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Publié par Messager

 

 

 

                       Dominique Kuntima « Willy Mbembe »

 

                         UN TROMPETTISTE LEGENDAIRE

 

willy

Plus qu’un instrumentiste, encore que ce trompettiste fût un athlète de son instrument, une sorte  d’énorme virtuose échappé dans l’avant-garde, « Willy Mbembe » fut avant tout, jusqu’à sa mort en 1972, un compositeur, un organisateur et un admirateur de Louis Armstrong  dont il s’inspire l’œuvre avec les moyens de son temps.

« Willy Mbembe » parvint à créer au sein de l’African Jazz de Joseph KABASELLE des mondes sonores homogènes, teintés de sa propre couleur. Son importance dans l’histoire de la trompette dans la musique congolaise moderne est fondamentale. Et les trompettistes congolais qui ont suivi lui doivent beaucoup.

Dominique KUNTIMA dit « Willy Mbembe » est né à Léopoldville le 31 juillet 1931, d’une famille protestante. Il est pris en charge par les missionnaires  de la B.M.S. qui lui enseignent les mystères de l’alphabet. Mais la musique a sur lui un attrait très puissant. Un an avant d’obtenir son CEP, il embouche déjà la trompette dans un style admirable. Plus tard, lorsqu’il travailla dans une des grosses firmes de la place, il n’aura pour compagnon, pendant ses heures de loisir, que sa trompette. C’est ainsi que l’Odéon Kinois d’Antoine KASONGO,  lui cédera une place dans son ensemble. Sa vie est alors partagée entre le travail pendant la journée, et l’orchestre en soirée.

Mais  s’étant aperçu que son mince bagage intellectuel ne pourra pas lui être de grande utilité dans la vie, il se remet à l’étude et reprend le chemin de l’école : deux ans à l’Ecole Moyenne de Sona-Pangu et le revoilà à Léopoldville dans une maison d’édition. Mais en en 1950, lorsque l’Odéon Kinois dans lequel il a repris sa place de trompettiste, projette d’effectuer une tournée musicale dans le Haut-Congo. Willy n’hésite pas à abandonner son emploi et à courir l’aventure à Cocquylatville (Bandaka) et Stanleyville (Kisangani). Revenu à Léopoldville (Kinshasa) en 1961, il se fait engager dans une autre maison d’édition outre qu’Olympia, pour adhérer à Ngoma. Mais un an plus tard, il démissionne pour suivre une autre tournée musicale dans le Kwango, le Kasaï et le Katanga, et pendant trois ans on entendra plus parler de lui.

De retour en 1955, il a encore la chance de trouver un emploi, mais cette fois dans une grosse société de transport maritime. Il prend son travail à cœur, mais n’abandonne pas pour autant la musique qu’il cultive en jouant le soir dans les bars de la Cité, jusqu’au jour où le chef d’orchestre de l’African Jazz Joseph KABASELLE, le découvre et lui propose de faire partie de son ensemble. Depuis sa présence dans l’African Jazz en 1955, sa trompette n’a eu d’égale que la guitare de Nico KASANDA dont la réputation n’est plus à faire.

« WILLY MBEMBE », notre souvenir demeure intact sur ton œuvre, que les jeunes trompettistes s’en inspirent. 

Clément OSSINONDE

Clement.ossinonde@sfr.fr

BANNIER-MBOKAMOSIKA-copie-9.jpg

 

Cinq chansons de l’African-Jazz à travers lesquelles se distingue Willy Mbembe à la trompette.

 

 1.Kayi kayi , par Nico et l'african-Jazz

2.Basi ya African-Jazz, par Nico et l'African-jazz

3.Tika ndeko no, par Kallé et l'African-jazz

4.Information, de l'african-Jazz

5.Mulungia, par le grand Kallé et l'African-Jazz

Commenter cet article

faugus 04/05/2012 13:03


merci à Ossinondé et à tous ceux qui ont intervenu sur cet article, vrai ou faux,pour moi pas de commentaire à faire sur ce musicien, j'ai un trou dans ma mémoire, voir son image sur cette photo,
assis et très beau, me rappelle ses exploits, soudain, tous bascule, un mauvais souvenir me renvoi sur le trou de la fenêtre de l'hôpital où j'assistais, au denier mouvement de son orteil,
comment faire pour faire disparaître une des deux images? encore merci mboka mosika 

