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Publié par Messager

J'ai connu plusieurs "Manuel", tous d'ascendance angolaise.ils savaient d'ailleurs comment se mettre en valeur, puisque beaucoup d'entre eux étaient des "self made man".
Pour une fois, le premier qui m'a frappé, n'était pas à Kintambo. En effet, je devais avoir entre 9 et 10 ans, lorsqu'un jour, j'ai accompagné mon père à la "population noire-la Cité". Nous avions pris place à bord d'un TCL qui faisait pratiquement le tour de Kinshasa - était-ce une ligne 6-, toujours est-il que le bus nous a promené un peu partout de Kintambo à Dendale. Avions-nous changé de bus? je ne m'en souviens plus. est-il que nous avions emprunté l'avenue de la Victoire. entre le rond point de Saio et Victoire (Kimpwanza) et Gambela je crois, notre bus s'est immobilisé devant une belle batisse "fond d'avance de couleur verte. Devant la maison trônait une belle obélisque d'au moins 4m. Dessus était marqué "Manuel" suivi d'un autre nom. Nous étions devant les studios et laboratoires photographiques d'un des grands photographes de Kinshasa. L'obélisque m'a expliqué mon père, c'est en souvenir de son passage à Paris: " regardes bien çà c'est Paris, m'a dit mon Père". pendant longtemps, Paris était pour moi, cet obélisque en ciment de M. Manuel.

Un autre manuel que j'ai connu a été chanté par des grands artistes congolais, puisqu'il avait un Bar où se produisait de groupes célèbres. C'était M. Nzuzi Emanuel ou Manuel Nzuzi. Rochereau l'a immortalisé dans "Milano", lingomba ya bana bayebana: "Mvuemba thomas, Polo Kalambay NZUZI EMMANUEL, Ngoy Léon, Tshimpaka Kongolo, Benga Tusamba, bana ya Milano. C'est toujours cette année de mes neuf ans, que je suivrai dans ce bar en Ngembo, un concert de Negro succès, avec bavon marie Marie en Guest Star et son amoureuse Marie José. Le Bar de Nzuzi était sur Boma tandis que la copine de Bavon habitait sur Kasai.
Enfin le dernier Manuel de mes souvenirts était un tailleur célèbre. Son atelier était au coin d'Uele et de l'avenue Komoriko. il avait réussi a s'offrir une clientèle huppée. il parait que c'est lui qui a cousu le premier costume de Boboliko, alors qu'il n'était qu'un jeune syndicaliste chrétien.
Mes trois Manuels, ont été parmi les premiers à retournber en Angola, dans le sillage du FNLA de Holden Roberto, dont ils étaient les soutiens. Après la guerre perdu par le FNLA contre le MPLA, certains reviendront à Kinshasa, après avoir tout perdu. Nzuzi Emmanuel finira ses jours comme portier à la CPA à Kinsuka.
Il y a six mois, de passage à Kinshasa, je suis retourné à Kasa-Vubu pour revoir l'obélisque de M. manuel (Pedro?). il était encore là. Quelqu'un, sûrement le nouveau propriétaire de sa parcelle, a fait enlever ses noms sur l'obélisque de "Paris". Peut être un muan'a Kasa-Vubu nous en dira plus sur ce photographe et ce qu'il est devenu. Moi en tout cas, je n'oublie ces lettres carrées "Manuel" sur les tranches de son obélisque.
Allez, reécoutons pour le plaisir un de ces morceaux d'anbthologie de Bana San salvador, avec Georges Edouard et manuel d'Oliveira " Basi nionso tapale" que Messager ne manquera pas de nous faire écouter à la suite de cette petite contribution.
PS: Les "manuel" avaient une prédilection pour les vieilles communes - Kintambo, Linguala et Barumbu. Dans les années 70, beaucouyp d'entre eux émigreront vers Kimbanseke ou Ozone.
Muan'a Mangembo.

