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Publié par Messager

 

L'ascension de Mobutu

 

Une année : 1974, un auteur : Jules Chomé, un titre: L’ascension de Mobutu. De tous les livres écrits sur le maréchal, celui-ci a donné lieu à une belle empoignade politique entre deux capitales et a fait couler beaucoup d’encre et de salive entre Bruxelles et Kinshasa. Dès sa parution, Mobutu réussit son interdiction en France  de Giscard "pour outrage à chef d’Etat". Les mêmes pressions diplomatiques sont exercés sur la Belgique en brandissant la menace de la suppression de la commission mixte belgo-zaïroise. Si  à Kinshasa, le commissaire d’Etat à l’Orientation Nationale Sakombi Inongo et l’AZaP montent au créneau pour défendre le Chef ; à Bruxelles, c’est Pierre Davister, ami personnel de Mobutu, qui prend sa défense dans le journal Spécial. C’est ce que l’on appela à l’époque " L’affaire Chomé  ".

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L’avocat belge est même agressé à Bruxelles par les jeunes mobutistes alors qu’il fait la promotion de son ouvrage. C’est un certain Alphonse Nsuka qui aurait assené une gifle à Maître Chomé. Mais lorsque la police investit le lieu, Tshimbombo Mokuna se présente comme le seul responsable de ce tohu-bohu. Une autre version attesta que Tshimbombo avait fouetté l’auteur du livre incriminé. Arrêté, il est vite relâché après l’énergique intervention de l’ambassadeur Inonga Lokongo L’Ome. La nouvelle se repend dans toute la Belgique tout comme à Kinshasa. Le Président-Fondateur congratule Tshim pour sa bravoure et son militantisme. Il le reçoit quelques jours plus tard au Mont-Ngaliema avec tous les honneurs. Et pour récompense, un poste de chargé de mission à la Présidence lui est attribué. L’ascension de Mobutu, du sergent Joseph Désiré au général Ses Seko est le roman de l’histoire du Congo avec Mobutu dans le rôle d’acteur principal. Ce livre qui provoqua l’ire des autorités zaïroises est lié au destin de Tshimbombo qui mena par la suite une belle carrière politique à côté du maréchal. En tout cas, les relations belgo-zaïroises furent agitées en mars et avril 1974. L’avocat belge a écrit une bonne dizaine d’ouvrages sur notre pays notamment La passion de Simon Kimbangu (1959), Le drame de Luluabourg (1959), Indépendance congolaise, pacifique conquête (1960), L’assassinat de Lumumba et les révélations de Moïse Tshombe (1964 ). Moïse Tshombe et l’escroquerie katangaise (1966), Mobutu et la contre-révolution en Afrique (1967). Maître Jules Chomé s’est éteint le 4 janvier 1992. Il avait 81 ans.   

 

Samuel Malonga

  

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Serge Kongo na biso 26/01/2012 22:39


Tshimbombo Mukuna est un malin qui a fait son entrée
en politique par la petite porte, il savait q'en prenant ce risque d'accepter le forfait, automatiquement, il aura attire l'attention des
medias et surtout du PF (Président Fondateur du MPR), comme disent les chrétiens: "il avait semé" pour récolter bien sûre.  Réputation na ye ya ki
  homme politique zaïroise etikala kosala propre te po il parait
ye nde mutu azalaki makasi na ko corrompre peuple, kofuta na mbongo po na ba  kotondisa palais du peuple na
tango oyo MPR ekomaki na baisse ya makasi... Natanga quelques passage naye oyo na livre ya Me Nimy (Je ne renie rien, je
raconte) naseka mabe, ezalaki tango Mobutu na Gal Likulia soit disant bazalaki kobongisa en catimini po Tshisekedi akoma 1er ministre (na tango ya Conférence nationale
Souveraine) : « … Et pendant que Mobutu attendait Likulia qui devait lui apporter la déclaration du jour (rédigé je ne sais par qui), nous avions exprimé nos inquiétudes au Président
Mobutu en ces termes :


-        
« citoyen Président, que pensez-vous si, après votre déclaration,
Tshisekedi annonçait à son tour son refus d’être nommé Premier Ministre par vous ?


-        
« Oh non ! Certainement pas ça.  On a tout mis au point.  Vous n’êtes pas au courant de toutes ces choses, Ah Ah AH ! », nous répondra
Mobutu déjà triompha0000000nt.


A 11h, la déclaration télévisée tombe.  C’était la stupéfaction et la désolation chez les partisans de Mobutu qui ne comprenaient pas cw que cachait la stratégie de leur
« Chef ».  Au point que Tshimbombo avait subitement piqué une crise d’hypertension
artérielle : 19 sur 14, selon le constat établi par Dr Diomi.  Son cœur battait la chamade.  Encore dix minutes plus tard, le pauvre « Tshim » était in articulo mortis*.   


*Expression latine signifiant : à l’article de la
mort.


Soudain retentira un coup de téléphone pour le Chef de l’Etat.  Au bout du fil, le général Nzimbi.  Et Mobutu de s’exclamer, visiblement frustré :


-        
« Quoi ?... » ; « c’est quoi
ça ?... » ;


-        
« mais ce n’est pas sérieux !  Il se moque de qui ? ce n’est pas possible ! ».


Mokonda et moi, nous nous sommes regardés un bref moment.  Nous avions compris.  Le Président Mobutu venait d’être grugé. … (Me Nimy, page 488)


Serge, Kongo na biso

Simba Ndaye 26/01/2012 10:24


Merci cher bSam pour ce plongeon dans l'histoire récente de notre pays. J'ai lu ce livre à sa parution. A chacun de se forger son opinion mais il demeure très instructif pour
nous et pour les générations qui nous suivent. Bravo. Simba Ndaye 

Okul Eluun 26/01/2012 00:53


Voilà pourquoi ce blog reste, en plus d'un outil de promotion culturel, une bibliothèque, un centre où l'on peut venir venir s'informer pour se former.


Tous ces témoignages nous donnent toutes les raisons de nous unir et de nous aimer (car les congolais ne s'aiment pas malgré toutes les apparences) afin de continuer, que dis-je! avant de
commencer la lutte, la longue lutte qui doit nous conduire à la libération définitive. Merci cher frère Malonga.


 

ngolo 25/01/2012 21:48


ca donne à réflechir,le belge ne nous laissera jamais tranquille!