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Publié par Samuel Malonga

 

Le parcours du combattant 

Mangwana, le chanteur à la voix d’or a dans une série d’interviews donné sa propre version de son parcours musical. De ses débuts dans l’African Fiesta des éditions Vita à sa carrière solo, Muana Nzoku parle des faits saillants qui ont marqué sa vie d’artiste. Mais de toutes les anecdotes qu’il donne, la plus surprenante et la plus incroyable est la façon dont il a intégré l’African Fiesta Nationale le Peuple de Rochereau en 1967. Un vrai rapt !

Mangwana est précis dans ses dires. Il donne des détails sur la création du Festival des Maquisards, la discrimination qu’il a connue étant Angolais et du subterfuge qu’il a utilisé pour aller à l’étranger alors qu’il lui était interdit de quitter le territoire par les autorités zaïroises.

Cet entretien est à lire comme un roman. La suite de ce parcours du combattant se trouve dans les deux liens qui accompagnent la présente entrevue.

Samuel Malonga

 

Moins d’un an après tes débuts avec Rochereau, tu quittes son orchestre, l’African Fiesta. Pourquoi ?

En ce temps-là, il n’y avait pas de garantie pour les artistes qui commençaient. Les autres membres du groupe, c’étaient des grands, des musiciens connus, et moi j’étais petit. On m’avait promis un salaire… qui ne venait pas. Alors à chaque fois, on devait se rabattre sur les supporters de l’orchestre qui nous donnaient quelque chose à manger et moi, comme j’étais habitué à un autre train de vie (j’étais le fils d’un commerçant qui avait réussi et je ne manquais de rien à la maison), alors j’ai commencé à bouder. C’est là que le propriétaire du bar où l’on jouait, Ignace Moleka (qui connaissait mon papa), intervient. Un jour, sa maman me voit avant le concert, et me demande ce qui ne va pas. « Maman j’ai faim », lui dis-je, et elle a eu tellement pitié de moi qu’elle m’a acheté une boite de corned-beef et une chikwangue (bâton de pâte de manioc, base de l’alimentation quotidienne des KinoisNDLR). Et elle est allée voir son fils pour lui raconter. Ce dernier me fait venir, je lui raconte que ça fait trois mois que je chante sans être payé. Il dit à sa mère : « maman, ils lui avaient promis 40 000 francs congolais, il n’a rien touché. Ce soir, l’African Fiesta a droit à 41 000 francs, donc tu vas couper 20 000 francs dans la recette et les donner au petit. Et si Rochereau ou Nico demandent quelque chose, tu les envoies chez moi. »

À la fin du concert, la maman m’a appelé en catimini, et m’a donné les 20 000 francs. J’ai pris… Et je me suis barré ! Évidemment, Rochereau et Nico sont venus chercher leur dû, et la maman leur a expliqué qu’elle m’avait donné la moitié en guise de salaire. Rochereau et Nico ne me l’ont jamais réclamée, et il s’est passé des mois comme ça sans qu’ils me paient. Moi, je ne pouvais pas leur demander (ayant pris les 20 000 francs malgré eux), et eux aussi ne m’en parlaient pas : c’était le statu quo. Au bout d’un moment, j’en ai eu marre et j’ai eu une proposition d’amis qui étaient à Brazza, pour aller créer l’orchestre Los Patchichas là-bas.

Et puis, une semaine après, il y a un décret qui tombe et qui dit que tous les mouvements de libération de l’Angola d’obédience socialiste doivent quitter Kinshasa. Et comme je faisais partie d’un syndicat affilié au MPLA, j’ai été obligé de prendre mes cliques et mes claques et de partir à Brazza. Mon père, lui, est resté : il était dans un mouvement social-chrétien avec Holden Roberto du FNLA.

Arrivé à Brazza, on me prend, et on m’envoie à 300 km de là : trois mois d’entrainement militaire, et après on est allés au front, au Cabinda. Et là, avec le stress, j’ai été attaqué par l’asthme et on m’a démobilisé. Les responsables du parti m’ont dit « on ne peut pas te laisser comme ça, tu as été musicien, continue avec la musique, parce que la musique aussi, c’est une arme ». Et je suis redevenu musicien à Brazza. 

