averse. Je suis sûr qu’il rentra chez lui tout trempé, malgré son allure de vedette du moment.
P
malgre le succes de Vespa mais durant ces annees la aucune vedette du ballon rond et d autres disciplines ne portaient le nom de VESPA mais par contre pour la Mobylette un joueur de v.club portait le sobriquet de MOBYLETTE je me rappelle encore de ces onze joueurs de l equipe avec mon vieux BALONGA ALIAS BEKAO UN SUPER GARDIEN MAIS N A JAMAIS GARDE LES PERCHES DE NOS LEOPARDS
Répondre
S
Balonga alias Bekao alias Bekons (tel écrit sur sa Vespa) n'était retenu qu'une fois en équipe nationale. Cette unique occasion lui a donné la chance d'aller passer un stage en Belgique sous la supervision de Raymond Goethals. Au retour des Léopards au pays, iln''etait plus retenu. Bekao n'a donc joué aucun match avec les Léopards..
M
C'est Lufutuka qui était surnommé Mobylette
M
Sam<br /> Merci pour ta belle poésie sur le règne de la Vespa à Kinshasa. Les vedettes de l’époque s’affichaient sur ce moyen de transport ostentatoire. Mais bien avant la Vespa, les femmes huppées préféraient la Mobylette. <br /> Messager
Répondre
S
Oui, c’est fascinant ! La Vespa a vraiment symbolisé le prestige masculin, alors que la Mobylette était le choix élégant et pratique des dames de la haute société. C’est intéressant de voir comment chaque engin reflétait le style et le rang social à Kinshasa à l’époque. Ces deux véhicules motorisés racontaient une histoire de statut et de goût. La capitale était alors de venue une scène où chaque véhicule à moteur parlait de prestige et de style.