BOLANGA 02/05/2012 19:52


Quelque soient les avis des uns et des autres, la présence des cuivres dans notre musique , est un processus évolutif qui a permis aux orchestres légendaires de notre musique de s'exporter, pour
ne citer que l'African Jazz, l'OK Jazz, le Rock'a mambo, Bantous, etc.(déjà en 1951, les Editions Ngoma avaient réussi à créer un groupe maison, dans lequel tous les instruments à vent y
comportaient)


La descente aux enfer d'une partie de notre musique commene dans les années 70 avec le vent en poupoe de la génération ZAIKO et tout ce qui s'ensuit, une musique qui n'avait de valeur qu'au
Congo. Aussi avec la disparition totale des orchestres des années 50/60 qui ont fait le bonheur de notre musique dans le monde, nous nous retrouvons depuis avec une musique des Atalaku, des
Mabanga, des paroles incampable d'évoluer avec tout ce que la modernité met à notre disposition du point de vue des instrument. Nous nous trouvons devant une pléiade des amateurs qui
s'improvisent musiciens au premier album - 


Notre musique est à réorienter, sinon la confrotation avec les autres musique d'Afrique et du monde devient suicidaire. Je ne dis pas que toute musique pour être belle  doit comporter les
cuivre, mais c'est qu'en abandonnant les cuivre on nous fait une musique très pauvre en partitions, contrairement à la musique sans cuivre que nous avions écouté à l'époque de WENDO, BOWANE,
BUKASA, MOUNDANDA 6 Avouons chers frères que notre musique VA DROIT DANS LE MUR

Dierto 02/05/2012 15:41


Boboto pe mbondeko, Merci beaucoup mr Pululu pour vos eclaircissements digne d'un fin connaisseur de l'histoire de la musique congolaise. Je vous suis reconnaissant pour certains détails et
surtout pour votre esprit fair play car j'avais peur que vous le preniez mal ma petite sortie.


boboto pe bondeko, au fait tant que je vous tiens encore je profite de l'occasion pour vous demandez d'ou vient le nom de camp BABYLON à ngembo.

MWENZE 02/05/2012 12:15


Mes chers amis,vous permettrez que je vous avoue ici combien je trouve déplacé,voire indécent,d'évoquer encore,sous quelque forme que soit,l'école Zaïko,quand nous parlons de la musique
congolaise des années 50à70.Cette dernière compta en son sein des artistes,des vrais:génies,artistes de talent,doués,surdoués.Contrairement à l'école Zaïko qui nous offre une musique
dévaluée,délavée,en dépit de quarante ans d'existence et que l'on résumerait en cette formule:plus ça va,moins ça va.Ici tintamarre,obsénité,grossièté,danses et animations masquent
l'incurie,l'impéritie et la carence de l'art.La musique se définit comme une combinaison de sons agréables à l'oreille.Cette définition sied très
bien à la musique congolaise des années 50 à 70 alors qu'on ne saurait en dire autant de la musique de l'école Zaïko.Parler de Kallé,Rossignol,Vicky Longomba,Dr Nico,Franco,Essous,Nino, et parler
de Papa Wemba,Koffi Olomidé,Nyoka Longo,Fi Carré,JB MPiana,Werrasson,c'est faire injure aux premiers.Autant les premiers ont été des fortes personnalités musicales,autant les seconds demeurent
des vulgaires musiciens pratiquant une musique de seconde zone.C'est le jour et la nuit!L'imagination et la compétence étaent au rendez-vous de la musique des années 50 à 70,qui nous a nourris de
prouesses techniques et artistiques de ses exécutants(et d'actualité ici avec le trompettiste Willy par exemple),alors que la musique d'aujourd'hui brille par une sécheresse consubstancielle.De
grâce,ne mêlons pas torchons et serviettes.


MWENZE

Joseph Pululu 02/05/2012 09:54


Mon Cher Dierto,


Merci pour la remarque relative aux animations dans notre musique, mais Jossart est allé plus loin dans la mesure où ses Atalaku à lui, étaient de vrais musiciens, à l'instar de Gaspy Luwowo
Mutshokele ou Roger Izeidi: c'étaient des maracassistes d'abord et bien entendu des chanteurs - folkloriques peutêtre, mais pas de sous-musiciens.
La deuxième remarque sur le rôle des Atalaku chez Jossart est qu'ils palliaient bien ou venaient en soutien aux solos dansants, puisqu'après le départ de Pépé Felly et de Teddy Sukami, il fallait
soutenir la montée en première ligne des ceux qui venaient d'arriver. Pour le reste je salue votre perspicacité sur la pause chant que s'octroyaient grâce à l'apport des Atalaku.
Petitre précision: les Atalaku des autres groupes sont essentiellement des choristes ou sous-chanteurs comme vous le dites, ce qui n'est pas le cas de Zaiko ou de Wenge première formule.

