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Publié par Messager

      Antoine MOUNDANDA

MOUNDANDA-Antoine-copie-1.jpg 

    S’en est allé lui aussi sur le sentier qui n’a pas de retour, ce Lundi  matin 02 AVRIL 2012  à Brazzaville

 

            L’HOMME DE « NZILA YA NDOLO » EST MORT 

 

Nzila ya Ndolo

 

 

 

 

                          Une carrière musicale  prodigieuse           

 

Considéré comme le plus grand joueur de « Sanza » de la musique congolaise tradi-moderne, Antoine MOUNDANDA, totalise, depuis 2010, année où il a pratiquement cesser de se produire,  ses 57 ans de  carrière musicale. Il est le type même du « sansiste » qui, à partir de son Kimpala natal, a gravi progressivement les échelons jusqu’à devenir une vedette internationale en  1954.

 

A 84 ans d’âge, année où il nous quitte ce Lundi 2 Avril  et 57 ans de carrière musicale en 2010,  Antoine MOUNDANDA est demeuré le plus grand joueur de « sansa »  de la musique congolaise tradi-moderne de tous les temps. Il a été le véritable créateur d’un art qui puise dans les rythmes et les thèmes populaires.

 

Né en 1928, à Kimpala (département du Pool – Congo Brazzaville), très jeune, il maîtrise, déjà si  bien le « likembé » encore appelé « sanza », un instrument qu’il va incorporer dans la musique moderne. C’est le début d’une carrière de virtuose qui le conduira, le 18 Avril 1953, aux Editions « Ngoma », du grec Nico JERONIMIDIS  à Kinshasa, alors Léopoldville, en compagnie d’un petit groupe composé de Ignace MBEMBA (likembé-chant), Gabriel BASSOUNGOUNA  (likembé-chant) Jean MBALOULA et Albert MAKOUNDOU (chant).

 

Il trouve, à cette époque, aux Editions « Ngoma », les musiciens déjà connus, comme Antoine KOLOSOY « Wendo », Camille FERUZI, Adou ELENGA, Paul MWANGA, Camille MOKOKO, Antoine KASONGO, DE SAIO, Manuel d’OLIVEIRA MAYUNGU, avec lesquels il tisse de très bonnes relations. MOUNDANDA étant devenu, lui aussi,  une des meilleures vedettes de l’écurie.

 

C’est durant  cette période  qu’il écrit  des vastes compositions qui ont largement contribué à assurer sa réputation, comme, « Nzila ya ndolo », « Banani babenga mwana », « Mawa ya Ngoma Ibiri », « Mabele ya Polo ».

 

La grandeur de son art lui fait remporter en 1954, en Afrique du Sud, le « Prix Osborne Awards », de l’African Music Society (la discothèque internationale de la musique africaine). En effet, sur un total de 275 disques reçus de toute l’Afrique, en 1954, seule la chanson d’Antoine MOUNDANDA « Mwana aboyi mama » obtiendra  le premier prix. Grâce au fait que l’artiste congolais a incorporé un instrument traditionnel dans la musique moderne : La Sanza.

 

En 1958, Antoine MOUNDANDA quitte Kinshasa et les Editions « Ngoma » pour rejoindre Brazzaville, son bercail. Les Editions « Ngoma », pendant ce temps, sont dirigées (depuis la mort  de Nico JERONIMIDIS  en 1951 à Bruxelles, après 27 ans de Congo) par Alex JERONIMIS aidé par son  beau-frère Nikiforos CAVVADIAS avant de quitter le Congo en 1958 pour s’installer en France et acquérir  par la suite,  Discofrance, rue Montmartre Paris.

 

A Brazzaville, Antoine MOUNDANDA  se consacre à la musique de scène, grâce à laquelle il évolue jusqu’à ce jour (2010). Après avoir représenté, brillamment le Congo à travers plusieurs manifestations internationales avec son groupe Le « Likembé Géant »

 

Ci-après, les dates importantes qui ont marqué sa carrière musicale :

 

14 Avril 1953 : Enregistrement à Léopoldville ‘Kinshasa) du premier disque, avec comme titre phare « Mabele ya Paulo » à la firme Ngoma de l’éditeur grec Nico JERONIMIDIS.

 

Décembre 1954 : Inauguration du bar REX à Bangui, en compétition avec Joseph KABASELLE. 

 

1955 : Prix Osborne UNESCO ; pour avoir introduit la sanza dans la     musique moderne et aussi de l’avoir amélioré, en passant de 9 à 22 lames.

