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Publié par Samuel Malonga

« Marie-José » de Rochereau et Jazz Africain

Les groupes musicaux naissent et se disloquent. L’existence de certains parmi eux n’est que feu de paille. C’est le cas de Jazz Africain. L’orchestre voit le jour vers 1958 mais disparaît vite non sans laisser quelques œuvres phonographiques.

L’orchestre est formé par des artistes qui sont fanatiques de l’African Jazz de Grand Kallé mais qui n’ont pas eu la chance d’en faire partie. Fondé par le clarinettiste Edo Clari Lutula, Jazz Africain dont plusieurs mélomanes confondent avec l’African Jazz (son paronyme) a la chance d’avoir en son sein des éléments qui feront parler d’eux dans l’avenir et qui se tailleront une place de choix dans la musique congolaise moderne.

 

Le fondateur Clari Lutula s’entoure des jeunes talents qui fourbissent leurs armes dans le dur métier de la chanson. Ce sont pour la plupart des débutants qui veulent se lancer dans la musique professionnelle. Dans cette formation évolue une multitude d’artistes comme Rochereau, Franklin Boukaka, Jeannot Bombenga, Damoiseau Kambite, Alexandre Bwanga, Casino Mutshipule, Charles  Kibonge, Raymond Bricnk, François Boseme dit Bosmin, Tchamala Picolo, Mangenza, voire Verckys Kiamuangana. L’orchestre se produit le plus souvent au dancing bar Amuzu.

Comme Bombenga, avant de s’adonner à la musique, Rochereau a l’habitude de céder ses chansons à Kabasele. Mais lorsqu’il décide de faire la musique, c’est dans Jazz Africain et non African Jazz que Rochereau écrit ses premiers titres notamment Mwana mawa (sa première chanson), Katalina cha cha et Marie-José. Tout le mérite revient à ce groupe qui les exécute magistralement.

 

Ce qui est surprenant, c’est le fait que Tabu Ley lui-même n’a jamais parlé de son passage dans Harlem Band et Jazz Africain. Il a fait de Keliya sa première chanson officielle taisant ainsi les titres qu’il a lui-même écrits dans l’orchestre de Clari Lutula. On se demande ce que l’idole d’ébène avait à gagner en brouillant consciemment  son propre parcours musical.

Jazz Africain se disloque en 1959. Excepté Rochereau qui intègre l’African Jazz, les autres artistes-musiciens s’en vont créer Vox Africa sous l’impulsion de Jeannot Bombenga.

Samuel Malonga

 

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Y
Je vous remerci monsieur sm
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B
Bonjour à tous. Je viens d'écouter cette merveille et je remercie comme toujours le frère SAM. Aujourd'hui je me suis posé la question suivante: Pourquoi la clarinette a disparue de la musique congolaise? Est-ce que cette musique là n'a pas perdu quelque chose de fondamental. Cet instrument relève tellement la mélodie de plages musicales des années 58, 59 que malgré toutes les prouesses qui ont suivi, personnellement, je reste nostalgique du son de la clarinette.
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J
Alors qu’il pratiquait la musique en amateur, Pascal Tabu entre en studio pour accompagner le Rock-A-Mambo dans des enregistrements aux éditions Esengo entre 1957 et 58.
En 1958, le jeune Pascal croise le chemin de Lambert Ngabu, un infirmier de l’hôpital Pédiatrie de Kalembe lembe dans la commune de Kinshasa. Mais, qui est en train d’apprendre à jouer à la guitare. Pascal Tabu de son côté est aussi en train d’apprendre à chanter. Les deux vont se lier amitié et décident de se rencontrer tous les samedis et dimanches pour des séances de répétition. Lambert Ngabu qui joue à la guitare solo est rejoint par son frère Marcel Ngabu qui est guitariste rythmique.
A trois, ils progressent rapidement jusqu’ à tel point qu’un bon jour Lambert Ngabu décide de mettre sur pied un groupe musical du nom de Ritmo Band. Il prend contact avec d’autres camarades ressortissants du Congo Brazzaville dont Sabin, Fu Manchou et Didi Siscala. Après quelques mois des séances de répétition, ils vont frapper la porte du propriétaire du Dancing Siluvangi Bar dans la commune de Barumbu.
Ils donnent un premier concert qui se solde par un succès. C’est alors qu’ils décident de traverser le fleuve Congo pour s’installer à Brazzaville.
Pascal Tabu traverse tous les week-ends pour chanter avec ses camarades et regagne Léopoldville que le dimanche soir pour ses études. Mais le groupe quitte Brazzaville et s’installe à Pointe Noire, le jeune Pascal élève à Saint Raphaël, est dans l’impossibilité de rejoindre ses compères à Ponton la belle. Nous sommes en 1959, à la suite de cette situation Pascal Tabu va se tourner vers l’orchestre Jazz Africain de Lutula Edo Clary. C’est donc dans ce groupe que Pascal Tabu rencontre Jeannot Bombenga, Franklin Boukaka, Damoiseau Kambite, Casino Mutshipule, Charles Kibonge, Bwanga… Avec eux, Pascal Tabu enregistre trois titres : Muana Mawa, Marie Josée et Catalina Cha Cha. En revanche la vérité est que Pascal Tabu a démarré sa carrière musicale dans l’orchestre Ritmo Band avec les frères Ngabu malgré qu'ils n'ont rien enregistré sur un support.
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S
J'apprécie votre souci de rétablir les faits historiques. Vos évocations me paraissent crédibles et objectifs. Toute la question c'est le silence de Rochereau sur ce tournant du début de sa carrière musicale. Moi qui m'intéresse à son cursus voici des dizaines d'années, il m'a fallu ce site pour découvrir cet important plis de sa carrière. Cela dit beaucoup quand on raconte soi même son histoire que l'on veut magnifier...