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Publié par Messager

C'est à titre exceptionnel que nous publions l'article de notre ami Guillaume. Nous sommes en pleine commémoration du cinquantenaire sur notre blog. Durant tout le mois de juin nous nous consacrons au reppel des faits ayant marqué les 50 années de notre indépendance.

 

Parlons en responsabilité

 

 

Je suis personnellement peiné par la désinvolture avec laquelle ce sujet vient d’être commenté, un peu comme si autour d’un petit verre agrémenté de bons kamundele de chez Mr Diallo, sur Victoire, nous nous gaussions de la seule chose que nous Congolais ayons su faire valablement et ce de façon continue et prépondérante, la production musicale.

 

Pour commencer, je salue l’œuvre Mbokamosika qui par sa constance, le dialogue, les forums, alimente la mémoire collective et permet à tous les Congolais de renouer tous ces fils épars de notre histoire…car, c’est seule la maîtrise de notre histoire vécue qui nous permettra de dénouer les fils de notre manque d’indépendance et d’épanouissement.

 

Nous devons pourtant savoir parler de tout, et de tous, en responsabilité.

 

L’on ne devrait pas se lever un matin, aller sur Victoire manger les kamoutch de Mr Diallo et se permettre de dire, l’esprit distrait et guilleret : « Oui, on les connaît, ces artistes musiciens de ZAÏKO  ZANGA ZANGA… ils se font donner les chansons qu’ils chantent… »… avec le désir évident de dévaloriser le travail qu’ils ont fait, ou qu’ils continuent de faire… En le faisant, nous jetterions l’opprobre, non seulement sur tous les artistes musiciens  congolais, mais aussi sur tous les artistes de tous les horizons.

 

Le monde de la production musicale, que nous mélomanes voyons évoluer de loin tout de même, parce que nous n’en faisons pas partie, et aussi parce que ce n’est pas notre métier, a ses codes, ses manies, ses habitudes que nous serions peut-être incapables de comprendre et de pénétrer de façon appropriée.

 

Dans ce monde se chevauchent plusieurs métiers dont, celui de chanter, celui de composer des mélodies, celui d’arranger des chansons, celui de jouer des instruments, mais aussi celui de créer des textes et des thèmes de chansons.

 

Quelle honte y aurait-il donc pour un chanteur de chanter en son nom un texte ou une mélodie qui ne serait pas siens ? A part quelques rares cas de chanteurs ou d’artistes musiciens à qui il est arrivé de produire des œuvres musicales sans une autorisation expresse de leurs auteurs, il ne nous a jamais été donné d’apprendre qu’un créateur de chanson ait été obligé de céder une chanson un revolver sur la tempe… Je ne vois pas en quoi un chanteur serait-il moins bon de chanter bien, à la perfection, de façon sublime, une chanson qui ne serait pas sienne.

 

Johnny Hallyday, le rocker national de France, ne doit pas, en cinquante années de carrière, 100 millions de disques vendus, 21 disques de platine, 40 disques d’or, avoir chanté plus de 20% de chansons créées entièrement par lui-même. Son premier métier, c’est d’être chanteur. Il est idole des jeunes, idole indémontable et indécrottable des jeunes depuis 50 ans, parce qu’il est chanteur… pas parce qu’il écrit les chansons qu’il interprète

D’ailleurs, on dit des chanteurs qu’ils interprètent des chansons. Et, ce que le public attend d’eux d’abord, c’est de chanter d’une façon qui rejoint et crée des émotions en nous.

 

Parlons en responsabilité

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  Johnny Hallyday, le rocker national de France, ne doit pas, en cinquante années de carrière, 100 millions de disques vendus, 21 disques de platine, 40 disques d’or, avoir chanté plus de 20% de chansons créées entièrement par lui-même. Son premier métier, c’est d’être chanteur. Il est idole des jeunes, idole indémontable et indécrottable des jeunes depuis 50 ans, parce qu’il est chanteur… pas parce qu’il écrit les chansons qu’il interprète

D’ailleurs, on dit des chanteurs qu’ils interprètent des chansons. Et, ce que le public attend d’eux d’abord, c’est de chanter d’une façon qui rejoint et crée des émotions en nous.

 

Jean-Jacques Goldman, Michel Berger, sont des géniaux artistes qui sont honorés non parce qu’ils sont de grands chanteurs mais parce qu’ils sont des talentueux paroliers. Pierre Delanoë est un parolier qui a écrit pour tout ce que le monde francophone compte comme grands interprètes (Céline Dion, Johnny Hallyday, Gilbert Bécaud Édith Piaf, Juliette Gréco, Tino Rossi, Nana Mouskouri, Michel Polnareff… Quand nous écoutons et aimons des chansons comme La Ballade des gens heureux, l’été indien, Adieu Angelina, c’est de Gérard Lenormand, Joe Dassin, Nana Mouskouri que nous sommes fiers, pas de Pierre Delanoë dont parfois, même, souvent, nous ignorons l’existence...

