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Publié par Koke Miezi Jean

La semaine de quatre jours et les noms des saisons en Kikongo

Réf : http://www.mbokamosika.com/2014/11/les-quatre-jours-de-la-semaine.html

 

J’ai lu successivement l’article de notre ami Pedro publié sur Mboka Mosika au sujet des quatre jours de la semaine en terre Kongo, ainsi que la réaction de Mbuta Kisukidi sur Facebook qui a apporté des plus amples précisions sur certaines réalités que plusieurs compatriotes, surtout ceux appartenant à la nouvelle génération n’ont pas appris durant leur formation scolaire. 


Je suis très flatté par votre analyse et toutes les précisions que vous venez de porter à la connaissance de tous ceux qui ignoraient l’existence d’un calendrier utilisé jadis par nos ancêtres. Le peuple kongo avait son propre calendrier. N’en déplaise à ceux qui veulent nous considérer comme du menu fretin. Dans leur soif et leur quête de nous imposer leur civilisation, les missionnaires tout en acceptant au départ notre façon de voir les choses finirent par nous imposer leur calendrier chrétien. Ainsi fut modifiée au fil du temps la nomenclature de notre calendrier.


Nos ancêtres avaient leur propre codification des jours et des mois dans l’année. Ce n’était pas des semaines de sept jours comme on les utilise aujourd’hui, mais c’étaient plutôt des quatraines comme vous l’avez si bien dit qui étaient à la mode. 


Le peuple Kongo avait son propre calendrier confectionné sur une semaine de 4 jours dont trois (3) jours ouvrables et un quatrième jour pour le marché. Il s’agissait des jours suivants : Nkenge, Nsona, Nkandu et Konzo. Ici, le jour du marché variait d’une contrée à l’autre. Cette énumération ne pouvait pas prêter confusion, car chacun de ses jours s’apparentait à un lieu où se déroulait un « grand marché » dans une contrée bien déterminée.


Nos anciens disposaient aussi de leurs propres méthodes de comptage. 
Un mois était répartit sur 7 semaines, et une année se répartissait sur 13 mois.
En dehors de ce système qui les aidait à fixer la notion du temps, ils pouvaient assimiler cette répartition basée sur les marchés à une autre qui avait trait à leurs activités agricoles.
- Kintombo (octobre-décembre) : saison des premières pluies. C’est la saison des ma sanza (nourriture)
- Kyanza (janvier – février) : 2ème saison de la récolte de vin de palme
- Ndolo (mars à mi mai) : dernière saison des pluies
- Sivu (mi mai à aout) : C’est la première saison sèche
- Mbangala (aout septembre) : deuxième saison sèche qui arrivait avec des fortes chaleurs. C’est la saison de brûlis, mpyaza


Qui vous dit que le Kongolais ne savait pas réfléchir ?
C’est dans cette logique que le commandant Albert Thys dans sa quête des lieux stratégiques où il implantait les différents postes ou stations de ce qui deviendront plus tard les fameuses gares du chemin des fers Matadi – Léopldville (aujourd’hui Kinshasa), il tenait souvent compte de ce critère dans le choix des lieux où il devait construire ces gares, car la présence d’un marché sur le site à exploiter était une garantie de rentabilité.
Dans Mboka Mosika, notre ami Pedro a cité le nom de Mpangala en lieu et place de Nkandu. Sincèrement, je ne sais pas qui a tort et qui a raison, alors que généralement les noms auxquels vous avez fait allusion correspondaient bel et bien à ceux que nos anciens utilisaient et qu’on nous avait même appris à l’école primaire. 


Ainsi à ma connaissance, les postes de Kenge, Inkisi, Nsona Ngungu, Nsona Mbata pour ne citer que ces quatre-là furent retenues dans cette logique. En effet, tous nos amis savent qu’à Kenge vers Matadi, il y avait un grand marché et ce nom de Kenge n’est que la déformation de Nkenge qui était le jour où ce marché avait lieu. 


Près de la rivière Inkisi, il y avait le marché qui se tenait le jour de Nkandu. Ce marché existe jusqu’à ce jour et a même donné naissance à un quartier de Kisantu qui porte ce nom. Comme M. Thys ne pouvait pas installer la gare près de la mission catholique qui se trouvait en hauteur, il jeta son dévolu sur un autre lieu qu’il baptisa du nom de la rivière Inkisi. 


