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Publié par Messager

 

 

YOKA CHOC ou la musique congolaise made in Japan 

Qui avait dit que les Congolais ne savaient qu’importer la culture des autres ? Qui aurait cru que dans ce domaine précis, notre art s’exporterait au-delà de l’Afrique ? La fascination des Japonais par la musique congolaise en est la parfaite illustration. Et comme ces grands imitateurs que sont les Nippons savent le faire, ils grattent les cordes de leurs instruments comme nos guitaristes, chantent comme nos choristes, lancent des cris comme de vrais atalaku, dansent comme Ya Lengos ou JP Buse, imitent les gestes que font nos chanteurs devant le micro. Le concert se passe de tout commentaire dans une hystérique ambiance tropicale en plein Japon. Les textes de leurs chansons sont de vrais poèmes d’amour comme ceux écrits par nos paroliers de Kinshasa ou de Brazzaville. Les mémorables tournées de Viva la Musica et surtout de Zaïko Langa Langa au pays de Shogun dans les années 80 ont non seulement laissé des traces mais ont surtout fait des émules. Fondé en 1986 et basé à Chiba près de Tokyo, l’orchestre Yoka Choc  Nippon, est le digne ambassadeur de notre art au pays du soleil levant. Les musiciens de ce groupe atypique composent et chantent en lingala. Notre musique a donc fait un voyage de plusieurs milliers de kilomètre pour s’installer là où on ne s’y attendait pas. Mené par Rio Nakagawa ,le Nyoka Longo local, chef d’orchestre et tête d’affiche, Yoka Choc Nippon s’est emparé de tout l’espace de l’Extrême Orient. Le groupe se produit souvent au Piga-Piga, le Ma Elika de Tokyo. En 1997 est sorti l’ album Bana Kinshasa, Bana Japon avec six titres: Yoka Choc et Fifi de Rio Nakagawa, Ndeke ya diamant de Makoto Iida, Mimiya et Mwasi ya mopepe de Masaru Ishigooka et enfin Mbongo mpasi de Daïsuke Kamikawa. La composition de cet ensemble  se présente de la manière suivante: Rio Nakagawa, Masami Jingu, Yuusuke Assaba et Masaru Ishigooka (chant), Daïsuke Kamikawa (basse), Hiroharu Shima (solo), Makoto Iida (accompagnateur), Hanaoka Eiichi (batterie), un ancien de Thu-Zaïna Bayard Mukuna (conga), N’Datchan (guitariste).

 

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Notre musique tout comme notre langue s’est déjà exportée au-delà des frontières africaines. Car outre les membres de l’orchestre Yoka Choc Nippon ou cet instrumentaliste japonais qui joua dans l’Afrisa,  il y a aussi beaucoup de jeunes qui s’adonnent à cœur joie au maniement de la guitare au rythme de chez nous. Tel ce jeune homme http://www.youtube.com/watch?v=0q5OOJqQrpE&feature=relatedqui sans mal joue les partitions de Zaïko Langa Langa ou cet autre artiste bien connu des milieux musicaux congolais répondant au nom de Niwa Basse http://www.youtube.com/watch?v=dmwy-YgB7Rc&feature=related.Il  accompagna  autrefois Zao ou Bisso na Bisso et il parle bien le lingala.  Les Japonais sont-ils devenus les Congolais d’Asie ? En témoigne aussi ce foisonnement d’orchestres comme Pili-Pili http://www.youtube.com/watch?v=4r0I_xyJJwE&feature=relatedet  dans une certaine mesure Chockers Karly qui accompagna même Papa Wemba http://www.youtube.com/watch?v=fvAislzoQVU&feature=related. Une chose est sûre, L’empire du soleil levant a pris le relais de la musique congolaise en Asie et a créé un véritable électrochoc dans cette partie du monde. L’art n’a ni frontière ni couleur car il est universel. L’engouement japonais sonne le glas de l’internationalisation de la musique congolaise moderne. 

 

Bonus : http://www.africambiance.org/phpBB3/viewtopic.php?f=2&t=8161&sid=27f9682dec0686530c696afc254077b7&view=print

Samuel Malonga

 

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Musa May 15/04/2012 02:52


Merci Cher Samuel. Au cours d'un voyage à Bruxelles un ami m'avait parlé de cet ensemble mais je n'avais pas eu la chance d'en trouver de clips. En plus des voyages de Zaiko, Viva La Musica et
Victoria, je me souviens qu'au début des années 80 quand j'étais encore étudiant, un groupe de jeunes japonais avait séjourné à Kinshasa où il s'entrainat dans dans Zaiko, si ma mémoire est
bonne.