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Publié par Messager

Dernièrement, nous avons fait écho de la découverte par une équipe de l'Université de Lausanne des causes qui rendaient certains séropositifs  résistants à la maladie du Sida.

Nous savons tous que cette découverte survient quelques années après la découverte par le Professeur Plummer q'un groupe de prostituées du Kenya ne tombaient jamais malades du Sida, et qui tentait de comprendre pourquoi.

Nous pouvons souligner que la découverte de l'équipë de Lausanne est une réponse à l'interrogation du professeur Plummer dans la mesure où elle explique pourquoi certains séropositifs ne contractent pas la maladie du SIDA.

Que ceux qui ont cru que nous ignorions la découverte du professeur Plummer trouvent ci-dessous les articles liés à ces deux études. Ils se rendront compte que l'une posait le problème, l'autre donne la réponse

Messager


 

La découverte du professeur Plummer au Kenya

1.«Plus elles sont exposées au HIV, plus elles sont protégées». Le professeur Plummer tente de comprendre le cas de prostituées au Kenya qui sont résistantes au virus.

Interview

BANTMAN Béatrice

Le professeur Plummer, qui a découvert, parmi une population de

prostituées kenyanes, une soixantaine de femmes résistantes au virus du sida, explique à Libération en quoi ces observations sont capitales pour l'avenir de la recherche sur le sida. Comment en êtes-vous venu à découvrir ces prostituées protégées du virus?

Nous avons commencé , en 1985, à une époque où le problème du sida en Afrique était à peine connu, à travailler sur les maladies sexuellement transmissibles et, en particulier sur la gonococcie. Très vite, nous nous sommes aperçus que 60% de ces femmes étaient séropositives pour le HIV. Puis nous avons réalisé que, plus les femmes étaient exposées au HIV, plus elles étaient protégées contre ce virus. Autrement dit, plus ces femmes se prostituaient, dans un pays où la prévalence du virus ne cesse d'augmenter, moins elles étaient contaminées. Ces femmes, pour certaines d'entre elles, prostituées depuis quinze ans avec en moyenne cinq cents rapports sexuels non protégés dans une ville comme Nairobi (Kenya), où 15% des habitants sont séropositifs, ne sont pas infectées. D'ailleurs, nous ne disons pas protégées, mais résistantes au HIV.

A combien estimez-vous à ce jour, le nombre de femmes résistantes au HIV et existe-t-il d'autres cas semblables en Afrique ou ailleurs?

Nous avons aujourd'hui à Nairobi cinquante-neuf femmes résistantes au HIV, qui représentent 5% des femmes que nous suivons. Parmi elles, 1.500 sont infectées depuis 1985 et 400 sont mortes. Par ailleurs, on trouve en Gambie d'autres prostituées, dont on ne comprend pas pourquoi elles sont aussi peu contaminées. Comment expliquez-vous ces résistances?

Il s'agit d'un mécanisme complexe. Nous savons que leur «protection» n'est pas liée à une différence dans les comportements sexuels: ces femmes ont autant de maladies sexuellement transmissibles que leurs collègues infectées. Elles utilisent autant de préservatifs que les autres. Nous pensons que leur résistance est liée à des mécanismes immunologiques et génétiques. Un des arguments pour une origine génétique est que 25% des femmes résistantes sont de la même famille: mères, filles ou soeurs. Les scientifiques sont très intéressés par vos résultats. Pourquoi?

Il est de plus en plus clair que certaines personnes exposées au HIV ne s'infectent pas. Ces femmes de Nairobi détiennent sans doute une des clés de ce mystère. De même que les «séropositifs à long terme». Je pense qu'en étudiant ces personnes, on comprendra de mieux en mieux comment le virus et la maladie se développent et comment on peut espérer fabriquer un vaccin. Quels sont vos prochains axes de recherche? Nous nous intéressons à une catégorie de globules blancs particuliers, les CTL qui sont supposés s'attaquer au virus. Nos femmes résistantes ont, en général , de très nombreux CTL. Nous allons maintenant étudier si ces femmes n'auraient pas, par hasard, des virus dans leur sang et si ces virus n'ont pas été tués par leurs CTL. Si c'était effectivement le cas, nous aurions là une piste vraiment nouvelle.

La découverte de l'Université de Lausanne

2.AP

Nouvelle avancée dans la lutte contre le SIDA: après plus de cinq ans de travaux, une équipe de chercheurs internationaux travaillant sous la conduite du professeur Amalio Telenti a découvert pourquoi certaines personnes sont capables de résister au VIH. Publiée dans la dernière édition de la prestigieuse revue "Science", cette étude ouvre des pistes pour de nouveaux vaccins. Lire la suite l'article

Discussion: Suisse

"Sur le plan biologique, c'est une étude importante, sur le VIH et pour mieux comprendre les maladies inflammatoires et allergiques", a précisé jeudi à l'AP Amalio Telenti, professeur de virologie à l'Institut de microbiologie de l'Université de Lausanne et du CHUV (Centre hospitalier universitaire vaudois Lausanne).

Si de rares personnes infectées par le VIH ne développent pas la maladie et gardent leur système immunitaire intact, c'est grâce à certains acides aminés -les briques qui composent les protéines- qui effectuent un contrôle et empêchent le SIDA de se développer. C'est une toute petite différence dans une protéine qui permet cette défense.

Des techniques d'analyse génomique ont permis aux chercheurs de découvrir que parmi les trois milliards de nucléotides qui composent le génome humain, certains d'entre eux pouvaient contrôler le VIH. "On sait où ça se passe et on comprend mieux comment ça fonctionne", résume Amalio Telenti.

L'équipe en Suisse autour du prfesseur Telenti travaille sur cet aspect depuis 2001 et a analysé les données génomiques de plus de 800 patients suisses, dont des personnes "capables" de contrôler leur infection. Depuis 2005, c'est un groupe de chercheurs internationaux, réunissant 300 collaborateurs et 200 centres académiques dans le monde qui y a travaillé. Financée par des donateurs privés comm la Fondation Bill et Melinda Gates ou Mark et Lisa Schwartz, cette recherche a aussi été soutenue notamment par le Fonds national de la recherche scientifique (FNS). Selon Amalio Telenti, entre cinq et sept millions de francs suisses (entre 3,7 et 5,1 millions d'euros) ont été alloués à ce projet ces cinq dernières années. Plus de 3.500 patients infectés par le VIH ont accepté de donner un échantillon de leur ADN.

Reste maintenant à savoir comment utiliser concrètement les découvertes de ces recherches ciblées sur les séropositifs. Selon Amalio Telenti, les spécialistes du développement de vaccins sont très intéressés à pouvoir "imiter ce comportement". Autrement dit, à déterminer quels composants peuvent générer une réponse pareille à celle observée naturellement. AP

 

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