DIERTO 02/05/2012 02:34


BOBOTO PE BONDEKO, un petit bémol à la déclaration de monsieur Pululu voulant que c'est le sieur nyoka qui introduisit l'animation donc le sebene(avec tous ce qui s'ensuit) par l'entremise des
ATALAKOU je m'inscrit en faux car selon moi il n 'y a jamais eu de rupture épistémologique entre les animations existantes depuis longtemps dans notre musique dans la partie dansante appelait
aussi Bouché ou Sébèné et ce que font les atalakous. Rien des nouveaux avec les atalaku ou odéon dans la musique dite moderne car le siflet, le tam-tam ou encore le maracas ont toujours composé
le decor de notre musique...le mariage entre la musique dite moderne et la musique traditionelle bien avant Zaiko les Tabuley,Nico, Franco...Tshala muana. nous ont gratifier des chansons issus de
ce mariage sauf que Zaiko a voulu pour des raisons bien évidentes à l'époque incorporé dans son effectif cette catégorie des musiciens que moi je qualifièrai de soutien pour animer la partie
dansante, un travail harassant surtout lorsqu'on vient de chanter et de danser, Jossart qui en passant fut aussi un grand (atalaku) pour des raisons évidentes opta plus pour l'exhibition des
danses et en plus il serait honnete de nous situer au moment des faits la concurence été rude meme sur le terain de predilection de Zaiko c'est à dire l'annimation et la danse, certains se
souviendront que ces fameux atalakous sont venus à la rescousse de Zaiko malméné par Zaiko wawa et surtout par  MBIRI-MBIRI une danse et animation d'anthologie de langa-langa Stars sans
atalakou mais avec comme animateur chanteur lui meme Evoloko. Aujourdhui des atalakous ne sont plus seulement de sous musiciens seul a perenisé cette espèce d'effectif inutile demeure DOUDOU
ADOULA mi- musicien mi-animateur et plus danseur contrairement à la nouvelle génération qui aspire a dévenir musicien full comme Feré, bill, céléo, calugi.... 


Ma part de vérité. 


BOBOTO PE BO NDEKO

Joseph Pululu 01/05/2012 23:13


Mon cher Mwenze, merci pour cette information. en effet, j'ai toujours eu du mal avec Willy Mbembe et Edo Clary, je vais ne profiter pour revoir mes fiches. Merci aussi d'avoir apporté des
informations sur les enregistrements d'indépendance chacha. Ce qui prouve bien que depuis le Grand Kallé, les artistes ont tenté de se passer des souffleurs et avec un certain succès, sans pour
autant produire des oeuvres mineurs. Merci encore une fois!

MWENZE 01/05/2012 22:31


Mise au point sur le commentaire de Mr PULULU,dans son dernier chapitre:WILLY et EDO CLARY n'ont jamais évolué dans un même ensemble.Pour la bonne et simple raison qu'à la suite
de la première dislocation de l'AFRICAN-JAZZ en 1960,Edo Clary,qui avait quitté quant à lui l'OK-Jazz,s'en ira former l'orchestre JAZZ-AFRICAN avec Franklin Boukaka,Jeannot
Bombenga,Rochereau,Micky,Damoiseau,avant d'évoluer dans l'AFRICAN-JAZZ(Aile Kallé)en 1961,aux côtés de Tino Baroza,Manu Dibango,Brazzos,pour ne citer qu'eux.Willy quant à lui suivra Nico et
Déchaud dans l'AFRICAN-JAZZ-Aile Nico.Par ailleurs,l'African-Jazz reconstitué à l'occasion de la Table Ronde,parenthèse dans cette première séparation et qui enregistrera les oeuvres d'anthologie
que l'on sait (Indépendance Cha-Cha,Sentiment émonani,Sophie ya motéma,Mérengué scoubidou,Table Ronde,Mawonso pamba),cette formation dis-je,ne comportait pas de souffleur.Il n'y a pas
d'instrument à vent dans ces chansons citées,ni clarinette,ni saxo,ni tropette.


