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Publié par Messager

Sévère remontrance de J.P. Buse aux musiciens Congolais: « C'est la médiocrité qui s'est installée avec les mabanga »

USA - 10.07.2011

JP-BUSE-mosali-na-nkoloInterviewé par Congo Vision le 17 mai 2011 à propos de décès des artistes musiciens Bimi Ombale et Debaba El Shabab, Frère J.B. Buse, ancien musicien de Zaïko Langa Langa, aujourd'hui chrétien reconverti et installé à Ontario au Canada, a saisi l'occasion pour interpeller les musiciens congolais sur le phénomène « Mabanga ». Ce phénomène consiste, pour les musiciens, de nommer, chanter, ou citer des noms ou des sobriquets de certains individus dans leurs chansons. Dans une remontrance très sévère, J.P. Buse croit que ce phénomène dégrade artistiquement la musique congolaise. A la question de savoir ce qu'il pensait du phénomène « Mabanga », il nous a fait savoir sa déception sur la direction que prend la musique Congolaise. Voici quelques extraits de ses commentaires à ce propos :

J.P. Buse : « Les mabanga dégradent l'aspect artistique de la chanson. Ce qui est aberrant, c'est que même les musiciens chrétiens le font aussi. »

« On ne sait plus écouter une chanson du début jusqu'à la fin, on ne fait plus qu'écouter des noms. »

« La nouvelle génération a su maîtriser le son ; quand on écoute les CDs de nos jeunes ; les musiciens du clan Wenge et consort, ils font de la bonne musique et du bon son mais ils détruisent tout en mettant beaucoup de noms là-dessus. »

« Si on enlève ces noms-là, la musique en soi est propre mais le fond, le contenu, il n'y a plus grand chose. Ils font de la musique rien que pour mettre des noms des gens et d'animation, c'est tout. »

« Les mabanga, c'est comme si tu construisais une belle maison et tu mets de la boue un peu partout au lieu de mettre une bonne peinture. Ca devient comme une maison qui est abandonnée. »

« Quand on écoute la musique populaire ou la musique chrétienne actuelle, c'est pareil ; il y a trop de bruit, trop de noms inutiles. »

« J'ai sorti un album chrétien et je n'ai cité aucun nom. Je condamne les mabanga. »

« C'est la médiocrité qui s'est installée avec les mabanga. »

« On fait du n'importe quoi juste pour se faire remarquer. »

« Ils essaient de collecter plus de noms pour faire le plus d'argent ; ils ne se soucient même plus de la qualité ou de la vente de la chanson. L'essentiel est de faire un disque qui contient de milliers de noms pour faire fortune. »

« C'est triste de constater que même les vieux qui devraient donner l'exemple font comme les jeunes ; c'est de la médiocrité. »

Pour écouter l'interview dans son entièreté, cliquer sur ce lien.

10 juin 2011

© Congo Vision

 

Ce  document  a été envoyé par Kaïs Kaïsala Mangubu depuis le Canada

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Joseph Pululu 11/07/2011 17:49



Les égéries et muses du Clan Langa Langa ont pleuré Mbuta Mashakado.


 


Leurs prénoms, surnoms et quelque fois, leurs patronymes sont passés à la postérité, à travers les tubes de Zaiko. Elles, qui ont inspiré aux
Jossart, Jules Presley, Antho, Gina wa Gina ou Yaya Brown leurs tube et disques d’or, restent d’illustres inconnues pour le grand public en général et même pour les fans de Zaiko en particulier.
A moins d’avoir fait partie du premier cercle des Langa Langa, très peu de chroniqueurs et spécialistes de la musique congolaise sont en mesure de mettre un visage sur ces prénoms
enchantées.


 


Elles ont joué un rôle essentiel autant dans le succès des artistes que du Groupe zaiko Langa langa. Leurs caprices, sautes d’humeur et scènes
de jalousies ont donné lieu à des morceaux d’anthologie. Moziki, poison ou Mosinzo, elles sont encore là, 40 ans après à se reclamer de Zaiko, contrairement aux Manzoli Nzonzo de Thu
Zahina.


 


En effet, derrière les titres comme Charlotte adieu n’Atthénée, Francine Keller, Pauline, Marie Rose Bibi, MT ya Mbuli, Célé Célestina, Djenny
ou Beli Mashakado, se cachaient des jeunes filles, aujourd’hui Mère et grand-mère, dont la beauté et l’amour ont inspiré les enfants terribles de Zaiko.


