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Publié par Messager

Hit parade des « mbwakela » ou chansons énigmatiques(1).

Comment définir le « mbwakela » dans la chanson congolaise. Un pamphlet ou une diatribe comme Mfumu Fyla Saint-Eudes, «   c’est-à-dire une critique violente dans laquelle le destinataire, au centre d’un portrait au vitriol est facilement identifiable par les mélomanes ; ou une raillerie ou un quolibet recourant soit à la dérision (dans laquelle l’auteur est au centre), soit aux allusions (permettant d’identifier facilement le destinataire), ou à l'autodérision (permettant à l’auteur de la chanson de se moquer de lui-même pour mieux tourner en dérision un adversaire)   » ?

Nous trouvons cette définition plus proche de la réalité même s'il convient d’y ajouter qu’une chanson mbwakela est un véritable message complexe, codé, ayant pour objet de stigmatiser un comportement jugé non conforme aux usages et coutumes (injustice, avarice, autoritarisme, brutalité, immoralité, etc, etc), en vue de régler les conflits sociaux. Nous préférons en ce qui nous concerne qualifier les « mbwakela » comme étant des « chansons énigmatiques. »

En effet, dans la tradition africaine, le « mbwakela » est l’arme favorite des femmes et de « sans voix » qui l’utilisent à merveille contre les plus forts, c’est-à-dire les hommes et les autorités. C’est pourquoi, le mbwakela est  un art subtil qui recourt tantôt aux genres littéraires simples comme les proverbes , les devinettes, les énigmes, tantôt aux genres complexes comme l’épopée, les mythes, les légendes, le chant, la prose et la poésie, surtout dans sa mise en forme.  

Nous nous rendons compte que les chansons énigmatiques ou mbwakela de l’époque, dans la mesure où elles se réfèrent à l'oralité africaine sont des véritables chefs d’œuvres, contrairement aux chansons mbwakela de la nouvelle génération, plus portées vers l’affrontement frontal et la violence verbale mais dépourvues de poésie.

Nous avons sélectionné pour cette première publication une série des chansons mbwakela ou énigmatiques des années ’60 jusqu’aux années ’80. Prochainement,  nous publierons la suite de cette liste. Aux mbokatiers de comparer les styles.

Messager

Voici la 1ère liste du Hit parade des chansons énigmatiques ou "mbwakela"

cd36514 Recto

1.Mayele mabe, par Masta Zamba et l'African-Jazz

2.Nandimi koboma, par Franco et l'OK-Jazz

3.Omeli mayi na tonga, par l'African-Fiesta

4.Mayebo affaires étrangères, par l'African-Fiesta

5.Nionhgo na yo nakofuta, par Franco

6.Liso ya Nkoy,par le trio CEPAKOS

7.Zala reconnaissant, par les Bantous                    

8.Likambo oyo, par Franklin Boukaka

9.Mokili ebata ngai fimbo, le Négro-Succès

10.Fula ngenge, par papa Wemba et Viva la musica

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Lubaya 10/10/2011 18:52



"Omeli mayi na tonga": cette chanson tourna en boucle sur la RTNC le jour où kinshasa apprit l'enlèvement de Moïse Tshombe.Son avion fut détourné vers Alger où l'ancien premier ministre rendit
l'âme quelques semaines plus tard, victime d'une crise cardiaque.J'ai encore dans mes oreilles la voix de feu André Mukendi, grand journaliste, commentant cet évènement.



Tundanonga 10/10/2011 09:12



Mbwakela ou jeton est un genre d'expression littéraire (littérature orale ou écrite), qui se trouve dans toutes les cultures, qui exprime une critique parfois acerbe, parfois sous forme d'injure
(à ne pas confondre avec l'insulte). Sa forme la plus engagée est, lorsque le Mbwakela est une critique de la société (régime politique ou critique de la politique sociale) sous un langage codait
et à interprétation variable. Prenons le cas de "Tailleur" de Franco. Le texte "La truite" (die Forelle, en allemand), que Schubert avait mis sur musique est un mbwakale très fort contre un duc
allemadn, qui avait piègé un poéte, qui le critiquait, en l'attirant sur son territoire pour l'arrêter et le jetter en prison pendant 10ans! Le mbwakela n'est pas seulement chanté, on en observe
quotidienement à Kinshasa entre voisines, entre rivales etc... Un exemple pour chasser un chien de la parcelle : "Longwa kuna, y'omoni na lupangu oyo baliyaka mikwa?". C'est un jeton contre le
voisin, la voisine dit au chien: vas dans la parcelle (voisine), pour chercher des os, ici on est riche, on mange de rôtis!


