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Publié par Messager

La Musique Congolaise Brille par une Pauvreté Textuelle Caractérisée

Bienvenu IPAN (Kongotimes)
musiqueL’actuelle génération des musiciens congolais ont, sans doute, contribué à une industrialisation de la chanson congolaise. Rechignant à l’effort, leur musique brille par une pauvreté textuelle caractérisée. Des paroles légères qui frisent parfois l’indécence, sans oublier un chapelet de noms d’hommes politiques congolais aux mœurs sociales dissolues.
Parmi les griefs portés contre les musiciens de la République démocratique du Congo aujourd’hui, l’on retient celui d’avoir la Rumba congolaise.
En République démocratique du Congo, la Rumba incarnée par l’actuelle génération des musiciens relève plus "du culturel" que de la "culture". Par cette analyse, Afrik.com fait allusion à "un mouvement profane, éphémère, trompeur et décevant". Un divertissement puéril ; sans plus. Nietzsche en son temps vivait "un automne de la culture" ; Hannah Arendt, elle, répétait qu’on "ne pouvait réduire la culture à une industrie culturelle".
On n’a pas le temps de savourer une gamme que déjà s’entend, un cheveu dans la soupe, le nom d’un homme politique congolais. Le genre a dérapé vers une source au succès.

De là-haut, le grand architecte de l’Univers de la Rumba congolaise moderne, Luambo Makiadi Franco, doit fulminer : ses successeurs dilapident l’héritage que lui-même reçut notamment des Wendo, Bowane, Tino Baroza.

Y a-t-il une chanson de cette nouvelle génération qui dépasse le genre mineur ? Niet. Dieu merci, ces bénédictins d’un temps, d’une saison, bientôt disparaîtront. Malheureusement, comme en Economie la mauvaise monnaie chasse la bonne, la musique faite par l’actuelle génération a enseveli sous les décombres de la médiocrité celle léguée par les Luambo et Essous.
Aucun doute, les chanteurs actuels disposent de quelque savoir musical. Mais ils sont dénués de quelque imagination. Or, "l’imagination est plus importante que le savoir", dixit Einstein. La guerre des textes a cessé d’exister au grand dam de la vie. Verckys composa "Nakomi Tunaka", "Mpassi Mermans" lui répondit par "A mon avis". Verckys dégaina de nouveau par Sakumuna. Pour répondre à "Pont sur le Congo" de Franklin Boukaka, African Jazz sortit "Ebalé ya Congo". Et, pour railler leurs détracteurs, les "Mando Négro" se dépassèrent dans Molangi.
UNE AUTRE TARE : LA REDONDANCE
Une autre tare définit les chanteurs des temps présents, c’est la redondance : d’une œuvre à une autre, on a le sentiment qu’il s’agit d’une même chanson. Et le timbre vocal, et l’harmonie : tout se ressemble. C’est en vain qu’on attend les variations d’un bon chorus, comme savaient le faire Nico et Géry Gérard. Les chanteurs du moment sont tel un écrivain qui, prolifique durant toute sa vie, écrit en vérité le même livre avec le même style. Bonjour la monotonie.
Certes les bénédictins de la rumba actuelle ont de belles voix ! Mais ils ne savent pas les marier, du moins ils n’éprouvent aucune envie de savoir les placer. Pour ces artistes, chanter c’est comme prendre un ascenseur : monter/descendre/monter/descendre. Ils montent et descendent là où il n’est pas nécessaire de le faire. Travaillent-ils avec de vrais arrangeurs ?

