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Publié par Norbert MBU-MPUTU,

PAR-DELÀ LE RETOUR AU CONGO ET L’INHUMATION DES RESTES DE LUMUMBA : ENFIN !

FINALEMENT. C’est finalement officiel. Le président Congolais Félix Tshisekedi l’a annoncé dans son discours à la nation à Kinshasa, au Palais du Peuple, ce 14 décembre 2020 : les restes (à préciser encore) de Lumumba reviendront le 30 juin 2021 et il pourra bénéficier d’un enterrement digne et à la hauteur de son sacrifice et de son martyr.

L’AUTRE LUMUMBA. Ayant écrit un des derniers livre sur Lumumba, « L’autre Lumumba », pour notre génération des enfants des indépendances, pour raconter cette histoire et celle du Congo en l’encastrant dans le contexte de cette tragédie que fut la fameuse Guerre froide et surtout en évitant d’oublier, comme le font souvent des analystes partisans, le socle et le fondement de tout, le peuple du Congo, en creusant pour savoir ce qui s’est passé, comment cette tragédie était-elle arrivée, qui en furent les auteurs et témoins et à quels degrés et surtout pour tirer les leçons qui s’imposent (incroyablement comment les derniers mois du régime PPRD/FCC de Joseph Kabila donnèrent cette impression d’être sous les mêmes traces des fins des régimes passés : des déclarations orgueilleuse d’indépendance à outrance, la fermeture des diplomaties, des positions pour le moins navrantes, alors que la présence des Mobutistes autour d’eux les auraient aider ou mis la puce à l’oreille), il faudra dire que certains spectres reviennent toujours depuis cet assassinat odieux, le premier du genre, spectres négatifs qu’il faudra épingler. Au fait, depuis le début de cette crise ayant commencé avec le coup d’État anticonstitutionnel du Président Joseph Kasa-Vubu ayant démis de ses fonctions, illégalement, le Premier ministre Lumumba de ses fonctions un certain 5 septembre 1960, le Congo est ce pays donnant l’impression d’être le paradigme d’un travail toujours inachevé. Ce fut le parlement britannique qui l’épingla, voici quelques années, dans un rapport de sa commission de Grands Lacs : « Congo : an Unfinished Business ». Car, depuis et jusqu’aux dernières élections non-élections ayant débouchées sur un « deal » que d’aucun semblait dire qu’il était le meilleur et que, deux ans après, tous se rendent finalement compte que ce fut une bêtise, avec l’actuelle crise dont, Dieu seul sait comment elle se dénouera, une crise risquant de ressembler, comme deux gouttes d’eaux à toutes les autres crises précédentes congolaises, malgré les chants et slogans et fêtes des troubadours et thuriféraires qui ne datent pas d’hier.

LEÇONS D’HISTOIRE. L’un des acteurs de cette crise congolaise se vantant dans ses mémoires d’avoir parfois débourser des sommes énormes pour corrompre même les côtes au parlement et au sénat congolais, le sieur Larry Devlin, alors directeur de la CIA à Léopoldville, d’une façon prémonitoire, lorsqu’après l’assassinat de Lumumba voulu par sa hiérarchie étatsunienne toute étonnée que la crise ne finissait pas, écrit : « au Congo, rien ne réussit comme le succès et rien n’échoue plus que l’échec ». Ou comme je l’écris dans Ville-morte : « Car, quiconque a grandi dans ce pays sait que c’est le jour où on a cru la république s’embrasser et être mise sens dessus-dessous qu’il n’en sera rien. Par contre, le jour où l’on croit voir tout marcher comme sur la roulette, on apprend que là, de l’autre côté, ça a crépité ; qu’à l’Est, à partir des hauts plateaux et des montagnes, certains ont pris les armes. Et les armes chez nous se prennent toujours de ce côté-là. Chez nous donc, une vérité devient têtue : c’est de l’Est que nous proviennent tous nos malheurs ». Cet aveu d’une telle mauvaise approche dans le dossier et la crise congolais va même jusqu’à affirmer après que, la fameuse menace russe au Congo à l’époque ne fut qu’une « fake news », s’il faudra actualiser la chose. De Witte l’écrit : « Prétendre que Moscou voulait tirer profit des révoltes simbas pour prendre pied au Congo n’est pas corroboré par les faits non plus. L’analyste Stephen Weissman l’affirme catégoriquement : « Le danger du communisme international [au Congo] était imaginaire » ». Le déroulement de ces derniers jours au Congo nous a démontré que nous étions encore une fois aux prises avec des « fake news », hélas, malgré notre connectivité légendaire, l’Internet n’étant plus coupé au Congo…

