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Publié par Messager

TRAHISON DE LUTUMBA SIMARO CHANTÉ PAR PEPE KALLE

La trahison se définit comme une action de trahir en livrant ou en abandonnant une personne, une collectivité. C’est aussi  l’action de trahir en trompant la confiance de quelqu'un, en manquant à la foi donnée à quelqu'un, à la solidarité envers quelqu'un ou le résultat de cette action.

 

Ceci dit, je reviens en charge dans ce répertoire très riche de Simaro pour commenter la chanson Trahison, une de ses compositions interprétée par le défunt Pépé Kallé. Dans cette œuvre, il développe une fois de plus le thème de Mabele ou la terre. Mabele (la terre) est un thème cher à Simaro. C’est ce que j’aime appeler le mythe personnel de Lutumba. Dans la chanson Mabele interprétée par Sam Mangwana dans le TP OK Jazz, Lutumba disait : "Towuti na Mabele tokozonga na mabele". Ici allusion est faite à la version biblique qui dit : "Tu es poussière et tu retourneras à la poussière". La terre qui a servi à notre création, qui nous fait vivre, sur laquelle nous marchons avec fierté est comme une forêt qui cache plusieurs de nos secrets et qui finira par nous avaler au terme de notre voyage ou vie. Elle nous recevra en son sein. (Mabele yango nde ekoyamba biso)

D’entrée de jeu, le poète  nous faire remarquer que venu en tourisme sur cette terre des hommes, il a constaté beaucoup de faits troublants  qu’il veut nous révéler à travers  la chanson. C’est son mode d’expression.

 

Mokili nga naye nakuti makambo, lelo nakoyemba

Mokili nga naya namoni makambo, yango nakoyemba.

 

En psychologie ne dit-on pas que dans le ventre de sa mère, le bébé se trouve au paradis. Une fois venu dans ce monde de misères, un bébé normal doit pleurer ou crier parce qu’il passe du paradis à l’enfer qu’est notre monde. A défaut de pleurer ou crier, le nouveau-né est considéré comme anormal et la sage-femme ou le médecin doit vite se mettre au travail pour le rendre normal. De même, Lutumba arrivé dans un monde confronté par une multitude des problèmes ne peut pas se taire. Sa façon de crier ou de pleurer est la chanson. C’est à travers elle qu’l veut communiquer à ses semblables tout ce qu’il trouve anormal dans ce monde. Rappelons que la chanson tout comme la danse est un mode de communication dans la coutume africaine. Le rythme, la façon de chanter tout comme de danser transmet un message spécial qui peut exprimer la joie, la détresse ou la mort. La suite du texte nous dira ce que Lutumba a vu dans ce monde.

 

Na nzela ya mokili toyaka mboka mboka, moto na moto na libongo na ye akokita. Tobotama na mokili moto na ngonga na ye, moto na chance na ye na elongi na ye. Toyaka na mokili tozali nde bapaya, mabele yango nde ekoyamba biso.

 

Simaro revient ici sur le manque d’égalité qu’il avait abordé dans la chanson affaire kitikwala.

 

Nous naissons tous différents dès par nos origines, nos chances, nos façons de faire, de réfléchir de penser et notre condition physique. Certaines personnes naissent avec une beauté exceptionnelle et d’autres non. Dieu nous ainsi créés. Il n’y a aucune égalité dans ce monde. Nous sommes égaux seulement devant la mort, devant les mêmes magasins ou les banques que nous fréquentons. Nous mourons tous sans exception, riches ou pauvres. Enterrés avec dignité ou brûlés vifs,  nous sommes sortis de la poussière et nous y retournerons  sans ambages. La même terre sur laquelle nous crachons cache notre saleté et accepte tous les cadavres quelque soit leur nombre ou rang social. Elle nous reçoit et nous réunis au cimetière sans aucune jalousie ou rivalité. (Mabele ekoboya ebembe te, bakokunda yo na mbanda se esika moko, na cimetière tokosalaka zwa te, bakokunda molongani pembeni ya mbanda).

 

Voilà autant des faits, des contrastes qui ont inspiré Simaro dans cette chanson.

