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Publié par Messager

Voici un récit authentique, fait par un européen ayant vécu au Congo durant la colonisation, pour rafraîchir la mémoire des MINDELE  NDOMBE.
   

RACISME et COLONIALISME

Faits vécus en Afrique Tropicale (1955 – 1966)

 

1.      Le taxi : le 2 juillet 1955, l’avion atterrissait à l’aérodrome de Léopoldville, au Congo belge, Ainsi commençait pour moi une expérience africaine de 11 années. A peine sorti de l’aérodrome, cherchant un taxi, 2 européens s’avancent vers moi, me congratulent et proposent de me conduire à l’hôtel situé à quelques kilomètres de là. Je n’ai pas eu le temps d’exprimer ma gratitude que la voiture avait démarré. J’ai eu droit pendant le parcours à des conseils sensés me prémunir contre les dangers que présentaient le contact (à éviter) avec les noirs. Ce fut un véritable endoctrinement me mettant en garde contre les congolais.

Ils étaient sales, menteurs et voleurs, c’était la raison pour laquelle ils avaient été parqués dans la cité indigène, curieusement dénommée : "Le Belge". Ils m’ont souhaité un bon séjour dans la Colonie et m’ont remis leurs adresses. Ainsi, à peine arrivé, j’étais sensé être averti des erreurs que je pouvais commettre en essayant d’être simplement humain !

2.      Le bureau de Poste : une de mes premières préoccupations était de rassurer ma famille

et je m’étais rendu à la poste proche de l’hôtel. A peine entré, je me trouve devant une file de congolais. Je me mets à la suite en constatant l’effroi que je provoquais. C’est alors qu’un vieil homme me demanda de me rendre au guichet avant tout le monde ! Stupéfait, je lui en demande la raison et il m’a répondu : si le policier (un congolais comme eux) qui est dehors, voit que nous ne vous avons pas laissé passer, ils nous frappera tous avec sa "chicotte" !!

Aucun écriteau, comme c’était le cas en Afrique du Sud, n’imposait une telle mesure, mais les instructions du policier étaient formelles, il appliquait les ordres reçus comme un ‘ Kapo ‘ !

Peu de temps après, j’avais décidé de franchir le fleuve et de me rendre à Brazzaville. La traversée durait à peine une ½ heure et mon premier soin fut d’envoyer une lettre.

Je me retrouve devant une file d’indigènes, je prends la queue et je vois arriver un européen

qui se rend directement au guichet déjà occupé par un client. Sans s’en préoccuper le moins du monde, il l’écarte et tend ses lettres au préposé. Le client, sans ce fâcher, lui dit dans un français impeccable : Monsieur, vous n’êtes pas à Léopoldville ici, je suis citoyen de ce pays, faites la file, je vous en prie ! Interloqué, l’intéressé est sorti penaud, sans dire un mot.

N’en déduisez surtout pas que la colonisation française fut idyllique, loin s’en faut.

Aucune colonisation ne fut bonne, certaines moins mauvaises que d’autres, mais il en fut d’exécrables, comme en Afrique du Sud et les victimes des colonisations sont incalculables.

3.      La Cie d’Assurances : pour régler un litige, je m’étais rendu chez mon assureur. Une salle rectangulaire, meublée d’une dizaine de tables où travaillaient des congolais devant leurs machines à écrire. A l’entrée, un comptoir isolait les clients. Au fond de la salle placé sur une estrade, trônait un bureau, pour l’heure inoccupé, Mon ami congolais souriant se dirigea vers moi. En lui tendant la main, j’avais saisi l’étonnement des autres africains, peu habitués à ce geste si simple, si évident pour moi. Ensuite il se remit au travail. Sur ces entrefaites un européen était entré : il a jeté un regard circulaire et ne voyant pas le blanc, il a dit :

Il n’y a personne ici ? Lorsqu’il fut parti, mon ami m’a confié qu’il aurait préféré recevoir des coups plutôt que d’entendre cela. Cette forme de racisme est sans doute la plus odieuse.

 4. Le régime de bananes : il était passé deux fois devant notre maison, en faisant attention à ne pas se faire remarquer. Peu de congolais traversaient la cité européenne. Voyant nos enfants jouer dans le jardin, il s’était décidé à entrer et a fait comprendre à mon épouse que son enfant avait la fièvre et lui avait demandé une aspirine car l’infirmier n’en avait plus. Ma femme lui en avait donné une tablette. Une semaine plus tard, il nous a apporté un grand régime de bananes, avec lequel il aurait pu nourrir sa famille toute une semaine ! C’était surtout le geste, si rare à cette époque, que cet homme avait voulu récompenser. Et pour lui, ces quelques cachets n’avaient pas de prix.

