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Publié par Messager

L’exercice du pouvoir en RDC 

 

L’exercice de la fonction présidentielle dans notre pays a connu plusieurs évolutions. Surtout, il est caractérisé par la brutalité de la colonisation. Le parfum de cette mentalité coloniale bercée par la force a profondément  marqué l’après indépendance. La Belgique n’est pas partie de son propre gré. L’histoire de la décolonisation le démontre. Quand par un tour de passe-passe politique, Kasa-Vubu devint président et Lumumba formateur du gouvernement, les Belges avaient placé entre les deux hommes d’Etat les plus en vue de l’époque, une vraie bombe à retardement qui s’appelait « la lutte pour le pouvoir ». Le régime parlementaire légué par Bruxelles entraîna un imbroglio politique sans précédent entre le Président et son Premier ministre. En créant un système de partage du pouvoir au sommet de l’Etat, les Belges n’avaient ils pas préparé un piège et réuni les conditions d’un futur clash ? Dans nos coutumes, il n’y a jamais eu deux chefs dans un village. Ce qui devait arriver arriva de la façon dont nous savons. Kasa-Vubu resté presque seul maître à bord commença à manger ses premiers ministres. Compte non tenu de Ndele et Bomboko qui furent entre septembre 1960 et février 1961 chacun à son tour Président du Collège des commissaires généraux, il en avait eu cinq (Lumumba, Ileo, Adoula, Tshombe et Kimba) en cinq ans de pouvoir soit une moyenne d’un chef de gouvernement par an. Ses détracteurs l’appelaient non sans ironie « le mangeur des premiers ministres ». Il n’avait pas surtout hésité à évincer le premier ministre Tshombe dont le parti (CONACO) était devenu majoritaire au Parlement après avoir gagné les élections législatives de mars-avril 1965. Ne fallait-il pas écarter toute personne susceptible de lui faire de l’ombre ?

 

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Parade de l’indépendance en 1961, le président Kasa-Vubu avec Iléo et Bomboko à ses côtés.

 

Les élections présidentielles n’étaient-elles dans le calendrier politique ? Le président ne briguait-il pas un second mandat ? En tout cas, Kasa-Vubu ne parviendra jamais à les organiser car destitué par l’armée. L’homme n’était pas dictateur. Il n’utilisa jamais la force et ne se donna pas de titre ronflant. Seuls ses partisans de l’Abako l’appelaient « Roi ». L’ancien séminariste fut un homme rusé à l’intelligence subtile. De révocation en remaniement, il a pu tenir les rênes du pouvoir pendant cinq ans sans envoyer les blindés défier son peuple, sans confrontation directe avec les Congolais. Mais il a eu à affronter les grèves organisées par les syndicats. A part les rébellions qui ont émaillé sa présidence, il restera dans l’histoire comme le seul chef d’Etat qui n’a pas eu à affronter les mécontentements et les colères orageuses de la population. Par sa malignité, il ne s’empêchait de mettre les bâtons dans les roues à la jeune démocratie congolaise en passant parfois outre la volonté du peuple et les recommandations du parlement. Les Congolais n’avaient pas connu avec lui l’autoritarisme béat qui caractérise les chefs d’Etat violents. Kasa-Vubu avait dirigé le Congo jusqu'à la limite du tolérable. Il avait donné au pays sa première constitution en remplacement de la Loi fondamentale léguée par la Belgique. Il avait ensuite organisé les premières élections législatives d’après l’indépendance. Le nouveau parlement qui devrait sortir des urnes allait remplacer celui qu’il renvoya sine die deux ans auparavant. Ces scrutins étaient pluralistes et transparentes. Il n’y avait ni tricherie ni fraude.

 

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Octobre 1965, Kasa-Vubu (président), Tshombe (premier ministre), Nendaka  (ministre de l’Intérieur) et Mobutu (commandant en chef de l’armée) se dirigent vers le parlement où le chef d’Etat annoncera l’éviction du chef du gouvernement et de son remplacement par Evariste Kimba. A droite de Tshombe, on voit le colonel Mulamba qui un mois plus tard deviendra 1er ministre.

