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Publié par Messager

 

Le football à Léo dans les années 60

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Très nostalgique et nous remémorant le passé glorieux de notre football, nous allons essayer de vous parler aujourd’hui du paysage footballistique à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), dans les années 1960. Dans notre commentaire consacré au FC Union Infanterie, nous nous sommes limités de lever certaines zones d’ombre sur une partie de la vie de Zoao alias Sekele.

Par contre, aujourd’hui, nous essayerons de vous parler des équipes qui évoluaient au championnat de Léo à cette époque. Si nos souvenirs sont bons, l’Association de Football de Léo était dirigée par Papa François Kalala, un dragomen pur sang, mais dont la probité intellectuelle et morale étaient indiscutables. Des dirigeants de sa trempe ne courent pas tous les jours dans la rue. Il nous le prouva en sanctionnant sans état d’âme son équipe chérie, le FC Dragons, les Monstres du Sang et Or qui furent rétrogradés en division inférieure à la fin du championnat de 1962, remporté par le FC Union.

En effet, ayant terminé le championnat ex-æquo avec 29 points chacunne, les deux équipes furent obligés de se départager par un match de barrage.  Pour une tentative de corruption avérée des unionistes par les dirigeants de Dragons, au cours de cette rencontre remportée de belle manière par les amis de Trois Hommes, l’AFLEO fut sans pitié. Dragons fut renvoyé à ces chères études en division inférieure aux parcs. Quel est ce dirigeant sportif de nos jours (Mazembien, V-Clubien ou Daringmen) peut oser sanctionner son équipe, même en cas de flagrance ? Aujourd’hui, c’est le règne du favoritisme et de l’arbitraire. On dirige le football par défi, tandis que les lois et règlements régissant notre football ne sont appliqués rigoureusement que lorsqu’on doit trancher contre du menu fretin, c'est-à-dire des clubs de seconde zone, celles qui n’ont pas un grand public avec eux.

 

Dans notre document de ce jour, nous allons puiser dans nos souvenirs d’enfance pour vous faire revivre quelques grands moments du football kinois dont nous restons les témoins privilégiés.

 

1ère Partie : Les trois traditionnelles grandes équipes

La grande rivalité qui oppose le FC Daring Imana Matiti Mabe à son frère ennemi, l’AS VClub (Véa Mokonzi ya terrain) ne date pas d’aujourd’hui. Il faut rentrer dans la nuit des temps pour comprendre les origines de cette concurrence. Créée par le Père Raphaël de La Kéthule de Ryove, le FC Daring peut-être considéré comme la plus ancienne équipe de football qui a marqué les esprits de Kinois de souche. C’était la formation des intellectuels, composé en grande partie des élèves de la célèbre école Sainte Anne. En football, la tradition veut que lorsqu’une équipe monte très haut, il faut la contrer en imaginant tous les scénarios et toutes les stratégies pour tempérer son arrogance et ses ardeurs.

La naissance de V-Club peut être considérée comme une réponse du berger à la bergère, car pour mettre fin à l’insolence et la grande gueule des supporters vert et blanc, il fallait créer une nouvelle équipe aux reins très solides. Ainsi, dès le début, le décor fut planté grâce à l’imagination fertile des dirigeants des deux clubs. Les deux formations avaient toutes les deux, la couleur verte en commun. Daring y ajouta les motifs de couleur blanche, symbole de la pureté et de l’excellence, tandis que V-Club opta pour le noir, synonyme de la terreur et des ténèbres. Depuis lors, la rencontre qui oppose ces deux frères ennemis a toujours été considérée comme le « derby » kinois ». C’est le « big match » de la capitale, toujours joué devant un grand public et parfois à guichet fermé.

La troisième équipe qui marqué les esprits à Kinshasa est le FC Dragons qui tire ses origines de la cour de recréation de l’école Saint Georges de Kintambo. Cette école dirigée était par les Frères des écoles chrétiennes. Ne soyez pas étonné que la majorité des anciens élèves des écoles des frères (Colonie Scolaire de Boma ou Tumba) avaient leur penchant envers cette équipe.

Plusieurs joueurs ont défilé dans ces trois formations qui se retrouvaient régulièrement au Vélodrome de Kintambo, au Stade Reine Astrid, puis au Stade Roi Baudouin et aujourd’hui au Stade des Martyrs.

En 1958, après la retentissante tournée en Belgique des Lions, plusieurs joueurs congolais ayant laissé une très bonne impression auprès du public belge furent recrutés dans différentes équipes de notre ancienne métropole. Henri Erumba Mocassin Noir, Mokuna Trouet, Julien Kialunda, Paul Bonga Bonga, Ndala, Mayokenda, Assaka, Max Mayunga, Lolinga, Cyprien Bula, Faustin Nzeza Mermans, Ekwile Feros, Kiziki, vont ainsi constituer le contingent de nos premiers Belgicains, auxquels il faut ajouter quelques joueurs venus du Katanga.