 Qu’est-ce que tu fais précisément après ta démobilisation ?

J’ai joué avec los Patchichas, puis avec l’orchestre Tembo, et un jour mon papa m’a envoyé une carte qui représentait l’allégorie du pasteur qui cherche ses brebis. J’amène la lettre chez mes responsables politiques qui me disent : « écoute, nous sommes quand même des Bantous, comme tu es le premier garçon de ton papa, ne fais pas la grosse tête, tu dois rentrer parce que sinon, ça peut te ramener beaucoup de malédictions. » Alors, j’ai repris le bateau pour Kinshasa, et je suis rentré chez mon père. 

À ce moment-là, il y a eu la séparation entre Nico & Rochereau (en 1965, Nico part former l’African Fiesta Sukisa quand Rochereau rebaptise son groupe African Fiesta National, NDLR). Alors Nico me contacte : « Sam, on a besoin de toi… Et puis tu avais laissé deux chansons dans le répertoire de l’African Fiesta que Rochereau avait mises à son nom, tu dois les réenregistrer pour que tout le monde sache qu’elles sont à toi. » Mais j’ai dit non, Rochereau quand même c’est quelqu’un qui m’a mis le pied à l’étrier, je ne pouvais pas le trahir comme ça. Trois jours après, je vois arriver un émissaire de Rochereau qui dit « Rochereau a besoin de toi ». Je vais le voir et il me dit : « je pars en tournée en Ouganda, à mon retour, tu reprends dans le groupe. » Et à son retour, j’ai repris avec l’African Fiesta. 

À l’époque, c’était le président de l’orchestre qui mettait les chansons à son nom…

Ah oui ! En guise de bizutage…

Il fallait monter en grade dans l’orchestre pour pouvoir signer…

Voilà ! Je me rappelle un jour où on répétait chez Nico. À la répétition, j’avais faim et son frère Déchaud, guitariste et accompagnateur me dit :
– Petit, qu’est-ce qui se passe ?

Je lui réponds : 
– Est-ce que vous ne pouvez pas m’avoir un peu quelque chose ? Parce qu’on ne me donne rien.
– Mais petit, si tu commences à demander l’argent, tu ne connaîtrais jamais ce métier ! Dans ce métier, on ne demande jamais l’argent, il faut seulement travailler (Sam en rigole).

Voilà, c’était une époque où il fallait faire ses preuves, se faire exploiter, pour être après reconnu…

 

 

Toujours ces soucis de salaire… Cette fois encore, même si tu chantais dans un des plus grands orchestres du pays, tu ne vas pas faire de vieux os…

Oui, car là encore, rebelote, on me sollicite par un transfuge de l’African Jazz, Jeannot Bombenga, qui avait créé l’orchestre Vox Africa. Je suis parti là-bas, parce qu’ils avaient un bureau, une administration, c’est une structure qui appartenait à des hommes d’affaires, des fonctionnaires, des mécènes qui voulaient voir les musiciens bien traités et ils ont créé une maison d’édition (c’est ainsi qu’on appelait alors les maisons de productions, NDLR). À cette époque, j’étais devenu une coqueluche sur la place de Kinshasa parce que je pouvais chanter en espagnol, en français, en portugais… (Sam se fait alors appeler « Sam Moreno », NDLR) et j’ai commencé à être un des chanteurs les mieux payés. La presse m’avait collé l’étiquette de mercenaire, qui peut passer d’un orchestre à l’autre moyennant un bon salaire. J’ai donc accepté la proposition de Bombenga. Et, quelques mois plus tard, le pays se prépare à accueillir le sommet de l’O.U.A. à Kinshasa en 1967. 

