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Publié par Samuel Malonga

À quoi sert la richesse lorsqu’elle ne s’accompagne ni de sagesse, ni de générosité, ni de grandeur d’âme ? L’argent peut remplir les poches, construire des maisons, acheter des voitures et procurer toutes sortes de biens matériels. Mais il ne suffit pas toujours à remplir le cœur ni à éclairer l’esprit. Il existe, à côté de la pauvreté matérielle que l’on voit, une autre pauvreté, plus silencieuse et parfois plus profonde : celle de l’intelligence, du discernement et du cœur.

Un homme peut être riche sans être véritablement fortuné. Il peut posséder peu de biens et pourtant disposer d’une richesse intérieure qui fait de lui un être précieux pour sa famille et pour sa communauté. La sagesse qu’il transmet, la parole qui réconforte, la main qu’il tend à celui qui souffre, la capacité de reconnaître ses torts et de pardonner sont des richesses qu’aucune banque ne peut comptabiliser.

À l’inverse, certains possèdent beaucoup mais vivent dans une pauvreté intérieure désolante. Ils ont les poches pleines, mais la tête vide ; ils accumulent les biens, mais ne savent pas quoi en faire ; ils recherchent le prestige, mais n’inspirent ni respect ni affection. Leur richesse devient alors une simple apparence, une enveloppe brillante qui dissimule un grand vide.

 

La véritable richesse se mesure aussi à ce que l’on est capable de donner. Donner ne signifie pas seulement distribuer de l’argent. On peut donner son temps, son savoir, son affection, son expérience, son pardon ou simplement une parole qui redonne courage. Celui qui n’a presque rien mais qui sait partager le peu qu’il possède peut être infiniment plus riche que celui qui amasse sans jamais donner.

C’est ici que la richesse rejoint la dignité humaine. Posséder n’est pas être. L’avoir peut augmenter le confort de l’existence, mais seul l’être lui donne un sens. L'argent peut acheter une maison, mais pas un foyer ; des médicaments, mais pas toujours la santé ; un lit, mais pas le sommeil ; des admirateurs, mais pas nécessairement des amis. Il peut offrir le pouvoir de commander, mais certainement pas celui d'être aimé.

La sagesse populaire l’a compris depuis longtemps. Elle se méfie de celui qui mesure la valeur d’un homme à l’épaisseur de son portefeuille. Dans de nombreuses traditions africaines, l’individu n’est pleinement considéré qu’à travers les relations qu’il entretient avec les autres. La richesse personnelle n’a donc de sens que lorsqu’elle contribue également au bien-être collectif. Ainsi, la pauvreté la plus inquiétante n'est peut-être pas celle qui vide les poches, mais celle qui vide le cœur et obscurcit l'esprit. Car l’homme qui manque d’argent peut encore espérer en gagner ; celui qui manque de cœur et de discernement risque, malgré toutes ses richesses, de passer à côté de l’essentiel.

La question ne devrait donc pas être : « Combien possèdes-tu ? », mais plutôt : « Que fais-tu de ce que tu possèdes ? » et, surtout : « Que fais-tu de ce que tu es ? ». Car les poches peuvent être pleines aujourd’hui et vides demain. La richesse matérielle passe ; la richesse intérieure, elle, est celle que l’on laisse derrière soi.

Samuel Malonga

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