Orchestre Bella Negritta
L’orchestre Bella Negritta a évolué dans les années 1960. Aujourd’hui, il est presque devenu un groupe musical fantôme. Son histoire demeure largement méconnue. Elle ne figure dans aucun ouvrage de référence, sa discographie est pratiquement introuvable et aucune plateforme spécialisée ne semble en conserver la trace. De nos jours, citer un titre issu de cette formation ou identifier avec certitude les artistes-musiciens qui y ont presté relève d’un véritable défi.
C’est pourtant le hasard qui a permis de confirmer l’existence de Bella Negritta, à la faveur de la découverte d’un disque 45 tours. Cet enregistrement atteste que, durant les années 1960 et jusqu’à sa dislocation, l’orchestre a bel et bien produit et mis sur le marché plusieurs titres, aujourd’hui tombés dans l’oubli.
Ce 45 tours de l’Orchestre Bella Negritta constitue un témoignage rare de la rumba congolaise urbaine du début des années soixante, à une époque où la production musicale, intense et foisonnante, échappait le plus souvent aux circuits d’archivage officiels. Nombre d’orchestres actifs dans les bars, dancings et quartiers populaires n’ont laissé que des traces fragmentaires, parfois réduites à un seul disque rescapé.
Le disque est pressé par le label Philips au format 45 tours mono, avec des textes interprétés en lingala. Il est exécuté par SOPHINCO – Congo, structure locale de production et de diffusion active dans les premières années de l’après-indépendance, jouant un rôle d’interface entre les orchestres urbains et les maisons de disques européennes.
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Face A : « Conséquence emonani » par Dyames – Carrol
Numéro de catalogue : 6041 036-1F
Ce titre s’inscrit dans la tradition morale et narrative de la rumba congolaise, où la chanson fonctionne comme un récit à portée éducative et sociale.
Face B : « Tika nayebisa »
Ce morceau reprend l’un des thèmes récurrents de la rumba congolaise : la justification, le plaidoyer amoureux ou social. Ce type de chanson mettait en avant la proximité entre le musicien et l’expérience quotidienne du public, renforçant l’identification et l’écoute attentive.
Bien que l’Orchestre Bella Negritta n’ait pas laissé une discographie abondante, ce disque illustre avec justesse la rumba populaire telle qu’elle se jouait et s’écoutait dans les quartiers. Il constitue aujourd’hui un document précieux pour l’histoire sociale et musicale du Congo, rappelant l’existence de ces formations modestes mais essentielles à la vitalité de la scène musicale urbaine des années soixante.
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À défaut de pouvoir présenter des chansons de Bella Negritta, nous proposons deux titres issus d’un autre orchestre considéré comme un véritable orchestre fantôme : New Africa. Il s’agit des morceaux « Chérie Nzumba », interprété par Payne, et « Mokolo ya mariage », signé Rossy Dassilva. Ces deux chansons constituent de rares témoignages sonores d’un ensemble musical presque effacé de la mémoire collective, mais dont l’empreinte demeure perceptible à travers ces enregistrements.
Samuel Malonga