 5. La boite d’allumettes : un épisode des Camps me revient souvent en mémoire. C’était vers

la fin de la Guerre, Nous essayons par tous les moyens de survivre et de rester encore des

êtres humains. Nous ne possédions plus rien, le moindre objet trouvé lors des fouilles incessantes était susceptible de nous valoir une punition variable selon l’humeur des gardiens. J’avais trouvé une boîte d’allumettes vide, qui était toute ma richesse ! J’étais parvenu à la dissimuler et à la conserver jusqu’à notre libération. Un jour, à Léopoldville, en me rendant à mon travail, je n’avais pu éviter une flaque boueuse comme il s’en formait après chaque pluie. A l’époque coloniale, certains européens prenaient un malin plaisir à diriger leur véhicule dans les ornières afin d’arroser copieusement les congolais qui passaient, à pied au bord de la route ! J’avais freiné et j’étais revenu vers ce vieil homme qui me faisait pitié.

Il tremblait de peur d’être, en plus insulté par le blanc. Je lui tendis la main pour le rassurer.

Il a cru que je voulais lui prendre ce qu’il avait dans la main et l’ouvrit !

C’était une boîte d’allumettes vide ! Et tout me revint à l’esprit. Mon propre calvaire et le sien. Je parvins à le faire monter en voiture et je l’ai emmené chez moi où ma femme lui a préparé un repas convenable après lui avoir remis quelques vêtements. Chacun de nos gestes envers lui fut accompli dans le souvenir des Camps. Il n’en croyait pas ses yeux et me fit comprendre que c’était le premier blanc qui s’était montré humain envers lui. Jamais je ne l’oublierais. Que cette dernière image de l’Afrique reste gravée dans vos cœurs !

En guise d’esquisse de conclusion :

La solution de facilité serait de condamner le fait colonial dans son ensemble, sans en dégager les

réalisations soi-disant positives telles que les infrastructures portuaire, routière et ferroviaire, le domaine de la santé etc..

Mais le but primordial de la colonisation a toujours été l’augmentation des profits de son économie coloniale.

Le caractère disparate de la scolarité reflétait la conception de chaque Etat colonisateur.

Limité à l’enseignement primaire dans sa majorité, l’éducation ne devait être utile qu’à la formation de personnel subalterne, en aucun cas de postes à responsabilités, capables le jour venu de prendre en mains leur propre avenir.

Le refus du respect de la dignité de l’africain, du partage des responsabilités et l’évolution bien trop lente vers la modernité ne pouvaient conduire que vers l’affrontement.

La vraie question, au-delà des polémiques et qui concerne toutes les colonisations est de se demander ce qui aurait pu être fait (voir Ecole et Démocratie) et qui peut être fait aujourd’hui.

L’Afrique n’a que faire de regrets aussi tardifs (quand ils veulent bien s’exprimer !).

Elle préférerait des actes et une nouvelle approche de la coopération EURO – AFRICAINE, notamment en rendant aux villages le bonheur d’y vivre, afin de vider les bidonvilles et de les équiper tous d’un puits et de panneaux solaires destinés au Téléviseur commun.

     

Intervention de Mme SPIRLET suivi de quelques réflexions sur des faits vécus en Afrique coloniale

 

1.  Le verre d’eau (témoignage de Mme SPIRLET) : je venais à peine d’emménager dans la cité européenne et j’arrosais mon jardin lorsqu’un congolais effrayé par son audace me fit signe qu’il souhaitait boire un peu d’eau à l’extrémité du tuyau. Je suis allé lui chercher un verre d’eau fraîche, qu’il s’est empressé de boire en se confondant en remerciements. A peine parti, la voisine de la villa d’en face arrive furibonde, en me demandant si je n’étais pas devenue folle. On voit bien que vous venez à peine d’arriver, vous ne les connaissez pas. En lui montrant l’Eglise non loin de là, je lui ai demandé ce qu’on lui enseignait à cet endroit ?

Elle ne su que répondre. J’ai eu le temps de lui rappeler que tous les hommes étaient frères !

2.  La boulangerie (témoignage de Mme SPIRLET) : nous venions d’arriver à Bukavu, dans la province du Kivu où mon mari venait d’être muté. Je m’étais rendu à la boulangerie. Les blancs y entraient par la porte principale et recevaient leur pain soigneusement enveloppé. Ils n’hésitaient pas à payer avec une grosse coupure et c’est avec un large sourire qu’on leur remettait la monnaie ! En sortant, j’avise une longue file de congolais, dans une ruelle boueuse, à côté de la boulangerie. Un policier noir, armé d’une chicotte (matraque) faisait avancer les noirs, sans ménagement, devant un trou pratiqué dans le mur de la boulangerie. Chacun devait présenter la monnaie exacte et on lui lançait le pain à travers l’orifice. Si la monnaie ou le pain tombait par terre, il fallait décamper en vitesse pour éviter les coups de chicotte. Le policier noir se comportait comme les Kapos des Camps de concentration, ce qui ravivait chez mon mari la douloureuse expérience des Camps et l’horreur du nazisme.

 

 Quelques aphorismes à méditer concernant les soi-disant aspects positifs de la colonisation :

 

1. COLONISATION est un euphémisme, car il s’agit bien d’une occupation coloniale de

       l’Afrique, souvent au prix d’une campagne militaire dont les victimes africaines

       restent à dénombrer.

