Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Messager

 Hier,nous avons présenté le légendaire guitariste Jean Bosco Mwenda. Malheureusement, force est de constater que ses oeuvres sont jalousement conservées dans de prestigieux musées à travers le monde,mais rarement répercutées par les médias nationaux.
 Il existe en République Démocratique du Congo  une génération qui n'a jamais auditionné une seule chanson de Jean Bosco,bien que nos grands musiciens se soient beaucoup inspirés de lui,sans avoir eu à citer même son nom.Nos chansons contiennent de nombreuses partitions de Jean Bosco.Ce qui  prouve  son influence sur notre musique.
 En diffusant certaines versions originales des pionniers de notre musique,notre blog tient à remettre les pendules à l'heure.Et par ricochet clarifier qui a fait quoi. La valeur d'un artiste se mesure à travers la qualité de ses oeuvres,même plusieurs années plus tard.
Le style Jean Bosco à Stanleyville(Kisangani)
 Il est certain que Jean Bosco a beaucoup influencé la musique congolaise,particulièrement des régions swahiliphones de l'est du pays,et le Kasaï,géographiquement très proche du Katanga,dont les ressortissants étaient massivement employés dans les mines.
 En ce qui concerne Stanleyville,le style Jean Bosco est remarquable à travers les chansons des groupes ou orchestres Boyomais des années 1950.Nous avions déjà auditionné une chanson en swahili de Tinape Henrique.Nous allons découvrir aujourd'hui deux autres chansons en swahili intitulées "Nachelewa",de Charles Ombiza,et sa femme Haluwa Feza,accompagnés par le groupe Oroclos,et Colette,de Bembele "De bon coeur" Henri,accompagné par trois membres de l'orchestre Tinapa,enregistrées en 1952 à Stanleyville par Hugh Tracey.
 L'énigme qui reste à résoudre consiste à savoir comment Tinapa Henrique,Bembele Henri,et Dongala Gracia tous originaires du Nord de l'Angola avaient-ils réussi à s'intégrer à Stanleyville, en faisant la symbiose entre le style Jean Bosco,la rumba et le rythme San salvador dont ils étaient héréditaires.
 Écoutons les  chansons,de deux virtuoses boyomais de la guitare des années '50,Ombiza Charles et Bembele Henri.

Nachelewa

Colette

La fièvre "Muleka" et "Nyota" au Kasaï et au Maniema
 Le kasaï,avons-nous dit,est très proche du Katanga où il n'exitait pas un secteur sans   travailleur kasaïen.Aux travailleurs kasaïens,il faut ajouter de nombreux ressortissants du Maniema recrutés également par l'Union Minière(Gécamines) à l'époque coloniale.
 Durant les années 1950,les appareils phono au Kasaï et au Maniema jouaient sans cesse les chansons de Jean Bosco Mwenda.Les jeunes de ces deux régions à cette époque s'en sont beaucoup inspirés.Au Kasaï, ce rythme avait donné naissance à une chanson nommée"Muleka",nom d'une très belle fille,interprétée en tshiluba,dans chaque village,et par chaque tribu à sa façon. Au Maniema,la muse était "Nyota",interprétée en swahili.Du côté du Sankuru,on chantait en tetela mais sous le même rythme.
 Pour illustrer nos propos,écoutons trois chansons. Une en tetela. Et deux versions de Muleka enregistrées en 1957 à  Kolwezi par le même musicologue sud-africain Hugh Tracey.La chanson Muleka Mwena Yombe est chantée par le duo luba songye composé par Ngoi Nono et Kabongo Anastase.La version Muleka Mwena Ngoie est l'oeuvre de Kaseba Anatole,un muluba shankadi.Nous n'avons pas obtenu le nom de l'auteur de la chanson en tetela.

Tetela

Muleka Mwene Yombwe

Muleka Mwene Ngoie
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Joseph Pululu 18/04/2008 19:44

A l'heure où Messager nous amène sur les traces de Mwenda wa Bayeke, un peu comme pour nous rappeler qu'à côté de Kinshasa, Kisangani s'était révélé un véritable pôle d'ambiance, j'en profite pour revenir sur Wendo Kolosoy à qui est consacré un film signé du réalisateur suisse Jacques Sarasin.En effet, alors que le débat est loin d'être clos pour savoir pourquoi c'est le nom de cet artiste qui a été choisi pour désigner la génèse de la rumba congolaise, j'aimerai renvoyer nos lecteurs sur la traces du Kolo Soyi , Wendo :CINEMApublié le 17-04-2008 à 13:29Sur les traces de Kolosoy, le Père de la Rumba congolaiseL'artiste aujourd'hui âgé de 85 ans et son groupe, sont au centre du film "On the Rumba River" du réalisateur suisse Jacques Sarasin
Wendo Kolo Soy, Windsor, détenteur de la chance
 
