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Publié par Messager

 

 

                  

                      Lucie EYENGA

                      de toujours

                   22 ans après sa mort, elle demeure  la plus impressionnante et la

                       plus spectaculaire chanteuse congolaise de tous les temps

 

Une place à part doit lui être réservée. Sa grande souplesse d’exécution et la pureté de timbre absolue de sa voix ont permis de la considérer comme une des plus grandes chanteuses de l’histoire de la musique congolaise , sinon la plus célèbre des années 50 et 60.

 

Née en 1934 à Bandaka, alors Coquelathville – Congo Belge – elle était prédestinée à devenir chanteuse ; car issue d’une famille de l’ethnie « Mongo » trempée dans les rythmes « Zebola », « Odemba »,  et le bonheur de chanter et de danser. 

 

C’est plus tard en 1954 qu’elle fut découverte à Léopoldville (Kinshasa) par le virtuose guitariste « hawaïen », Zacharie ELENGA « Jhimmy », qui à l’époque se faisait accompagner par TSHILUMBA WA BALOJI « Tino Baroza », son élève. Ils vont l’enrôler au sein des éditions « Opika » qui manquait de chanteuse de pointe, contrairement aux éditions « Loningisa » qui à cette époque brillaient de mille feux avec la tendre chanteuse de romances, Marie KITOTO qu’accompagnait le guitariste Henri BOWANE, et qui est surtout connue pour ses deux légendaires chansons « Yo kolo ye kele » - « Ya bissu se malembe » parues en Septembre 1951.

 

Lucie EYENGA va vite s’affirmer plus que jamais comme la chanteuse originale, expressive, la plus accomplie, comme personne, ou presque qui sait improviser comme un grand instrumentiste et qui donne avec une spontanéité particulière, le poids qu’il faut à chaque expression.

 

Elle fait l’admiration du grand chanteur Joseph KABASELLE, et des meilleurs arrangeurs et instrumentistes des éditions OPIKA , qui l’adoptent avec beaucoup de bonheur. On évoque immédiatement à son propos la facilité de composer des chansons de bonne qualité accessibles au grand public, où l’accent est mis sur ses harmonies vocales.

 

C’est en 1954 qu’elle acquiert une renommée bien méritée, grâce à sa toute première chanson sur disque « Bolingo ya la Joie » dédiée à l’association féminine kinoise, « La Joie ». Elle est accompagnée par les guitaristes BALOJI « Tino Baroza », Charles MWAMBA  « Dechaud », le bassiste Albert TAUMANI et le saxophoniste Isaac MUSEKIWA. De cette chanson, naquit vraiment la véritable Lucie EYENGA authentique de l’African Jazz, impressionnante de force, de rudesse et de conviction. Aucune autre chanteuse ne va l’égaler.

 

Outre l’orchestre AFRICAN JAZZ, où elle a acquit entre 1954 – 1956 sa plus grande réputation nationale et internationale, le meilleur de son œuvre on le trouve dans l’orchestre  ROCK-A-MAMBO entre 1957– 1958, où son apport fut énorme, notamment à travers ses grands succès comme « Brigitte », « Mabe na yo moko », « Dit moninga », « Nasepeli mingi », « Zozo moke », etc. qui ont fait d’elle l’une des chanteuses les plus douées de sa génération, l’une des seules à ne pas s’enliser dans les concessions à la mode à cette époque.

 

La fermeture des Editions ESENGO en 1960 suivie de l’éclatement du ROCK-A-MAMBO en 1961, démarre progressivement l’interruption de sa carrière professionnelle. Mais pas pour toujours, car trois ans après, Lucie EYENGA réapparait à Brazzaville en 1962 dans l’orchestre NEGRO BAND. Elle enregistre avec ce groupe deux superbes chansons  « Adoula » et « Georgette » qui lui font renaître. Par la même occasion, elle rehausse de plus belle, la cote de l’orchestre NEGRO BAND.

 

En 1973, Lucie EYENGA est retenue pour faire partie du groupe mémorable « BAKOLO MIZIKI » composé des grands noms de la musique congolaise des années 50, autour d’une « Anthologie de la musique zaïroise » (congolaise) recommandée par la présidence de la république du Zaïre (D.Congo). Elle forge, sous la direction artistique d’Antoine NEDULE « Papa Noël, un répertoire comprenant ses grands succès aux éditions OPIKA, absolument merveilleux.

 

Aussitôt après, elle décroche une fois de plus, pour refaire surface en 1983 dans l’AFRICAN FIESTA SUKISA  du Dr Nico KASANDA, avant de se lier en 1984 à sa cadette Abeti MASIKINI. Deux voix d’or qui s’unissent autour de deux albums réalisés à l’IAD (Industrie Africaine du disque) à Brazzaville, pour une réédition des morceaux de la grande période de gloire de Lucie EYENGA dans l’African Jazz de Joseph KABASELLE  et le Rock-a-Mambo de Nino MALAPET (1954-1959)

 

Lorsque cette immense chanteuse s’est éteinte le 12 Décembre 1987 à Kinshasa, à l’âge de 53 ans, c’est toute la musique congolaise qui a perdu sa plus grande voix féminine, et sa figure, plusieurs années après sa mort, est demeurée présente aussi bien auprès du public que des musiciens.

