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Publié par Messager

La photo de Gerry Gérard des Bantous

Chers Messieurs,


Pourriez-vous nous présenter au moins une photo du soliste Gerry Gérard De Bantou de la capitale.
Merci

Fulgence Alitiri

 

 

Suite à cette question très pertinente, dans la mesure où l’image du soliste Gerry Gérard est inconnue de plusieurs mélomanes, particulièrement des Kinois, nous avons contacté notre complice Samuel Malonga qui s’est référé à son tour au doyen Clément Ossinondé. Après ce contact, Sam nous a envoyé plusieurs images du soliste Biyela Gerry Gérard des Bantous de la capitale desquelles nous avons retenu trois.

Pour compléter les informations sur cet artiste,  nous reprenons un article signé Mfumu, de l’Agence d’Information d’Afrique Centrale, qui retrace sa carrière musicale, qui a débuté à Kinshasa en 1962 avant de se poursuivre à Brazzaville de 1963 jusqu’à son décès en 2003 .

Messager

 

 

 

 Deux photos de Gerry Gérad, guitare à la main.

 

Gerry Gérard, avec sa guitare bleue

 

 

Le parcours de Biyela Gerry-Gérad extrait de l'Agence d'Afrique Centrale

 

Source : http://www.adiac-congo.com/content/gerry-gerard-biyela

Agence d’Information D’Afrique Centrale

Brin d’histoire

Biyela Gérard, dit Gerry, arrive à Brazzaville à la faveur des flux et reflux des musiciens entre les deux rives du fleuve Congo. Tels des limons, ils ont bonifié la musique congolaise moderne.

Gerry-Gérard est né le 24 janvier 1944 à Léopoldville (Kinshasa). Peintre-décorateur, il fait ses premières armes musicales en 1962 au sein du Jekokat (Jeunesse congolaise du Katanga) d’Édouard Katiki. En 1963, il traverse le Pool et se retrouve dans l’orchestre des fonctionnaires dénommé Festival, en qualité de soliste. C’est Taloulou Alphonse qui le découvre, en 1964, dans cet ensemble musical, lors d’un concert chez Pigalle. Ce dancing, situé au Marché Total, appartient, alors, à Nzalakanda, ancien ministre dans le gouvernement de l’abbé Fulbert Youlou. Taloulou l’emmène, quelques jours après, chez le chef Nino pour un essai. Il est recruté sur-le-champ, le 3 février 1964. Dès son premier concert, sa prestation est plébiscitée par les nguembos (spectateurs resquilleurs) de l’orchestre Bantous, très influents à l’époque. Gerry remplace, au poste de soliste, Passi Mermans qui en a assuré l’intermède après le départ de Papa Noël, en juillet 1963. Mermans devient mi-soliste. C’est un vrai tournant dans la musique des Bantous de la capitale.

On peut affirmer, sans risque de se tromper, que Gerry-Gérard est l’un des disciples de Tino Baroza, guitariste émérite qui, avant lui, a influencé Nico, Déchaud, Dicky ou Casino. À son tour, Gerry fascine les guitaristes des deux rives et fait office de référence tutélaire pour Pépé Fely Manuaku de Zaïko Langa Langa à Kinshasa ou Lucky Mahoungou de l’orchestre Le Peuple à Brazzaville.

Dès ses débuts dans les Bantous, Gerry imprime sa marque. Son empreinte est décelable dans des œuvres comme Lolaka lua boso, Anto na nganda (Essous) ou Nameseni boye te (Célestin). Il donne la pleine mesure de ses talents, transfigurant artistiquement, avec des partitions incandescentes, les morceaux de Mujos qui résonnent encore dans nos oreilles : Mbanda tika tomeka ou Elie Bolingo. C’est une explosion de sonorités nouvelles et un véritable temps fort de l’évolution des Bantous de la capitale.