De la même manière qu’il avait retenu la gare de Inkisi, il en fit de même pour la station de Thysville. Pour la petite histoire, lorsque M. Thys arriva à Tumba, considéré comme le juste milieu entre Matadi et Léopoldville, il prit la décision d’y installer le centre névralgique de la nouvelle compagnie. C’est ici que les locomotives devaient être requinquées à chaque voyage et ravitaillés en charbon. Mais, parti en éclaireur pour trouver d’autres endroits pour y construire ses futures stations, il fut agréablement surpris non seulement par l’ampleur du grand marché qui se tenait le jour de Nsona près du village de M. Ngungu, mais aussi par le climat et la qualité de l’eau de source qu’il trouva sur place. Ainsi il décida de changer de cadre et confia à M. Bilau la mission de construire à Nsona Ngungu, le siège et le grand atelier de la société des chemins de fers Matadi / Léopoldvile qui prendra plus tard le nom de ONATRA (Office des transports coloniaux).


Pour tous ceux qui ont connu la cité de Thysville, nouvelle appellation de Nsona Ngungu, le lieu où se déroulait ce marché de Nsona se situait vers les « mazanga ma ndeke » dans les parages du site où sera construit plus tard le fameux camp militaire des commandos de Thysville. Situé très loin du lieu où, topographie oblige, il avait jeté son dévolu pour construire les ateliers et le siège de sa société, le pouvoir colonial réussit à imposer sa volonté aux indigènes en déplaçant l’emplacement du marché qui va s’approcher de la nouvelle cité en gestation. Ainsi, le nom de NSONA NKULU (ancien marché) fut collé à l’endroit précité, et accessoirement, verront le jour le Camp des Policiers et la Cité des travailleurs de l’Onatra à Nsona Nkulu, l’Hopital de Nsona Nkulu, le Stade et les Cimetières de Nsona Nkulu, le Camp militaire de Nsona Nkulu qui rappelaient le souvenir de cet ancien marché. En revanche, le nouveau marché érigé près de la gare, à l’endroit où est situé l’actuelle station Cobil de Mbanza Ngungu, sera appelé NSONA MPA. Voilà un peu comment avec un jeu de mot, Nsona Mpa va disparaitre du vocable pour devenir Nsona Ngungu, du nom du grand chef coutumier qui avait réalisé la transaction avec Albert Thys. C’est ce nom de Nsona Ngungu qui sera débaptisée pour devenir Thysville et aujourd’hui MBANZA NGUNGU, grâce à la politique de Mobutu de recours à l’authenticité.
Concernant la gare de Nsona Mbata, il n’y a pas de photo. Le marché de Nsona avait aussi influencé la construction de cette gare.


D’aucuns vont me rétorquer que ma logique ne tient pas debout car sur les 36 stations, je n’ai épinglé que quatre gares qui répondent à ce critère spécial du choix des lieux où les gares de Mfumu Thys furent installées par rapport aux marchés. Me référant seulement à l’histoire de la contrée de Thysville que je connais assez bien, je me rappelle que lorsque le calendrier de sept jours fut imposé aux populations locales, les anciennes appellations étaient contraintes à disparaitre pour permettre aux indigènes de s’adapter plus facilement à leur nouveau calendrier. Ainsi, les missionnaires catholiques et protestants, réputés comme des véritables encadreurs et des éducateurs modèles vont continuer à utiliser cette référence des marchés pour réaliser la fameuse classification basée sur l’ordre des jours de la semaine, c'est-à-dire Kia zole, kia tatu, etc… facilitaient l’assimilation de cette notion d’une semaine à sept jours et mettait définitivement fin à nos quatraines. 
Voici à titre d’exemple la répartition des marchés tels que nous la connaissions :
Kia Zole : Zandu dia Kiasi kolo
Kia Tatu : Zandu dia Muala Kinsende ye Zandu dia Boko
Kia Ya : Zandu dia Mbanza Ngungu
Kia tanu : Zandu dia Lukala
Kia Sabala : Zandu dia Kuilu Ngongo
Kia lumingu : Zandu dia Mbanza Ngungu ye Nkolo.


