Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Messager

Bonjour,

Albert_KISUKIDI-_Chansonnier.JPG                Albert Kisukidi, chansonnier

 

Je suis effectivement le traducteur   de l'hymne national "Debout Congolais" en kikongo  comme « Telema Besi Congo".

 

 

Sur le CD, c'est-à- dire la version que l'on  peut écouter également sur "You Tube", je le chante avec Mademoiselle Yala KISUKIDI, ma fille, 

 

Nos voix à elle et à moi et ma guitare s'expriment dans ce travail.

 

D'emblée je dois vous écrire que c'est un acte de citoyen que j'ai posé en le faisant en 2003, un souvenir d'adolescent qui ne m'a jamais quitté,  en ce soir-là du 29 juin 1960, assis au salon avec feu mon papa,  j'avais  entendu pour la première fois chanter le "Debout Congolais" à la Radio du Congo-Belge et du Ruanda-Urundi, par les élèves de l'Ecole de l'Armée du Salut William BOOTH de Kasangulu (oui, ils furent les premiers à le chanter) avant que la fanfare des soldats de l'ex-Force Publique l'interprète publiquement devant Sa Majesté le Roi Baudouin 1er, le Président Joseph Kasa-Vubu et le Premier Ministre PE Lumumba.

 

Je me rappelle le supplice de  devoir expliquer en kikongo à mon père ce que disait l'hymne alors que moi-même avec  mon français approximatif de fin d'école primaire, ce fut difficile, à peine écouté pour la première fois, d'en retenir les mots et phrases entières afin de le traduire à mon père. J'en ris encore...dommage, pauvre papa, qu'il n'aura jamais  écouté cette traduction, non seulement que  j'ai faite et qu’en plus l’on peut la chanter..., à me demander si cela  n'avait pas agi dans cette envie  subite que j'ai eue en 2003 de faire cette traduction.

Rentré à l'école après les grandes vacances, nous l'apprenions, tous, écoliers  à notre tour, sans contrainte, car cela allait de soi. Et c'est donc dans  cet esprit que je l'ai traduit, sans être obligé par  qui que ce soit et donc sans commande.

 

Autant je voulais faire participer ma fille au civisme patriotique vis-à-vis du pays paternel et lui démontrer la richesse et la maniabilité des langues africaines et surtout bantoues et que donc l'on pouvait écrire des textes sur des mélodies élaborées à partir d'autres langues.

Ainsi, devant ma fille en 2006 (enregistrement du CD) je faisais d'une autre manière ce que me demandait mon propre père en ce soir-là du 29 juin 1960.

 

En 2008, lors du 48ème Anniversaire de l'Indépendance de la RDC, à Sarcelles ,en France, je l'avais chanté pour la première fois devant un public de la RDC, toutes ethnies  réunies et dans lequel se trouvait Albert Kalonji Mulopwe Ditunga qui apportait son témoignage d'un des Pères de l'Indépendance et en profitait pour répondre aux questions que suscitait son livre qu'il venait décrire. L'hymne Debout Congolais chanté en kikongo eut un succès enthousiaste.

 

Des compatriotes  m'avaient  posé  la question de savoir si je ne pouvais en faire autant pour les 3 autres langues nationales, à savoir, le lingala, le tshiluba et le swahili.

 

J'avais répondu que je l'aurais fait volontiers si j'avais la maitrise totale de ces trois langues. En lingala ,je pouvais bien le tenter, mais je ne suis pas sûr d'y mettre les mots ou les idées qui ne trahiraient pas l'esprit et la lettre de l'hymne en français .

 

Après je lançais un appel à ceux qui pouvaient le faire dans ces trois langues de le faire et au besoin pour l'ajustement des vers tant au niveau du nombre des pieds (syllabes) que de longueur, (temps et silence) des notes du texte français aux textes de chacune de ces langues, oui, là je pouvais aider.

Mais, jusqu'ici je n'ai jamais eu de proposition dans ce sens.

 

Quant à ceux qui chercheraient des poux "tribalistiques" (comme si je donnais au mot un sens cabalistique !) dans cet acte nationaliste que j'ai posé, franchement, ce serait idiot et  je m'en moque. Je m'en moque  d'autant plus que, de la part de ceux qui me connaissent et ceux qui m'ont lu quelque part, ils savent que je récuse TOTALEMENT, depuis l'époque où j'étais étudiant à Louvain (Belgique), autant devant mes professeurs qu'auprès de mes compatriotes, ces concepts DEGRADANTS de "tribus" et de "tribalisme" applicables uniquement aux peuples colonisés et  que le Colon, si malin, avait collé aux cous des grands peuple Kongo, Tetela, Luba Lunda, Mongo...en ce qui concerne notre pays, dans le but machiavélique de "diviser pour régner".

Si l’on considère par exemple les luba ou les Anamongo, quant à leur nombre, quand à l’étendue du territoire sur lequel ils se trouvent, et prenez les pays comme Le Grand-Duché du Luxembourg (+ ou – 400.000 habitants) sur 2586 Km² La Principauté de Monaco (+ ou – 30 000 habitants) sur un  1,5 km².  Voyons, mes chers compatriotes, qui oserait désigner les Luxembourgeois la tribu luxembourgeoise et les Monégasques,, la tribu monégasque ?

Mais, hélas, pour le colon, nous autres congolais nous n’étions qu’une vague population formée de tribus éparses.


Et que, malheureusement et l'élite  africaine en général et congolaise en particulier s'était elle-même aussi  fait glisser au cou ce concept , pour en faire son fond de commerce, utilisable selon les circonstances et, parfois sur ces "concepts",  elle s'entredéchire bêtement.