 

Il y a plus de vingt ans, quand mon ami J.P. Buse chanta avec cette rare maîtrise « Mosala se bolingo », je tremblai d’émotion et je m’exclamai  même…« Oh, il en a de la chance, le Vieux Max Maxime, Max Mongali ou Idi Mane… d’avoir eu un si brillant interprète pour sa chanson… »

 

Si aujourd’hui Lita Bembo reprend des paroles de Madi, il doit bien le faire en connaissance de cause… D’ailleurs, l’œuvre Madi, ne serait-elle pas déjà entrée dans le patrimoine collectif ? C’est encore à vérifier. Je suis d’ailleurs de ceux qui pensent qu’aujourd’hui, nos artistes-musiciens devraient arrêter de composer et de créer, pour prendre le temps de mieux utiliser toute cette formidable manne emmagasinée dans l’œuvre musicale qui dort paresseusement dans nos vinyles, nos bandes magnétiques, depuis cinquante ans.

 

D’ailleurs, si mes informations se révèlent exactes, J.P. BUSE sera bientôt l’invité de Joseph PULULU  ou de César NGADI sur Radio Mangembo. Il suffira d’appeler le 01 64 38 54 68 le jour de l’émission pour avoir les précisions qu’ils souhaitent. Ce serait mieux que d’en parler comme si c’était dommageable que des chanteurs congolais interprétassent des textes de paroliers de grand talent.

 

C’est peut-être par là que la musique congolaise devrait passer aujourd’hui. Qu’il se mette en place des bataillons de paroliers qui iront chercher dans la vie des congolais des thèmes et des mots adéquats pour que nos artistes-musiciens puissent mieux remplir leur fonction sociale de motivateurs pour le développement collectif. Il est temps de mettre un esprit nouveau dans l’expression musicale et artistique dans notre pays.

Commentaire n°3 posté

Parlons en responsabilité

(3)

 

Les nègres dans la production artistique…

 

Ils existent depuis des temps immémoriaux. Le 10 février dernier, sortait l’Autre Dumas, l’histoire supposée du créateur littéraire des œuvres d’Alexandre Dumas… Il y a peu, l’on parlait de celui qui créait pour Molière… Même Shakespeare a été soupçonné de n’avoir pas toujours été l’auteur de ses chefs-d’œuvre… Les exemples sont légion.

Dans notre propre discographie, les exemples abondent, ainsi qu’on pourrait le vérifeir en se rapprochant des écrits des bons musicologues que connaît notre pays comme JP NYIMI, MANDA TCHEBWA, JEANNOT NE NZAU DIP, NILA MBUNGU etc.…

 

§                            Qu’est-ce que le fait qu’OLEMI ESHAR BEL BELINDA soit l’auteur de la chanson ONASSIS enlève à la maestria avec laquelle ANTO EVOLOKO la porta pour faire du rythme Kwempa Kwempa le digne précurseur de la bombe à hydrogène dénommée la cavacha ?

 

§                            Henri BOWANE créa la chanson MARIE LOUISE que WENDO popularisa avec brio…

 

§                            RENE MORENO alias MOSENGO KITOKO écrivit pour TABU LEY ROCHEREAU et FRANCO LUAMBO MAKIADI …

 

§                            PAMELO MOUNKA alors PABLITO resta longtemps dans le sillage de TABU LEY ROCHEREAU et lui céda beaucoup de chansons sans que cela puisse un seul instant enlever au SEIGNEUR ROCHEREAU un seul gramme de Sa grandeur ou de son génie…

 

§                            KARE alias KASSANDA RENE, TONY DEE BOKITO, CELI BITSOU, SANGANA, MIZELE  furent aussi des pourvoyeurs de textes de chansons célèbres qui continuent d’être vantées…

 

§                            DO AKONGO et WAZEKWA écrivirent pour Koffi OLOMIDE …

 

§                            KOFFI OLOMIDE écrivit pour PAPA WEMBA…

 

La liste est en effet longue.

 

Ce qu’il faut à la gent musicale congolaise, c’est d’installer le métier de parolier dans des lettres de noblesse. Et aux chanteurs de considérer leur métier avec plus d’humilité et de sérénité : ils ne peuvent pas exister sans musiciens, sans paroliers de talents, sans arrangeurs de qualité. C’est ainsi qu’ils peuvent remettre de l’esprit dans les chansons qu’ils nous chantent. Pour l’heure, cela fait trop COPIER COLLER… les textes se ressemblent, parlent toujours de la même chose, et de la même façon…

Commentaire n°2 posté par Guillaume aujourd'hui à

Parlons en responsabilité

(4)

 

Ce qu’il nous faut, à nous mélomanes, c’est de devenir plus exigeants, de reconnaître la bonne qualité de ce qui nous est proposé quand c’est le cas, et d’arrêter de salir notre patrimoine artistique, chansons et chanteurs, quand nous mangeons nos kamundele arrosés de PRIMUS ou de SKOL chez Monsieur DIALLO sur Victoire…

 

Guillaume

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Koulou 03/06/2010 16:50



Une nouvelle série BD sympathique et familliale à découvrir ?
ici si vous voulez, bien sûr.
 


Bonne journée.