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Publié par Messager


Dans notre article d’archives intitulé « La population métissée en RDC », nous avions émis une hypothèse, conformément aux recherches d’une étudiante de l’université  de Lubumbashi, et à notre observation personnelle, qu’il existerait en RDC, en plus du métissage visible, plus récent, un métissage invisible, issu du brassage entre congolais et certaines races étrangères ayant successivement séjourné  il y a quelques siècles sur notre sol.

Nous avions estimé à cet égard que plusieurs individus (peut-être notre propre famille), fruits de ce métissage invisible ne le savent pas. Quelques uns gardent encore de légers traits, le cas de l’ex-Président Kasa-Vubu, d’autres en ont totalement perdu, sauf au niveau de la composition du sang, comme le démontre les extraits d' une étude sur la découverte de l’hémoglobine E en 1965 ,dans une famille congolaise.

Etude effectuée par F. Gatti, J.Vandepitte, H.Lehmann et P.J Gafeney en 1965.


L'HEMOGLOBINE E DANS UNE FAMILLE CONGOLAISE

   Les auteurs passent en revue les différentes hémoglobines anormales, autres que l'Hb S, qui ont été decouvertes au Congo. A cette liste s'ajoute maintenant (nous sommes en 1965) l'Hb Equi a été observée chez cinq membres d'une famille congolaise originaire du Bas-Congo.L'identité de cette hémoglobine a été confirmée par la technique du fingerprinting.
  Un aperçu est donné de la répartition géographique de l'Hb E, avec des détails sur sa présence en dehors du foyer principal. La découverte sporadique de l'Hb E au Congo est mise en relation avec le séjour de chinois de Mecao dans le Bas-Congo, vers la fon du 19e siècle.
A l'exception de l'hémoglobine S, très répandue au Congo (20 à 30 % des congolais adultes en sont porteurs (hétérozygotes) ), les autres hémoglobines anormales y sont rares, voire exceptionnelles:
L'Hb C: 3 cas découverts; L'Hb D: 1 à 2 cas signalés au Congo en 1957; L'Hb J: dépistée une seule fois en 1957; L'Hb NS observée chez un seul adultes de race Kongo en 1968; L'Hb P signalée 2 fois chez des congolais en 1959; deux nouvelles hémoglobines baptisées Stanleyville I et II trouvées en 1959 dans trois familles, toutes appartenant à des tribus originaires de la région Nord-est du Congo ayant connu une forte pénétration nilotique et soudanaise.
En ce qui concerne l'Hb E, la littérature relative aux hémoglobines des congolais n'en fait aucune mention.(......)
Dans la présente note, les auteurs apportent la PREUVE DEFINITIVE de l'existence de l'Hb E dans une famille originaire du Bas-Congo.

OBSERVATION DES AUTEURS

Dispensaire Pédiatrique , Dossier 4297

"A l'occasion d'une électrophorèse de routine pratiquée sur papier en tampon discontinu Trois-Véronal à pH 8,9 (Watson- Williams et Weatherall, 1965), nous découvrons que l'hémoglobine de l'enfant M. Antoine, résident à Kinshasa et âgé d'un an et demi, se divise en deux fractions: une fraction majeure dont la mobilité correspond à celle de l'hémoglobine normale adulte (Hb A), et une fraction moins abondante et beaucoup plus lente qui migre nettement en retard par rapport à l'Hb S. Cette fraction lente est légèrement plus rapide que l'Hb C examinée parallèlement. Sa mobilité électrophorétique est pratiquement identique à celle de la fraction normale A2.....
La famille du propositus est convoquée et des hémolysats des tous les membres sont soumis aux mêmes méthodes d'électrophorèse.
Après plusieurs examens et dans le but d'obtenir une confirmation du diagnostic présomptif, des échantillons de sang des membres de la famille, prélevés sur Nitrate de Soude, sont envoyés à l'"Abnormal Haemoglobin Research Unit"à Cambridge afin d'examiner la constitution peptidique de la fraction lente (Fingerprinting). Cette examen démontre clairement que la fraction anormale est une Hb E."

DISCUSSION

"La présence sporadique de l'Hb E au coeur de l'Afrique centrale ne semble pas s'accorder avec nos connaissances (auteurs du texte susmentionnées) sur la répartition géographique de cette hémoglobine anormale . La majorité des porteurs de l'Hb E se trouvent en effet dans un territoire relativement restreint confiné aux régions tropicales du SUD EST ASIATIQUE.
Des fréquences élevées n'ont été observées qu'au cambodge, en Thaïlande, en Birmanie, au Laos et en Malaisie(.....)
Quant à l'Afrique, nous n'avons connaissance que de deux mentions de l'Hb E dans la littérature: un métis sud-africain du cap, où la présence de l'Hb E s'explique aisément par une origine Malaise, et un Egyptien."

