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Publié par SIMBA NDAYE

MEKANISI MODERO EST MORT

La triste nouvelle est venue de Dino Vangu, son ami et frère de plus de 50 ans. Mekanisi Modero a fermé définitivement les yeux dans le nord-ouest des Etats-Unis, à Seattle où il vivait depuis plus d’une trentaine d’années.

Modeste Mekanisi Zemba Gabwisa nait à Kikwit le 4 janvier 1944.

Fait rare pour être souligné, dans le landernau musical congolais, Mekanisi apprend le solfège à l’école des Frères catholiques de Kikwit avant de s’initier à l’harmonium, au piano, à la guitare avant de jeter son dévolu sur un instrument dont il deviendra l’un des maîtres incontestés : le saxophone.

Entretemps, Modeste Mekanisi entre au Conservatoire national de Kinshasa et poursuit sa formation musicale.

A sa sortie et après être passé par plusieurs orchestres, plus ou moins connus (Co-Bantous, Rock-AFestival et Conga 68), Mekanisi intègre fin 1970 l’Afrisa International de Tabu Ley. Et c’est la révélation.

Fine mouche, Seigneur Ley comprend vite qu’il tient là une véritable pépite.

Et c’est la grande époque du Soum-Djoum. L’Afrisa marche sur l’eau et sort des tubes mémorables. Impossible de les citer tous. Le timbre à nul autre pareil du saxo de ‘’Modero’’ y sera toujours reconnaissable, accompagné d’un autre maître de cet instrument : Empompo Loway ‘’Déesse’’.

Le ‘’graal’’ arrive en 1977 où Afrisa International participe et récolte un immense succès au Festival culturel panafricain de Lagos.

Aux côtés de Tabu Ley, des solistes de très grand talent s’illustrèrent tout au long de l’existence de cette formation musicale (Pierre ‘’Attel’’ Mbumba, Michel ‘’Michelino’’ Mavatiku Visi, Pierre ‘’Dizzy’’ Mandjeku Lengo et bien-sûr Philippe Vangu Dinu alias ‘’Dino’’). Ce dernier et Modeste Mekanisi Modero resteront très proches.

D’ailleurs, signe de la grande considération que Mwana Ya Tabu lui témoignait, Mekanisi deviendra, pour de nombreuses années, chef de l’orchestre Afrisa International.

Mieux ! Nommé administrateur par Tabu Ley lui-même, il sera chargé des négociations de contrats, de la représentation du groupe et de nombreuses autres activités liées à la gestion des affaires musicales de l’orchestre.

Affaibli depuis plusieurs années suite à un AVC, Modero conservait pourtant toute sa lucidité et rêvait de finir ses jours, chez lui, là ou il est né.

Las ! C’est donc très loin de Kikwit, loin du Bandundu, que le Maestro a tiré sa révérence, clin d’œil de l’histoire, la nuit du 21 juin, fête de la musique et début de l’été en Occident. Il avait 82 ans.

SIMBA NDAYE

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P
Mekanisi Modero était celui qui parlait en anglais au FESTAC de Lagos on behalf of the national band et de son chef. Il y a un enregistrement en l’honneur de cet évènement, qui contient des chansons comme Adeito, qui me rappelle toujours ce vers descriptif et imagé «Epayi nakuti yo na mbanda tango bokosolola nakangi makofi». L’orchestre national au festival avait des éléments de Zaïko, et l’enregistrement inclut une version mal exécutée, à mon sens, de «Nalali Pongi» de Jossart. Je ne suis pas musicologue, ni spécialiste en percussion, mais je crois que c’est le bruit de la batterie qui a détruit la chanson. Une chanson aussi lyrique que celle-là devient du folklore. D’ailleurs, l’introduction de la batterie dans la musique congolaise doit avoir eu une influence pernicieuse. Évidemment, nous ne pouvons pas imaginer «Mokitani ya Wendo» sans ce coup de batterie au début, mais, après la pleine zaïrianisation de la batterie, faire accompagner toutes les chansons par la batterie n’était pas toujours une bonne idée parce que des chefs d’œuvre comme «Jamais Kolonga» n’avaient pas eu besoin de cette percussion : «Simba ngai makasi, soki otiki ngai nde nakokweya». C’est vrai que la contrebasse n’était pas très africaine, mais, dans ce cas, utilisons le lokolé. C’est justement du lokolé que l’orchestre national au FESTAC de Lagos a introduit dans «Nalali Pongi» avec cette bruyante batterie.
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M
Pedro<br /> <br /> Suite à ton commentaire, je viens d'ajouter le live du Festac 77 de Lagos, avec Mekanisi Modero à la présentation.