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Publié par Messager

Comme dans tous les pays du monde, les personnalités ont droit a une protection tant lointaine que rapprochée. Notre pays n’échappe pas à cette règle. Le président de la république, premier citoyen et personnalité la plus importante de la nation est l’objet d’une protection accrue. Sa résidence est surveillée en permanence jour et nuit ; ses déplacements  à l’intérieur ou à l’extérieur du pays sont scrutés à l’avance, évalués, préparés méthodiquement par les services appropriés. Le parcours emprunté par son cortège est étudié avec minutie pour éviter que le chef ne tombe dans un guet apens. Avant qu’il ne sorte de son palais, le président de la république doit être certain que tout est en ordre, que toutes les précautions et les garanties nécessaires ont été prises. Car il n’est pas un homme comme les autres et de ce fait ne peut se déplacer comme le commun des mortels. Il se veut d’être protégé comme la prunelle des yeux. Ce qui hante le plus les services de sécurité, c’est le fait qu’ils ne peuvent sécurisé sa personne à 100 %, le risque zéro n’existant pas. Ils sont toujours hantés par l’idée d’un assassinat ou d’une tentative d’homicide sur sa personne. Dès lors, ils sont toujours sur leur garde, toujours en émoi et en proie à une éventuelle détonation qui partirait de la meute des gens sensés pourtant venir le voir passer ou l’écouter. Image du pays, il focalise sur lui seul tous les espoirs et toutes les frustrations de ses concitoyens, accumule toutes les rancœurs qui en retour suscitent en lui une certaine méfiance à l’égard de son propre peuple. Parvenu à la plus haute fonction de l’Etat, il ne s’est pas seulement fait des fanatiques ou des amis mais aussi et surtout des  ennemis invisibles et inconnus mais réels et potentiels, sans oublier des envieux aussi des jaloux de tout bord même dans sa propre cours. D’où cette nécessité de se sécuriser et de se protéger coûte que coûte. Le risque de se faire abattre est omniprésent dans la tête de tout chef d’Etat et de tous ceux qui de près ou de loin sont affectés à sa protection. Pour parer à toute éventualité, des mesures de sécurité strictes sont prises lorsque le chef sort de sa résidence. Sa garde rapprochée est aux aguets, évitant la moindre faille, prête à intervenir au cas où.  Pour un chef d’Etat, sortir, aller à la rencontre des gens inconnus, se présenter devant une foule de plusieurs milliers des gens  n’est pas une moindre affaire. Cela ne nécessite pas que du courage mais aussi une excellente protection personnelle rapprochée, une grande maîtrise de sa propre peur intérieure et une profonde confiance en soi. Le péril étant permanent où que l’on se trouve, le métier de chef d’Etat est sans nulle doute le plus dangereux et le plus risqué de tous les métiers du monde, mais aussi le plus convoité et le plus exigent. Pouvoir oblige.   

 

Sécurité de Kasa-vubu

Soldats en faction au Mont Stanley pour la protection du président Kasa-Vubu

 