 

La preuve en est que le parti du président au pouvoir les avait perdues au profit de celui du premier ministre. En effet, la CONACO rafla 122 sièges sur 167 (soit 73,5%) contre 45 seulement pour tous les autres partis réunis dont l’ABAKO, le MNC-Lumumba et le PSA. Le parti de Tshombe avait la majorité absolue au parlement. Mais contre toute attente, le président nomma Evariste Kimba au lieu de reconduire l’ancien président katangais. C’était le dernier acte anticonstitutionnel de Kasa-Vubu. Quelques mois plus tard, il fut démis de ses fonctions par le Haut commandement de l’ANC avec à sa tête le général Mobutu. L’expérience du fédéralisme au Congo dura le temps d’un matin. La décentralisation issue de la constitution de Luluabourg en 1964 fut remplacée par la centralisation totale du pouvoir et de l’administration en un Etat unitaire. Comme il faudrait le remarquer, l’année 1965 connut deux révolutions de palais sans effusion de sang : la révocation comique de Moïse Tshombe et le coup d’Etat du 24 novembre dont le communiqué était ainsi libellé : « Depuis plus d’un an, l’Armée nationale congolaise a lutté contre la rébellion qui, à un moment donné, a occupé près des deux tiers du territoire de la République. Alors qu’elle est presque vaincue, le Haut Commandement de l’Armée constate avec regret qu’aucun effort n’a été fait du côté des autorités politiques pour venir en aide aux populations éprouvées qui sortent maintenant en masse de la brousse, en faisant confiance à l’Armée nationale congolaise. La course au pouvoir des politiciens risquant à nouveau de faire couler le sang congolais, tous les chefs militaires de l’Armée nationale congolaise, réunis ce mercredi 24 novembre 1965 autour de leur Commandant en chef, ont pris, en considération de ce qui précède, les graves décisions suivantes :

1.  Monsieur Joseph Kasa-Vubu est destitué de ses fonctions de Président de la République ;

2.  Monsieur Evariste Kimba, député national, est déchargé de ses fonctions de formateur du Gouvernement ;

3.  Le Lieutenant-Général Joseph Désiré Mobutu assumera les prérogatives constitutionnelles du Chef de l’Etat ».

 

image005                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Jeudi 25 novembre 1965, quelques heures seulement après la destitution de  Kasa-Vubu, le général Mobutu, (nouveau président de la RDC) et le colonel Mulamba ( 1er ministre),  s’entretiennent avec messieurs Kimpiobi (président de la Chambre des Députés ) et Mudingayi ( président du Sénat).

 