Et, s’étant rendu compte de la complexité des problèmes congolais, le Secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld qui avait d’ailleurs toute une cellule personnelle autour de lui ne se référant plus au gouvernement Lumumba l’ayant invité, conscient de la complexité du dossier congolais, une fois à Léopoldville, confia au Suédois Karl Von Horn, le commandant les forces de l’ONU sur place : « My God! This is the craziest operation in history! God only knows where it is going to end. All I can tell you is that I had no other choice but to lay it on !» (Mon Dieu, ceci est l’opération la plus folle de l’histoire. Dieu seul sait où elle va finir. Tout ce que je puis vous dire c’est que je n’ai pas d’autre choix que de la continuer !). Et, le diplomate avait raison. L’ONU au Congo sembla avoir mis sa tête dans un incroyable tourbillon. Surtout que le personnel recruté et qui arriva au Congo était pour le moins les plus apte, comme le constate le sieur Devlin : « Les Nations Unies tentèrent de fournir des techniciens d’autres pays mais beaucoup ne convenaient pas du tout aux postes qui leur étaient assignés, inaptes professionnellement, incapables de parler français ou simplement condescendants. Un exemple fut donné par le chef de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) pour le Congo, un exilé haïtien, qui croyait qu’il n’y avait aucune nécessité à tenter de prévenir la malaria. Les Belges avaient mis au point un système à Léopoldville et ailleurs en aspergeant les eaux stagnantes d’huile, et infligeant des amendes aux gens qui stockaient de l’eau dans leur jardin. Le Haïtien mit un terme à ces efforts et m’expliqua que la seule solution était que les gens attrapent la malaria, en créant ainsi une résistance à la maladie. Cette politique conduisit à un nombre spectaculaire de décès, particulièrement chez les jeunes enfants ».

L’ÉTERNEL RETOUR. Sommes-nous encore dans ce sceptre de l’éternel retour et recours aux crises aux conséquences incalculables débouchant parfois sur des tragédies ?... La crise congolaise, dans une approche de « la violence et le sacré » évoquée par le philosophe René Girard, où la fin des crises nécessite des sacrifices expiatoires de certains leaders ! Surtout lorsque, l’ironie de l’histoire fait que ces crises nouvelles surviennent avec la présence des forces de l’ONU au Congo qui, comme hier, 20.000 casques bleus incapables de prouver de quoi ils sont capables et se préparant à plier leurs bagages (ou n’ayant en rien tirer les leçons des échecs d’hier ou d’avant-hier) !

Au fait, la question que l’on devrait se poser devrait être : que faire pour que ce pays, finalement, avec ce deuil de Lumumba, Mpolo et Okito (qu’on oublie souvent, Dieu seul sait pourquoi) décolle et prenne enfin un bon élan dans sa gestion ou dans sa démocratie, pour que les dirigeants d’aujourd’hui et de demain et même tous les étrangers et partenaires autour du Congo ne respectent qu’une seule volonté : celle du peuple de Congo, leitmotiv du combat de Patrice Lumumba et des autres Pères de l’époque ! Les phrases et affirmations genre un peuple pauvre dans un pays riche, des viols des femmes continuant, les rebellions étrangères continuant à avoir droit de cité, la mauvaise gestion, la corruption au grand jour, le manque d’un manifeste ou d’un business plan clair, deviennent des oraisons funèbres à ne plus reprendre des refrains tant elles choquent et frustrent.