MWENZE

Joseph Pululu 01/05/2012 22:20


Mon Cher Bolenga, bonjour pe boboto o mbok'ayo!


Ce que j'ai écrit à la volée sur le "ngenge" des solistes, devrait compléter les avis d'autres mbokatiers sur Willy Mbembe. En parlant de Ngenge, je voulais juste souligner que nous sommes à
l'heure du tout solo des guitares, parce que la Rumba s'est construit à travers des cycles voix et instruments. Ce premier groupe échouera dans sa tentative de passage de l'acoustique à
l'électrique. Qu'à cela ne tienne: que ce soit Wendo Kolosoy,  Adou Elenga, Manuel d'Oliveira et autres Muanga Paul, pionniers de notre musique n'ont pratiquement pas eu besoin des cuivres
pour s'exprimer. Les cuivres vont apparaître dans la période charnière 49/51 lorsque les premiers big band investissent le parc de bock. Les fanfares catholiques et salutistes ont formé
suffisamment de trompettistes, trombonistes et autres saxophonistes, pour fournir les studio qui commencent à fleurir à leopoldville.


Ainsi le groupe Odéon Kinois d'Antoine Kasongo est un groupe essentiellement instrumental, qui fait danser sur les notes de trompettes et saxophone, sur le modèle du Jazz américain qui a investi
Saint Germain des Prés. Le grand producteur Bowane dans Mbula ebeti naleli, un titre enregistré chez Loningisa encense un certaain Esasa, virtuose du saxo "Boyoki bangenge ya esasa" entend-on
dire dans ce morceau pendant que celui-ci exécute son solo de sax.


Avec Esasa s'est ouvert l'ère des cuivres que le Grand Kallé va consolider avec son arrivée Chez Opika, dans son groupe African Jazz puis avec le Rock-a-mambo. Les Bana Brazza constitueront bien
entendu l'ossature des sections cuivres aussi bien de l'OK Jazz que de l'African Jazz. Il faudra parfois aller très loin - en Rhodésie (Musekiwa) et au Nigeria pour degoter les bons souffleurs,
sinon carrément en Belgique - Manu Dibango, pour donner des cvouleurs à la Rumba du Congo. Et cett ère des cuivres atteindra son apogée avec le trio Madjesi et Bella Bella. Les derniers groupes
ayant utilisé les cuivres. C'est le sax qui en quelque sorte dictait à la guitare solo sa partition.


Lorsque les groupes des jeunes des années 7O font leur apparition, ils n'ont pas de souffleurs propres. C'est le cas de Thu Zahina dont les partitions de cuivres sont exécutés par Deyess Empomppo
et Rubens, deux anciens e Negro succès. Après leur incorporation respectivement dans l'afrisa et Vévé, ils ne seront plus disponible pour accompagner les jeunes.


C'est donc par nécessité que le clan Langa langa en l'occurence a développé ses arrangements en saturant ses solos pour combler le manque des cuivres. Et je pense qu'il serait malhonnete de ne
pas reco nnaitre l'effort de créativité de cette génération d'artiste pour nous faire oublier les souffleurs. Sont-ils allés trop loin? je ne saurai les juger. C'était l'époque du Ngenge des
guitares. Et je souligne que jusqu'au début des années 80, les arrangements se suffisaient à eux même, grâce à la virtuosité des Pépé Fély, Shora Mukoko et autres Samunga. Mais pour ne pas être
otages des caprices des guitaristes, Jossart a incorporé les Atalaku du Mbonda Odéon pour compléter la ligne mélodique de son groupe amputé de la guitare de Pepe Fély et de la rythmique de Teddy
Sukami. Mais Voilà, zaiko était le modèle que tous ont copié sans discernement.


La rumba congolaise est à la croisée des chemins. On peut manier la critique artistique et musicale , mais on ne puet commander la créativité musicale, d'autant qu'elle dépend en partie de
l'accueil du public. Que vaudrait la plus belle musique si elle ne nourrit pas son créateur?


Koffi a tenté d'imposer son style tchatcho pendant dees années, sans succès. C'est lorsqu'il s'est inscrit dans le style Zaiko en incorporant Beniko Popolipo, des atalaku et tout le tralala que
certains puristes rejettent, qu'il a enfin rencontré le succès.
Aujourd'hui le concept Kekele imaginé par Syllart a permis à la rumba de reprendre de renouer avec les cuivres et l'acoustique comme aux origines de la Rumba, encore faut-il que le groupe qui a
ses lettres de noblesse à l'international, réponde aux goûts des congolai et çà, on en est encore loin.