 

1966 : Participation au 1er Festival des arts nègres à Dakar (Sénégal)

 

1974 : Tournée avec l’ensemble folklorique national congolais en Union Soviétique (URSS)

 

1975 : Tournée à  Luanda (Angola)

 

1982 : Tournée en Chine avec le Ballet national congolais

 

1984 : Participation au Festival de Kisanza au Brésil avec le ballet national congolais.

 

1987 : Création avec  le Rocado Zulu théâtre, d’une comédie musicale « veuve de l’empire » (texte de Sony Labou Tansi, mis en scène de Jean Rostain) avec la participation des artistes LOUSIALALA « De la poussière », Albert MAMPOUYA, Philippe SITA. Pr2sentation du spectacle à Limoges (France) dans le cadre Festival international des Francophonies en Limousin ; puis tournées en France, Belgique, Allemagne, Italie, Antilles (Martinique Guadeloupe)

 

1992 : Participation du «  Likembe géant » à l’exposition universelle de Séville (Espagne)

 

2 au 8 mars 1997 : Participation au « Masa » d’Abidjan. 3ème prix décerné au Likembé géant avec les « sansistes » Papa Kourand et Maléla.

 

18 au 22 Avril 1997 : Festival des arts vivants de la francophonie à Hanoï (Viêt-Nam)

 

27 Mai au 1er Juin 1998 : Festival des musiques m&tisses à Angoulême (France)

 

16 au 26 Juillet 1998 : Festival international des nuits d’Afrique à Montréal

 

1998 : Participation à  Abidjan à la  création de « Monologues d’or et noces d’argent » de Sony LABOU TANSI, mise en scène d’Alain TIMAR. Suivie de la tournée à Lisbonne (Portugal) de « Likembé géant »

 

1999 : FESPAM de Brazzaville : Likembé Géant et WENDO KOLOSOY

 

2002 : Tournage d’un film vidéo « Fondation Wendo » : Concert à Kinshasa avec WENDO.

 

2005 : Sortie de l’album « Génération Likembe géant » avec  12 titres des chansons inédites.

Depuis 2005, année de la sortie de son dernier album, Antoine MOUNDANDA a diminué son rythme de travail, pour se consacrer aux  activités occasionnelles. Ce qui lui a permis de jouer à quelques manifestations nationales, sans beaucoup de panache. Sa santé avait commencé à péricliter, jusqu’à  son dernier soupir ce lundi 2 avril 2012 .

 

Adieu l’artiste

 

Clément OSSINONDE

Clement.ossinonde@sfr.fr

 

 

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Commenter cet article

Richard MAWETE 07/04/2012 17:14


Il y a longtemps,lorsque j'écoutais les chansons où Antoine Moundanda était immortalisé,telle que Mokili échangé de Dindo Yogo,je croyais qu'il n'était plus de ce monde,comme ses amis,qui sont
les pères de la rumba.


Là,j'apprends qu'il était encore parmi nous,sauf que durant tout ce temps,jamais je suis tombé sur un sujet qui parlait de lui au present.


Maintenant,il rejoint pour de bon ses amis qui sont les Bowane,Wendo,Adou Elenga,D'Oliviera......R.I.P.


Comme toujours pour un artiste,ses oeuvres lui survivront pour l'éternité.

BOUTOUTOU Hervé 03/04/2012 12:21


La mort de ce doyen place à nouveau le Ministère de la culture devant son incapcité ou tout simplement son manque d'importance à gerer le dernier carré de nos plus anciens musiciens, pour
lesquels on organise des grands obsèques, avec la présence de toutes les autorités de lanation au plus haut niveau, alors qu'il suffisait simplement d'aider cesvieux à se soigner convenablement.
MOUNDANDA est malade depuis 2004, personne ne s'en est occupé. CUBA quin'est pas aussi riche que le Congo, fait mieux, Hélas


Rappelons le tour bientôt à EDO et KOUKA Célestin qui ne sont non plus dans des conditions confortables - 

Dieudonné Marlot NKOUNKOU 03/04/2012 11:51


Que dire, que penser, sinon que s'incliner devant le décès de ce très grand artiste, dernier des pères de notre musique. Il m'avait fait l'honneur et l'amitié de participer à "Pont sur le Congo"
en 2006 avec une autre légende Le Vieux Wendo. Mon regret, mon très grand regret, est qu'il n'avait pu se produire ce soir là (au Palais du Parlement) du fait du grand nombre d'artistes
participant à l'évènement. Mille pardons encore, vieux. Comme me le demandent plusieurs artistes, je vais finalement me résoudre à sortir le Dvd relatant cet évènement. En tout cas, Merci Doyen
pour tout.

Samuel Malonga 03/04/2012 08:50


Repose en paix à côté de tous ces géants de notre musique qui t'ont précédé dans l'au-delà.