2. Les ASPECTS POSITIFS (sic) de la colonisation ont été rendus nécessaires pour faciliter le vie des occupants blancs en réservant les établissements secondaires, en priorité aux blancs, à ce sujet, le jour de l’indépendance 7% des algériens avaient eu accès au secondaire !

Quant aux infrastructures, routes, transports ferroviaire et fluvial, administration remarquablement organisée (notamment au Congo belge où elle fut exemplaire) sa finalité était avant, tout de faciliter l’exploitation des immenses ressources du continent africain.

3.  Si l’enseignement primaire fut particulièrement développé, contrairement au secondaire, la raison en est simple : il permettait aux peuples colonisés de n’occuper que les emplois subalternes qui ne nécessitaient qu’un strict minimum de connaissances.

A titre d’exemple précis, valable pour toutes les autres colonies, le jour de l’indépendance du Congo belge (30.06.1960) il n’y avait que 17 universitaires congolais ! !

Et pour terminer, quelques sentences à méditer :

Vous trouvez que l’Education coûte cher, essayez donc l’ignorance.  A.LINCOLN.

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous mourrons ensemble comme des idiots. Martin LUTHER KING.

Enfin, une devise qui pourraient devenir celle de l’EUROPE mais aussi celle de l’AFRIQUE :

Frères, rapprochons-nous, oublions ce qui nous sépare, le seul bonheur durable est de se comprendre mutuellement pour s’aimer. INTELLIGENCE – AMOUR . H.BARBUSSE.

Et pour donner son véritable sens à ce vécu : L’essentiel n’est pas de dire des choses nouvelles, mais la vérité. GOETHE

 

 

François SPIRLET

Président de l’ A.D.M – Chevalier de l’Ordre du Mérite de la R.F.A

60 Boulevard DEGANNE

F 33120 Arcachon

FRANCE
Tél. : 05 56 54 81 67 / Courriel : fspirlet@free.fr
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Messager 19/12/2009 17:09


A part discours ya Lumumba, congolais moko abotolaka Roi Baudouin bâton na ye.Na cortège, aux côtés du président Kasa-Vubu.
Namoni ebongi mpe tozongela na geste ango. Quelle fut la signification de cet acte ? Que les historiens nous fixent sur l'identité de ce  congolais. On en parle rarement, pour ne pas gêner les
noko, bien sûr. Qu'en est-il advenu? Baboma ye too boni.?

Messager


MONGAMBO 19/12/2009 13:35


Il y a de ces choses qu'on oublie difficilement, colonisation au fait ezali MOYIBI pas plus, botala naino exemple ya HAITI premier pays NOIR ya kozua Lipanda et A Quel Prix, mpo na ngai le 30 juin
1960, Lumumba ebongaki kaka aloba discours wana, puisque ba Congolais nionso ezalaki AFFAIRE na bango, il a parle au nom de tous les Congolais, ata soki ngai personnellement nazalaka na place wana,
na moment wana, na epoque wana, na tangu wana, ndenge esprit ya ba congolais nionso ezalaki surchauffe, nalingaki kaka naloba discours wana voire meme plus.


Messager 19/12/2009 12:26


Le devoir de mémoire. Des faits qui paraîssaient normaux à l'époque, laisser passer un européen avant les nègres, réserver une entrée aux européens. De l'apartheid pur . Que les jeunes lisent ces
confessions pour comprendre dans quelle ambiance leurs aïeux avaient vécu. Il revient aux jeunes de lire ces témoignages avant de s'interroger objectivement s'il fallait évoquer ou non ces
pratiques le jour de l'indépandance. A eux de juger.


Messager


Crispin-Régis Lukoki 19/12/2009 01:35


Il y a exactement un mois,j´étais avec des bons amis Belges,touristes dans l´hôtel où je travail comme musicien.Ils étaient deux couples et un des deux avait vécu au Congo à l´époque
coloniale,pendant que l´autre connaissait un la vie au Congo colonial selon ce qu´on lui racontait.Un soir après le travail,le couple qui n´a jamais été au Congo Belge essaye de me dire que d´après
les repatriés,les congolais ont été très ingrats envers eux après l´indépendance. Après l´avoir écoûté,je lui ai demandé de me qualifier le fait de punir un Mort avec 25 coups de fouet pour
n´avoir pas payé l´impôt,et cela devant sa famille.
Mon ami ne pouvait pas y croire.Il s´est rendu compte du comportement barbare de ses compatriotes durant l´époque de la colonisation.De notre part,il faut reconnaître qu´il y eu des congolais
qui ont simplement inciter la masse pour  satisfaire leur instinct criminel.Beaucoup des blancs croyaient,que cela allait durer eternellement et ils se sont trompés.La vengeance n´est jamais à
conseiller,mais nous devons savoir qu´il ya toujours un avant,et cet avant n´est pas à encourager non plus.
Crispin-Régis