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Publié par Samuel Malonga

Tenues des équipes kinoises dans les années 60-70

 

Le football kinois a longtemps été dominé par trois grands clubs à savoir V. Club, Dragons et Daring. Même si la supériorité des clubs précités n’est plus à démontrer, de temps en temps, des équipes de second plan venaient déranger leur sérénité. On notera par exemple le grand chambardement opéré par Union dans les années 60 en sortant champion de Léo au nez et à la barbe du trio dominant du foot de la capitale.

 

Vers la fin des années 60, un club entre dans la danse et parvient à se faire coller l’étiquette prestigieuse de quatrième grand. Il s’agit du FC Himalaya d’Alphonse Kuba. L’équipe s’appelle un moment Arsenal puis authenticité oblige, elle prend le nom du toit du Congo : Ruwenzori. Auréolé par son statut, Ruwenzori se tapera bien des fois la tête des trois grands, mais ne parviendra jamais à devenir champion. Triste constat dans un parcours pourtant magnifique.

 

Outre les résultats sportifs qui comptent, il est vrai que le football est aussi une affaire de look. Derrière les joueurs qui se disputent la balle et qui courent dans tous les sens, se cache un aspect non moins important. Chaque footballeur sur le terrain ne représente pas seulement les couleurs chères à l’équipe mais aussi un style vestimentaire particulier. Le jeu devient alors une sorte de défilé de mode qui ne dit pas son nom. Les rencontres entre les trois grands du foot kinois ne se bornaient pas seulement à des joutes sportives où il fallait se montrer fort sur le terrain. Loin de cette dimension connue qui était le but visé, se cachait un autre aspect, celui de la façon dont les athlètes étaient vêtus. La gamme des habillements portés par les joueurs à chaque rencontre reflétait  la santé financière de l’équipe.

 

Dans ce look si particulier, les éléments essentiels sont d’abord les couleurs. Elles sont l’essence, la philosophie et l’image même du club. Grâce à leur magie, elles ont donné un second nom à l’équipe. Si en ses débuts Himalaya portait le bleu et le jaune, Il finit vite par adopter le mauve et le blanc. Dragon et Daring restèrent fidèles aux symboles génétiques hérités des pères-fondateurs, mais c’est V. Club qui  surprend en 1971 lors de son premier match en championnat d’Afrique. Pour la circonstance et comme pour forcer le destin pour son avenir dans la compétition africaine des clubs, l’équipe monte sur le terrain avec un maillot vert et jaune.

 

 

Si le maillot était le vêtement du joueur, un accessoire jusque là encore  inconnu fit une entrée fracassante dans l’habillement du sportif kinois : le survêtement. De retour de Belgique en 1963, les joueurs du Daring foulèrent la pelouse du stade Tata Raphaël tout vêtu de training lors du premier match. Une révolution venait de s’opérer dans l’habillement du footballeur kinois. Une première ! Le survêt pris le nom de training puis de vareuse dans le jargon footballistique de la capitale. Chaque équipe voulait vêtir ses joueurs de cet habillement nouvellement découvert. Et c’est la ruée. Il était devenu pour les footballeurs eux-mêmes l’objet de fierté et de prestige, et pour les supporters un sujet d’orgueil.

 

Les maillots n’étaient pas en reste. Chaque équipe avait son style vestimentaire qui symbolisait l’esprit du club. On faisait parfois même recours aux spécimens des années 50. Pour Daring et Dragon, certains maillots avaient une barre remarquable  qui traverserait l’avant en diagonale. V. Club faisait souvent recourt à un grand V visible. Bien des fois le club vert-noir inscrivait sur le maillot le nom de l’équipe (Imana et Bilima aussi). Il n’était pas rare d’y voir le dauphin l’animal totem du club. Les maillots à rayures avaient pendant cette décennie prit leur place dans l’habillement du footballeur kinois. Les trois grands s’en étaient donnés à cœur joie. Mais, c’est Dragon qui a innové en équipant ses joueurs d’une panoplie complète allant du maillot aux bas en passant par les shorts.

 

Dans le cadre du mariage Dragon-Daring, les vert-blanc qui des années durant couraient derrière un hypothétique divorce avait cette fois-là innové. Bien décidé à battre les rouge-or, assuré de la victoire sous la poussée du duo Kakoko-Kidumu et la fougue du président Bilaf (?), Le Daring porta pour la circonstance pas des maillots au sens du terme mais des tricots César à la mode et réputés chers. Les dossards dont certains se détachaient pendant la rencontre âprement disputées avaient tout simplement  été collés.

 

Dans cette guéguerre du look, Himalaya apporta une nouvelle dimension vestimentaire en arborant le maillot à carreau qui fut aussitôt baptisé dame-dame. L’élégance marqua les esprits. Le motif fit mouche. Succès garanti, le style fut repris et récupéré tant par Dragon que par V. Club. Daring surnommé Ajax sous l’impulsion de l’entraîneur Tambwe s’imposa le mythe du club d’Amsterdam en reprenant le look de sa tenue légendaire. Sur un maillot blanc est incrustée une large bande verte.

 

Les équipes kinoises ont toujours été à la page. Elles ont étalé pendant plusieurs années de différents jeux de maillots avec des motifs qui ont fait leur fierté. Les équipementiers avaient fait preuve d’inventivité. Le public est allé de surprise en surprise envahi par la beauté des équipements de leurs sportifs. Il est difficile de faire l’étalage de cette panoplie de tenues aux couleurs vives. Le look avait toujours été à côtés des résultats du championnat aussi l’objet de bien d’âpres débats entre les supporters. Les équipes avaient gavé le public kinois des tenues flamboyantes à manches longues ou courtes, avec ou sans col. La victoire revêtait une double signification et était encore plus belle lorsqu’elle était réussie après avoir mouillé un nouveau maillot.

 

Samuel Malonga

 

 

 

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