 

Clément OSSINONDE

Clement.ossinonde@sfr.fr

 

Studio d'enregistrement

De g à dr: Diluvila, Taumani, Kabondo, Kallé,

L. Eyenga, T. Baroza, Musekiwa, Mwena. (African-jazz 1953)

 

EYENGA Lucie

 

Lucie Eyenga, plusieurs années après

 

 

Brigitte, par Lucie Eyenga et le Rock-A-Mambo

Bolingo ya la joie, par L.Eyenga et l'African-Jazz

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i 13/02/2011 15:19



Lucie Eyenga est cousine de maman Buloba. Voir l'intervieuw de la sr en Christ ds le blog de Gervais Katende. Je crois que c'est vrai parce que la voix de Lucie
Eyenga on la retrouve aujourd'hui dans la sr Buloba.



Crispin-Régis Lukoki 06/09/2010 01:31



Cher Ya Théo.


Mère Lucie n´avait jamais eu d´enfant que je sache.Concernant Maman Angebi,je ne suis pas en mesure de t´apporter des précisions.Tout est possible.Merci.


Crispin-Régis Lukoki.


 



Ya Theo 05/09/2010 22:58



Je remercie Crispin-Regis Lukoki pour de complement d'information sur Lucie Eyenga. Peux tu nous dire si Lucie Eyenga etait de la meme famille que Mama Angebi? aussi a t elle eu des enfants? tres
peu de choses sont connues sur elle ..merci pour les informations.



Crispin-Régis Lukoki 05/09/2010 19:04



Pour nous qui l´avions cotoyée,Mère Lucie sera toujours Mère Lucie.Tout petit,à l´âge de 6 ans j´étais amoureux de cette voix mélancolique,mystérieuse et à la fois moqueuse.Mère Lucie
chantait parfois en rigolant et cela associé à sa charmante voix,donnait un ton et un sens particulier à ses phrases musicales.Combien de fois j´ai pleuré en écoutant la chanson Brigitte ou
bolingo ya la joie.Cette dame avait imprimé ce charme qui l´a toujours caractérisée dans des chansons comme Camsodaqui n´en précisait pas.On remarquait ce charme et fragilité dans son language en
dehors du micro.Et plutard quand je suis devenu musicien,j´avais eu le privilège de l´accompagner á la guitare.Elle était géniale et très simple.Elle avait un sourire et une façon de rire
vraiment contagieuse.Elle avait une nièce très connue dans notre quartier qe nous appelions Marie Cow-boy(pas girl),une très jolie fille qui très jeune,aimait s´habiller comme un garçon.Elle
était sans complexe et ne doutait pas de se battre avec les mauvais garçons.Mère Lucie avait aussi un neveu surnommé OURAGAN,qui jouait la guitare d´accompagnement dans l´orchestre de
l´armée.Dans nos répétitions,nous avions l´habitude de manger du Kangela ngai et des Minguele accompagnés d´un peu de Primus,et j´avais partagé ce délicieux mets avec Mère Lucie.Mère Lucie
vivait dans mon quartier sur Kanda-kanda et à quelques  200m toujours dans la même rue vivait notre Grand LEON BUKASA.Jusqu´aujourd´hui la chanson Bolingo ya la Joie,fait partie de mon
répertoire.Mère Lucie n´était pas n´importe Qui.Tous mes respects Mère Lucie.


Crispin-Régis Lukoki.                  



Jose Balolo 05/09/2010 15:21



Ah Mbokatier, vous m'avez fait pleurer.  En ecoutant les deux chansons de notre maman L.Eyenga, je me suis rappele' de l'emission bakolo miziki a la radio nationale qui passe' chaque
Dimanche avant-midi.  Apres la messe dominicale, enssemble avec les parents on ecoutaient la belle musique de notre beau  pays le Congo de l'epoque coloniale. 


Vraiment, un grand merci a vous le grand Mbokatier et que Dieu vous benisse.



Ya Theo 05/09/2010 00:18



Mr. Ossimonde...Merci pour la biographie de cette grande dame de la chanson souvent negligee par le public et la presse..j'aimerais savoir un peu plus sur sa vie en dehors de la chanson...etait
elle une parente a Mama Angebi (la grande animatrice radio et tele)? avail eu d'enfants ou meme marie?



MAPASSA 04/09/2010 22:03



Pathétique cette histoire de Lucie EYENGA, grand merci et félicitations Clément OSSINONDE pour cette connaissance de l'histoire de notre musique, elle permettra à la nouvelle génération de
savoir combien en 1954 on pouvait chanter aussi bien et jouer également bien au saxo. Si seulement nos jeunes orchestres pouvaient mettre à l'honneur cette grande dame en interprétant ses
chansons pour qu'elles ne meurent pas. 


Curieusement je vois sur cette photo de l'African Jazz, une batterie de jazz, ou drums pour lequel les mbokatiers ont longuement discuté sur sa date dans la musique congolaise. Sans
vouloir chercher la polémique, est ce que Clément OSSINONDE peut nous dire si ce que je vois sur la photo est bien une batterie de Jazz, si oui quel  est le musicien  qui est en train
de la jouer, encore une fois merci mr Ossinondé et si vous pouvez me donner cette précision. ou le Messager



Billy 04/09/2010 09:23



Je voudras ajouter à ce sujet,une des chansons typique de Lucie Eyenga : Saouvent cette chansons est negligé ou bafouée à cause d'une prise de position plitqueinternationale.


Il s'agit bel et bien de la chanson patriotique:


Pesa masasi to "chasser" ba_flamamds ,


Abasingola .. ngola kolela teh...


Benda , benda , benda benda ngohh...


Bien sur une chanson durand la secession du Katanga, et l'outrance des colonisateur belges, en execution, les flamandsà ne pas reconaitre l'independance du ...donc de l'annèe 1961, pendand
l'excution de l'evacuation ordone par le conseil de securitè de l'ONU.


Merci et à vous la balle pour n'import quel critique...


Billy,