Cinq questions à Kcreascence Paulusi (*)
Cinq questions à Kcreascence Paulusi (*)
1. Le 2 octobre dernier, le docteur Denis Mukwege s’est lancé dans l’arène politique, en prononçant un discours fort, comme candidat à la présidence de la République Démocratique du Congo (RDC). Quel est le bien-fondé de cette candidature ?
En tant que citoyen congolais, médecin, et prix Nobel de la paix, le docteur Denis Mukwege ne pouvait rester insensible à la misère du peuple congolais due à la mauvaise gouvernance. Et face à la menace de balkanisation qui pèse sur le pays, vivre ou périr, il veut travailler pour que la RDC continue à exister comme nation. Redresser le pays, défendre son intégrité territoriale et restaurer la dignité bafouée des Congolais, tels sont les objectifs qu’il s’est fixés. Homme intègre et de grande probité, sa candidature offre une alternative crédible aux politiciens traditionnels souvent critiqués pour leur gestion éhontée des affaires de l’État.
2. Face à la décadence du pays, il ne veut pas attendre sa disparition pour agir. Demain sera tard ! « C’est aujourd’hui, c’est pourquoi je suis prêt et que j’y vais maintenant », a-t-il dit. Comment entend-t-il changer la donne politique pour sauver la nation du péril ?
Le pays va très mal, il faut sauver la nation du péril. Il va donc s’agir de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, de reformer l’armée et les services de renseignement, de remodeler le système judiciaire, de favoriser le développement économique et social inclusif, de s’ouvrir vers plus de diplomatie et garantir un avenir meilleur pour la coopération régionale. C’est la tâche à laquelle va s’atteler le docteur Denis Mukwege, afin de rétablir la paix, la sécurité, et assurer le progrès de notre pays devenu un exemple d’État déliquescent.
3. Ses entrées à l’international gênent certains de ses concurrents qui n’ont de cesse de le qualifier d’ « homme de l’Occident ». En quoi ses relations sont une chance pour sortir la RDC de la crise existentielle, sécuritaire et politique dont elle souffre, et qu’il a évoquée dans son discours ?
Un traitement injuste visant à discréditer sa candidature. Un tel propos ne tient pas la route. C’est qui est vrai, la candidature de Denis Mukwege à la magistrature suprême, le célèbre médecin qui a conquis le monde entier, fait peur à certains de ses concurrents. Il importe donc de reconnaître que ses relations à l’international peuvent constituer un atout précieux pour la RDC dans sa quête de sécurité, de stabilité, de paix qui sont des éléments fondamentaux pour la création d’un environnement favorable au développement et à l’indépendance réelle d’un État. Certainement, son carnet d’adresses lui permettra d'ouvrir des portes et de mobiliser des ressources indispensables pour faire face aux défis complexes auxquels le pays est confronté.
4. Ce n’est pas le gain émanant du pouvoir qui le motive, dit-il. Il veut sauver la patrie, redresser le pays et relever la dignité du peuple congolais. Concrètement, comment va-t-il s’y prendre dans un pays où les antivaleurs ont pris le dessus sur l’éthique ?
Lors de son discours d’investiture comme candidat à la présidence de la RDC, le 2 octobre dernier, le docteur Denis Mukwege a dévoilé sa vision pour redresser le pays. Il a mis l'éthique au cœur de son action. C’est l’évidence même. Que cela se sache, le prix Nobel de la paix représente l'espoir d'un changement positif et d’une gouvernance plus intègre pour la RDC et les Congolais. Sa candidature suscite un sentiment de fierté nationale et offre une lueur d'espoir pour l'avenir du pays. Parmi les 12 piliers de sa vision, il a présenté un ensemble de mesures visant à promouvoir l'éthique et à restaurer la dignité bafouée du peuple congolais.
5. Quelles sont ces mesures ?
Il s’assigne pour objectif de renforcer les institutions démocratiques, d’assurer une gouvernance transparente et de lutter contre les antivaleurs, notamment la corruption, le détournement de deniers publics, le tribalisme, le clientélisme et le népotisme. Comprenez que dans un pays où l’argent règne en maître, l’intellectualisme moral ou éthique, fondé sur la connaissance du bien, est jeté aux oubliettes. Les politiques Congolais savent-ils encore ce qu’est le bien et la justice ? La question mérite d’être posée. Pour ce faire, le docteur Denis Mukwege entend sensibiliser le peuple congolais aux valeurs qui fondent la vie commune d’une nation digne de ce nom, c’est-à-dire renverser l’échelle des valeurs afin de remplacer l’immoralité par la moralité, la malhonnêteté par l’intégrité, la traitrise par le patriotisme. Des campagnes de sensibilisation seront organisées et des programmes éducatifs établis à cet effet. La lutte contre l'impunité est une autre priorité du docteur Denis Mukwege. Ainsi, s’engage-t-il à poursuivre les auteurs de violations des droits humains, crimes de guerre et crimes économiques. Ce sont là quelques-unes des mesures concrètes du candidat qui veut être un modèle de compétence en matière de leadership, en faisant primer l’intérêt supérieur de la nation sur toute autre considération.
Propos recueillis par Robert Kongo, correspondant en France
(*) Coordinateur du comité de soutien officiel du Dr Denis Mukwege, président du Conseil d’administration de l’ICC.