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Publié par Messager

MIBALI YA KALA, L’ŒUVRE RECHERCHÉE PAR GAK AMISI, VIENT D’ÊTRE OFFERTE PAR MICHEL MUKUMATA.

 

Bonjour à tous les amis de MBOKAMOSIKA.

Pour répondre à la préoccupation de notre frère GAK AMISI sur la rareté d'une des chansons de l'artiste Empompo Loway dont il a donné quelques pistes de recherche, je suis parvenu à retrouver la chanson qui porte le titre de : « Mibali ya kala ». J'espère qu'il sera satisfait.


Mukumata Michel Georges

 

Cher Messager,

Je voudrais vous saluer et à travers vous tous les Mbokatiers. Je suis un fervent lecteur de vos publications et je dois saluer l'excellent travail de mémoire que vous faites ici avec vos complices Samuel Malonga, Lused, Ndiaye, "l'Ami commun",etc.


Dans les années 80s, j'étais étudiant en journalisme à Kinshasa, à l'ISTI (Institut des Sciences et Techniques de l'Information), actuellement IFASCIC. C'est au cours de ces années que j'ai été en contact avec l'œuvre du grand saxophoniste Empompo Loway. Je pense particulièrement aux chansons comme Zunguluke, Moto ya Bowayo et autre Adolo Timbi que je sais retrouver sur des plateformes spécialisées.

Mais il y a une chanson que je n'ai plus jamais rencontrée sur mon parcours malgré tous mes efforts. L'auriez-vous ? Je n'en connais pas le titre mais certainement que les Mbokatiers la reconnaitront, tellement elle sortait des sentiers battus de par son style et son message. Dans un tableau d'une rare beauté sonore et thématique, l'artiste nous entraîne dans la société africaine traditionnelle où il présente des hommes à la fois égoïstes et cupides qui réservent exclusivement pour eux tous les mets exquis des gibiers rares, les frappant d'interdit aux femmes. Ces hommes d'antan dit-il, sont "Mayele mingi, eloko nyoso ya pimbo, mwasi aliya te". Et il cite des gibiers interdits jadis aux femmes tels la tortue, le pangolin, le léopard...

Mais plus loin, comme à l'envers du tableau, l'artiste se désole du fait que les femmes d'aujourd'hui ne l'entendent plus de cette oreille. Les femmes actuelles, dit-il, sont tellement gourmandes et portées vers les plaisirs de table qu'elles sont prêtes à vous causer un grand malheur pour un simple biscuit. Sous-entendu : si pour un biscuit "ya pamba" la femme actuelle peut faire un scandale, combien elle n'en ferait pas à son partenaire qui lui refuserait le droit d'accéder à ces nobles gibiers de nos forêts. Derrière la carricature dont elle prend la forme et le style, cette chanson est profondément un coup de projecteur dans notre passé, un passé qui n'est pas entièrement tourné loin s'en faut, et dont les générations actuelles ignorent des pans entiers. Cette chanson est aussi actuelle, avant-gardiste et féministe. L'artiste y plaide l'égalité du genre et en appelle au changement dans la perception de la place de la femme dans nos sociétés.


Messager, pouvez-vous nous retrouver cette pépite dans notre riche patrimoine discographique.
Merci.


Londres 5 Février 2021
GAK AMISI

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Guillaume Amisi Kilosho 09/02/2021 23:57

Ha, kulutu Messager, je suis sur un nuage, je baigne dans l'allegresse. Car ma quete du graal de plus de 30 ans vient enfin d'etre recompensee, a travers vous et notre site, par notre frere Michel Mukumata. Je tire un grand coup de chapeau a ce Mbokatier. Croyez-moi je n'ai pas des mots pour lui exprimer mon admiration et toute ma reconnaissance.
Pour revenir a la chanson "Mibali ya Kala" ecrite et chantee par feu Deyesse Empompo Lowayi, j'espere que beaucoup sont des Mbokatiers qui sont de mon avis que cette chanson est un veritable chef d'oeuvre. Nullement philosophique, comme l'aurait fait un Lutumba Simaro, non plus satirique comme l'aurait fait un Luambo Makiadi, ni non plus courtoise comme ces textes chantes par Tabu Ley Rochereau au sommet de sa gloire aux cotes d'un Kalle lui-meme poete et interprete des morceaux aux sonorites lyriques et suaves, cette chanson est un tableau grandeur nature de notre societe phallocratique que seuls de grands genies peuvent realiser. Et vous avez bien raison, Messager. vous qui qualifiez cette chanson de "belle oeuvre anthropologique". Car avec des coups de crayon qui ici prennent la forme de sa voix, Empompo va au coeur du conflit permanent de la question du genre dans notre Afrique traditionnelle, un conflict qui est loin de prendre fin et qui meme est plus vif que jamais du fait de ce que l'on a appele "emancipation de la femme", et de la decheance sociale et economique de l'homme, a cause du chomage chroniques qui a fini par mettre a genius notre pays et son economie. Hier pourvoiyeur du pain familial, l'homme a ete descendu de son piedestal social, et dans beaucoup de nos familles maintenant, les mamans ont pris la place des papas comme "bread winner". Et Empompo qui etait en avance sur le debat social pose a juste titre cette question au sujet des hommes qui refusent aussi bien le plat exquis que le bon vin (masanga nyonso ya ngi ngi" aux femmes :" maman ya ngana, yango boni?. Un regal cette chanson.
Gak Amisi
Ps: j'ecris de mon smartphone depourvu d'eccents.

Messager 08/02/2021 08:46

Quelle belle œuvre anthropologique, teintée d’humour ! Nous remercions l’auteur de la requête, Gak AMISI, et surtout celui qui a déniché cette rareté, Michel MUKUMATA.