Le ministère de la Culture organise alors un concours (pour la chanson du sommet de l’O.U.A., sur le thème « Congo Nouveau, Afrique nouvelle », NDLR) dont le vainqueur irait aussi représenter le pays à l’exposition universelle de Montréal. On s’est retrouvés face à face avec Rochereau, moi avec Vox Africa et lui avec son orchestre, et il y avait un autre groupe (le Negro-Succès, NDLR) où évoluait le petit-frère de Franco, Bavon Marie Marie qui est décédé à 25 ans. On s’est retrouvés au zoo, il y avait un grand bar où se déroulaient beaucoup de manifestations officielles. 

Rochereau avait remporté le concours. Mais la chanson que j’avais interprétée avec Vox Africa est restée à la radio comme indicatif du journal parlé. Rochereau, lui, avait composé une chanson qui était assez significative par son message (et chantée en français, NDLR). Et il se dit : « je pars à Montréal, mais il me faut Mangwana. »

Au lieu de me solliciter, il s’adresse au ministère de la Culture pour qu’on me réquisitionne, puisque c’est une mission officielle. Quand j’en ai eu vent, il y avait deux Volkswagen du ministère de l’Intérieur qui m’attendaient à la sortie du concert pour me mettre la main dessus, mais après le concert j’ai fait le mur et suis parti. J’étais à la maison avec Dalienst (Ntesa Dalienst, chanteur lui aussi, NDLR) quand ils sont arrivés. Ils ont éclairé notre appartement avec les phares, et avec le mégaphone : « Mr Mangwana, on sait que vous êtes là, descendez c’est le ministère de l’Intérieur. » Je suis descendu en sandales, ils m’ont salué et ont dit à Dalienst « n’ayez pas peur, on emmène ce monsieur en voyage officiel. »  

Et ils m’ont pris comme ça, en sandales, directement à l’aéroport : j’avais juste un jean et une chemisette en nylon. À Bruxelles, quelqu’un de l’ambassade m’attendait avec un costume, les chaussures, la chemise et tout. J’ai pris ensuite l’avion pour Montréal et là, ce n’est pas Rochereau mais son associé Roger Izeidi (le manager et éditeur de l’African Fiesta) qui m’emmène à l’hôtel. Là, je vois Rochereau : je ne le salue pas, lui non plus. Je vais dormir et le lendemain, le manager vient me chercher et me dit « écoute petit, je sais que tu es fâché parce qu’on t’a pris comme ça, mais c’est une mission officielle, tu es d’origine angolaise, mais tu es né chez nous, nous on te considère comme Congolais en plus on t’a formé comme musicien, donc sois un peu reconnaissant à ton pays d’accueil, on ne demande que ça : après l’expo tu pourras faire ce que tu veux ».

Le lendemain, Rochereau se pointe dans ma chambre : comme c’est un grand frère et mon patron, je ne pouvais pas lui claquer la porte. Il m’embrasse et dit : « écoute Sam, je reconnais tous les petits trucs qu’on t’a faits, mais c’est une mission officielle, essaie de te confirmer comme chanteur, profite de cette opportunité. Oublie ce qui s’est passé entre nous, je viens te prendre après le déjeuner on va répéter. Tu es d’accord petit ? » J’ai dit : « oui grand frère ». On a répété, on a joué à Montréal, puis à Québec, et nous sommes revenus à Bruxelles où on a enregistré quelques morceaux avant de rentrer à Kinshasa.

De fait, après le coup de force de Rochereau, tu étais redevenu membre à part entière de l’African Fiesta…

À Kinshasa, il y avait une manifestation (gala de la Saint-Sylvestre 1967, NDLR), et Rochereau avait donné son accord pour le concert. Mais avant, Rochereau voulait qu’on aille chez le ministre de l’Intérieur : celui-ci avait un jour demandé à Rochereau une chanson pour son nouveau bébé, et il avait financé son voyage pour aller l’enregistrer à Bruxelles. Et par reconnaissance, Rochereau décide qu’on ira d’abord jouer chez le ministre puis à la manifestation au parc. Manque de pot : Mobutu se pointe à l’heure convenue au parc zoologique. Et l’African Fiesta n’est pas là… Mobutu dit qu’il est fatigué, qu’il ne veut pas attendre… et il s’en va. Le lendemain la sanction tombe, l’orchestre African Fiesta est suspendu pour trois mois. Un mois passe, puis deux, et on n’avait pas nos salaires. Alors, avec quelques-uns, je proteste : on ne joue pas, mais le disque qu’on a fait à Bruxelles marche, on me doit mes royalties, et nos participations aux enregistrements. Le producteur était tellement arrogant qu’il nous a dit d’aller nous plaindre ailleurs ! 