Dans la foulée, il y avait d’autres grands marchés selon le coin où l’on vivait. Vers Kimpese par exemple, il y avait Songa Lumueno, Mbemba et Songa Mani qui se partageaient les différents jours de la semaine. A Tumba, on parlait de Luvituku. Vers Kuilu Ngongo (Moerbeke), il y avait les marchés de Nkiende, Luvaka, Kuzi, Kimpangu. Plus loin dans l’axe de Nkolo, on avait Luidi, Mbengua Ntadi, Kivulu, etc… Sur la route de Ngombe Matadi, il existait les marchés de Kimaza, de Ngombe Matadi, de Ntimansi 


Ces lieux de négoce étaient pour la plupart éloignés du chemin de fers, mais la grande particularité de l’époque est qu’il existait des routes bien entretenues qui reliait ces villages aux gares de l’Otraco et qui facilitaient l’écoulement des marchandises vers la capitale, surtout que tout au long du chemin des fers, les différentes gares étaient séparées d’au moins une dizaine de kilomètres seulement. Suivez notre regard. La province du Bas-Congo était très bien servie, car au moins, partout où des gares de l’Onatra étaient érigées, il existait des routes de desserte agricoles qui pouvaient faciliter la liaison entre ces différents pools. Avec la présence dans chaque gare des fortes colonies portugaises spécialisées dans ce genre d’activités, nos marchés étaient fréquentés régulièrement par des citadins qui s’adonnaient au petit commerce. 
Pour terminer, je signale que les gares de Kenge, Songololo, Tombangadio, Lufu, Malanga, Kimpese, Tumba, Nkolo, Mbanza Ngungu, Kiasi Kolo, Marshall, Inkisi, Nsona Mbata, Waulters, Kasangulu, etc.. furent non seulement des stations destinées à desservir les voyageurs, mais aussi des hauts lieux d’échanges qui ont déterminé les appellations secondaires qui ont été collé à ces lieux… Et aujourd’hui, par un devoir de mémoire, chaque bas congolais pourra nous rappeler le nom qui était collé au marché de son village. Le mien à Kiasi Kolo, c’est le marché de Kia Zole.
Makuaya viokele

 

KOKE MIEZI JEAN

Merci, mbuta Jean KOKE MIEZI de m’avoir rappelé Nkandu. Pour prouver que je devrais savoir qu’un des jours de la semaine était Nkandu, voici un poème que je connais depuis ma Zéro Année (1961-1964) et que j’ai sous les yeux, puisque j’ai une copie d’une de mes premières Méthodes de Lecture intitulée Nsweswe Ansusu Ampembe, à la page 27 :

Nsona. Mamonso masonama mu yandi.
Nkandu. Mamonso makandama mu yandi.
Konzo. Wamatu kafunti.
Nkenge. Ukenganga mamonso.

Je vois maintenant que si je m’étais rappelé Nkandu quand j’ai écrit mon article sur les quatre jours de la semaine, j’aurais posé les mêmes questions que j'ai posées. Je ne sais pas si Nkandu et Mpangala s’excluent mutuellement, mais j’ai fait remarquer dans cet article-là que je n’avais jamais entendu parler d’un marché dénommé Mpangala au Bas-Congo. Il me reste de demander aux mbokatiers si quelqu’un a entendu parler d’un Nkandu en Angola. D’ailleurs, j’ai aussi fait remarquer que, même en Angola, je n’ai jamais entendu parler d’un deuxième Mpangala. Mais, il est vrai que le marché de Mpangal’a Zombo n’est pas un village, et en 1975, quand nous sommes rentrés en Angola, la place du marché était un peu éloignée des villages environnants. J’ai fréquenté ce marché à maintes reprises. Il n’est qu’à quelques minutes de marche du village de mon père (un peu plus loin du village du père de Matadidi, pour utiliser le nom d’une vedette). Les mbokatiers remarqueront que LUSED a dit qu’il connait au moins une localité au Bas-Congo appelée Mpangala. Il faudra donc que quelqu’un nous dise un jour s’il en sait quelque chose. Ma sœur aînée à Luanda me dit que la dichotomie Nkandu/Mpangala est en distribution géographique Congo/Angola.