 


Illustres anonymes, elles ont pourtant payé le prix fort pour Zaiko : elles ne sont pas allés au bout de leurs études pour les unes, elles
ont connu le cachot et les privations de sortie, et certaines se sont retrouvées mères trop et sans même s’en rendre compte ; tout cela pour l’amour de Zaiko.


 


Sans visages pour le grand public, puisqu’à part Marie Rose, copine des premières heures, puis épouse de Jules Shungu, Mme Papa Wemba a été payé
de sa passion et de son amour. Mais les autres… très peu de ces relations d’ados, même si des enfants en sont nés, sont allés jusqu’au mariage ou perdurées. Certaines ruptures ont été
dramatiques, d’autres moins douloureuses, en tout cas, c’est sur ces déceptions que vont se construire les textes et mélodies d’une génération, celle de Zaiko.



En tout cas ce mardi 5 juillet, et comme, j’imagine, il y a un peu plus d’un mois plus tôt lors des funérailles de Bimi, les égéries de Zaiko
sont sorties de leurs retraites, pour meler leurs voix dans la douleur de la mort de Mbuta Mashakado. Groupies de la première heure, elles qui ont entraîné dans leur sillage le public des jeunes
qui ne juraient que par Zaiko à la Funa, Chez Haway ou à Ma Elika,


 


Je me souviens encore de cette soirée du 19 août 2009, où à l’invitation de Papy Tolas, les survivants de la grande époque de Zaiko, sans
Evoloko et Mavuela ; étaient réunis dans un restaurant de la Gombe et je faisais partie des privilégiés, conviés à cette rencontre. Cependant, personne n’avaient pensé à associer les Moziki
de Zaiko : ces copines d’artistes et fans de Zaiko, dont le dévouement n’est pas pour rien, dans les premiers succès de ce groupe phare des années 70. »




J’ai rencontré Francine Keller, l’une des muses d’Evoloko.


 


Habillées comme leurs copains d’antan pour la circonstance, les Marie-Roses chantée par jules Shungu, MT ya Mbuli ( ?) immortalisée par
Jossart, Philo Belito, sacralisée par Dieudonné Mbuta et autres Selika célébrée par Siméon Mavuela, les unes faisant la queue pour déposer leurs gerbes de fleurs, d’autres déjà sur la piste,
encourageaient, comme aux premiers ,instants de Zaiko, les Jossart, Siméon, Jules, Gina et Pépé Fély, à retrouver la « kikadance ».


 


J’ai rencontré Francine Keller


 


Maquillées au strict minimum, ces mamans – filles de Zaiko, avaient encore fière allure. On devinait facilement derrière les ravages du temps et
de l’ambi, les beautés d’hier qui ont fait tourner la tête et fait craquer les Jossart, Jules Shungu, Siméon Mavuela, Antho Evoloko, Gina Efonge, Bozi, Bimi Ombale ou Mbuta Mashakado, ont envahi
l’espace de danses devant le podium.


 


Parmi elles, une dame, une « tantine bien de chez nous » à qui je donnai presque mon âge, dansait les yeux presque fermés. Je n’avais
d’yeux que pour elle : une « quinqua », avant même de savoir qui elle était. J’étais littéralement fasciné par cette dame et ses pas de danse. Je me disais qu’adolescente , elle ne
dvrait pas laisser les garçons indifférents.


Je ne m’atais pas trompé, puisqu’elle se révèlera être Francine Keller. Celle là même qui a inspiré à un jeune timide encore illustre inconnu,
fou amoureux peut être, ses premières mélodies et son texte : Francine keller. Une chanson qui semble avoir porté chance à un grand timide, puisque ce sera le premier d’une série de tube
signé par Antho Bitumba, mais surtout, son premier tube gravé sur 45 T., le standard de l’époque. Antho pleure littéralement dans ce morceau et il n’arrêtera pas de pleurer dans les
suivants :


 


 




Joseph Pululu 11/07/2011 17:44



Cette chanson, Francine Keller reste en tout cas, la référence en matière de combinaison de voix en Levole. L’une des meilleures interprétations
de l’attaque chant originel de zaiko : Ici les ténors d’Antho et Jules jonglent avec la première voix nasillarde de Jossart et la deuxième voix lourde de Siméon, pour un titre
inoubliable, exécutée dans le plus pure style Los Nickelos.


 


Joseph Pululu_Muan'a Mangembo


(désolé pour les images, je vais essayer d'en mettre bientôt)