Lorsque Mobutu, le militaire, destitua le président civil, il congédia le parlement, mit fin à la fois au multipartisme et au fédéralisme devenus pour lui synonymes de cacophonie et du désordre politique. Il nomma un premier ministre issue des rangs : Mulamba. Par ce geste, il cassa le processus démocratique en cours issu de la constitution de Luluabourg. Puis, il fonda l’éphémère CVR qui se transforma vite en MPR puis promulgua sa vision de la société congolaise dans le Manifeste de Nsele. Pour imposer ses vues et son autorité, pour imprimer sa personnalité sur l’échiquier congolais au vu des nouvelles responsabilités qui désormais étaient les siennes, il n’hésita pas à faire pendre quatre hommes politiques de premier plan. Le Congo venait de faire ses débuts avec l’apprentissage de la dictature proprement dite. S’en suivirent la dissolution des partis politiques et des syndicats, la suspension de la constitution et du droit de grève ; le musèlement de la presse et de la liberté d’opinion, la naissance d’un parti unique. Qu’on le veule ou pas, on était membre du parti, même les fœtus. L’ordre militaire était établi, le pays tout entier était devenu l’otage d’un homme, son président. C’était alors lui et lui seul qui décidait de la vie de ses sujets. Autour de l’homme se constitua une cour des courtisans. Le culte de la personnalité battait son plein et les flatteurs de tout bord lui offraient leur service. Mégalomane, il se croyait dieu et porta une multitude de noms (président-fondateur, guide, timonier, le grand léopard…). Son autoritarisme n’avait rien à envier à celui d’un régime stalinien. Mais  c’était avec le MPR qui devint plus tard le parti-Etat qu’il prépara les ingrédients socio-politico-économiques qui lui permirent de se pérenniser à la tête de l’Etat. L’exercice du pouvoir se caractérisait par une brutalité et une répression sans commune mesure. Il se heurta aux étudiants en 1969 à Kinshasa mais les massacra en 1990 à Lubumbashi. Les années académiques vierges étaient devenues une habitude. Le nouveau régime était pareil au système colonial. Le pouvoir était sans partage et il était le seul maître à bord du navire qu’il commandait comme il l’entendait. Promettant les élections pour 1970, il se débarrassa de tous les adversaires encombrants. Il supprima le poste de chef du gouvernement et envoya son concurrent le plus immédiat, le général Mulamba, en Extrême-Orient en qualité d’ambassadeur au Japon. Pour la seule année 1969, deux poids lourds (Kasa-Vubu et Tshombe) disparaissent. Les élections deviennent une parodie qui ne reflète plus la réalité de la volonté populaire. L’assemblée monocamérale est une véritable caisse de résonnance qui entérine les volontés du dictateur. Tout au long de son règne, les élections présidentielles organisées en 1970, 1977 et 1984 n’avaient pas de concurrences. Il n’y avait qu’un candidat unique : Mobutu, et un seul parti qui participait : le MPR, un seul bulletin à jeter dans l’urne : le vert, couleur du parti-Etat.

 

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Le maréchal Mobutu festoyant au beau milieu de ses épouses, les jumelles Bobi et Kosia. Mais son plus  grand amour fut le "pouvoir".

 

Rusé, Mobutu passa du quinquennat au septennat, se fabriqua une constitution sur mesure. Officieusement président à vie, sa vision reposait sur ce syllogisme : MPR égale Etat, or MPR égale Mobutu, donc Mobutu égale Etat. Des slogans creux et vidés de sens ont émaillé sa présidence entre autre : retroussons les manches, objectif 80, salongo alinga mosala, MPR égale servir se servir non. La personnalisation du pouvoir était à son apogée avec la radicalisation de la révolution revigorée par les voyages du Guide en Chine, Corée du Nord, ses amitiés avec Ceausescu. La maigre expérience de la démocratie de la 1re république s’envola comme fumée et n’était plus qu’un lointain souvenir. Le meilleur fils du pays était au-dessus de toutes les institutions politico- économico-judiciaires du pays. Ce surhomme qui savait manier à la fois la carotte et le bâton, avait cristallisé tout au long de son règne les frustrations et les colères de la presse belge. Ce n’est par hasard que Bruxelles était qualifié de capitale de la subversion. Sa dictature jeta plusieurs Congolais sur le chemin de l’exil. C’est sous sa présidence que les Congolais commencèrent à quitter en grand nombre leur pays pour un hypothétique avenir à l’étranger. Quant au président lui-même, il affirmait haut et fort et sans détour qu’il aimait le pouvoir. Les bouleversements politiques survenues en 1989 lui permettront de faire un pas en avant mais trois pas en arrière. Il ne céda rien, ne renonça presque à rien bien au contraire et cela malgré le discours du 24 avril 1990. A contre cœur, il accepta la Conférence nationale qu’il n’hésita pas à torpiller par des manœuvres politiciennes. L’arrivée de la démocratie promise traînait en longueur pendant. En fin stratège, il faisait et défaisait les premiers ministres car il voulait pour rien au monde divorcer avec son plus grand amour : le pouvoir. Il ne voulait et ne pouvait se séparer de lui. Il avait vécu avec cette épouse si particulière pour le meilleur comme pour le pire pendant 32 longues années. Il en fit chasser alors que le pays venait de l’abandonner tout comme ses supports occidentaux. Pour lui, les dés étaient jetés lorsque Bill Clinton déclara : « Quand j’étais étudiant, il était président. J’étais gouverneur, il était président. Je suis président, il est toujours président ».