Le bémol s’impose. Constituez une "attaque" avec les maîtres de chant, Evoloko, Emeneya, Bozi ou Likinga Redo, les chanteurs du moment s’éclipseront vite. Or il est un aspect originel de la Rumba congolaise, c’est la guerre des voix…
L’ABSENCE DE LA GUERRE DES VOIX, UN IMPARFAIT DU PRESENT
Qui ignore la splendide guerre qui oppose Daliens Ntesa et Youlou Mabiala dans Radio trottoir ? Michel Boyibanda et Sam Mangwana, eux, s’agressent agréablement dans To yeba yo trop. Evoloko et Vadio se "mesurent" dans Atinga. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu, entre Likinga et Evoloko, dans Pétrole. Match non pas nul, mais sublime. King Kester Emeneya inflige une gifle de chant à Pépé Kallé dans Amena, si bien que l’éléphant de la musique zaïroise ne se contente que de quelques rôles dans le refrain.
"Oui, dans ma propre chanson, j’abdique face au bachelier en chant, tellement il y est intenable"
, avoua-t-il un jour à Paris, en 1990. Et de poursuivre : "Il est difficile de malmener Emeneya dans une chanson ; il te répondra du tac au tac". Avec sa manière de chanter dans le contretemps, cela déstabilise le plus chevronné des maîtres du tempo.
Djenga K. Espérant écrabouille tout le monde dans La mignonne de Bozi Boziana, au point que ce dernier est presque absent dans sa propre composition. Même Lay, le Zeus du ténor, est inaudible dans cette splendide œuvre. Mais ce dernier prend sa revanche, justement dans Autopsie de Djenga K. : il monte si haut dans les aigus que ses compères (y compris le compositeur de la chanson) ont l’impression de patauger dans les bas-fonds des graves.

Papa Wemba, lui, a souvent perdu le duel des voix dans une "attaque" : il est plus divin seul qu’en chorale (Matebu, Esclave, Maria, etc, des œuvres d’une beauté divine). Mais il a remporté aussi plusieurs batailles. En témoigne la manière dont il contre les variations de Bozi, la puissance de Djenga K. et de Lita Bembo dans Mère Otan. Mieux encore, si Kinshasa-Brazza est une chanson à faire écouter aux élèves de chant, c’est grâce au Dionysos du chant qu’est Papa Wemba.
"Dans cette chanson, Papa Wemba sait qu’il doit maintenir une longue distance entre Bozi et lui. S’il descend d’un centimètre, il se perd, car en bas Bozi règne en maître et en puissance", a , analysé Théo Blaise Kounkou.
En fait, qu’est-ce "qu’une guerre juste" ? Pour les gens compliqués, il s’agit d’une guerre qui sert à conquérir une valeur, quitte à verser du sang. Eh bien, pour les gens simples, les mélomanes de la bonne Rumba congolaise, la "guerre juste" est celle qui égaye les âmes, tant sur le fond que sur la forme. Seul le passé, cette lumière abondante, procure cet amour. Le vrai amour. La Rumba actuelle n’est que vacuité et lumière ténébreuse.
Le cas suivant l’illustre bien : pour son mariage et son cinquantième anniversaire, un Congolais de France, Albert Tchey, précise bien sur les cartons d’invitation que les invités ne danseront que la Rumba congolaise des années 70-80 et la Salsa. Et pour cause : la Rumba actuelle demeure au ras des pâquerettes.
Pour rappel, le samedi 11 juin 2011, au stade de France, à l’occasion de la "Nuit africaine", toutes les musiques africaines ou presque seront à l’honneur. Parmi elles, la Rumba congolaise, un genre en pleine glaciation depuis plus de vingt ans, même si le FEMOCA (Festival des musiques originaires d’Afrique noire) tente, par ses moyens, de le dégeler.

 

