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Publié par Messager

En date du 13 avril 2010, nous publions un article intutilé : "Une famille congolaise des années '50", sous la référence ci-après:

 

http://www.mbokamosika.com/article-une-famille-congolaise-durant-les-annees-50-48543203.html

 

Suite à cet article, un lecteur  nous a fait la remarque suivante:

 

J’ai peine à croire que ces mêmes images utilisées en son temps par la propagande coloniale belge pour louer les bienfaits de la colonisation et mesurer le degré d’évolution des indigènes (les fameux évolués matriculés) servent aujourd’hui d’argument à des Congolais. Un peu comme si l’Amérique rappelait aux petits-enfants des esclaves le chemin parcouru par leur race depuis leur arrivée en terre américaine. Inouï.

kasuyi nkese

 

Comme nous tenons toujours à assurer du suivi à tout ce que nous publions sur ce blog, nous avons mené des recherches concrètes sur la situation salariale durant les années '50 au Congo Belge.

Selon un document trouvé dans "Aequatoria", les  salaires des Monitrices du Foyer Social de Coquilhatville (Mbandaka), dont la liste est reprise ci-dessous, corroborent les propos avancés dans notre article du 13 avril 2010, que Kasuyi Nkese qualifie de propagande coloniale.

Au vu de cette liste de paie, nous invitons notre contradicteur à nous fournir les salaires des professeurs actuellement en vigueur en RDC. A chacun de nous de les comparer avec les salaires des simples monitrices en 1954, et d'établir qui de ces monitrices en 1954 et de nos fonctionnaires actuels menaient ou mènent une vie aisée.

Notons qu'un Franc congolais valait pratiquement un dollar US à l'époque.

 

 

LISTE DE PAIE DES MONITRICES DU FOYER SOCIAL DE COQUILHATVILLE DE JANVIER 1954


BOLA

LOUISE

726,68 Frs. Congolais

BOLUMBU

CLARA

510,88

ISAMBA

E.

471.04

EALE

O.

498,30

PEKOMBE

TH.

487,04

MOBONGI

S.

427,68

EKOFO

P.

411.18

WETSHI

C.

410,72

PUMA

E.

347,40

LIANZE

E.

316,20

BELENGE

P.

255.78

BOKOKO

TH.

314,24

EKIA

A.

338,56

BATSWELA

H.

176,76

MONDONGA

M.

194,66

ITATE

P.

319,62

ISOMI

I.

334,84

AYOBENA

M.

349,92

BENTEKE

E.

373,68

LOWANDU

A.

358,50

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Samuel Malonga 10/08/2010 02:05



Depuis la fin des années 70 jusqu'à aujourd'hui, les enseignants du primaire, du secondaire tout comme ceux des instituts supérieurs et des universités mènent une vie de misère. L'enseignement
n'ayant jamais été la priorité de nos dirigeants, les chevaliers de la plume qui sont pourtant sensés former les cadres donc l'élite du pays sont devenus au fils des ans des hommes de seconde
zone. Personne ne s'occupe vraiment de ces parias de la république. Les politiques ne s'occupent pas de leurs porte-monnaies. La conséquence néfaste de cette négligence est la
baisse criante du niveau de notre enseignement à tous les niveaux. Il n'est pas rare de voir un universitaire s'exprimer mal dans la langue de Voltaire. Beaucoup s'expriment en "kifrançais" selon
les propres termes d'un professeur de l'IPN. Ne parlons pas de l'orthographe, car ces cadres de demain ont parfois du mal à se retrouver dans toutes les complexités et ambiguïtés qui
caractérisent le français qui pourtant est la langue officielle du pays. En 1974, c'est-à-dire vingt ans seulement après la liste de paie trouvée dans Aequatoria, un D6, entendez un diplômé
d'Etat, gagnait 35 zaïres soit l'équivalent de 70 dollars US. Le gradué et le licencié, si je ne m'abuse, gagnaient un peu plus de 40 zaïres. En tout cas ces modiques sommes ne peuvent être
comparées avec les salaires de ces monitrices de Coquilhatville qui sûrement n'avaient fait que l'école moyenne. Mais à l'époque, en 1974, l'enseignant menait une vie à peu près normale.
Notons qu'un wax hollandais coûtait encore 11 zaïres. Mais c'est vers 1977 que l'enseignant a été vraiment mis au banc de la république bien que la même année l'enseignement primaire et
secondaire avait fait une très longue grève qui coûta sa fonction de cométat au citoyen Kasusula. En 1980, un enseignant du primaire gagnait 280 zaïres. Un salaire de misère. Aujourd'hui encore,
la situation de ceux-là qui ont la lourde tâche d'assurer le développement du pays n'est guère reluisante. Des mois durant, ils sont parfois impayés. Leurs propres émoluments sont devenus une
denrée très rare. Avec ce trop maigre salaire, ils ne peuvent pas vivre décemment et sont devenus des champions de la débrouille et les rançonneurs de leurs propres élèves. Le Congo belge payait
bien ses enseignants alors que la RDC les a dépouillés de leur honneur. Le Congo a fait d'eux des gens sans valeur alors que sans leur apport le pays ne peut prétendre à un quelconque
développement.


 


Samuel Malonga