 

Et puis entre nous chers compatriotes, à quoi nous servirait d’être le peuple non xénophobe au monde si nous-mêmes à l’intérieur du pays, nous nous déchirions sur un concept dont nous ne sommes pas les inventeurs ? Et, attention, parce que pendant que  nous accuserions un Mukongo un Muluba, un Mulunda, un Mungala, un Mululua …etc.,  de  tribaliste parce qu’il défend la terre de ses ancêtres, d’autres  néo ‘tribus »  nommées Libanais, Chinois, Indo-pakistanais s’installent de façon feutrée sur nos terres et prennent possession de nos rivières.

 

Et eux, contre le peuple congolais non-xénophobe, ils n’hésiteront pas pour défendre ces terres acquises, de se comporter en « andophobes » (terme osé, sorte de gens qui détesteraient les originaires du pays dans leur propres pays). Ce serait alors un monde à l’envers. Et, cette avanie, certains  Congolais le vivraient déjà !

 

Concernant les langues nationales, dans de  différents fora de la diaspora congolaise sur le net, sur les sites tel Congo Vision, l'on pourrait facilement trouver un texte à moi dans lequel je préconise la traduction des constitutions de la RDC en 4 langues nationales et  la mise en place des 5 boxes des traducteurs  (kikongo, lingala , tshiluba, français) de sorte que tout représentant de la Nation, ne soit pas inhibé par la langue française qu'il ne maîtriserait pas, s'il veut s'exprimer au Parlement, ce qui permettrait à ses électeurs de suivre son activité parlementaire, par exemple et ainsi, il pourra le faire dans une des 4 langues nationales de son choix.  


Vous aurez certainement compris ou deviné que , Albert KISUKIDI est pour le retour de l’apprentissage de la lecture  et de l’écriture, de ces 4 langues nationales , selon la région avec ou avant le français, à l’école primaire.  D’ailleurs il en existe déjà de ces veinards des Congolais que j’envie positivement et qui parlent les 4 langues nationales de la RDC.

 

Au demeurant, chanter un chant civique de type hymne national  en langues du Congo, ce n'est nullement une grande première pour moi et pour bien des générations qui nous précèdent.

Déjà à l'époque du Congo-Belge, l'hymne national  belge "LA BRABANCONNE" était  en français, en flamand, en lingala et en kikongo (je n'en sais rien concernant  le swahili et le tshiluba). L'Hymne colonial "VERS L'AVENIR" était aussi  en français et en kikongo.

 

Et encore, les cantiques, les chants liturgiques et même la Bible et les Evangiles tant protestants que catholiques étaient traduits de l'anglais ou du français voire du portugais,  en langue nationales congolaises.

 

Franchement, chers compatriotes, à moins de considérer que nos langues ne valent rien spirituellement et patriotiquement  devant les langues occidentales,  je ne vois pas où nous irions chercher du "tribalisme" dans l'acte d'honorer un symbole de souveraineté nationale de son pays en une des 4 langues nationales  et de sa langue maternelle, le  kikongo  (une de ces  4 langues nationales) qui est avant tout un élément de culture ....

 

Et enfin, entre nous, chers compatriotes, c'est mon droit de citoyen congolais, libre, né de Père et de mère congolais, Bakongo, sur la  terre congolaise de mes ancêtres, les BAKULU. 

 

Fraternité, patriotisme et civisme

 

 

Albert KISUKIDI

Notre frère Albert Kisukidi nous a présenté une version de notre hymne national en kikongo. La démarche mérite encouragements. A travers la présentation il nous explique comment il expliquait le contenu de cette chanson patriotique à son père. Et comment son père était intéressé par ce contenu. Tous les Congolais et Congolaises étaient intéressés par ce contenu parce qu’ils reconnaissaient dans ce contenu les efforts, les sueurs et luttes de tout un peuple. Ceci toutes tribus du pays confondues, car l’oppression du colonisateur n’épargnait aucune tribu…Traduire cette chanson de la victoire à la gloire de notre pays en kikongo est un acte patriotique de vulgarisation de son message pour notre peuple. Aujourd’hui encore, plus que hier, les Congolais et Congolaises que nous sommes, avons encore un devoir sacré à exécuter, celui de sauvegarder le Congo, notre pays, des prédateurs. Le message de cette mission est contenu dans notre hymne. Voilà, pourquoi, tant que cela est possible, il nous faut autant de versions de notre hymne que nous avons de tribus. Il n’y a rien de tribaliste là dedans. D’ailleurs, nous Congolais, sommes-nous vraiment tribalistes ? Nous mettons parfois dans ce concept les choses qu’il ne représente pas.

 

 

Claude Kangudie  

 

 

Commenter cet article

Musa May 30/09/2011 10:14



Monsieur Kisukidi,


Vous pouvez vous estimer heureux d'avoir accompli une tache louable. Il
est très dommage que personne d'autre n'ait pensé, jusqu'à présent, à faire la même chose pour les trois autres langues Nationales.


Cela dit, j'ai l'impression que vous n'avez pas utilisé le dialecte
communément connu comme le Kikongo ya leta, qui est compris même par les locuteurs non Kongo,  ce qui aurait donné à votre traduction un caractère plus national. Pourriez-vous nous dire quel
dialecte vous avez utilisé et si vous pensez qu'enseigner cet hymne, comme tel, aux non locuteurs du dialecte que vous avez utilisé serait bénéfique?