Pendant que le football belge s’enrichissait par ces joueurs racés venus en renforts d’outre-mer, à l’inverse, les équipes kinoises privées de leurs vedettes attitrées connurent une baisse de régime très inquiétante, laissant libre cours aux équipes dites de seconde zone qui ont réussi à exploser. Ceci justifie le très bon parcours de l’une d’entr’elles, le FC Union qui réussit de belle manière à se coiffer les lauriers de la gloire en 1961 et 1962. Pourtant à l’issue du championnat organisé en 1962, le FC Union et le FC Dragons étaient tous les deux, à égalité des points avec 29 points chacun dans une compétition réservée jadis, à douze équipes seulement. Pour les départager, le règlement prévoyait un match de barrage entre les deux formations. Il se fait que les dirigeants de Dragons qui avaient des appréhensions sur l’issue de ce match, hanté par une tradition qui voulait que le FC Union l’emporte toujours sur les rouge et or, vont tenter de corrompre les joueurs adverses. Surpris la main dans le sac, après l’inévitable défaite sur le terrain sur le score de 3 buts à 1, l’AFLEO sous la direction de Papa Kalala fut intransigeant. Le FC Dragons fut rétrogradé en deuxième division.

 

 

Imana ya Daring, par Rochereau et l'African-Fiesta

 

À suivre 

2ème Partie : 1963 : BANGA DARING

 

 

Jean KOKE Miezi

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Jean KOKE MIEZI 29/10/2011 17:24



Le football de Léo des années 1960 (Suite)


1963 : BANGA DARING


Au moment où les trois grands broyaient du noir au championnat de Léo, Daing Imana Matiti Mabe fut le premier à
avoir vu le bout du tunnel. Merveilleusement encadré par le Président Kinkela, cette équipe qui passe pour une grande école de football va remettre les pendules à l’heure avec une nouvelle
génération des jeunes joueurs pétris de talents qui ont permis aux vert et blanc de récupérer leurs lettres de noblesse après cette traversée de désert. Kibiasi Vignal, Elifa, Léopold Kisuaka,
Damena Damar, Kalambay, Muwawa Pélé, Gaby Nsay, Kiala Decoulo « Petit Puskas », Mondonga alias Mombito (le roi des mabanga) et Nganga Dafirma furent parmi ces goleadors qui remirent le
sourire aux Tupamaros. Champion en 1963, Daring fut à proprement parlé, la meilleure équipe de cette année-là.


Avec un Gaby Nsay tous feux, Daring, tous flammes s’adjugea le premier titre de championnat national (Coupe du
Congo), face au champion du Katanga, le FC Saint Eloi Lupopo de Mukewa Zeke et l’intrépide Mwamba alias Docta. L’histoire retiendra donc que les verts blanc sont non seulement le premier Champion
du Congo, mais aussi la toute première équipe congolaise à avoir disputé un match en compétition africaine des clubs. C’était contre le FC Oryx de Douala du géant Mbappe Leppé. Battu à l’aller
sur le score de 3 buts à 2, le match nul de 2 buts partout réalisé au stade Roi Baudouin ne suffit pas. Il fut débarqué de la compétition et les camerounais eurent le bonheur de remporter le
premier titre africain.


Entretemps, V-Club connut l’une des saisons les plus agités de son histoire. Tenez, à la dernière journée du
championnat, le maintien du grand Véa, Bana Mbongo en première division ne tenait qu’à un fil. Son dernier match qui l’opposait au FC Espoir de Léo était considéré comme celui de la vérité. A
Moscou, les supporters ont suivi cette rencontre dans l’angoisse la plus totale. Heureusement, Luc Mawa et Nlandu Katap’s vont délivrer leur équipe des mains des amis de Delo, Monsieur But. Cet
avant centre racé ne rentrait jamais bredouille d’un terrain de jeu. Après avoir inscrit son but hebdomadaire au profit de son équipe, il sera surpris par la prompte réaction des verts noirs qui
réussirent par cette victoire sur le score étriqué de 2buts à 1, de quitter la zone de relégation, sauvant ainsi leur saison.


Pour la petite anecdote, nous profitons de cette occasion pour signaler aux amoureux du ballon rond que plusieurs
joueurs qui ont évolué au championnat de Léo avaient fourbi leurs armes dans les équipes de Thysville. Parmi ces célébrités, nous vous rappellons seulement Ernest Mbaki, le grand gardien de buts
du FC Union et Nlandu Katap’s, tous les deux, anciens joueurs du FC Amicale. Ce dernier fut en 1962 et 1963, en compagnie de Luc Mawa, l’un des fers de lance de l’attaque de V-CLUB.