Car, l’analyse démontre à suffisance que depuis cet assassinat avec Mpolo Maurice et Okito Joseph, souvent oubliés Dieu seul sait pourquoi, le nom de Patrice Lumumba devint, selon l’expression d’un analyste qui se confia à nous, un vrai fonds de commerce où un chacun, en quête de popularité et d’assise, l’évoque juste pour l’huiler avant de tout jeter dans les oubliettes, en attendant une prochaine crise. Moïse Tshombe, l’un de ses assassins, l’avait fait lorsqu’il devint le nouveau Premier ministre du Congo en 1964 : il alla s’incliner devant le monument de Lumumba à Stanleyville (actuelle Kisangani). À son avènement, le Colonel Joseph Mobutu, celui ayant joué aussi un rôle principal dans cet assassinat et surtout dans son jeu d’un vrai Judas pour avoir été le taupe de la CIA et de la Sûreté Belge, alors que Lumumba avait fait de lui son confident, une année après son coup d’État, le proclama un héros national et, pour s’attirer les yeux doux des présidents africains et du monde proche de Lumumba, fit construire le monument en son honneur à Kinshasa, la capitale, monument jamais achevé démontrant ainsi que cette proclamation n’était que de la poudre aux yeux. Pire, pendant les années Mobutu, le nom de Lumumba, Mpolo et Okito étaient proscrits de la mémoire collective, sauf lorsque Mobutu voulait soutirer quelques invitations protocolaires de la Belgique. Ils se connaissaient dans cette tragédie. La sarabande dans l’évocation de ce nom vint avec l’ouverture démocratique des années 90 : l’émiettement des partis politiques se disant lumumbistes n’avait d’égal que le manque de la vision lumumbiste dans le chef de ces calculateurs-profiteurs… L’avènement de l’AFDL, ce fameux conglomérat des aventuriers, vint donner un coup de massue à ce mémoire… Dieu merci que les chercheurs et écrivains solitaires dont le Belge Ludo de Witte remit et força la réouverture de ce dossier jusqu’à aller tapoter devant la maison du sieur Soete, le belge acteur de la macabre disparition des corps. Ce qui força ce dernier à avoir l’inavouable : il aurait jeté ces dents ou ces restes dans la mer du Nord… Gros mensonge… À sa mort, sa fille joua le même jeu mensonger jusqu’à ce que la perspicacité du même sociologue belge de Witte força la justice belge à y aller perquisitionner jusqu’à retrouver et à reprendre ces restes. En Afrique, Soete et sa fille seraient vite taxés de vrais sorciers maléfiques !

OUF. Nous y sommes donc à ce niveau. Une chose est vraie, dans un tel assassinat donnant l’impression d’être une vraie toile d’araignée dans un marché de dupes où les Belges, les Américains, les Britanniques et d’autres étrangers semblaient et donnaient l’impression de tirer la couverture de leurs seuls côtés, alors que, malignement, leurs ouailles Congolais tirant des avantages pécuniaires et s’offrant des tapis rouges déroulés dans des officines occidentales, tiraient aussi la couverture de leurs côtés. Avec des plans d’assassinats, des sommes énormes de corruption avouées après par leurs managers et surtout attestées par des documents secrets révélés, lorsque l’assassinat arriva, un chacun sembla d’être tiré de son profond sommeil. Comme le déclara un des Belges présents à Élisabethville alors : « nous n’avons voulu, nous l’avons eu, maintenant nous devons le gérer ». C’est là que se posa le problème crucial jusqu’alors : la gestion d’un tel meurtre d’État… Avec le temps, un chacun sembla jouer au Ponce Pilate préférant surtout en faire porter la responsabilité aux silencieux, c’est-à-dire ceux qui, par malheur, ont précédé rejoindre Lumumba, Mpolo et Okito au village des morts. Les interviews dans la commission belge ont démontré des quasi-comédies navrantes et mêmes fâcheuses lorsque des messieurs, ayant leurs mains dans le sac, tentaient vouloir tourner tous en dérision.

INDÉPENDANCE CHA-CHA. Au point où nous en sommes, comment faire alors pour que, une fois pour toute, que ce deuil soit réalisé dans la dignité et surtout en évitant au pays, aux familles, à tous de retomber dans ce sceptre hérité des indépendances et mieux stigmatisé par la chanson célèbre des années 1960 : « Indépendance cha-cha » ?

UN TEMPS, DEUX MOUVEMENTS. Il faudra tenter une approche en un temps deux et plusieurs mouvements. D’abord, l’État devra dépolitiser la chose et éviter de vouloir en tirer des bénéfices politiciens. Ce qui ternirait le retour de ces restes et de tout ce qui va y arriver. Normalement, après la commission parlementaire belge, la partie congolaise aurait mieux fait de profiter de ces six mois pour réaliser aussi l’ouverture de ses archives ou mieux, puisque le Congo ne les a pas, faire parler les rares survivants de la période pour que ceux-ci puissent délier leurs langues et enfin que l’État puisse assumer ses responsabilités historiques et en tirer toutes les conséquences ad hoc. Car, Patrice Lumumba fut un député élu et le Premier ministre en fonction du Congo lors de son assassinat, illégalement démis de ses fonctions ; Mpolo Maurice était général, député et ministre tandis qu’Okito Joseph était président du sénat, tous furent sauvagement assassinés le 17 janvier 1961 dans la brousse de Lubumbashi, dans le Katanga et, démoniquement, l’on fit disparaître leurs corps, un modus operandi copié depuis !