Comment expliquer la présence de l'Hb E dans une famille congolaise?


"Dans le cas de l'Hb E du Congo, l'analyse par fingerprinting prouve irréfutablement son identité complète avec l'Hb E du Su-Est Asiatuqe.
L'existence d'une parenté anthropologique très lointaine avec le foyer asiatique me pourront être invoquée au Congo.
Il reste la possibilité d'un métissage fortuit dû à un mélange racial relativement récent
. C'est à cette dernière possibilité que nous voudrions nous arrêter.
Les deux familles congolaises où l'Hb E a été découverte sont originaires du bas-Congo. La mère du propositus est née à Kisantu, village situé près du trajet du chemin de fer qui relie Kinshasa au port de Matadi.
Or vers la fin du siècle dernier, des travailleurs chinois originaires de Mecao furent employés à la construction du chemin de fer. Voici à ce sujet une citation du livre de Cornet (1953) " Il (Tyys, en 1891) parvient enfin à faire recruter trois cents nègres américains des Iles Barbades , et Cinq cent cinquante Chinois de Mecao (........) En quelques semaines, sur les cinq cent cinquante malheureux chinois introduits par la Compagnie du Congo en 1892, trois cents étaient morts ou en fuite vers le Kasaï et le Kwango".
Bien que l'aspect physique de notre propositus ni des autres membres de sa famille ne laisse soupçonner cette descendance mongole, nous croyons, à la lumière des faits exposés ci-dessus, qu'elle peut être tenue pour responsable de la présence occasionnelle de l'Hb E au Bas-Congo."


Au regard de cette preuve scientifique irréfutable de l’existence du métissage invisible en RDC, nous pouvons poser la question suivante à toute personne animée de bonne volonté et à ceux qui avaient contesté notre hypothèse : Si 500 travailleurs chinois ont pu engendrer le METISSAGE VISIBLE et INVISIBLE en RDC, comment ceux qui étaient plus nombreux qu’eux,  et qui sont venus en CONQUERANTS depuis des siècles (les arabes et les explorateurs ) pouvaient-ils demeurer sans contribuer au métissage des populations des zones sous leur influence  ?


 











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Joseph Pululu 20/01/2010 15:50


Aux origines de KIntambo, KILIMANI kwetu.
Natif de Kintambo, ma curiosité m'a conduit récemment à m'in terroger sur la dénomination de Kilimani, pour désigner l'ancienne"Montagne" où les Frères des Ecoles Chrétiennes avaient installés leur
première école en 1909.
Aujourd'hui, le souvenir de Kilimani - Mangolo Ngaliema comme disaient nos anciens de Kintambo, est entrain de s'effacer derrière "Mont Fleuri", sa disignation actuelle.
Il est en effet très curieux, que cette colline qui devrait être un village Wumbu - à cause de la présence de manguiers - prenne une dénomination swahili. Puisque Kilima - désigne la montagne et
Kilimani désignerait le village, et Imani serait le lien entre la Montagne et les missionnaires des Frères des Ecoles chrétiennes.
Aujourd'hui il n'existe pas de littérature pour nous renseigner sur cette présence swahili à Kintambo. En effet, si la présence des pécheurs Basoko et Lokelé est confirmé sur les bords de la baie
de Ntambo bien avant l'arrivée de Stanley et par après pour la construction du chemin de fer Leopoldville - Matadi, on peut difficilement signaler des swahili au même endroit. On peut cependant
imaginer que parmi les porteurs de Stanley il y ait eu des "gens de l'Est" comme le géant "Mutara", sinon des gens du Maniema comme disait mon père.
Cela expliquerait en tout cas que Victor Komoriko, prémier président du sénat congolais à l'indépendance se soit installé à Kintambo. Komoriko était le beau père de Papa Botomba - André
Benoit - lui même  né à Kilimani en 1914.
D'où était donc Komoriko originaire? si quelques mbokatier peuvent me répondre cela compléterait madocumentation.
dans tous les cas, Kintambo n'aura que très peu d'affinités avec la langue swahili et restera pendant longtemps, le quartier des bangala et des bakongo voire des bazombo. Le swahili restera juste
un répère, très flou, de la rencontre de cette contrée Wumbu Teke, avec les hommes de Bula Matari, Henry Morton Stanley.


deltenre 18/01/2010 13:18


Il me semble que la chanson Débât ait été interpretée avec l'ensemble Libanko et non pas avec Zaiko Langa-Langa