PEDRO

Mbuta Jean KOKE MIEZI,
Je tiens aussi à dire merci pour les références aux saisons, justement parce que l’idée que j’avais des noms des saisons était un peu différente. Par exemple, je ne savais pas que Sivu et Mbangala étaient deux saisons différentes. Je croyais qu’en kizombo on ne connaissait que le mot Mbangala pour une des saisons sèches, Sivu étant son équivalent en kindibu et d’autres variantes au Congo. Je ne savais pas non plus que les deux saisons sèches se succédaient, puisque « ma » deuxième saison sèche est la période après les mvula ze kintombo. Nous l’appelons « Kala ». Kala est donc en janvier et février. Bref, l’idée que j’avais était qu’il y avait une saison sèche (Mbangala) suivie d’une saison de pluies (Kintombo) suivie d’une saison sèche (Kala) suivie d’une autre saison de pluies en avril (je ne sais pas si elle porte un nom). Néanmoins, je vois à présent la logique d’une saison sèche et froide suivie d’une saison sèche à fortes chaleurs pendant la quelle les brulis s’opèrent avant les pluies, puisque les pluies sont sensées permettre à l’herbe de germiner sur les brulis pour que les herbivores qui ont échappé aux mpyaza aient à brouter. C’est dire donc, qu’à cet âge, certains d’entre nous ne sommes pas encore sûrs des simples faits de culture.

Et pourtant, je me rappelle avoir écrit un poème en kizombo, qui parle de la mauvaise distribution des « nourritures terrestres », et que je m’entêtais à réciter devant un public dont plus de la moitié ne comprenait pas le kikongo. Les deux premiers vers disent :

Abongel’e mvula ze masanza
Abitumwini kuna kovit’e maza
....

Je ne savais même pas que masanza et kintombo,c’était la même chose, alors que j’ai toujours vécu au village.

PEDRO

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Messager 07/12/2014 19:06

Nous lançons le même appel aux spécialistes de la langue Kongo et Lingala. En effet, nous voudrions dresser le tableau de la désignation des 24 heures en langues nationales. Qui peut nous aider dans ce sens?

Messager

Claude Kangudie 06/12/2014 14:25

Mon frère Jean Koke Miezi, merci pour ta réponse...Je ne doute pas que nous nous croiserons bientôt...J'invite les connaisseurs de Brutus Kabila à venir participer aux réunions de « 2KC France ». RD Congo, mboka ya Cédric Nyanza, ezali Libanga ya Talo...

Claude Kangudie.

Benjamin CKISSONGY 05/12/2014 20:01

Chez-moi à KASI ( Mission catholique ) , Collectivité-locale de WOMBO , chaque dimanches il y a le marché de NKENGE , c'est non du Pétit-séminaire de KIBULA .

KOKE MIEZI Jean 05/12/2014 17:29

Mfumu Pedro,
Le débat que tu as suscité sur les quatre jours de la semaine dans notre société traditionnelle vaut son pesant d’or. Il prouve tant soi peu ton attachement à notre culture et toutes ces valeurs qui prouve que nos ancêtres étaient très bien organisés. Ce qui est triste aujourd’hui, c’est cette tendance qui se généralise dans l’espace Kongo où nous refusons d’assumer notre passé et assistons les bras croisés à la disparition programmée de notre culture, en commençant par la langue kikongo. Nous avons dernièrement animé avec les amis de notre Collectif KIVUVU KONGO CENTRAL « 2KC France », une conférence sur le mariage en terre Kongo. Parmi les recommandations qui nous ont été faites, les participants ont souhaité que notre cérémonial du mariage coutumier soit codifié et qu’on en fasse une large diffusion dans les milieux autorisés afin d’éviter ces listes parfois fantaisistes qui enlèvent à cette cérémonie sa véritable valeur. J’ose croire que des fils ou filles Kongo, réaliseront un jour l’importance de réécrire pour la postérité des ouvrages qui vont relater la vraie histoire de notre Royaume.
Makuaya viokele
Mono KOKE MIEZI Jean
Ntekolo wa na Nkazi a Kongo ye Mbamba Kalunga
Muana na Ngandu a Mfulu
Mfumu a Mfutila Ni Wembo
« Madiadia ma sekua mene mene, nkokela ma menene kuani diaka »