Sous la première république, la sécurité présidentielle était assurée par l’Armée nationale  congolaise (ANC) qui détachait certains de ces éléments pour assurer et garantir la vie du chef de l’Etat. L’entrée de la présidence au Mont Stanley était gardée par quelques policiers militaires (PM) en faction. Ils  se tenaient devant leurs postes juste à côté de la petite barrière et étaient relevés le lendemain matin. Ils contrôlaient les entrées et les sorties des visiteurs du président Kasa-Vubu. D’autres se trouvaient aussi dans l’enceinte du palais présidentiel. Lors des parades ou des sorties officielles, le chef de l’Etat du Congo indépendant montait soit dans une limousine décapotable soit dans une jeep de l’armée. Pour ses déplacements privés par contre, il disposait d’une simple VW coccinelle non blindée. Les rares fois qu’il partait visiter son domaine agricole de Ndjili Brasserie, il n’y avait ni escorte ni véritable protection. Pour la circonstance, il était gardé par un seul PM armé en tout et pour tout que d’une simple carabine. Sa voiture était précédée d’un motard pour « déblayer » le parcours présidentiel. Arrivée à la vallée de la Ndjili et vite repérée par la population, la petite coccinelle de Kasa-Vubu se trouvait bloquer, la route étant envahie par les maraîchères qui momentanément avaient cesser de travailler dans leur potager pour voir le président de plus près, pour parler avec lui et pour pouvoir serrer sa main.  Quel honneur que celui de s’approcher du détenteur du pouvoir! Comme monsieur tout le monde, le président descendait de sa minuscule voiture, allait à la rencontre de ces femmes et enfants venus vers lui tout  en les saluant. Affable et détendu, il échangeait quelques mots avec eux avant de poursuivre sa route enfin dégagée sous les ovations et le cri de « Kasa, Kasa, Kasa ». Pendant ce bref entretien imprévu, le pauvre soldat qui faisait office de garde et le motard n’intervenaient pas. Avaient-ils reçu des consignes ? Comment pouvaient-ils contenir d’ailleurs cette foule en conversation avec le chef? Dans cette situation, un attentat sur la personne du président aurait été imparable. Il aurait été  facilité par l’absence d’un véritable parapluie sécuritaire. Kasa-Vubu mesurait-il lui-même les risques qu’il encourait en s’approchant si près du peuple sans grande précaution et sans bouclier?  Négligeait-il sciemment les principes élémentaires afférents à sa propre sécurité ? Ou évitait-il la présence d’hommes armés autour de lui. En tout cas, le soldat affecté à sa protection rapprochée n’était pas un garde du corps au sens strict du terme mais simplement un militaire sensé cautionner et garantir la protection du chef de l’Etat. Il l’accompagnait plus qu’il ne le protégeait. Mieux qu’un garde du corps, il était plus un surveillant ou un vigile. Il n’était à proprement parler pas un gorille. Existaient-ils seulement des gorilles à cette époque au Congo? S’ il en était ainsi avec le chef de l’Etat, comment les premiers ministres Lumumba, Ileo, Adoula, Tshombe ou Kimba étaient-ils protégés?  Pourtant, malgré l’amateurisme et les failles flagrants dans l’organisation de la sécurité présidentielle, personne n’avait attenté à la vie de Joseph Kasa-Vubu jusqu’à son éviction par l’armée à la fin de novembre 1965. Sa  protection personnelle était à l’image de l’ancien séminariste qu’il fut: simple, modeste, effacée, presqu’inexistante.

 

la garde de Mobutu

Mobutu encadré par sa garde prétorienne au stade du 20 Mai

 

Avec Mobutu, tout change. Comme qui dirait autre temps autres mœurs. Ne dit- on pas aussi protège toi et le ciel te protégera ? D’abord, le nouveau président fait construire une véritable muraille autour de l’édifice où désormais il habite, fait installer une grande grille à l’entrée principale non sans avoir porter quelques modifications à son nouveau palais pour en faire une sorte de forteresse. Puis, lentement mais sûrement, l’homme du 24 novembre organise la garde présidentielle. Apparaît avec lui et à côté de lui  de véritables gorilles au gabarit impressionnant. Il se fait aussi accompagner par des hommes à la fois en armes et en uniforme, principalement des bérets verts donc des commandos aguerris et rompus avec les arts martiaux laissait-on entendre. Apparaît aussi ce qu’on appelait des ceintures de sécurité. Pour atteindre Mobutu lorsqu’il était en déplacement, il fallait franchir trois différentes barrières disait-on, la dernière étant sa garde rapprochée. Apparaît aussi avec le maréchal une armée présidentielle, une brigade d’abord (BSP) puis devenue plus tard une division (DSP), dont certains éléments le suivaient partout dans ses voyages à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Le Guide ne se sentant vraiment pas en sécurité dans sa résidence officielle au Mont Ngaliema, l’abandonnera et déménagera pour le camp Tshatshi au beau milieu de ses compagnons d’armes où il se fit construire une nouvelle demeure. Obsédé par sa sécurité, ses déplacements privés et officiels étaient toujours précédés par un cortège souvent motorisé avec gyrophare pour signaler son arrivée au loin. C’était pour que sa route soit dégagée. Parfois il y avait au milieu deux limousines identiques dans l’une desquelles se trouvait le Président-Fondateur lui-même. Souvent aussi, un des éléments armés placés dans la jeep de tête, mégaphone à portée de la main, obligeait tous les usagers de la route à se mettre sur le bas côté pour que le chemin suivi par le cortège du maréchal soit exempt de tout encombrement. Il n’était pas rare de voir des soldats postés dès le lever du jour  le long du parcours aussi dans les points stratégiques de Kinshasa. Ils ne quittaient les lieux seulement après le passage de la suite présidentielle parfois sur le tard. Il était aussi fréquent de voir Sese Seko suivre un autre itinéraire que celui initialement prévu. Mobutu était le premier à organiser méthodiquement et professionnellement sa sécurité.  On ne peut comparer sa protection avec celle de son prédécesseur. Toujours entre le Timonier et son peuple, il y avait sa garde; entre Mobutu et les Zaïrois, il y avait toujours des militaires en armes ; entre le Guide et la population il y avait toujours des hommes en uniforme. A chaque apparition du Président-Fondateur, il y avait toujours des bruits de bottes. L’homme à la toque de léopard avait-il peur du Zaïrois avec qui il vivait pourtant en complicité  selon ses propres termes? Qui dans ce pays où il y avait peu d’armes en circulation, où il y avait peu des gens ayant  suivi une formation militaire  pouvait attenter aux jours de celui qui faisait étalage de sa force de dissuasion au grand jour à chacune de ses apparitions? Cette obsession auto protectrice du maréchal avait aussi un prix. Personne ne sait combien cela coûtait au contribuable zaïrois à l’époque.  Elle se chiffrait sûrement en millions de dollars. Mobutu ne badinait pas avec sa sécurité car sa vie et son règne en dépendaient. Sa protection personnelle  reflétait le personnage  même de l’ancien sergent de la Force Publique qu’il fut: démesurée, controversée, persuasive, dissuasive.