 

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Mobutu, Mandela et Kabila lors des négociations dans le navire de guerre sud-africain Outenika. 

 

C’est avec lui que le Congo entra dans le deuxième millénaire. Le pays commença le 21e  siècle avec Laurent-Désiré comme président. Auréolé par le fait qu’il fut le tombeur de Mobutu, sa façon de concevoir la fonction suprême ressemblait à celle du guide de la révolution zaïroise authentique qu’il avait pourtant renié. Celui-ci n’avait demandé l’avis de personne pour changer le nom du pays en Zaïre. Suivant le bel exemple de son illustre prédécesseur et ne s’étant jamais considéré comme Zaïrois, cet éternel Congolais n’hésita pas à remettre l’ancien nom, exit le Zaïre.  Il concentra le pouvoir entre ses mains, se fit appelé Mzee (le sage) et utilisa le bâton pour diriger le pays. Lui qui avait fait presque l’unanimité lorsqu’il mit fin au règne centenaire de Sese Seko tomba vite en disgrâce. Le rêve de la liberté souhaitée et voulue se transforma vite en cauchemar. Le peuple congolais avait rêvé de paix, de démocratie et d’une vie meilleure. Et Kabila leur a promis tout. Mais vite, il est apparu qu’il était sur la même longueur d’onde que le maréchal. 

 

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Le Mzee Laurent-Désiré Kabila prête serment au stade des Martyrs de la Pentecôte.

 

L’homme était en réalité un fin dictateur. Il fit son entrée victorieuse dans la capitale avec l’aide d’une armée hétéroclite composée des soldats étrangers. Peu de temps après son coup, tous les partis politiques, sauf le sien, furent interdits. Ignorant les résolutions de la Conférence nationale, le guérillero d’hier qui troqua son treillis contre la veste de président avait la manière forte. Etait-il différent du maréchal? Dès le début, il afficha sa préférence en faisant des visites remarquées en Chine et en Libye faisant ainsi revivre une époque révolue lorsque le monde était encore divisé en deux camps diamétralement opposés. Il se mit à dos la communauté internationale pour avoir écarté certaines puissance sur le partage de ces beefsteaks que sont les minerais stratégiques que regorge le Congo. Sur le plan intérieur et comme son prédécesseur, le pouvoir était sans partage. Comme Mobutu, il dirigeait le pays d’une main de fer. Ce fut un prolongement de la dictature qui prit même des allures inquiétantes. Après la scission avec le Rwanda et l'Ouganda. Le Mzee régna en autocrate. Il prit plusieurs décisions draconiennes, nomma personnellement les députés de la manière la plus aléatoire. Son Parlement déménagea de Kinshasa pour Lubumbashi. Ces 200 parlementaires ne disposaient d’aucun pouvoir et ne furent jamais consultés. Le président Laurent-Désiré Kabila concentra les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif entre ses mains jusqu’à son assassinat en janvier 2001. Il emprisonna les hommes politiques qui ne partageaient pas ses points de vue (Étienne Tshisekedi, Zhaïdi Ngoma, Olenga Nkoy, etc.) ainsi que plusieurs journalistes. Il abolit l'AFDL en 1999,  créa le CPP (Comité du pouvoir populaire). On lui reprochera toujours ses alliances avec ses amis de l’Est africain dont la rupture déclencha ce que les médias occidentaux qualifièrent de première guerre africaine. Certaines langues lui reprochaient aussi le fait d’avoir « vendu » une partie du pays lors des accords de Lemera. Le président autoproclamé promit des élections qui ne seront jamais tenues car il tombera sous les balles d’un de ses propres gardes du corps. Les aurait-il seulement organisées s’il n’était pas assassiné ? Aurait-il réellement voulu que le peuple juge son action à la tête de l’Etat ? On ne le saura jamais. Toutefois, l’Etat de droit tant souhaité était un bien lointain rêve irréalisable au Congo. En prenant le pouvoir, l’ancien maquisard de Fizi ne libéra pas son peuple de la dictature. Bien au contraire. Si en théorie, le pouvoir était restitué au peuple; en pratique, la réalité était différente. Ce langage contradictoire fut celui autrefois employé par les pays d’obédience socialiste. Le pays ne retrouva ni la prospérité économique, ni la paix, ni la démocratie ni encore moins l’Etat de droit. Sa mort survint en pleine guerre de la balkanisation partielle du pays. Ce conflit armé avait abouti au deuxième génocide congolais, le premier étant celui perpétré par Léopold II. Déjà quelque temps après la fameuse libération du pays par Kabila des mains de Mobutu, philosophe, l’homme de la rue commentait ainsi : « Le Congo est pareil à une voiture en panne dont on a changé que le chauffeur ».

