Hommage à Crispin-Régis Lukoki Mampasi
C’est avec une immense tristesse que nous avons appris, par hasard, le décès en 2021 de Crispin-Régis Lukoki, en tombant sur la page Facebook que ses filles ont consacrent en sa mémoire. Né en 1948, Lukoki était un musicien dans l’âme, un passionné qui a traversé plusieurs générations de la scène congolaise avec une humilité rare et un talent indéniable.
À la fin des années 1960, il fonde son propre orchestre baptisé Le Corsaire, formation qui réunit de jeunes talents parmi lesquels Etisomba Lokindji et Ilo Pablo sans oublier Oscar Diabanza. Dans une époque marquée par l’effervescence musicale de Kinshasa, Le Corsaire apportait son souffle et son originalité, et Lukoki y affirmait déjà son sens de la composition et de l’arrangement.
C’est surtout au sein du groupe Chem Chem Yetu qu’il gagne une notoriété particulière. Sa chanson « Oh keba », véritable morceau éducatif, sera diffusée en boucle à la Voix du Zaïre, la radio nationale. Elle deviendra une référence, preuve de la volonté de l’artiste de transmettre des messages positifs et formatifs à travers la musique, au-delà du simple divertissement.
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Installé depuis plusieurs années en Espagne, à Tenerife, Crispin-Régis Lukoki poursuit sa carrière en y cultivant une expression plus intime et personnelle. Il y sort l’album « Madurez », condensé de maturité et de sagesse, qui témoigne de l’évolution de son art et de son regard sur la vie.
Il fut aussi parmi les artistes-musiciens qui ont collaboré avec Mbokamosika, tout comme Rachid King, Faugus Izeidi, Mose Fan Fan, July Cuivre, Lambert Ngabu et Seskain Molenga. Ses interventions, toujours précises et lumineuses, ont apporté des éclairages essentiels sur les questions historiques et musicales qui lui étaient posées.
Aujourd’hui, ses filles perpétuent sa mémoire en lui dédiant la chanson « Hasta siempre Papa », témoignage d’amour filial et d’héritage artistique.
Repose en paix, mbuta Lukoki. Tu vas nous manquer, mais ta musique et tes mots continueront de vivre
Samuel Malonga