 

la garde de Tshombe

Janvier 1963, derniers jours de sa présidence au Katanga, Moïse                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Tshombe  prend un bain de foule entouré de ses gardes

 

L’intégrité physique des personnages clés du régime se devrait d’être garantie vue l’évolution du monde. Aussi l’Etat cautionnait-il la protection de quelques grosses légumes du parti-Etat, des membres du Conseil exécutif tel le premier commissaire d’Etat sans oublier quelques généraux pour les prémunir de tout danger. Par contre, certains cométats n’avaient pas de gardes du corps. Ils ne se sentaient pas en danger pour s’offrir pareil luxe bien qu’ils en avaient les moyens. Ne se reprochant peut-être rien, ils se déplaçaient seuls sans protection particulière. Avec le grand léopard, la protection des personnalités prit ses marques  et aussi  une nouvelle dimension. Elle évolua de façon significative. Le chef d’Etat avec sa garde toujours sur les dents, prêt à parer à toute éventualité laissait voir à son peuple et de façon pas discrète qu’il avait en permanence des soldats autour de lui , capables de répondre à toute provocation. Aujourd’hui encore, la sécurité du personnage clé de l’Etat occupe une place de choix dans la vie politique de notre pays. La présence et le déploiement des hommes armés jusqu’aux dents autour de lui marquent les  esprits et impressionnent la population. Bien souvent pour se mettre en confiance, et comme pour se démarquer de toute méfiance sur sa propre garde, la protection rapprochée de celui qui occupe le poste le plus important de la nation est fréquemment téléguidée par sa famille et composée presque essentiellement par des membres de sa propre tribu mêles avec des étrangers.

 

Samuel Malonga

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MWANA OYO 26/04/2011 01:25



BOKASI KO YA MBONGO, EZALAKA NA BIBUNDELI NDENGE NA NDENGE, KASI EKOZALAKA PAMBA NA MISO YA NKOLO NZAMBE.


YA SOLO, SOKI OMESANA KOSALA BANINGA MABE, OKOZALA TOUJOURS NA BOBANGI, ATA MUSELEKETE ALEKI OKOBANZA ETE EZALI NDOKI AYEYI KOLOKA YO.


BA CONGOLAIS NIONSO BAYEBI, NDENGE NINI BA SODA YA ANC BAZALAKI KOLEYISA COMMANDANT EN CHEF NA BANGO GENERAL MOBUTU FRAPPE, Y COMPRIS NA BA POLICIERS LOKOLA, SOUVENEZ-VOUS YA BA
CAMPS YA NDOLO MPE YA KINTAMBO.


TOUT NOUVEAU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, SOUVENEZ-VOUS NDENGE NINI ESCORTE PRESIDENTIELLE EZALAKI LAPIDEE NA KATI YA STADE TATA RAPHAEL, JUSTE NA WENZE YA DARING IMANA MATITI
MABE.


OYO AKOMI PRESIDENT LELO NA RDC, NABANZI HISTOIRE NA YE EZALI DIFFERENTE TE NA LE GRAND LEOPARD.


KASI BOYEBAKA ETE BOKASI YA MBONGO, EZALAKA NA BIBUNDELI NDENGE NA NDENGE, KASI EKOZALAKA PAMBA NA MISO YA TATU NZAMBI.