REVISITER L’HISTOIRE. Certes, revisiter une telle histoire n’est pas simple. Car, nombreux de ces acteurs et témoins de l’époque ont surtout leurs fils et rejetons dans les sphères des pouvoirs. Ceux-ci feront tout pour déformer les faits historiques en déifiant parfois leurs géniteurs. Puis, les grandes puissances d’alors, portant la responsabilité de cet assassinat, seront loin d’accepter leurs implications, se cachant comme toujours derrière celle des pauvres Congolais de l’époque. Surtout lorsque l’histoire des crises actuelles de ce même Congo donnent l’impression d’être une répétition de celles ayant conduit à l’assassinat de Lumumba avec des acteurs jouant, comme dans l’allégorie de Platon ou le théâtre des marionnettes, des rôles historiques qui peuvent paraître néfastes pour le Congo, la politique ayant sa raison que la raison ne connait parfois pas, le realpolitik n’ayant ni cœur, ni conscience, ni yeux, ni oreilles, seuls les intérêts comptent et surtout que la vengeance, comme on le vit avec Lumumba dans ces genres des choses, est un plat qui se mange froid.

Lorsqu’elle apprit la fuite de Lumumba de sa résidence, l’ONU donna l’ordre à ses casques bleus d’éviter de l’aider au cas où. C’est ce qui arriva… Arrêté en route vers Stanleyville et ramené à Léopoldville, Joseph Okito fut emprisonné à Thysville avec Lumumba et les autres. Dans une correspondance secrète de la prison qu’il adressa à Cléophas Kamitatu le priant d’intervenir auprès de l’ONU et de la Croix Rouge pour qu’ils bénéficient de leurs droits des prisonniers politiques, Okito écrit : “Le Premier ministre a été battu comme un chien”... D’ailleurs, de sa prison et ayant appris l’arrivée du Secrétaire général de l’ONU à Léopoldville le 14 janvier 1961, Patrice Lumumba lui fit parvenir, via le même Cléophas Kamitatu, gouverneur de Léopoldville et son allié, une note de demande de protection que quelques militaires lui firent arriver clandestinement. Kamitatu rencontra Dag Hammarskjöld. Malheureusement, ce dernier refusa de lire ladite lettre de Lumumba et dit clairement à Kamitatu : « Monsieur Kamitatu, je ne lirai pas la lettre de cet homme, qui s’était rendu à New York, à l’Assemblée Général, pour exiger ma démission. Il ne l’a pas obtenue. Maintenant, c’est lui ou c’est moi ! ». Abasourdi, le représentant de l’ONU à Léopoldville, l’indien Dayal, prit cette lettre des mains de Kamitatu et promit d’en faire le résumé à son chef, le Secrétaire général. Lorsque Lumumba apprit ainsi au retour de son messager secret du refus du Secrétaire général de l’ONU de lire sa lettre, il se fit plus d’illusions sur son sort déjà scellé à la fatalité. D’ailleurs, l’évolution des événements devint très inquiète pour les prisonniers de Thysville.

RISQUES ET CRAINTES. D’où, le risque et la crainte de la conjonction de ces partis pour que le retour de ces restes et leur enterrement soient, comme on le voulut en faisant disparaître ces corps : un événement non-événement. Pour y parvenir, il n’est pas impossible de recouvrir à l’instrumentalisation de certains rejetons en usant les mêmes méthodes d’hier, profitant du fait que nombreux de ces rejetons se débrouillent comme messieurs et mesdames tout le monde du Congo ; leur miroiter des avantages immédiats pourrait faire la bonne affaire, tirant surtout profit du fait que ces familles biologiques de ces héros sont loin d’accorder leurs propres violons. Incroyablement… Soixante ans après la disparition de leurs pères, certains de ces fils et de ces filles continuent à dénier aux autres leurs droits de filiation ! Sans compter les familles paternelles et maternelles ou les clans de ceux-là, ne sachant à quels saints parfois se vouer. Alors qu’un tel deuil, un tel enterrement aurait était une meilleure occasion de s’accorder, de taire des quolibets et jalousies mal placées !

LE RÔLE DE L’ÉTAT ACTUEL. L’État ou les gestionnaires actuels pourraient d’ailleurs les aider en aidant à les mettre tous sur un même piédestal. Car, le manque d’une telle réconciliation familiale et clanique laissera le goût d’un deuil toujours inachevé.