Pour terminer et pour rassurer notre mbokatier Bolanga, je ne crois pas que les mabanga et animations font du mal à notre rumba, bien au contraire. En effet sans ces animations et autres mabanga,
la musique congolaise se limiterait aux bords du fleuve Congo. Plutôt que de condamner nos artistes, on doit les accompagner, les aider à s'améliorer par des critiques sincères.

BOLENGA Luc 01/05/2012 19:23


Je sui surpris des interventions de PULULU joseph sur ce blob. A le lire, il est partisan du moindre effort de nos musiciens, dans la mesure où il est d'accord pour les "Mabanga", il est d'accord
pour l'absence des cuivres, Ors ces deux points sont aujourd'hui  les positions regressantes de notre musique, qui se base sur un tintamare des guitares et des Atalaks, sans aucune partition
de valeur. C'est quand même désolant pour un producteur radiophonique, quik eest sensé connaître de la bonne musique, ou simplement savoir jugé si notre musique évolue ou regresse. Cette période
qui n'a plus d'éqauivalent de l'African Jazz? de l'OK Jazz, de l'African Fiesta, de Cobantou, de Maquisards, de Sosoliso, de Negro Band, de Cercul jazz, de Mando Negro, etc. est la période
difficile de notre musique avec les genres fantaisistes, utiles pour les Ados. Nos musiciens doivent absolument aller à l'école des cuivresz tout azimut et à l'absence des "Mabangas" destructives
de la musique congolaise.

Joseph Pululu 01/05/2012 13:47


Ngenge ya ba soliste!


C'est ainsi que l'on pourrait expliquer la lente disparition des sections cuivres dans les orchestres congolais, alors qu'à l'origine, influencées par la mode Jazz, on dansait sur les "solos" de
sax et trompettes. La preuve se trouve dans les premiers tubes de l'OK Jazz où Franco repetait avec sa guitare les créations Sax d'Essous. Cela va continuer juszqu'au début des années 60, où
grâce à des virtuoses comme Nico, les guitares vont petit à petit prendre de l'ascendant dans lk'ecole fiesta, alors que du côté Odemba, on fait danser en alternant le solo de Franco et le sax de
Verckys par exemple.
La rupture que l'on situe dans les années 70 est d'autant plus vrai que Pépé ,Fely que j'ai reçu dernièrement est conscient du rôle qu'il a joué avec ses riffs pour se passer de la section cuivre
- cela coutait d'ailleurs moins cher d'avoir des instruments amputés de la section cuivre- Mais il a de qui tenir: Petit fils de D'Oliveira, guitariste émérite, on se souvient que l'ensemble de
son repertoire- du grand père-ne comporta pas de cuivre, sauf celui réalisé avec bukasa et Wendo dans le trio BOWE. Déjà à cette époque, personne ne s'était offusqué de ne pas entendre du saxo ou
tromptette.


Aujourd'hui, dans l'organisation de nos orchestres, un trompettiste ou saxophoniste, aura du mal à s'exprimer dans le brouhaha des atatlaku et des guitares basses ou solos, sans espace pour
l'accompagnement.


Un mot sur Willy Mbembe, au sein de l'african Jazz, il était associé à un autre virtuose, Edo Clary Lutula que Clément Ossinonde a déjà évoqué sur ce blog. L'un étant trompptiste et l'autre
clarinetiste. A deux, ils ont créé les partitions immortelles de Indépendance cha cha que l'oin apprend encore à l'INA.

El Kwakyr 01/05/2012 10:43


Une surprise , je n'ai jamais entendu de ce musiscien.

Frank Theo 30/04/2012 19:46


Merci pour l'hommage rendu a un grand artiste que fut Willy Mbembe. Ma partition favorite par cet artiste est l'introduction jouee dans la chanson "Tuson" avec l'African Fiesta. Un vrai regal,
une demonstration d'un talent unique.