J’ai dit à mes camarades : « Kinshasa est grand, on est de grands garçons, marre de travailler avec ces vieux ! » Pourquoi ne pas créer notre propre orchestre ? Et c’est comme ça qu’on a décidé de fonder l’orchestre les Maquisards. Mais il nous fallait trouver des instruments pour commencer. Il y avait un mécène qui était secrétaire particulier de Mobutu, c’était un grand frère du quartier qui m’avait vu grandir : il finançait deux orchestres : Révolution et Negro-Succès qui marchaient fort, alors je suis allé chez lui pour le solliciter. Il m’a fait entrer. Il était tellement simple, il déjeunait avec ses amis et il m’a invité à m’asseoir à leur table, et il m’a dit qu’est-ce qui se passe « Che Guevara » ? (il aimait me taquiner pour mon côté rebelle) : je lui explique.

Un orchestre, Sam ? Qu’est-ce que tu es têtu ! Tu as des éléments valables ?
Il appelle son responsable technique et lui dit : regarde au fond du garage s’il nous reste les anciens instruments du Negro-Succès, on va voir s’il peut se débrouiller avec, j’aime ce petit. 

Les instruments étaient encore bons. On nous avait donné une résidence à Limete (commune de la ville de Kinshasa, NDLR) pour les répétitions. Notre mécène avait fait des jumeaux avec sa seconde femme : « Sam, est-ce que tu peux me composer une chanson pour les jumeaux ? Leur anniversaire, c’est dimanche ». J’ai dit oui. On y est allé, le Negro-Succès et nous, on s’est installé et puis on a chanté la chanson. Elle était si belle qu’ils nous ont demandé de bisser et re-bisser quatre fois. Il dit : « demain, lundi réservez-moi un studio, et après l’enregistrement, Mangwana part à Bruxelles pour acheter un nouvel équipement (rires) ». Et Les Maquisards étaient créés. 

Vu les circonstances, le nom était bien choisi. Les Maquisards (le nom court pour « Festival des Maquisards »), ça a duré combien de temps ? 

9 mois. Pourquoi 9 mois ? On était tellement populaire et on avait un garçon, Lolo, qui faisait de la pop et imitait à la perfection James Brown, et moi j’imitais les Conde Rodriguez, les Monguito (chanteurs afro-latins, NDLR), et on avait aussi un répertoire antillais avec les biguines, et les balades à la capverdienne… donc on jouait tout le répertoire du monde, y compris les Michel Sardou, Johnny, Alain Barrière…

À cette époque, il y avait cette vague des coopérants haïtiens venus comme enseignants, médecins et magistrats à Kinshasa. Ils préféraient nos concerts pour se retrouver, et on est devenus très populaires, et ça a commencé à nous attirer des problèmes, car pendant 4 ou 5 mois, il y a eu une baisse de fréquentation chez Franco et chez Rochereau. 

Notre premier 45 tours avait très bien marché. Le préposé me dit alors qu’il y a beaucoup d’argent, et me dit que notre mécène veut savoir ce que je veux faire avec tout cet argent. « C’est mon argent ! » je dis spontanément. Mais comme on était en concurrence avec les autres groupes : « je veux neuf scooters Vespa avec deux voitures : une voiture pour moi, une pour le chef d’orchestre et neuf scooters pour les musiciens ».

Alors il appelle le mécène Mr Denis Ilossono, et je l’entends au téléphone :
– Dis à Samuel que ce chèque j’irais le donner à son papa. 