 Bienvenu IPAN

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Mwenzé 23/06/2011 18:01



A la pauvreté textuelle il faut ajouter la pauvreté structurelle.Notre musique est à la base percussions(musique traditionnele).En se débarassant donc des
percussions(maracasses,claves,congas,cloches,râcleur) et des instruments à vent,en criant à la place de chanter,en faisant fi de toute ligne mélodique dans la structure du texte et de la mélodie
pour le chant,l'orchestre Zaïko,négation de la "musique de Kallé" considérée comme "musique de papa",musique des vieux,venait de créer la troisième école de la musique congolaise et donc sonner
le glas de cette dernière.Fini ses 23 ans(1950-1973)de suprématie continentale,les Africains ne s'y reconnaissant.Libre conscience aux autres d'inventer donc leur musique.Les Ouest-Africains se
tourneront vers la salsa avant de écouvrir la World-Music,aux Camerounais le makossa.Aujourd'hui la baisse de niveau des instrumentistes comme des chanteurs ne pouvaient augurer des lendemains
meilleurs,et l'adoption de la programmation électronique aux enregistrements vient encore enfoncer le clou.Les grands ténors de notre musique n'ont pas de successeurs,les chanteurs sont nuls.Ils
chantent faux aux concerts,convaincus qu'ils font "chorale".Dièses et demi-tons tiennent la dragée haute.Revisionnez toutes vidéos,sreinement,pour vous en rendre compte,tous orchestre ou vedetes
confondus,de Za¨ko aux Wengés,de Papa Wemba à Koffi Olomidé.Ecoutez l'album "Koffi Olomidé chante Tabu Ley",écoutez aussitôt les originaux des chansons reprises(pour ceux qui les possèdent
encore)et vous verrez apparaïtre tout le gradiant musical,le gouffre de niveau qui existe entre les artistes des années 50 à 70 et ceux d'aujourd'hui.Un massacre en règle.La honte!Koffi Olomidé
eût mieux fait de se faire accompagner par les Bobongo Stars.Au cours des concerts concerts,contrairement aux disques,les orchestres d'aujourd'hui jouent sans programmation.C'est là tout le
piège:ils sont alors mis à nu.J'écrivais sur un site voisin que le jour où l'on alignera sur un même podium,les uns après les autres,un orchestre afro-cubain,un groupe de kompas haïtien et un
groupe congolais,alors nous nous rendrons compte que notre musique actuelle n'est que crasse et bruit.Vous pouvez déjà le tester chez vous:écoutez à la suite Roberto Torrès,Tabou Combo et,à votre
choix,Viva La Musica,Quartier Latin,Zaïko,Wengé,Extra-Musica.La musique d'aujourd'hui n'est pas efficiente.Un effectif de 15 musiciens et n'entendre au final que les drumms,une guitare(la
guitare-solo ressemble à l'accompagnement,et l'on se demande où est l'accompagnement!),la guitare-basse et un fou-furieux d'atalaku(animateur).Et vous appelez ça musique?Naguère à partir de
six,un orchestre était constitué.Souvenz-vous de la chanson de l'OK-Jazz,"ézaléli na biso tozali sé motoba ah éh!...bambanda éh!"(chers rivaux,nous ne sommes que six!).Aujourd'hui ce nombre ne
constitue que les chanteurs.Comment peut-on aligner six chanteurs et dont on ne distingue ni première voix,ni deuxième,ni voix intermédiaire,tous criant sur le même registre vocal.Et vou appelez
ça musique!Nous avons perdu la musique,nous avons l'animation.En effet tous ces orchestres de la troisième musique congolaise,l'école Zaïko,sont plus tributaires de
NDjoku-Eyo-Baba,bourgmestre-chanteur du groupe d'animation M.P.R. de Kinshasa que de Grand Kallé.Je mets au défi quiconque voudrait en douter d'écouter à la suite une oeuvre de ce groupe et une
quelconque de Viva La Musica,Quartier Latin,Zaïko,Wengué et autres.Du pareil au même.Aussi je m'inscris en faux lorsque les ténors de cette musique,Papa Wemba en tête, se réclament de Grand
Kallé,alors que leur musique est antinomyque à la sienne.La troisième école doit disparaïtre,autrement ce sera la fin de la musique au(x) Congo(s).A bon entendeur salut!



adei toko 22/06/2011 14:11



N'est ce pas que dans la conclusion de mon article sur la rumba congolaise je disais que c'est dommage que cette belle rumba se termine en"le-le le-le-le-le". Ceux qui ont suivi la nuit africaine
ont certainement été déçus par la prestation des representants de la musique congolaise que j'ai d'ailleurs honte de citer parce qu'ils ont été nuls.Merci beaucoup pour l'analyse et j'espère que
les musiciens en tiendront compte. Nous y reviendrons car notre musique ne doit être conjuguée au passé.



Mwenzé 22/06/2011 11:32



Bravo et félicitations pour votre annalyse juste et pertinente.Ite missa est (la messe est dite).