MWENZE 30/04/2012 12:16


Tout change et tout doit changer,certes,mais n'oublions jamais que les changements les plus souhaitée ont leur mélancolie;et nous y sommes.Ne nous voilons pas la face,nous assistons à la
régression de la musique congolaise.Il n'ya pas que les instruments à vent qui ont disparu,les chanteurs également:la musique congolaise n'a plus de chanteur à voix,de l'acabit de Grand
Kallé,Vicky Longomba,Tabu Ley,Lendo Rossignol,Franck Lassan,Edo NGanga,Kouka Celestin,Gérard Madiata,Mulamba Mujos,NTésa Dalienst,Pamelo,Josky Kiambukuta.Et puis on venait à la musique par
passion et non par oisiveté ni recherche de succès.En plus pour intégrer un orchestre,naguère le postulant (chanteur ou instrumentiste)passait une audition,sorte d' examen de passage et gage
de qualité,in fine,de la musique des années 50-60-70.Aujourd'hui,on trouve des chanteurs qui nasillent,qui s'époumonent,qui crient,qui émettent des borborygmes,qui ventriloquent,qui
sétranglent.Il en est même qui chantent faux et se trouvent être des stars.Quand aux instrumentistes,ils n'ont plus besoin de maîtres.Autodidactes,la connaissances de deux ou trois accords
fait de vous un musicien.Tout se passe dans les sébènes,il n'y a plus de ballades,de solos.Il n'y a plus de chanteur dans la musique congolaise,ni d''instrumentiste.Etonnez-vous qu'on ait jamais
remporté un seul "Grammy Award Music" américain,un seul "Victoire de la musique" ni même un Disque d'Or de la Sacem(le vrai,pas les disques d'or autoproclamés par des éditeurs ou des
producteurs).NOUS N'AVONS PLUS DE MUSIQUE AU(X)CONGO,C'EST DE L'ANIMATION.Que Papa Wemba,Koffi Olomidé,Nyoka Longo,bref,le Clan Zaïko,se réclament de Grand Kallé,Tabu Ley,Lutumba,Dr
Nico,Franco,comme ils aiment à le proclamer,c'est archi-faux!Car leur musique est née de la négation de celle dont ils se réclement héritiers.La musique du clan Zaïko,trouve sa source plutôt
dans les groupes d'animation M.P.R., et nos vedettes d'aujourd'hui ont pour père spirituel le chanteur-animateur-bourgmestre de la ville de Kinshasa des années 70,NDJOKU EYO
BABA.En vérité, ils sont plus proches de lui que de Grand Kallé ou Vicky Longomba.


MWENZE

John KIMIA 30/04/2012 09:34


Bonjour à tous je partage complètement l'avis de notre frère SIMBA NDAYE. De puis le déut des années 1970 les instruments à vent ont tendance à disparaître. Mais je ne crois pas comme le dit MUSA
MAYI qu'ils ont été remplacé par la virtuosité des guitaristes solistes. Avant les MANUAKU WAKU nous avons eu d'autres virtuoses comme NICO KASANDA, BOLHEN, LUAMBO, JOHNNY BOKELO pour ne pas
remonter aux TINO BAROSA et autres. Et leurs partitions s'accomodaient bien des partitions des instruments à vents. Je crois moi aussi que ce sont les animations vocales, les cris et autres qui
ont pris trop de places. Mais ce n'est que mon avis. Aux autres mbokatiers de donner le leur.

Musa May 30/04/2012 02:24


Cher Historien, merci de vos explications. Je n’ai pas connu ce Willy et, je dois le dire aussi, clarinettes, clairons, etc. je n’en connais pas
grand-chose. Tout ce que je connais c’est le son et la bonne mélodie. Ceci explique cela.


A propos de la disparition des saxophones, trompettes et autres clarinettes, etc. vous donnez un repère important, à mon avis : la naissance du clan Langa-Langa. Il faut remarquer que
l’une des particularités de cette école c’est l’usage à outrance, pourrait-on dire, des notes du haut du clavier, sol, la, si et do, assortie d’une basse bien nourrie et le tout à rythme
endiablé. C’est à mon sens ce qui a tué le cuivre dans la musique congolaise. A ce propos, j’avais suivi une interview de Pepe Kalle vers 73, au cours de laquelle le journaliste avait fait
remarquer que le saxophone avait disparu de leurs chansons. Et Pepe Kallé de répondre : « nous avons décidé d’abandonner le saxophone pour donner la vedette à la guitare. »Et effectivement, c’est
à cette époque que, sous l’effet Manuaku Waku, l’on voit naitre une classe de solistes qui relèguent les Mavatiku et autres au second plan. Mais je crois aussi qu’avec le temps, ces instruments à
vent devenaient de plus en plus hors mode et lassaient un peu. Il fallait un autre son pour changer de pas car, il ne faut pas l’oublier, la stagnation est le début de la décadence. Tout change !
Et tout doit changer.