Un autre fait étonnant et pas de moindre est que dans le mariage l’homme et la femme s’unissent pour le meilleur et pour le pire. C’est du moins  le serment qu’ils  prêtent devant les fidèles et le prêtre qui célèbre leur mariage. Par ce serment, ils déclarent que les deux sont devenus une seule chair. Que se passe-t-il donc lorsque l’un d’eux meurt? La force brutale de la mort vient briser cette union ou ce serment. Elle vient les diviser. L‘un est enterré pendant que l’autre reste inconsolable et il regarde impuissant disparaitre sa moitié. Il ne peut en aucune façon accepter d’être enterré à deux même s’il pleure à chaudes larmes. A moins d’être un certain Ndjoku Eyo Baba pour qui la maman du Maréchal, le guide clairvoyant, le timonier, le bâtisseur, l’unificateur et que sais-je encore ne pouvait pas mourir et être inhumée seule. Il fallait qu’on l’enterre avec elle. Ce serait une grande première qu’on aurait vécu ans ce monde.

Ce fait étonne le poète qui se demande où est le meilleur et où est le pire prononcé à l’Église devant les fidèles et les abbés Jacques et Mulumba. Où est le mariage saint  célébré à l’église en présence du prêtre? C’est ici qu’on trouve le sens exact du titre de la chanson. L’un a trahi l’autre ou l’a abandonné comme j’avais essayé de définir le mot trahison dans mon introduction.

 

Mokolo tokobanaka na ndako nzambe liboso kobenisa biso sango alobaka. Bobalani pour le meilleur et pour le pire, bosangisi nzoto bokomi moto moko. Kasi mokolo ya liwa nini tokomonaka. Menuisier asali sanduku se ya moto moko. Bakokunda moko, moko akotikala ata aleli lokola akufa, kasi akolinga te bakunda ye sanduku moko na molongani na ye.

Trahison abbé Jacques, wapi libala ya sango olobaka.

Trahison, bobalani pour le meilleur et pour le pire

Trahison abbé Mulumba où est le meilleur et où est le pire?

 

Cette trahison choque Lutumba. Il aurait bien  aimé poser au prêtre  la question sur le sens de cette union pour le meilleur et le pire, mais hélas, constate-il, personne ne peut  poser au prêtre une question après la prédication du jour. Tout le monde répond unanimement  "Amen" comme pour signifier qu’on a accepté la parole.

Il termine cette strophe par ce triple constat :

On meut comme on a vécu ou comme on est né

A chacun, son heure de mourir ou son tour

On est marié seulement lorsqu’on est  vivant. Quand on meurt, l’union est rompue.

Kasi na ndakoya nzambe bakotunaka mituna te, sima ya losambo misa esili tokobima se na liloba moko biso nioso : Amen. Guy Mayolase, liwa lokola na tango tokobotamaka. Mimi Lumbu, moto na moto na ngonga na ye. Koko Ngoma libala se na tango tozali na bomoi. Valenci ba veuves pe bazali na droit ya la vie.

 

Toutefois, Lutumba veut attirer notre attention sur ce que les veuves ont droit à la vie. Dieu nous recommande d’avoir toujours grand soin de soulager la veuve et l’orphelin. Pour ceux qui les accablent, la colère de Dieu est inévitable. Les croyants peuvent retrouver ce passage dans Exode 22 :22-23.

 

Eloko oyo bolingo eloko mabe, ekokomisa moto nde zoba. Ekotika biteni nioso ya nzoto, ekopona motema ekoniokolo yango. Ekomema yo banzela oyo oyebi te. Ekomema yo na ba frontières ya ba mboka oyo oyebi kombo te. Ekopepa yo loboko ekati ngambo, moleki nzela ye wana akei.

 

Lutumba s’en prend à l’amour qui ne s’attaquer qu’au cœur pour laisser toutes les autres parties du corps. Il trouble le cœur jusqu’au point où l’amant perd la tête. L’amour nous conduit jusqu’aux frontières des pays inconnus et dès qu’il traverse la frontière, il nous lève la main pour flotter son mouchoir en signe d’au revoir. Ne dit-on pas que là où il y a une femme, la distance ne compte pas. Un autre dicton d’ajouter l’amour n’a pas de frontières. Ceux qui l’ont expérimenté ont été trahis. Même Mbilia Bel qui avait chanté "Amour sans frontière"  en avait payé les frais.