Un vieux jeton de Franco: Mibale misatu baloba na nba, eloko lokola oloba na ngayi. Aye, siatapata, mama, motindo na yo te": quelle chanson?


Nyongo na kofuta te, kende epayi ya bazuzi (un bolero), ion peut ajouter "nakanaille kaka, na kanaille nyons' tout, na contrekikanaille,  na gozo, qui est une expression utilisée par les
bill contre les duru, les yuma, les swapante, bref contre un faible, à qui on doit quelque chose qu'on ne veut pas restituer ou rembourser.



muan'a mangembo 09/10/2011 14:02



Je partage à 100% l'analyse de l'auteur de Mbwakela parce qu'il faut de la perspicacité pour mettre à nu la pensée d'un auteur comme Franco, même si parfois il se défend de ne viser personne,
comme dans la lettre à Mr le Directeur général (lettre au DG, Lisanga ya banganga):


Bozalaka epai nasalaka ba nzembote


Bokende kopanza sango partout


Luambo alobi boye, Luambo aseki boye...


Le Mbwakela est un art, un jeu de piste entre l'auteur-artiste et le public, qui parfois doit aller au délà de l'auteur et ouvrir de nouvelles portes. Et petit-à-petit, on reconstitue l'histoire
ou la pomme de discorde. Le Mbokela est différent du Tuba-tuba (colportage ou médisance). Jadis, dans la belle ville de Lipopo, seuls les "mbanda" savaient se servir avec subtilité du Mbwakela,
et peut être le fait que Franco, fils d'une mama mbanda a vite compris les arcannes du Mbwakela.
Et comme signe de temps et d'une époque, le Mbwakela a beaucoup profité du bouche-à-l'oreille pour envahir l'espace publique. de l'OK Jazz s'est mieux prêté au Mbwakela que celui de l'African
Jazz, même si, dans le catalogue de l'African Jazz, un trouve des Mbwakela d'anthologie comme celui que Tino Baroza fera chanter par Grand Kallé contre lui même :


"Mobali oyo moto mabe boye
Oleli biso mbongo uta kala"


Quand le Grand kallé oubliait de retribuer ses artistes.
Rochereau tabu Ley, amoureux de beaux textes magnifiant pour ne pas dire idalisant la femme, comme dans Kelya,  eu beaucoup de mal à percer le secret du Mbwakela. Et celui qui l'y aida est
bien entendu, un  transfuge de l'OK Jazz - Kwamy Lasitura. Et le repertoire qui en résulta est resté célèbre. C'est ainsi que dans la liste que l'auteur propose, les chansons de l'African
Fiesta sont interprêtées par Rochereau et Kwamy.
Evidemment, le maître du Mbwaqkela reste sans conteste Franco qui, avec tailleur, atteint le summum de son art. Il fallait d'ailleurs être un habitué de "UN-DEUX-TROIS, pour débusquer
derrière ce titre, celui qui était le propriétaire du Ntonga, puisqu'ilm est question de kotyonga na maboko (bic) et celui qui donne le "ntonga" tout simplement. le Mokolo Ntonga. Et les kinois
ne s'y tromperont pas en identifiant Kengo wa Dondo derrière le tailleur d'une part, et d'autre part en mokolo Ntonga, Mobutu Sese Seko.


Evidemment, lorsque l'énigme du Mbwakela est mis à nu, il est de bon ton de jurer ses grands dieux que l'on est victime d'un procès d'in tention, tout en souriant dans sa barbe comme savait si
bien le faire Franco de Mi Amor.


Au fait, Qui est donc le "Yaya Simon stigmatisé paré Franco", ndeko mobali oyo asalisaka bandeko na ye ya basi té?


Muan'a Mangembo 


 


 


 


 



Il faut ajouter à cela que selon les époques aussi, le style musical


 



ELONGA -BATU 09/10/2011 02:24



Il n'a existé de soit-disant "mbakela" que dans l'esprit de celui qui écoute la chanson et qui veut en faire un problème, sous prétexte que c'est destiné à un tel. Or les soit-disant "Mbwakela"
sont les plus belles chansons de la musique congolaise, parce qu'elles racontent toujour un fait réel que tout un chacun a rencontré dans la vie courante.


Ce ne sont pas le genre de ragot que nous écoutons actuellement sans tête ni queue