Pedro 05/12/2014 09:56

Mbuta Jean KOKE MIEZI,
Je tiens aussi à dire merci pour les références aux saisons, justement parce que l’idée que j’avais des noms des saisons était un peu différente. Par exemple, je ne savais pas que Sivu et Mbangala étaient deux saisons différentes. Je croyais qu’en kizombo on ne connaissait que le mot Mbangala pour une des saisons sèches, Sivu étant son équivalent en kindibu et d’autres variantes au Congo. Je ne savais pas non plus que les deux saisons sèches se succédaient, puisque « ma » deuxième saison sèche est la période après les mvula ze kintombo. Nous l’appelons « Kala ». Kala est donc en janvier et février. Bref, l’idée que j’avais était qu’il y avait une saison sèche (Mbangala) suivie d’une saison de pluies (Kintombo) suivie d’une saison sèche (Kala) suivie d’une autre saison de pluies en avril (je ne sais pas si elle porte un nom). Néanmoins, je vois à présent la logique d’une saison sèche et froide suivie d’une saison sèche à fortes chaleurs pendant la quelle les brulis s’opèrent avant les pluies, puisque les pluies sont sensées permettre à l’herbe de germiner sur les brulis pour que les herbivores qui ont échappé aux mpyaza aient à brouter. C’est dire donc, qu’à cet âge, certains d’entre nous ne sommes pas encore sûrs des simples faits de culture.

Et pourtant, je me rappelle avoir écrit un poème en kizombo, qui parle de la mauvaise distribution des « nourritures terrestres », et que je m’entêtais à réciter devant un public dont plus de la moitié ne comprenait pas le kikongo. Les deux premiers vers disent :

Abongel’e mvula ze masanza
Abitumwini kuna kovit’e maza
....

Je ne savais même pas que masanza et kintombo,c’était la même chose, alors que j’ai toujours vécu au village.

Pedro 05/12/2014 09:13

Merci, mbuta Jean KOKE MIEZI de m’avoir rappelé Nkandu. Pour prouver que je devrais savoir qu’un des jours de la semaine était Nkandu, voici un poème que je connais depuis ma Zéro Année (1961-1964) et que j’ai sous les yeux, puisque j’ai une copie d’une de mes premières Méthodes de Lecture intitulée Nsweswe Ansusu Ampembe, à la page 27 :

Nsona. Mamonso masonama mu yandi.
Nkandu. Mamonso makandama mu yandi.
Konzo. Wamatu kafunti.
Nkenge. Ukenganga mamonso.

Je vois maintenant que si je m’étais rappelé Nkandu quand j’ai écrit mon article sur les quatre jours de la semaine, j’aurais posé les mêmes questions que j'ai posées. Je ne sais pas si Nkandu et Mpangala s’excluent mutuellement, mais j’ai fait remarquer dans cet article-là que je n’avais jamais entendu parler d’un marché dénommé Mpangala au Bas-Congo. Il me reste de demander aux mbokatiers si quelqu’un a entendu parler d’un Nkandu en Angola. D’ailleurs, j’ai aussi fait remarquer que, même en Angola, je n’ai jamais entendu parler d’un deuxième Mpangala. Mais, il est vrai que le marché de Mpangal’a Zombo n’est pas un village, et en 1975, quand nous sommes rentrés en Angola, la place du marché était un peu éloignée des villages environnants. J’ai fréquenté ce marché à maintes reprises. Il n’est qu’à quelques minutes de marche du village de mon père (un peu plus loin du village du père de Matadidi, pour utiliser le nom d’une vedette). Les mbokatiers remarqueront que LUSED a dit qu’il connait au moins une localité au Bas-Congo appelée Mpangala. Il faudra donc que quelqu’un nous dise un jour s’il en sait quelque chose. Ma sœur aînée à Luanda me dit que la dichotomie Nkandu/Mpangala est en distribution géographique Congo/Angola.