OSSINONDE 29/04/2012 22:41


Mon cher SIMBA NDAYE, comme on peu le constater, ta remarque est pertinente. Effectivement, les cuivres meurent progressivement avec la
disparition de tous ceux qui ont fait les beaux jours de notre musique à l'époque des grands orchestres .


Curieusement, c'est la diaspora qui montre l'exemple, avec des groupes animés par les anciens des orchestres des années 60 à 80, comme Rumba ya
Dino, Odemba de Mandjeku, KEKELE, etc. sur place à Brazza et à Kin, on peut encore compter sur Bna OK, Bantous de la capitale, Africambiance, autrement la tendance tire vers le bas, et c'est bien
regrettable.  La question mérite une reflexion

Simba Ndaye 29/04/2012 19:05


Au delà de cet excellent article commis, comme il est de coutume par notre cher Clément Ossinondé, il convient, à mon avis, de nous interroger sur la disparition progressive de
la section cuivre dans la musique congolaise moderne. C'est un fait indéniable. Et je crois pouvoir situer cette disparition de la fin des années 60 et le début de la décennie suivante, avec
l'éclosion du clan Langa-Langa et de tous les ensembles satellites. Je ne connais pas personnellement la motivation de cette mutation. Je constate simplement que ces orchestres
ont cru devoir combler, par les animations vocales, l'espace traditionnellement réservé aux saxophones, trompettes, trombones, clarinettes et autres flûtes. Bien-sûr, certains irréductibles l'ont
heureusement refusé comme l'OK Jazz, l'Afriza, Vévé, le clan Bella-Bella etc... Mais comme l'écrit Historien, les goûts et les couleurs ne se discutent pas et sans doute doit-on
vivre avec son temps. Toutefois, j'observe pour ma part,  un relatif appauvrissement de la ''densité'' rythmique des chansons à partir des ces années là. Aujourd'hui, sans doute mûs par
cette nostalgie, certains arrangeurs pensent devoir remplacer la section cuivre dans les enregistrements par des partitions sur ordinateurs. A mon avis, c'est toujours limite parce qu'à la copie,
on préférera toujours l'original. Autre conséquence, les Willy Mbembe, Nzenze, Max Clari, Jean-Serge Essous, Nino Malapet ou Empopo Loway, tous ces virtuoses
n'ont pas été remplacés. J'en veux pour preuve la récente et volumineuse compilation sur Mbokamosika où tous ces talents du cuivre avaient été soigneusement recencés et salués comme
d'authentiques artistes. Mais peut-être que les piliers du clan Langa-Langa qui sont encore heureusement parmi nous ou tout autre mbokatier pourraient-ils éclairer ma lanterne? Simba
Ndaye.

historien 29/04/2012 11:39


AYANT UN  PROBLEME AVEC MON CLAVIER,J'ALLAIS DIRE :J'AVAIS12 ANS

historien 29/04/2012 06:44


A MONSIEUR MUSA MAYi                                                  
                                           LE GOUT ET LES COULEURS NE SE DISCUTENT
PAS.ON  NE PEUT PAS  COMPARER PAPA WILLY MBEMBE A EMPOMPO LOWAY PARCE QUE BIEN QUE TOUS LES DEUX FAISAIENT PARTIE DE LA SECTION CUIVRE DE L'AFRISA ,LE PREMIER CITÉ  ETAIT
TROMPETTISTE.TANDISQUE LE SECOND ETAIT SAXOPHONISTE ET CLARINETISTE.PAPA WILLY A JOUÉ AVEC  DEUX GÉNIES DE NOTRE MUSIQUE'LE GRAND KALLÉ ET TABOU LEYEMPOMPO A JOUÉ DANS NEGRO SUCCES ET A
REJOINT SON VIEUX  D'UNE QUINZAINE D'ANNÉES PLUS TARD DANS L'AFRISA.TOUS LES DEUX HABITAIENT LA MEME RUE,BOSOBOLO A KASA VUBU.EMPOMPO ETAIT SON ELEVE MAIS PARFOIS   CE DERNIER PEUT LE
DEPASSER.J'AVAIS ANS QUAND IL ETAIT MORTJE REVOIES ENCORE DEYESSE EMPOMPO PLEURER CE DERNIER COMME VIEUX YA QUARTIER ET COMME MODELE DANS LA SECTION CUIVRE DE L'AFRISA OU VIEUX  BIOLO ET LE
VIEUX NZENZE ONT SU  COMBLER LE VIDE.BON DIMANCHE A TOUS LES MBOKATIERS.

