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Publié par Messager

EN MEMOIRE DE NTESA DALIENST

 

Clément OSSINONDE a glané pour les « mbokatiers » cet article de notre confère NGAKAMA N’SIA sur une évocation qui met en relief, l’ouvrage que Jean Claude GAKOSO (Ministre actuel de la Culture du Congo-Brazza) a écrit en mémoire de ce chanteur congolais. Tout récemment lorsque notre ami ZEPHIRIN avait évoqué sa mémoire sur  (Mboka Mosika) , un débat s’était engagé sur son parcours musical. Aussi, j’étais intervenu pour informer les « mbokatiers »  sur l’ouvrage précité,  qu’ils peuvent désormais obtenir en se référant au contact de l’Edition porté au bas de cet article paru sur les Dépêches de Brazzaville.

 

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Analyse-Musique
Lundi 25 Octobre 2010 à 04:30:00

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(Congo-Brazza)

LE FAIT DU JOUR - J'ai relu «Ntesa» de Jean-Claude Gakosso 

En termes de repères, il suffit, en ce jour du 25 octobre, de remonter le temps de seulement un mois pour se remémorer la date du 23 septembre qui rappelle le souvenir de la disparition du héros de l'ouvrage de Jean-Claude Gakosso. Le 23 septembre 1996 voit, en effet, l'une des icônes de la musique congolaise moderne quitter cette terre des hommes. Disons que bien avant sa disparition, la musique, métier qu'il avait appris dans sa tendre jeunesse et qui en avait fait une star adulée au-delà des frontières de son pays natal, l'avait furtivement précédé dans l'au-delà. Rongé par la maladie et le dénouement, Ntesa ne chantait plus avant sa mort. 

Le titre du livre qui lui est consacré est cependant révélateur de l'attachement de l'auteur à son idole. Mais pour qui le connaît aussi, Jean-Claude Gakosso avait dû puiser dans son bagage personnel, dans son attrait pour la culture et son sens de la formule pour livrer au lecteur Ntesa Dalienst et la sublime épopée des Grands Maquisards (1). En quatre-vingt quinze pages, on en apprend beaucoup sur l'artiste, sur cette vaste région d'Afrique centrale, le fameux Bassin du Congo, mamelle nourricière de cette effervescence musicale ancienne, naturelle, dense et indéracinable qui a traversé des vies.

«C'est une région basse où les terroirs sont généralement féconds, parce qu'arrosés par une dizaine de rivières et de petits fleuves : l'Oubangui, la Sangha, la Likouala, l'Alima, la Léfini, le Kassaï, la Lukenié, la Ruki, la Lomela, le Djoué, etc. Une exubérance aquatique qui n'a d'égale que celle de l'Amazone», expose l'auteur pour qui le Bassin du Congo désigne bien le cœur de l'Afrique ; ce cœur, poursuit-il, «qui porte le cours fougueux du fleuve Congo, entre les deux pays qui ont en partage le nom».

Puis, de fil en aiguille, Jean-Claude Gakosso passe en revue les «symphonies originelles dans le bassin culturel du Congo», décrit «les convergences et héritages sonores des deux Congo», parle de l'épopée des «Grands Maquisards», l'orchestre fondé sur les cendres du «Festival des Maquisards», lui même issu d'une dissidence née au sein de l'«African-Jazz».

À l'évidence reviennent en boucles les noms de Joseph Kabasélé, dit Kallé Jeff ou Grand Kallé, le géniteur du dernier groupe, de Sam Mangwana, qui s'inspira des maquis dans son Angola natal pendant les années de lutte contre l'occupant pour donner à la dissidence le nom de «Festival des Maquisards» et donc aussi de Daniel Ntesa Nzitani ou Ntesa Dalienst qui allait, à son tour, prendre la tête des «Grands Maquisards», après des «nuits de noces» visiblement mal négociées avec Sam Mangwana dans le «Festival». Ne surtout pas oublier Kiamuangana Mateta Verckhys, l'homme grâce à qui la musique du Congo-Kinshasa avait réussi à surmonter les épreuves avec succès dans ses moments de tassement.

Pour voir que l'auteur de Ntesa Dalienst et la sublime épopée des Grands Maquisards fut capturé par son héros, il faut davantage passer ligne par ligne, page après page. Pas mauvais en tout cas pour se procurer un petit carnet de souvenirs sur les grands noms de la musique des deux Congo, sur le parcours de certains d'entre eux, sur leurs aventures musicales et amoureuses, sur leurs inimitiés, leurs jalousies, leurs attentes, leurs espérances, leurs désillusions. On verra aussi que le chemin que les «Ndulistes» ou «Alanga Nzembo» comme on dit en Lingala, c'est-à-dire les musiciens, empruntent souvent jeunes et avec enthousiasme peut aussi être une école pour la vie. La vie des hommes sur terre, la vie de tous les jours. Peut-être devrait-on au nombre des œuvres de l'esprit célébrées en cette année du cinquantenaire de l'indépendance du Congo, disons, des deux Congo, faire une place à Ntesa Dalienst et la sublime épopée des Grands Maquisards. C'est en tout cas une petite mine d'or d'anecdotes sur le front musical congolais, en dépit du fait qu'il s'agit aussi d'un hommage qu'un «inconditionnel» a voulu rendre à son idole. Quoi de plus normal si, de plus, l'auteur est un homme de culture !

Gankama N'Siah 

(1)Édition Gutenberg-IGB, collection musiques d'Afrique


TANTINE, par Ntesa et l'OK-Jazz

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