Faison un détour aux parcs pour suivre l’évolution du FC Dragons qui jouait son championnat dans la fournaise de
la deuxième division. Trop fort pour tous ces adversaires, les Monstres réalisèrent presqu’un sans faute, excepté une cuisante et retentissante défaite encaissée face à Kalina Sports sur le score
de 4 buts à 2 au stade Reine Astrid. La remontée en première division assurée, les rouge et or, merveilleusement encadrés par le Président Apenela soutenu par Majos, Samuna Félicien (le grand
frère de Kisombe) et Idrissa effectuèrent à l’issue de cette saison un retour en force en première division avec une jeune équipe complètement rajeunie avec des joueurs comme Bembo Didi, Muila
Misisa, Kalombo Appolon, Lessa, Valutunu, Buanga Tison, Kabeya, Mayombo alias Bakwanga, Makengo Eusebio, Ntinu Mokili Saïo et son prince Mvukani. Ils  vont faire valser tous leurs adversaires jusqu’à remporter le championnat de Léopoldville en 1964. Les rouge et or venaient ainsi de prendre leur revanche de
belle manière sur tous leurs rivaux qui les minimisaient par leur passage aux parcs.


Entretemps, le FC Union avait perdu de sa superbe. La disparition brutale de Sekele, son joueur-fétiche et la
grande campagne de désinformation qui s’en est suivie avec notamment, le départ de Lukumina, l’autre maître à jouer de cette équipe à Thysville où il était engagé comme Professeur d’Education
Physique à l’Athénée de Mbanza Ngungu ; le changement à la tête du club où Papa Jean Aimé » Longby fut remplacé par son adjoint Louis Roger Dongo pour calmer les esprits
surchauffés ; le retour précipité de Makanda Trois Hommes et Samba Ndjo Léa, refoulés dans leur pays d’origine avec tous leurs compatriotes du Congo Brazzaville sur une décision du
Gouvernement Tshombe ; le départ à la retraite de Mbaki Tanzi, Mampio, Morgado, et surtout du capitaine Vimpi Matelot pour des raisons d’âge, et malgré l’arrivée de Mampuya Lepère, Bula Ivon
alias Vontas, Mayiwanga Raph, Jacques Bokoko et Black Thagar, les choses finirent par s’envenimer pour cette équipe qui va descendre très bas. Les enfants terribles de Kasa Vubu vont perdre de
leur superbe. C’est une équipe diminué techniquement et psychologiquement qui jouera le rôle d’un simple figurant, permettant à d’autres formations plus futées de marquer nos esprits. Parmi les
grandes révélations connues durant cette décennie, citons le FC Himalaya du Président Kuba di Vita avec son football ABC, le Tout Puissant Foudre de Nitumfuidi Nythouf et le FC Nomades Eboulement
de Renkin / Matonge, …



Joseph Pululu 16/10/2011 13:08



Cher Miezi,


Je note que le football à Léo, ce n'était pas qu'au stade Tat Raphaèl, c'était aussi au Vélodrome de Kintambo. Ce stade recevait en effet, le championnat de deuxième division bottée. Les équipes
comme Saint Paul et Léo Sport ou Aiglons. je me souviens encore des noms d'athlètes comme Ofenta, Dikrout, Nzambe ou Didi Bakoyene que j'ai vu évoluer au Vélodrome.
Ofenta par exemple, boitait légèrement du pied gauche et comme c'était la tradition, une belle petite chanson accompagnait chacune de ses prestations
"fenta, Fenta, Fenta mokuwa"
qu'on reprenait lorsqu'il prenait beaucoup de but et évidemment, on chantait des chansons à sa gloire quand ça marchait.
On aimait bien Saint Paul aussi parce que beaucoup de nos aînés y transitait avant de rejoindre les V CLub ou Daring à la première division.
La plus célèbre chanson du Vélodrome qui m'a valu un bel egogo, à cause des mots qu'on y reprenait, c'est bien celle de Vieux Mayis Kuyena Munzita:


"Ah aha Mayis ameli tonga na mosoko


akomi nde kolela na kati ya terrain"


créée à la suite d'une des plus cuisantes défaites de son équipe (Aiglons) à laquelle je n'avais pas assisté, mais la chanson a trversé les époques et j'aimerai bien q'un de nos Mbokatiers me
précise l'équipe de Mayis et quand eu lieu ce match mémorable.


Enfin, j'ai eu l'occasion de voir jouer Olypique avec Tchang Lay Ngunza Mpembele. Il a grandi sur l'avenue Principale, devenue depuis OUA, juste derrière Diamant Bleu. Je me faisais un plaisir de
faire le détour par là, en revenant de l'école, juste pour le plaisir de le voir pegner ses Cheveux en pointe auxc heures de midi!


 


 



adei toko 14/10/2011 14:25



j'applaudis avec ferveur cette initiative merveilleuse que vous avez eue de nous parler du football kinois d'avant l'avénément de la deuxième republique. ça me rappelle déjà mes premiers matchs
en 1963 au stade Roi Baudouin avec la selection des Belgicains invitée par l'Afléo.