 

Kolinga pasi, nalingaka baninga ba trahir ngai. Bolingo pasi, na libala bafuti ngai na infidélité.

Mbongo e e, nalingaka mbongo na vie na nga

Mbongo e e, nalukaka mbongo na vie na nga

Mbongo elakisi ngai infidélité

Lelo na poche ya Beverly, lobi na poche ya Teddy Kinsala, lobi kuna na poche ya Sam Mupezo, lobi kuna na poche ya Guy Mayolase.

 

De Bolingo pasi, na libala bafuti ngai na infidélité, l’auteur passe directement à nalingaka mbongo na vie na ngai, nalukaka mbongo na vie na ngai. Mbongo elakisi ngai infidélité. Il pourrait bien s’agir ici d’un parallélisme entre l’infidélité de la femme et celle de l’argent. L’infidélité de certaines femmes qui changent de copains à tout bout de champ, qui voltigent d’une fleur à une autre comme un papillon est comparable à celle de l’argent qui circule d’une poche à une autre. Pourquoi l’argent passe-t-il d’une poche à une autre? Que cherchent ces femmes qui passent d’une main à une autre? L’honneur, l’argent ou le plaisir? Je vous laisse le choix de répondre à ces deux questions.

 

Namema ye bar akoma kuna atikali,  apesi nga masanga po kozonga ndako. Tokende na zando tokoma kuna atikali, aluli ba comerçants po kozonga ndako. Mbongo infidèle.

Combien ont perdu leur argent ou leurs copines pour les avoir amené dans un débit de boisson ou dans des endroits publics. Ils ont dévoilé leur infidélité en s’accrochant à quelqu’un d’autre. (Namema ye na bar akomi kuna atikali, tokende na zando tokoma kuna atikali, aluli ba commerçants po kozonga ndako, mbongo infidèle).

Dokotolo apekisi ngai lelo masanga, likolo ya maladi. Dokotolo apekisi ngai lelo cigarette, bandeko oyo mibale natikali na bango. Baye naliaka na bango, tosala sekele, kaka bango lisusu ba trahir ngai. Ba familles na baninga oyo nasalisaka, soki nazangi bakondima ngai te. Bakanisi koyebana ezali nde mbongo. Koyebana ezali nde ngambo. Basangisi lokumu na ngai na mbongo. 

Déçu par l’amour et l’argent, le poète pensait trouver refuge auprès de la boisson et de la cigarette pour noyer ses soucis. Mais hélas, les deux nuisent à sa santé à tel point que le médecin les  lui en a privé. Il est de nouveau trahi et devient inconsolable parce qu’il se méfie même des membres de sa familles et de tous les amis  qu’il a toujours aidés. Même s’il leur déclare qu’il n’a pas d’argent, ils ne lui ont jamais fait confiance. Ils ont la conviction qu’une vedette de sa renommée ne peut rien manquer. Tout le monde l’a donc trahi et il est abandonné à son triste sort. Voilà le sens même du titre de cette chanson.

J’aimerais terminer par vous dire que l’exercice auquel je me suis prêté n’est qu’une interprétation, une simple analyse de la chanson. Il est loin d’être une vérité biblique. Je reste très ouvert aux commentaires des autres pour enrichir ce texte.  Un proverbe africain nous dit qu’un seul doigt ne lave pas la figure. Nous avons des têtes bien faites à Mbokamosika et j’ai confiance à vos pleines capacités.

Votre serviteur

Zéphyrin Kirika Nkumu Assana


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Nkimi Ombali 24/04/2011 09:17



SANGO YA MAWA.


 


Tozali koyebisa na Bana Mboka banso liwa ya Docteur IZIA FREDDY, ye azalaki bongo professeur na Faculté ya Médecine na Unaza, mpo na mua ba précisions ye azali mwana ya commune ya Ngiri-ngiri na
Kinshasa, azali promotion moko na Ecomoraph na ba vieux Rochereau, New-man  Massamba etc...


Dr Izia azali originaire ya Province ya Bandundu sous-région ya Mai-Ndombe, akufaki bongo mokolo ya samedi 23 avril 2011 na Bruxelles, nzoto na ye bakokunda yango na Congo-Kinshasa.


 


Mission Ombali