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Publié par Messager

C’était-il y a …

C’était-il y a exactement 35 ans, l’Angola devenait indépendant. Plusieurs concours de circonstance ont joué en sa faveur. Retenons d’abord le discours du président Mobutu à la 28e session de l’Assemblée générale de l’Onu. Ce fut le 4 octobre 1973. Il fustigea le Portugal avec des mots très durs avant de le qualifier de pays sous-développé dont le « seul record est le taux le plus élevé d’analphabètes en Europe ». Ensuite  la Révolution des Œillets quelques mois plus tard. Un groupe d’officiers démocrates réuni au sein du Mouvement des Forces Armées (MFA) en désaccord avec la politique du régime salazariste renversa le gouvernement Caetano et s’empara du pouvoir le 25 avril 1974. Ainsi prit fin la politique de l' «Estado Novo» ( Nouvel État ) instituée par Antonio de Oliveira Salazar à partir de 1933. Le MFA  instaura alors la politique dite des trois D : démocratiser, décoloniser et développer. Celle-ci provoqua une redéfinition des relations entre la métropole et sa province d’outre-mer. Un cessez-le-feu fut vite conclu avec les trois mouvements de libérations angolais (FNLA,MPLA et UNITA), exit le FLEC. Rendez-vous fut même donné dans la ville d’Alvor en Algarve où le 15 janvier 1975 furent signés les accords pour le transfert définitif du pouvoir aux Angolais,  la formation d’un  gouvernement de transition à partir du 31 janvier et l’adoption d’une constitution provisoire. Car en principe, le Portugal ne devait remettre le pouvoir à aucun de ces trois mouvements en particulier.

11 novembre angola                                                                                        Antonio Agostinho Neto, Alvaro Holden Roberto et Jonas Malheiro Savimbi à Alvor


La proclamation de l’indépendance fut fixée au 11 novembre 1975 à minuit.  Malgré ces accords,  la transition de l'Angola vers l'indépendance ne se fit pas de façon pacifique. Dans plusieurs quartiers de Luanda, les Angolais s'en prennent aux colons. Entre janvier et novembre 1975,  un grand pont aérien est organisé pour rapatrier quelque 300.000 civilizados vers Lisbonne. Entretemps dans la course pour le contrôle de Luanda, des affrontements violents sont signalés à partir de mars entre les frères ennemis issus des trois mouvements de libération. Cela sera le prélude à une très longue guerre civile. Ce conflit sanglant se prolongera et s'intensifiera même. Assisté par l’Union Soviétique et Cuba puis grâce au consentement tacite du dernier Haut-commissaire (communiste) d’Angola, « l’amiral rouge » Rosa Coutinho, le MPLA remporta la guerre des villes et expulsa le FNLA et l’UNITA de la capitale et des principales villes. Le 11 novembre 1975, jour convenu pour l'indépendance, les autorités portugaises descendent pour la dernière fois le drapeau portugais du Palais du gouverneur. Le soir même, António Agostinho Neto alias Kilamba (son nom traditionnel) proclame officiellement l'indépendance de l'Angola alors que les combats font encore rage à quelques kilomètres de Luanda.

drapeau angolais                                                                                                                                                              Le drapeau angolais est hissé à Luanda le 11 novembre 1975 à minuit

Les alliés FNLA et UNITA, aidés par le Zaïre, l’Afrique du Sud et l’Occident, faute de mieux, s’installèrent à Nova Lisboa, la seconde ville du pays.  Le 11 novembre 1975, l’histoire retiendra deux proclamations d’indépendance. Il y aura ce jour-là deux gouvernements et deux Etats pour un seul pays : la République populaire d’Angola, capitale Luanda, président : Agostinho Neto ; et la République démocratique et populaire d’Angola, président :  Roberto Holden, capitale Huambo. Selon André Guichaoua, Jonas Savimbi avait aussi de son côté proclamé la naissance de la République noire d’Angola (lire : Exilés, réfugiés, déplacés en Afrique centrale et orientale aux éditions Karthala). A Luanda, la proclamation de l’indépendance s’était faite à minuit.

 

leaders angolais                                                                                                                                    Les trois pères de l’indépendance angolaise (Holden, Neto et Savimbi)                                                                                                                                                                      entourant le président kenyan Jomo Kenyatta

 

 

Le drapeau fut aussi nuitamment hissé en même temps que l’entonnement de l’hymne national « Angola avante » (Angola en avant) : http://dai.ly/9ZpPqA. La même année 1975 voit l’africanisation des noms de certaines villes comme Uíge (Carmona) ou Huambo (Nova Lisboa). La nation était née dans une allégresse teintée de peur et arrosée par le sang de ses propres fils qui s’entretuaient. Mobutu attendra un peu plus d’année pour reconnaître le République populaire d’Angola. Ce sera chose faite  le 6 janvier 1977. Regardez les images de l’époque en cliquant sur les liens suivants : http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/CAB7501455401/special-angola.fr.html, http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/I00017362/itw-holden-roberto-leader-du-fnla.fr.html http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/I00017364/itw-jonas-savimbi-leader-de-l-unita.fr.html, http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/autres-conflits/video/I00017363/itw-agostinho-neto-leader-du-mpla.fr.html

 Samuel Malonga

 

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Keynes H. José 09/11/2010 20:19



De la maniere dont vous avez narée l'histoire de cet époque précise d'Angola, ça me fait croire que vous étiez aussi angolais comme moi. Si pas, alors un africain qui mériterait aussid' une
médaille de distinction si jamais j'étais au pouvoir chez moi, à cause de  votre honneteté intelectuelle, les capacités, exactitudes et précisions dans lla presentation de cet article qui ne
nare que la verité que la majorité des angolais  entre autres ignorent encore à cause de l'influence ego{stique  des autorités actuelles.


Mes remerciements et, nous nous lirons encore d'avantage. Mes felicitations en tout cas.


Keynes