Mon Wendo à moi était celui de Marie Louise, auteur d'une chanson qui est aujourd'hui encore la base mélodique de la Rumba Congolaise. De Kallé Jeef à Karma Pa, pour composer une bonne Rumba, on le sait, il faut caler sa mélodie sur Marie Louise;
Marie Louise eee, Solo e ngai na yoWapi kombo lowisa ... chantait Wendo
Simaro Massiya consigne la même ligne mélodique à Sam Mangwana pour Mabele :
Soso eleli e soso ekolela ngoya oSoso ekolela bandoki bazongi ndako
ou comme Rochereau dasn Arsène DiongeArsène Dionge aweyi, arsène oyo mwana ya Lipopo
Une ligne mélodique, parait-il, que lui a inspiré le cours sinueux du fleuve Congo, sur lequel il naviguait comme batelier dans ses années de jeunesse. Et elle a inspiré le synopsis du film On the Rumba River, que lui consacre Jacques Sarasin.Et c'est un nouveau Wendo que j'ai découvert !"C’est en sillonnant le majestueux fleuve Congo pendant plusieurs années, les mains sur les cordages et dans le cambouis, qu’il a composé ses premières chansons, accompagné de sa guitare" révèle le synopsis de On the Rumba river. Ce film retrace à la fois le parcours de Wendo Kolosoy et celui de la musique congolaise moderne
Le film de jacques Sarasin participe aussi à la transmission de la mémoire de la culture africaine en général et de la Rumba congolaise en particulier. J'aimerai inviter les Ngembonautes à découvrir ce film, ne fut-ce que pour nous inspirer à compléter, sinon prolonger le regard que ce réalisateur porte sur Wendo.
Bien sûr le film ne vous traduira pas le nom de Wendo ou "Windsor", une marque de voiture des années 50), encore moins Kolosoy, que je traduis en le décomposant, en Kolo et Soy c'est-à-dire le détenteur ou celui qui possède =kolo , de la bénédiction, la salive = soy.
Selon la tradition congolaise, le détenteur de la chance,  est celui qui est aussi habilité à accorder la chance ou la bénédiction. Et comme chez nous le nom détermine le destin d'un homme, je peux le dire aujourd'hui, Papa Wendo a rempli sa part de mission sur terre, du moins en relation avec son nom.Il a suffit d'une seule chanson, d'un morceau de 3 minutes à Wendo pour donner sa chance à la musique congolaise sur la scène mondiale. il a ouvert la voie à la Rumba africaine, alors que très loin, dans les amériques, d'autres noirs créaient le Rock'n Roll et la soul.
A la nouvelle génération de transmettre la mémoire de la Rumba, en s'appuyant sur ce film qui sort officiellement le 14 mai. Une diffusion sera organisée pour nos auditeurs et ngembonautes d'ici là. les places seront à gagner sur notre site.
Et puis comme le film a déjà reçu la salive de Kolo Soy, son succès est plus que garantie.PS: Tango ya ba Wendo, le terme lancé par le duo Mama Angebi et Kanzaku Ngelebeya, a survécu à l'émission qui l'a popularisé. Vous avez dit Lupemba!!!

Jean-Pierre 16/04/2008 23:54

Correction: je voulais dire CHARLES OMBIZA au lieu de "JEAN BOSCO". MES EXCUSES...

Jean-Pierre 16/04/2008 23:46

Merci de m’introduire à l’histoire de ma ville que j’ignorais complètement. Je reconnais par exemple « Nachelewa » (radio de Kisangani toujours) sans m’être jamais posé des questions sur le parcours de Jean Bosco. Je ne savais même pas que ce dernier était de Stan. J’ai aussi reconnu la chanson « Tetela », pendant longtemps l’indicatif d’une émission culturelle de la radio de Kisangani. Je découvre « Colette » et les autres chansons. Dans « Colette », je suis choqué par la crudité des propos de l’animation de la chanteuse qui dit à la Colette de la chanson : « Mulale kwanza masiku mingi njo umulombe falanga » (couchez d’abord plusieurs jours avant que tu ne demandes de l’argent [à l’homme]). A notre époque, la Commission Nationale de la Censure aurait sans doute supprimé ce passage. Toujours dans son animation, la chanteuse se réfère à l’un des musiciens comme étant « mutoto wa bakongo » (fils des Bakongo), sans aucun doute l’un de ces trois musiciens de Tinapa dont vous nous parlez. C’est fascinant. Et grand merci pour ces exécutions de haut niveau de la guitare acoustique.