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Pedro 29/10/2013 09:20


Cher Mwan’a Mangembo,


 


Si vous lisez ce commentaire anachronique, pouvez-vous me dire si un de vos “Manuel” n’était pas le photographe « Photo Pedro Manuel » dont un des studios était non pas
dans la commune (zone) de Kasa-vubu, mas sur l’avenue Kasa-vubu au cœur de la zone (commune) de Kinshasa. 

messager 23/01/2009 18:57

Charles,Je vais esayer de répondre à votre question d'ici là à travers les classiques de l'orchestre Festival des MaquisardsMessager

Charles Aptaw 21/01/2009 23:46

CHERS HABITUES DE CE BLOG,DANS LE CADRE DE CES HISTOIRES OU RECITS QUI ONT BERCES NOTRE PASSE'; JE VOUDRAIS SAVOIR L'ORIGINE ET L'UTILISATION DU TERME: "BA MPANGI YA VINCENT" SOUVENT  PARLE' ET CHANTE'; YANGO VINCENT ASALAKA NINI ? PE EBANDAKA NDENGE NINI ?PATRIOTIQUEMENTCHARLES

Joseph pululu 20/01/2009 19:18

Roberto Helasi Jean Pierre, un Ngembo est parti!AIL était le fils du Grand Holden. Il était grand, massif même je dirai. mais il était doté d'un self contrôle si affirmé, qu'à chacune des grandes occasions de la communauté des Bana Kintambo, c'est vers lui que l'on se tournait pour gérer les questions de sécurité.Son père, Holden Roberto, est l'un des plus célèbres de nos "bokilo bazombo". A l'époque où surtout c'étaient les congolais qui prenaient femme chez les angolais, lui, il a osé faire le contraire. Il a pris pour épouse une mungala. Un "exploit" qui lui a d'ailleurs valu la sympathie de beaucoup de leaders congolais, bien avant l'indépendance de la RDC qui se sont rapprochés de lui. Selon mon grand frère Djagas, c'est Holden (qui avait déjà l'habitude de bouger à travers le monde pour défendre la cause angolaise ) qui présentera Lumumba aux leaders des pays non alignés à Bandoeng.Holden avait ses entrées chez Kwame Nkrumah et Sekou Touré.Holden Roberto qui avait aussi ses entrées chez Mobutu, était pourtant resté fidèle à la commune de Kintambo, sa base militante. C'est à Kintambo qu'il lancera non seulement son GRAE - le Gouvernement Révolutionnaire de l'Angola en Exil - mais s'appuyera sur les jeunes diplômés angolais (D6 et Gradués) pour mettre sur pieds les premières écoles pour réfugiés angolais. Beaucoup de ses écoles étaient du reste dirigées par des Congolais pur jus, tous des amis de l'école du leader angolais. Il avait compris que sans l'éducation de son peuple, son combat était vain.Preuve de cet attachement de la famille Holden à la commune de Kintambo, l'association internationale des Bana Kintambo basée à Paris et tous leurs membres disséminés à travers le monde, ont pleuré le fils Holden : Roberto Helasi Jean Pierre, décédé le 7 janvier 2009 à l'hôpital de la Roseraie d'Aubervilliers. Toute la grande communauté des Ngembo l'a accompagné à sa dernière démeure au cimétière de Sarcelles, le 17 janvier. Radio Mangembo y était représenté par son président Jean Pierre Mandiangu Lemba. Djamba Yohe Djagas, depuis le Canada, a salué la mémoire du fils Holden. Benoit Botomba, le président des bana Kintambo a conduit les funérailles de ce fils d'un Congo accueillant et sans frontières. Mais celui que les bana kintambo ont pleuré et conduit à sa dernière démeure est un "véritable muana membre". toujours présent lorsqu'il faut rassembler la grande communauté Ngembo. Il avait choisi sa famille depuis fort longtemps. Appuyant sans réserve et sans relâche, les actions de son frère et président des Bana Kintambo Benoit Botomba, lui même fils d'un illustre fils de LéoII-la Montagne. Je tiens à souligner combienj Helasi Jean Pierre a su marquer nos rencontres. Que ce soit sur les terrains de foot-loisirs, dans les salles de fête de Bagnolet et Chapelle ou lors des réunions, sa silhouete massive, son sourire permament, étaient parfois mis à contribution, lorsque les esprits s'échauffaient un peu. Mais Jean Pierre Helasi Holden était aussi un vrai "frère visiteur". Chaque fois que l'un d'entre nous réussissait à ramener en France sa femme, il passait, avec son infatiguable Mama Monique, pour prodiguer les premiers conseils. je me souviens qu'il est passé nous voir à la Queue en Brie, avec "Wa" François Bankuma. Il n'hésitait pas aussi à traverser du Nord au Sud notre Ile de France pour marquer de sa présence, nos rencontres festives ou de recueillement.joies. Bon sang ne saurait mentir dit-on; le fils Holden est parti rejoindre son père, après avoir accompli sa part de mission aux côtés des congolais de Paris, de la grande communauté angolaise "FNLA" et bien sûr sa commune de Kintambo. Que la terre de Sarcelle, puisse lui être aussi légère que celle du Cimetière de Kintambo.Muan'A Mangembo.