 

Quand le Mzee tomba sous les balles de son propre garde du corps, il fut remplacé quelques jours plus tard par celui qui officiellement fut présenté comme étant son fils. Le nouveau président hérita d’un pays ravagé par la guerre. Son âge fit croire à la population congolaise que le jeune homme allait inaugurer une nouvelle façon de gérer le pouvoir. De tous ses prédécesseurs, il est le seul à n’avoir pas connu la colonisation. Quelque temps après son installation, le peuple commença à douter de sa congolité. On découvrit vite que ce fut un despote qui avait pris la place d’un autre despote. Il partagea le pouvoir avec quatre autre vice-présidents pour arrêter la guerre. Mais ce fut lors des élections qu’il excella dans l’art de la fraude. En 2006 et surtout en 2011, le sang des innocents coula à flot. A malin, malin et demi dit-on, il changea la constitution et supprima le deuxième tour des élections présidentielles. Par contre, il échoua dans sa tentative à limiter l’âge des candidats à la présidentielle. Son hold-up électoral met aujourd’hui le pays dans une situation délicate, car le Congo a deux présidents. Il a organisé la plus grande tricherie que le pays ait connue. Sa politique de "tolérance zéro" sera un slogan dépourvu de sens à l’instar de tous les mots d’ordre qu’a connu le pays sous Mobutu.

 

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Les quatre présidents congolais : de Joseph à Joseph en passant par Joseph-Désiré et Laurent-Désiré.

 

Qui a fait quoi lors de son passage à la présidence ? Chacun à son époque n’est pas passé par quatre chemins pour s’illustrer dans un acte anticonstitutionnel. Le roi Kasa-Vubu n’hésita pas à démettre respectivement Lumumba et Moïse Tshombe Kapenda de leur fonction de formateur du gouvernement. Dans les deux cas, le président était en parfait  désaccord avec le parlement. Le guide Mobutu fut le premier à donner à l’Assemblée nationale une fonction folklorique et à organiser des élections bidons gagnées d’avance avec des scores qui étaient ceux de l’empire soviétique. Le mzee Laurent-Désiré Kabila a eu le culot de nommer pas moins de 200 députés qu’il ne consulta jamais, tandis que le raïs ( ?) Joseph Kabila entre dans l’histoire comme étant celui qui a organisé la première grande supercherie électorale que le Kongo ait jamais connue. Les chefs d’Etat congolais souffrent d’addiction au pouvoir. Ce sont des hommes forts alors que les institutions établies bien souvent inféodées au pouvoir sont faibles. La fonction de président devient alors un métier à vie. Depuis le président-fondateur, le pouvoir ne procède pas d’une dynamique démocratique. Il s’arrache par la force parfois dans le sang. La concurrence pour le fauteuil présidentiel n’existe pas. S’il existe, les prétendants au poste de chef d’Etat sont considérés comme des ennemis. Mourir au pouvoir est le but inavoué. De Joseph-Désiré Mobutu à Joseph Kabila en passant par Laurent-Désiré Kabila, le pouvoir est devenu une fin en soi, on s’approprie le pays pour en faire sa propriété personnelle et le gérer comme le fut l’Etat Indépendant du Congo de Léopold II.

   Samuel Malonga

©Mbokamosika2012

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