Autre chose, depuis cette crise congolaise, il reste encore plusieurs deuils inachevés et surtout plusieurs griefs de ces cadavres en quête d’une reconnaissance congolaise historique. C’est en écrivant ce livre sur Lumumba que je me suis rendu compte que le nombre d’étrangers et des Congolaise morts autour de cette crise mérite aussi un coup d’œil nouveau. Il eut des innocents surtout ceux comme le Secrétaire général de l’ONU, le Suédois Dag Hammarskjöld et tous ses collaborateurs et l’équipage de son avion disparu le 18 septembre 1961 à Ndola, dans l’actuelle Zambie ; les aviateurs Italiens assassinés et mangés crus par les Simba à Kindu le 11 novembre 1961 et dont un seul monument ne se trouve qu’à l’aéroport de Rome ; les nombreux prêtres et religieux assassinés et surtout tous ces Congolais assassinés et sans sépulture lorsque s’étant retrouvés ou envoyés dans un camp opposé… Dieu merci qu’avec les révélations actuelles, certains dossiers gardés secrets comme l’attentat sur l’avion du Secrétaire général Dag Hammarskjöld, comme nous l’indiquons après ces révélations de l’ami du mercenaire belge ayant perpétré cet attentant, l’histoire réelle par exemple des casques bleus irlandais avec ce fameux siège de Jadotville, pour ne citer que ceux-ci, commencent à se faire revisiter avec de nouvelles commissions et même avec des supports cinématiques. Autant d’opportunités ne permettant plus des erreurs d’approches des uns et des autres et surtout de l’État congolais actuel ! 

Pourquoi ne pas faire entrer ces noms et ces personnages oubliés dans l’histoire contemporaine et moderne du Congo ? Quoi de mieux que d’organiser, autour de ce retrait de deuil, une grande conférence commémorative de tous les spécialistes en la matière ? Pourquoi ne pas en profiter pour inviter les familles de ces innocents morts pour le Congo se joindre au personnage central, Patrice Lumumba, et après les commémorer en érigeant pour tous un monument funèbre au Congo ? Puis, enfin, pourra-t-on aller immortaliser cet assassinat en sacralisant l’endroit de cet assassinat actuellement bien identifié ?...

DU PAIN SUR LA PLANCHE. Nous avons désormais du pain sur nos planche… Comme avec les autres deuils d’illustres congolaises contemporains, il faudra éviter que, une fois annoncée ex cathedra, ce retrait de deuil de Lumumba, Polo et Okito et le retour de ces restes de Lumumba, symbolisant et devant symboliser schématiquement celles aussi celles de Mpolo et d’Okito, ne soient pris en otage, comme c’est souvent le cas, par ces opportunistes de toujours se déclarant très vite soit des lumumbistes ou des spécialistes de Lumumba et usant de la coterie tribale ou amicale pour soutirer des sous de l’État pour leurs poches et sans que les premiers concernés, c’est-à-dire les rejetons de ces héros, ne voient que de la fumée ! Puis, rater une réconciliation familiale dans le chef de ces rejetons, en excluant certains qu’un cercle fermé tente, bon gré mal gré, d’exclure et d’interdire de leur paternité biologique, chose quasi-inhumaine et même méchante ; rater aussi d’y inclure les familles paternelles et maternelles de ces héros dans une telle commémoration, ce sera alors l’autre et la dernière mort de Lumumba, Mpolo et Okito, soixante ans après, choses que les soixante ans de ce silence coupable et de telles peines ne peuvent permettre et tolérer…

Pourquoi, en recevant les Lumumba, la Belgique n’avait pas demandé de rencontrer tous les Lumumba en vie (ce n’est vraiment pas une hérésie de rappeler qu’il existe tout de même un Guy Lumumba, fils cadet de Lumumba née d’Alphonsine Batamba après l’assassinat de Lumumba et un Michel se réclamant aussi fils de Lumumba surtout que son phénotype mentirait et supposerait une usurpation paternelle ; il existe aussi une Mpolo Marie-Claire Bokako, née à Mushie le 30 août 1958, fille cadette de ce dernier, tous dont les histoires sont connues dans ces familles paternelles respectives) ou encore d’y associer aussi les Mpolo et Okito ou leurs représentants ? Pourquoi aussi le Chef de l’État congolais, emboîtant les pas État à la Belgique, n’avait pas corrigé la donne car plus proche des réalités culturelles et cultuels de chez nous ?... N’est-ce pas déjà un mauvais pas ouvrant les portes à un retrait de deuil inachevé ?... On espère que la chose sera corrigée et mieux abordée pour le bien de tous ! « C’est en manquant de conseillers que les eaux de rivière ont ruisselé en méandres », dit un proverbe de chez nous. Le Congo, la Belgique, les Congolais, les enfants et familles Lumumba, Mpolo et Okito se retrouvons dans un rendez-vous de l'histoire à ne vraiment pas rater encore, comme c'est souvent le cas.

 

Norbert MBU-MPUTU,

Bristol, Royaume-Uni, 14 décembre 2020.

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