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Publié par Messager

Le lingala, langue des poètes

Autrefois,  les écrivains romantiques s’étaient servis de la poésie pour décrire la beauté , la nature ou pour honorer l’amour. Le très célèbre  « Lac » de Lamartine  est un bel exemple et une forte démonstration de ce que représentait l’art d’écrire.  Aujourd’hui, notre musique est devenue une nouvelle poésie romantique de par la force des mots, la beauté de la langue et l’élégance de son accent. Dans les deux  Congo, nos artistes- musiciens nous gavent de belles paroles nimbées de sagesse qu’écouter ou suivre une chanson paraît comme une véritable déclaration de ses propres sentiments . Le chantre s’interroge soi-même,  regarde la vie à travers le miroir du quotidien, décrit notre société dans ses chansons-poèmes. C’est une nouvelle littérature mais elle est chantée. Les phrases aguichantes qui fleurissent ces mélodies murmurent de temps en temps tels des ondes purs dans les profondeurs de notre être. Nous les savourons avec délice, nous les déclamons pour baratiner, pour faire allusion à une situation analogue ou simplement par plaisir. Le lingala est la langue de nos poètes contemporains. C’est le patois par excellence de la musique congolaise. Ses expressions romantiques et le lyrisme de ses mots sont si savoureux que sa phraséologie et le style de ses idiomes  n’ont rien à envier au français, à l’anglais ou même à l’espagnol.

Dans un langage taillé sur mesure, le chantre-compositeur utilise toutes les facettes du lingala pour écrire son poème qui une fois accompagné par des instruments deviendra sa composition. Ici, l’exercice n’est pas des plus moindres. Il écrit ses vers, cherche le mot juste qu’il met à la place qu’il faut ou l’expression avenante qui fera plaisir.  Ce sont des ingrédients qui rendront sa sauce délicieuse.  Puis il va harmoniser son langage, parfaire le lyrisme des mots dans la césure de l’orthographe. A  la fin, le parolier ajustera ses idées de sorte que l’histoire qui sortira du texte écrit enchante les mélomanes.

Le compositeur va habiller son texte et le débarbouiller  des phrases débridées. Cette toilette du discours se fera avec soin, netteté et précision. La parfaite connaissance du lingala est un atout  indispensable qui lui permet de fouiller dans l’immense champ de notre culture les termes indispensables pour fleurir la rédaction du thème qu’il s’est choisi.

Ceux qui ne connaissent pas le lingala savourent seulement l’arrangement et la mélodie sans pour autant saisir le message. C’est bien dommage. Heureusement  qu’ils comprennent le langage universel de la musique. Pourtant, nos artistes-musiciens sont allés au-delà de la chanson en faisant du lingala, la langue par excellence de leur art et de leur poésie. Dans leur préscience , ils ont abordé tous les thèmes de l’existence : la vie, la mort, le mariage, l’amour, la déception , la réussite, l’échec,  la jalousie, les problèmes conjugaux, les conseils, la publicité, le nationalisme, l’amitié entre les peuples, la flatterie… Rien ne leur a  échappé.  Dans chaque cas, ils ont su employer des expressions concrètes pour expliquer dans une merveilleuse prose sensuelle une certaine réalité,  une situation supposée ou même vécue.   Dans ces hits qui soulèvent les passions et qui apaisent les cœurs, il n’y a qu’excellence et transcendance, enchantement et  émerveillement,  romantisme et lyrisme.   Chapeau !

Nous avons trié sur le volet quelques unes de ces phrases lumineuses ayant trait à l’amour. Quel exercice ! La tâche n’était pas de si moindre. Les mbokatiers sont invités à les chanter  en a capela. Morceaux choisis :

-         Makanisi ebimi na motema ya moto ekomi na monoko babengi maloba. Mpasi nionso ya motema tina nini nakanga, tika nabimisa lelo na maloba. (Amour Nala, Rochereau).

-         Bakake ezanga mbula ebeti na motema na ngai. Motema mobebi  nakoki te. (Bakake, Diabanza/Mpongo Love).

-         Nalateli yo pili na poche Marie-José mpo bato nionso bayeba te. (Mi-José bolingo, Bavon Marie-Marie).

-         Oyebi lolango tango ekokangaka moto, ekoki kopesa mpe moto liboma.(Kotika te, Mayaula Mayoni).

-         Soki batuni yo un jour dessiné amour na yo, loba na motema ezali déjà fait. (Mbabula, Koffi Olomide).

-         Dis à la rivière de ne plus couler. Mais ne dis pas à mon cœur de ne plus t’aimer. (Biya, Madilu System).

-         Nakomi lokola mbisi akangami na ndobo, mbala ya liboso na moni yo.       (Samantha, Pamelo Mounk’a).

-         Nasimbisi yo motema mama, oyoka otala ndenge ezali kobeta. (Sincérité, Josky Kiambukuta).

-         Nabosani mabe mpe bampasi ya mokili, mpo pembeni na yo bisengo bilekaki. (Mwana ya Behomi, Ange Linaud).

-         Kota na kati ya tolo na ngai, lalisa miso mpo olakisa tozui dipanda. (Pauline, Chantal Kazadi).

-         Nakoma profeta Moïse, nakabola ebale na ngambo mibale, mpo banguna ya lamulu oyo batikala na ngambo esusu. (Tête africaine, Espérant Kisangani).

-         Motema ya mwana ya moto ekomi moteur ekomi se kosenga senga entretien. Garantie ya motema ya moto ebebi. (Nakueyi carreau, Deyesse Empompo).

-         Kati ya miso na ngai otanga bolingo Aimée. (Zonga Aimée,Pépé Kallé).

-         Nalinga nameka mpo naloba te bolingo etondi na motema. Esopani lokola fulu ya masanga ebimi na molangi. ( Makfe, Michelino Mavatiku).

Samuel Malonga

 


Sincérité, par Kiambukuta

Ko tikate, par Mayaula Mayoni

Zonga Aimée, par Pépé Kallé

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