KOKE MIEZI Jean 05/12/2014 01:23

Mon Cher Claude Kangudie,
Mbanza Ngungu reste pour moi cette belle cité avec son climat assez pittoresque où j’ai appris à tirer mes cent premiers coups de la vie. Toi, tu es ancien du Collège Saint clément. Moi je suis un pur produit de l’Athénée officiel de Thysville, aujourd’hui Institut Kola qui est en face du camp Ebeya. C'est la plus importante garnison militaire de Mbanza Ngungu qui fut à l'époque coloniale, au moment où il n'existait pas une garde républicaine, le verrou de sécurité de la capitale. Par contre, le Camp de Nsona Nkulu est celui qui a abrité durant plusieurs années nos Voltigeurs qui étaient formés à l’Ecole de Formation des troupes blindés (EFATBL) auxquelles tu as fait allusion.
Je me répète en vous rappelant que le marché qui portait le nom de NSONA NGUNGU était situé à l’extrémité-est de ce camp militaire en longeant les belles résidences des officiers. Vers cet endroit, nous les anciens, nous savons qu’il y avait des étangs et dans notre jargon, on les désignait sous le nom de "mazanga ma ndeke", parce que ce lieu était prisé par des oiseaux qui allaient s’y abreuver en eau douce.
Lorsque ce marché fut fermé sur une décision de l’administration coloniale, cet emplacement fut baptisé NSONA NKULU, c'est-à-dire ancien marché. Ce marché fut transféré près de la gare de l’OTRACO et ce lieu deviendra le NSONA MPA (nouveau marché). Comme tu l’as sans nul doute remarqué, il s’agissait simplement d’un jeu de mot, car le jour de ce marché n’avait pas changé. On l’avait simplement transféré sur un autre site.
Voilà comment, le camp militaire, l’hôpital, le stade, les cimetières, la cité des travailleurs de l’Otraco, bref tous les édifices et grandes constructions réalisées dans cette partie de la cité seront assimilées à cet ancien marché. Ne soyez pas surpris que le Collège Saint clément situé au Quartier dit NSONA NKULU soit reconnu par ce nom.
Je te remercie de m’avoir rappelé la grande qualité des chikuangues made in bas Kongo. Chaque contrée avait sa spécialité. Beto ku Thysville, nous avons grandi avec nos nsesa.

zenga mambu 04/12/2014 21:58

Kwilu ngongo,luvaka,nkiende,gombe sud,sadi,yanga,ngongo,kimankandi,partout-là,je me ferais élu député,le vrai député national dans le Congo post-kabila.Je garde encore beaucoup de souvenirs de ces hameaux et il y a encore des secrets géologiques qui s'y cachent;la pierre kimberlitique environne le sous sol de ce coin-là mais, n'alertez pas kanambe,attention, ils iront nous piller; Je me souviens à l'époque,j'y allais passer mes vacances de "sivu" en vrai kinois,mais mon père souhaitait que j'apprennes sur notre culture,connaître ses frères et soeurs et ,une fois arrivé au village,tous les matins,on se levait à 5heures pour aller vérifier dans nos pièges traditionnels s'ils avaient attrapé un mbendé, un nkusu,un ngoné.Dans la rosée matinale sur l'herbe,on se faufilait pour retirer les produits de chasse piégés la veille au crépuscule. Après les avoir étalés au feu,ils perdaient tous les poils et mes tantes les préparaient dans un plat de mbika... ah ! luyambula!bima yina eh!! ntoma aa yayaeh!

Claude Kangudie 03/12/2014 20:12

Salut mon frère Jean Koke Miezi. J'ai lu, avec intérêt, votre récit avec notre ainé Kisukidi, que je salue au passage. En lisant votre article, une question m'était venue à l'esprit...j'ai fait une partie de mes études à Mbanza-Ngungu au Collège St Clémént. Plus tard, ce collège deviendra Institut Nsona Nkulu, par la volonté de sieur Mobutu...je voulais vous demander l'origine de ce nom. En vous lisant, j'ai vu que vous y avez apporté une réponse. A Mbanza-Ngungu, il y a ou il y avait deux camps militaires: camp Ebeya et l'autre camp des auto-blindés et chars (Nsona Nkulu). Le marché Nsona auquel vous faites allusion, dans les parages duquel de ces deux camps était-il situé ? C'est avec un grand plaisir que j'ai vu que vous parlez du marché de Nkandu...réputé pour ses “doumars”. Tous les marchés du Bas-Congo que vous avez cités, produisaient, entre autres produits agricoles, des shikwange de grande qualité. J'ai toujours rêvé d'un jour où ces recettes seraient versées au Domaine Culinaire du Congo...c'est un rêve ! Chaque centre du Bas-Congo, mérite pour son savoir, un label “AOC” (Apellation d'Origine Contrôlée). Ils en ont ici pour lerus camembert et vins et pourquoi pas nous ? Totikala, to zala bomoko. RD Congo, likabo ya Nzambe na ba nkoko na biso, ezali Libanga ya Talo...

Claude Kangudie.

Manuel 03/12/2014 13:00

Malamu mingi!...