Musa May 29/04/2012 04:28


A entendre cette partition, il n' ya aucun doute que ce monsieur fut un très trompetiste. Mais dire qu'il était le plus grand est discutable. A mon humble avis, Empompo Loway reste au
top. Mais cela aussi est discutable.


 

BATELA KA 28/04/2012 22:05


Se rememorer des grands talents de notre musique, une chose absolument sublime, Merci MESSAGER, pour l'intérêt que vous accorder au travail de mémoire de notre musique. A écouter ces
vieilles chansons, on est en droit de dire que notre musique a vraiment regressé. Jamais dans nos groupes actuels, vous pouvez encore entendre des chansons aussi significatives et avec des
partitions instrumentales très avance dans le temps où a vécu l'African Jazz.


 

Messager 28/04/2012 19:29


Jo Maly,


Le choix de chansons accompagnant l'article de notre cher aîné Clément Ossinonde a été arrèté par votre serviteur. Nous le faisons souvent , en tenant compte du contenu.


Conformément à votre souhait, nous venons d'ajouter Mulungia sur la liste des oeuvres dans lesquelles la trompette de Willy pèse de tout son poids.


 


Messager

jo maly 28/04/2012 18:19


Bonjour les mbokatiers,


Merci à Clément Ossinonde d'avoir rendu hommage à Willy Mbembe. J'ai entendu parler de lui alors que j'avais 8 ans, par un de nos "grand-frères" du quartier, un voisin, qui était fan de l'African
Fiesta, créé par des ex de l'African Jazz.


Il nous parlait, en 1963, de ce nouvel orchestre fondé pnotamment par Rochereau, Roger Izeidi, Mwena, Willy Mbembe, etc... Il assistait à certains concerts et ne tarissait pas d'éloges pour les
prouesses de Willy Mbembe avec sa trompette. 


J'ai repris un peu le flambeau de ce "grand-frère", en m'intéressant depuis quelques années à l'African Fiesta, en plus de l'African Jazz, bien sûr.


En écoutant les morceaux de cet ensemble, dont j'achète tous les disques que je peux trouver (les compils ne manquent pas), j'ai pu apprécier le réel talent de ce trompéttiste hors norme pour
cette époque au Congo.


J'abonde à la liste musicale de Clément Ossinondé, en ajoutant la chanson MULUNGIA, d'African Jazz (CD de SONODISC "GRAND KALLE ET L'AFRICAN JAZZ.SUCCES DES ANNEES 50/60 Vol I"). Le solo
trompette de Willy Mbembe est tout simplement sublime! Les accents de jazz rappellent l'immense Louis Armstrong.


Ecoutez absolument cette chanson (que je ne peux, hélas, pas diffuser pour l'instant sur le site). Vous m'en direz des nouvelles sur cet artiste trop tôt disparu !


A bientôt


Jo Maly


 

Messager 28/04/2012 16:46


Pour abonder dans le sens de Mwenze j'ajouterais que le rythme de l'African-jazz reposait sur deux solistes: Nico à la guitare et Willy à la tromptte; et un guitariste rythmique incomparable:
Déchaud.


Messager

historien 28/04/2012 16:39


a mr clément osinonde.  bel article sur cet trompetiste que j'AI admiré lors de la soirée de la zairoise et qui connut la mort ala meme année dans 1accident d'auto.j'avais 12ans au moment de
sa mort.residant de dendale ,aujourdh'ui kasavubu comme moi.je souviens encore de cette journée.je me rendais a l'école christ roi unn bon matin de 1972.on voit un attroupement des gens sur le
croisement shaba bosobolo.on pose des questions sur l'identité du defunt.on nous fit savoir que c'etait papa willy mbembe le musicien de l'afrisa.2ans auparavant javais assisté a l'exposition du
corps de bavon marie marie ,croisement assossa gemena.1seule ruesepare bosobolo et gemena.c'est la 1ere fois que je voyais tous les grands de la musique grace ala mort de papa willy.merci 1 fois
de plus a mr clement de m'avoir fait revisiter mon passé

MWENZE 28/04/2012 15:42


En effet,Willy demeure à ce jour le plus grand trompettiste de la musique congolaise et l'unique soliste de sa discipline.Un virtuose que personne n'a égalé dans son art et pour qui la recherche
du son fut tout aussi capitale que la partition.