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Publié par Messager

 

LE ROLE D’UN ARTISTE MUSICIEN

 

Les artistes musiciens forment une catégorie des gens importants dans tous les pays du monde. Importants parce qu’ils sont les ambassadeurs de la culture de leur pays d’origine et parce qu’ils sont un véhicule capable de promouvoir la prise de conscience, une force capable de contribuer au développement de leurs pays respectifs. Je me demande avec amertume si les musiciens eux-mêmes ont déjà pris conscience de ce qu’ils sont. Si tel n’est pas le cas, le moment est là.

 

Aujourd’hui, dans notre pays la musique, l’armée et la politique sont les trois plus grandes entreprises qui continuent à embaucher les gens. On y va sans vocation, sans le souci de servir, mais simplement pour se faire de l’argent. Si la devise du soldat est celle de verser son sang pour la protection de son pays, quelle est alors celle de l’artiste musicien et du politicien congolais? On ne devient pas enseignant simplement pour gagner son salaire mensuel, mais pour former l’élite de demain. Il en est de même pour le musicien. Hormis le plaisir qu’il procure à ses fanatiques, le musicien a un rôle moteur à jouer dans l’éducation et l’orientation des masses Rien qu’avec une chanson, il peut atteindre et transmettre son message à toutes les différentes couches sociales.

 

Voilà pourquoi nous devons en toute logique former et prodiguer à nos musiciens des conseils susceptibles de les faire avancer pour qu’ils répondent mieux aux exigences de l’heure. Ces exigences ne sont pas la femme qu’ils chantent, les plaisirs, la polémique, la mélancolie chronique et que sais-je encore. Les exigences de l’heure, ce sont les problèmes du développement de notre pays, les maux qui le rongent comme par exemple la guerre, la corruption, l’immoralité, l’inobservance des droits de la personne, l’exploitation illégale de nos ressources naturelles et minières. Ces maux bloquent le développement de notre pays, car on ne peut pas prétendre développer un pays qui est constamment dans une situation de guerre. La guerre à l’est, les tueries, les déplacements des populations, la misère, le viol, l’amour de la patrie et bien d’autres devraient constituer des thèmes à exploiter dans des chansons. Sans la paix sociale, on pourra changer des régimes, des gouvernements autant qu’on veut sans atteindre la révolution de la modernité et l’industrialisation que nous recherchons de tous nos vœux.

 

Le musicien congolais doit être capable d’inviter toutes les forces vives de la nation à participer activement à la relance du pays. Ils doivent savoir qu’ils ont la lourde responsabilité de dénoncer tous les méfaits précités et d’éduquer toute la population. On peut bien construire des routes, des barrages, des hôpitaux ou toutes sortes d’infrastructures, mais sans l’éducation civique ou le changement des mentalités, on retournera à la case du départ. C’est en éduquant la population et en dénonçant les antivaleurs que les artistes musiciens pourront se faire respecter et ils accompagneront les politiciens dans leur mission au lieu de chercher à les glorifier dans des chansons pour se faire graisser les pattes. Mais comment peuvent-ils s’y prendre pendant qu’eux-mêmes s’adonnent à cœur joie à la corruption et ils font la promotion de toutes ces antivaleurs que nous décrions. Ils sont passés maîtres dans toutes pratiques illicites et participent à la destruction du pays au même titre que les politiciens. Voilà pourquoi des deux ont scellé une alliance hors nature. Pendant qu’au Congo voisin, on construit les routes, des aéroports, des barrages hydrauliques, chez-nous on fait la guerre, on prône la prostitution, on encense les Kuluna en cravate dans des chansons. Les musiciens savent-ils que si les choses évoluaient bien dans notre pays, ils ne devraient pas vivre de mendicité et de «Mabanga». Combien parmi eux perçoivent leurs droits d’auteurs pour les œuvres qu’ils produisent? Pourquoi toutes nos grandes vedettes meurent-ils pauvres?

 

Qui sème le vent récolte la tempête, dit-on. Pour n’avoir pas convenablement assumé leurs responsabilités, les musiciens congolais ont creusé un grand trou entre eux et leurs fanatiques de la diaspora qui les soutenaient. Notre musique autrefois réclamée partout dans le monde est aujourd’hui destinée à la consommation locale. Je crains qu’à l’allure où vont les choses les stars qui faisaient la fierté de notre musique ne tombent dans les oubliettes. Laissons la politique aux politiciens. Ne mélangeons pas les choses. On peut bien abandonner la musique au profit de la politique comme c’est le cas pour Youssou N’dour et Tabu Ley, mais on ne peut pas faire les deux à la fois. Les chiens a quatre pattes, mais il marche sur un chemin.

 

Comme toujours, je vais me référer aux Mbokatiers pour compléter avec leurs idées ou pour rectifier ce qui a été mal dit. Faisons-le avec respect pour l’amour de notre pays. N’injurions pas, ne critiquons pas, mais faisons un débat d’idées. La reconstruction de notre pays est une affaire de tous les Congolais et nos de musiciens seulement. Nous avons des responsabilités à assumer à différents degrés.

 

ZÉPHYRIN KIRIKA

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