Le préposé dit :
– Tu as entendu ?
– Si ce chèque va chez mon papa, dis-je, alors c’est mon papa qui va venir désormais chanter ici !

À l’autre bout du fil, j’entends le mécène dire :
– Donne-lui cet argent, les musiciens c’est des fous ! 

Alors le préposé me dit :
– Au lieu de te donner le chèque, va demander le prix des voitures et scooters et je paie pour ça (il y avait 2800 zaïres, c’était beaucoup d’argent à cette époque où une voiture coutait à 300 ou 400 zaïres).

C’est comme ça que l’orchestre Les Maquisards se verra motoriser. Avant les concerts, les musiciens allaient se chercher les uns et les autres, et on faisait le tour de Kinshasa avant d’y aller, c’était comme une procession publicitaire. 

Les autres orchestres se sont dit : mais comment faire sauter ce groupe ?
Je me rappelle qu’on avait enregistré notre premier 30 cm à Kinshasa, après notre tournée dans les provinces du Haut-Zaïre, et le disque avait marché. Mais certains ont influencé mes partenaires : « Sam Mangwana est le plus jeune, mais c’est sa photo qui est en haut sur l’album, et vous en bas, alors que c’est un étranger ».

Alors, par manque d’expérience, les autres se sont désolidarisés de moi. Je me rappelle un matin au réveil, on m’apporte un journal (le progrès, qui deviendra Salongo), et je lis : « Sam Mangwana révoqué comme fondateur du groupe Festival des Maquisards ». Ah bon ? Parce que je suis étranger ? Et bien je laisse cette affaire et je vais faire ma carrière solo. Et comme le mécène du groupe voulait qu’on ne se disloque pas, il a essayé de m’envoyer un émissaire pour me ramener à la raison. Moi : « Je refuse. Je ne veux rien, allez y dire au patron que c’est fini. »

Vladimir Cagnolari

Compilation : Oyo zuwa, Tarcisse, Luzingi ke pidina, Kelele mama mapasa, Yengo, Lufua lua nkandi, Transberos, Kumbe, Procès.

Bonus : https://pan-african-music.com/mangwana-le-roman-dune-vie-2/

 https://www.persee.fr/doc/homig_1142-852x_2003_num_1243_1_4017

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M
Pedro
Tu soulèves un vrai problème. Nous devrions dans le cadre du travail de mémoire trouver des fiches de paie des musiciens.
En lisant livre de Faugus, j'ai compris que les orchestres ont été très mal gérés.
Selon Vercky à travers l’interview diffusée sur notre site, il n’avait pas de salaires au sein de l’OK-Jazz. Pour survivre, il achetait quelques produits lors des voyages, qu’il revendait au retour.
Dans l’interview à laquelle Pedro a fait allusion en bas de l’article sur Guvano, Baramy avait déclaré que Franco lui avait remis une certaine somme d’argent afin de permettre à sa femme d’avoir une table au marché. Donc, le salaire n’existait pas. À moins que Mr Mukendi, qui fut le manager de Dr Nico nous fournisse de plus amples précisions.

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P
Merci beaucoup, Sam. Tes recherches sont vraiment d’une valeur inestimable. Sam Mangwana se défend très bien de l’idée de pigeon voyageur. Il n’avoue que son entêtement, qu’il considère comme un esprit rebelle, presque révolutionnaire (je ne savais pas que le mot tétutesse ou têtutesse est purement congolais [http://ktcarnet.afrikblog.com/archives/2006/07/17/2307344.html]). Cette interview est une bonne base pour la chronologie qui m’intéresse. C’est dommage que la plupart des acteurs ne sont plus là. On pouvait leur poser des questions tout simplement pour compléter ce récit. Mais un aspect sous-jacent dans cette interview, qui est très important et je crois qu’il a beaucoup contribué à la décadence de la musique, est que les musiciens n’ont jamais eu des contrats respectables. Ils devaient se contenter d’être des travailleurs impayés qui doivent attendre leur tour d’exploiter les autres.
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