Le cobalt, l’or bleu congolais : une des sources du malheur de la RDC
En République démocratique du Congo (République démocratique du Congo), le cobalt est souvent présenté comme une bénédiction géologique. Il est pourtant vécu, par une grande partie de la population, comme une malédiction historique. Ressource stratégique du XXIᵉ siècle, indispensable aux batteries des téléphones, des ordinateurs et des voitures électriques, le cobalt congolais nourrit la transition énergétique mondiale tout en laissant derrière lui pauvreté, violences et désolation.
La RDC détient plus de 70 % des réserves mondiales connues de cobalt, principalement dans l’ancien Katanga, aujourd’hui divisé en provinces du Lualaba et du Haut-Katanga, autour de villes comme Kolwezi. Cette richesse aurait dû faire du pays un pilier économique de l’Afrique centrale. Elle est devenue, au contraire, l’un des moteurs de sa tragédie sociale et politique.
Une richesse stratégique devenue piège
Le cobalt est au cœur de la révolution technologique mondiale. Des multinationales occidentales et asiatiques – fournisseurs de géants comme Apple, Tesla ou Samsung – dépendent directement de l’approvisionnement congolais. Pourtant, la valeur créée par cette chaîne industrielle se concentre hors de la RDC.
À la source, le minerai est extrait dans des conditions souvent archaïques. Des dizaines de milliers de creuseurs artisanaux, hommes, femmes et enfants, descendent à mains nues dans des puits instables, sans protection, au mépris de toute sécurité. Les éboulements, les maladies pulmonaires et les intoxications au cobalt sont monnaie courante. La vie humaine y vaut moins qu’un sac de minerai.
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Violence, corruption et prédation
Comme l’or, le diamant ou le coltan avant lui, le cobalt s’inscrit dans la longue histoire des « ressources de sang » congolaises. La compétition pour son contrôle alimente la corruption des élites, l’affaiblissement de l’État et l’enrichissement de réseaux politico-économiques opaques. Des concessions minières sont bradées, parfois cédées à des entreprises étrangères sans réel bénéfice pour les communautés locales.
La présence massive d’entreprises chinoises – la Chine étant devenue l’acteur dominant du cobalt congolais – illustre cette logique d’extraction brutale : infrastructures minières contre accès privilégié aux ressources, sans véritable transfert de richesse ni amélioration durable des conditions de vie. Le pays exporte la matière brute et importe la pauvreté.
Une transition écologique bâtie sur l’injustice
Ironie cruelle de l’histoire : le cobalt congolais est présenté comme un métal « vert », essentiel à la lutte contre le changement climatique. Mais cette transition écologique repose largement sur une injustice structurelle. Le confort technologique du Nord se construit sur la souffrance du Sud, et particulièrement sur celle du peuple congolais.
La RDC paie le prix humain et environnemental d’un modèle économique mondial qui la considère avant tout comme un réservoir de matières premières, jamais comme un partenaire égal. Sols pollués, rivières contaminées, terres agricoles détruites. L’or bleu laisse derrière lui un paysage ravagé et des générations sacrifiées.
Le vrai scandale du cobalt congolais
Le scandale n’est pas que le cobalt existe en RDC. Le scandale, c’est que cette richesse ne profite presque jamais aux Congolais. Tant que l’État restera faible, que la gouvernance demeurera prédatrice et que la communauté internationale fermera les yeux sur l’origine réelle de ses matières premières, le cobalt continuera d’être une source de malheur plutôt que de développement.
Le cobalt aurait pu être une chance historique. Il est devenu le symbole contemporain de la "malédiction des ressources" : un trésor souterrain transformé en fardeau national. En RDC, l’or bleu brille surtout pour les autres, tandis que le peuple continue de survivre dans l’ombre des mines.
Samuel Malonga
L'homme aux cheveux orange sort une ânerie par jour. Voire plusieurs. C'est sa marque de fabrique.
Toutefois, peu de gens se sont attardé sur sa singulière saillie du 9 décembre dernier, à l'issue de la signature du simulacre d'Accord de paix de Washington. Je le cite: ''Ils m'ont dit: S'il vous plaît, venez prendre nos minerais. Eh bien, c'est ce que nous allons faire...''. Fin de citation.
Ce ''ils'', c'est qui? Seule la RDC regorge de minerais de tous genres. Le Rwanda en est dépourvu. C'est donc Tshisekedi qui l'a supplié de venir ''imiter'' les Chinois dans le pillage des ressources minières du Congo.
Et de fait, les Etats-Unis sont en train de mettre les bouchées doubles pour ''rattraper'' leurs concurrents chinois dans cette sinistre besogne. D'ailleurs, un sommet sur les minerais critiques où la RDC était le principal protagoniste a eu lieu à Washington en milieu de cette semaine.
Un néocolonialisme économique réel et répugnant, orchestré par Tshisekedi et sa clique, se forge sous nos yeux. Les contrats d'exploitation, avec leurs gigantesques pots de vin, pleuvent. C'est la grande braderie.
En attendant, peu importe si des centaines de Congolais (on parle de plus de 200 victimes) meurent, engloutis dans l'effondrement de la mine coltan de Rubaya aux mains du M23, ce mercredi 28 janvier 2026. Un cas parmi d'autres.
Business as usual...
Simba Ndaye