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Publié par Samuel Malonga

L’orchestre Bamboula de Papa Noël   

Référence : http://www.mbokamosika.com/article-le-parcours-du-combattant-d-antoine-montswet-papa-noel-40774270.html

 

En 1967, Papa Noël, jeune soliste de 27 ans, lassé par tant de pérégrinations, refuse de passer d’un orchestre à l’autre, d’une rive du fleuve à l’autre. Il décide de voler de ses propres ailes et fonde l’orchestre Bamboula. Cette naissance marque un nouveau départ dans la vie artistique du guitariste. La fête et la danse peuvent ainsi commencer. Vite, Ya Nono Nedule s´entoure des éléments valables. C’est un mélange hétéroclite d’anciens et de débutants. Le groupe est une véritable pépinière. On y trouve plusieurs artistes qui avec le temps deviendront de grosses pointures de la musique congolaise moderne. Aimé Kiawakana, Blaise Pasco Wuta Mayi, Madilu, Pépé Kallé, Bopol Mansiamina, Pirès, Tino Mwinkwa, Mangenza (drum), Jeff Lunam (saxo), René Moreno, Antoinette Etisomba, Decca, Bozi Boziana et tant d’autres participent à l’aventure.

 

En 1969, le ministère de la Culture organise un concours dont le but est de sélectionner l’orchestre qui représentera le Congo au premier Festival Culturel panafricain d’Alger. Tous les grands groupes musicaux de la capitale sont présents. La concurrence est rude mais à la surprise générale Bamboula l’emporta haut la main. Le groupe parvient à s’imposer et est déclaré meilleur orchestre de la compétition. Ya Nono raconte l’exploit de la qualification en ces termes : « La plupart des orchestres kinois étaient là : les Grands Maquisards, Verckys et son Orchestre Vévé, Johnny Bokelo, etc. Chacun jouait deux morceaux devant une délégation venue d’Alger. C’était un vrai combat : il fallait gagner, alors j’ai mis le paquet ! Après notre passage, je suis parti sans assister à la suite du concours. Deux ou trois jours plus tard, les résultats étaient annoncés à la radio nationale. À midi, nous étions tous devant nos postes, et c’est l’orchestre Bamboula qui l’a emporté. » Du 21 juillet au 1er août 1969, Papa Noël et son groupe sont à Alger. Cette présence en terre algéroise est l’événement majeur dans l’histoire du groupe.

 

De retour d’Alger, le groupe perd du personnel suite à la dissidence de ses artistes. Au début des années 1970, Papa Noël se retrouve seul. Bamboula se disloque et disparaît de l’espace musical congolais. Toutefois, l’orchestre aura laissé à la postérité la danse mambeta qui a accompagné des chansons d’une grande qualité artistique comme Nene Fifi, Pépé mwana moke, Veva, Wawali motema, Yoka ngai Sophie, Naboyi makambo, Club 113, Lili Mambeta, Boogaloo. Notons que Ya Nono est né d’un père Lari du Congo-Brazzaville et d’une mère de la tribu Banunu de Bolobo.

 

Samuel Malonga

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Claude Kangudie 31/05/2017 18:22

Salut Michel...pour ton info, c'est le vieux Decca, plus tard devenu bassiste en chef de l'OK Jazz, qui imite la voix féminine dans la chanson "Mario" de OK Jazz...Ata ndele, mboka na biso ezali RDC, Libanga ya Talo...

Claude Kangudie

Samuel Maloanga 31/05/2017 13:33

lire ... le voyage d'Alger...

Samuel Maloanga 31/05/2017 13:31

Cher Michel Kinzonzi, parmi les musiciens de Bamboula qui ont fait la voyage d'Alger, il y a lieu de citer Papa Noël (solo), Decca Mpudi (basse), Jeff Lunama (sax), Jean de la Croix (trompette), Bopol Mansiamina (guitare rythmique) et les vocalistes Antoinette Etisomba, Aimé Kiwakana, Blaise Pascal Wuta Mayi et René Mosengo dit Moreno.

Michel Kinzonzi 30/05/2017 14:04

Merci Yaya Claude pour la réponse...Je demanderais à Ma Maman Leki native des années 50 elle esquissera les pas de la fameuse danse.Je me brancherais sur Mbokamosika rien qu'en écoutant les chansons elle se mettra à danser tout en se remémorant la belle époque à Dendale.
Excellente journée.

Claude Kangudie 29/05/2017 12:12

Bonjour Michel...Pour t'expliquer ou décrire la danser Mambeta, il faudrait peut-être que je recours à la géométrie analytique de Père Smolders...rire. Les archives de la voix du Za¨re ayant disparues, il faudrait recourir à ceux de notre âge lors des fêtes d'anniversaires ou mariage pour que quelqu'un de notre âge te fasse une petite démonstration. Mais avec nos maux de dos dûs à notre âge, les contorsions ne sont plus les mêmes que lors de nos 20 ans...Autre problème: vu ce qui sert de musique actuellement, bruits et tintamarres infects et dangereux aux tympans, je te souhaite courage...en plus, il faut retrouver les chansons de Thu Zahina, Symba, Kin Bantous et consorts...bon courage, tu auras droit à une séquence un jour. Tobosana te, même une seconde que mboka na biso ezali RD Congo, mboka ya Armand Tungulu, Libanga ya Talo...

Claude Kangudie.

Michel Kinzonzi 29/05/2017 10:32

Chers aînés,le contenu de l'article est riche pour étancher ma curiosité j'aimerais que vous nous donnez la liste des musiciens qui ont fait ce voyage d'Alger.La danse Mambeta elle se dansait comment?

Claude Kangudie 27/05/2017 14:31

Bonjour Sam...Merci braucoup pour ce travail sur l'orchestre Bamboula, un des groupes les plus prometteurs des années '70. Je crois même que c'est ce concours remporté face aux autres grands orchestres kinois qui a signé la fin du groupe...Nos musiciens adorait se faire ce genre de coups en chipant tout les musiciens des concurrents. J'ai toujours en tête une chanson de Bamboula: "Tokomi na tango yango ya mpokua kolia, kolata mpe ko mibongisa eehh mpo tobima ohh. Tokende nde ko kamata mère chef ehh, mama Adolo nano alati te ehhh, kosala beauté eeehhh ya somo mpo toningisa dégager...."La danse "mambeta" fit fureur en ces années '70...de Thu Zahina à Vévé sans oublier Zaïko et les Symba de Keje...Tobosana te, mboka na biso ezali RD Congo, Libanga ya Tala...Ata ndele...

Claude Kangudie.

Samuel Malonga 27/05/2017 16:39

Bonjour mon cher Claude. Tu as raison. Bamboula fut victime de son succès. Un groupe d'à peine deux ans qui vole la vedette aux "grands" orchestres fait des jaloux. Les grands loups de la musique comme Rochereau, Franco, Kalle, Verckys sont éliminés. Pour punir Papa Noël, on débauche ses musiciens. Résultat, l'orchestre se disloque et les ennemis de Ya Nono sont heureux. La leçon de la participation de Bamboula au festival panafricain d'Alger est le suivant: la valeur n'attend pas le nombre des années.