Dix-huit ans après, grosso modo, lors de la grande désertion des Bantous de la capitale, par Edo, Celio, Pamelo, Kosmos, Théo, et Mermans, en 1972, Gerry-Gérard reste avec Essous, Nino, Pandi. Dans les chansons Celia Shantina (Tchico) et Bongo (Essous), enregistrées par les Bantous de la capitale nouvelle formule, il y déploie, à la guitare, une technique fortement inspirée par Sennen Suarez, brillantissime guitariste cubain.

En 1990, Gerry quitte les Bantous de la capitale et participe à la création de l’orchestre Bantous Monument, en compagnie de Célestin Kouka, Edo Ganga, Bemba Pamelo, Alphonse Taloulou et Samba Mascott, sous la houlette de Didier Kabala et Jacques Ongotto. Après cette escapade, il retrouve les Bantous de la capitale. S’il a contribué à la gestation de chefs-d’œuvre comme Masuwa, Congo na biso, etc., sans être un grand compositeur, Gerry-Gérard laisse aux mélomanes des reliques musicales splendides : LisieNa gagner bangoMeno kumbi nzila, extraites d’un répertoire d’environ une douzaine de titres.

Le 23 juillet 2003, c’est la fin tragique d’une icône de la musique congolaise moderne. Gerry-Gérard Biyela décède, dans un quasi-anonymat, quelques jours avant la quatrième édition du Fespam.

Mfumu

Edition: 

Édition Quotidienne (DB)

Quelques œuvres de Gerry Gérard Biyela dans Bantous

 

 

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S
Papa Wemba est mort sur scène en plein concert comme le montre cette triste video: https://www.youtube.com/watch?v=z3cE7wztJ44
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C
Bonjour Michel...Je viens aussi d'apprendre le décès de Jules Shungu...Avec tristesse. Un travail digne de la mémoire Jules Presley Shungu sera fait. Mon frère Pedro, tu me replonges dans mes souvenirs d'enfance avec ce "plus grand tam-tam d'Afrique" selon Alphonse Mavungu qu'on avait tout le mal du monde à capter à Matadi...il fallait bien choisir sa colline. Bon WE à tous...<br /> <br /> RD Congo, un si long fleuve de larmes et de sang...<br /> Claude Kangudie.
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M
Chers Mbokatiers,<br /> C'est avec tristesse que je vous annonce la mort de Papa Wemba sur scène à Abidjan .<br /> Mes condoléances à sa famille biologique et à toute la famille musicale de toute l'Afrique et de partout!<br /> Paix à ton âme Vieux Bokoul.kolo Histoire et formateur des idoles.
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P
La chanson Lisie nous a beaucoup bercés au Kongo Central (peut-être aussi à l'époque du Bas-ZaÏre) quand il était difficile de capter le Grand Tam-Tam, alors que La Voix de La Révolution Congolaise semblait omniprésent le long de la gamme du Tuning sur nos Tout-Léo. Et cela justifie partiellement la puissance de la propagande du MPLA sur la radio, puisqu'il était impossible de rater A Voz de Angola Combatente avec Papa Norman Nlamvu.
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S
Outre Lisie, Gerry Gérard Biyela a aussi composé Suzie okata loboko, Na gagner bango, Meno kumbi nzila, Sakie, Martha.
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C
Fanatique des Bantou -car j'en étais un malgré mon jeune âge-, si je connaissais personnellement la plupart des musiciens, le parcours de Gerry, que j'admirais pourtant, m'était inconnu. Les nuits dansantes au Super Jazz n'avaient pas suffit pour m'en approcher. Je n'ajouterai donc qu'une chose: si malgré ses talents incontestables dans le double accompagnement guitares qui était une spécialité des Bantou, Gerry était très discret sans sans effacer pour autant. A la lecture du cheminement de BIYELA ci-dessus tracé, l'on revient à se dire, comment ne pas avoir envie d'arrêter le temps qui nous fait réagir: de notre époque, c'était mieux... Ku Mavula kwani ni fwila!!!<br /> Merci à vous, de MBOKAMOSIKA, pour tout ce travail de mémoire qui n'est pas venu trop tôt, dans nos pays où tout -presque- s'en va ensemble, avec des despotes incultes qui nous gèrent, et qu'il faut enrichir chaque jour.
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