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Publié par Messager

L'ARTISTE ET L'OFFICIER

 

Deux hommes que pourtant rien ne semblait opposer se sont livrés à de très belles empoignades dans les marques du temps. Ils se sont tellement haï que leur histoire marqua les tristes pages des faits divers dans notre pays. Les deux protagonistes étaient connus. L’un était officier et l’autre artiste ; l’un avait fait carrière dans les plus hautes sphères du pouvoir, l’autre avait porté haut l’étendard de la musique congolaise moderne ; l’un était financièrement puissant et compagnon de la révolution, l’autre était non seulement un talentueux auteur-compositeur mais aussi une de ces belles voix qui ont fait rêver l’Afrique tout entière. Ces deux compatriotes sont le capitaine Denis Ilosono Bekili B’Inkonkoy  et l’artiste d’ébène Pascal Sinamoy Tabu Ley. Bien des gens se sont demandés le pourquoi de leur guéguerre infinie. Ne se sont-ils pas brouillés pour une affaire de femme ? Pourquoi s’étaient-ils si férocement affrontés par l’interposition de la chanson ? Peut-être se cachait-il entre les deux hommes et derrière cette querelle qui n’en finissaient point et en sourdine un véritable problème politique. Que s’était réellement passé entre les deux hommes jusqu’au point de se haïr au su et au vu de tout le monde ? Mais qu’est ce qui avait fait courir les deux frères ennemis ? Toujours est-il que Denis Ilosono profita de sa position de force pour nuire à tout point de vue à Rochereau, car il avait juré sa perte. Il est secrétaire particulier du chef d’Etat. Il est donc un proche du président Mobutu. Il peut l’influencer et celui-ci a son oreille. Et pourtant, Ilosono et Tabu ont quelque chose en commun qui les unit. Ils sont tous les deux fans du Daring.

Pendant ces premières années au cours desquelles Mobutu assoit son pouvoir, Rochereau ne tarit pas d’imaginations. Il compose des chansons patriotiques dont d’abord « Cinq  ans, Mobutu akotelemisa Congo », le journal parlé démarrait par cette mélodie ; ensuite « Congo nouveau , Afrique nouvelle » qui clôtura le quatrième sommet de l’OUA à Kinshasa. Elle fut composée à la suite d’un appel des autorités aux auteurs-compositeurs congolais de faire un hymne en marge des travaux de l’organisation panafricaine qui se tenaient à Kinshasa. Rochereau remporta la palme d’or devant Luambo Franco et Bombenga. Plus tard, en souvenir d’un voyage par bateau qui l’a conduit à « Ekwatele Mambenga » plus précisément à Mbandaka, il compose Monano dans lequel il dira: « Nakei na Mbandaka kokutana, elaka topesanaki ngai na Mobutu. (…) Elaka topesanaki ngai na Mobutu naluka se nakoma na tango ».  D’ailleurs, pour marquer la rhétorique de la politique du MPR, l’orchestre de Rochereau ne s’appelle-t-il pas African Fiesta National "Le Peuple" ? Rochereau donne même un conseil gratuit à Mobutu quand  dans « Humanité méchante », le chanteur  parle de l’ingratitude des hommes et met le président lui-même en garde contre une quelconque trahison de son propre entourage afin de ne pas subir le sort de Lumumba. A-t-il visé quelqu’un ?  Mais toujours est-il que jusque-là tout marche bien entre l’artiste et le pouvoir, entre le chanteur et l’entourage du Président. C’est R.A.S c’est-à-dire rien à signaler.

Denis Ilosono
 

Le capitaine Denis Ilosono Bekili B'Inkonkoy

Politiquement, l’accalmie fut de courte durée car le ciel congolais s’assombrit. La situation changea brusquement le temps d’un procès. A la place du pont Cabu, quatre hommes politiques et non des moindres sont publiquement pendus en 1966. S’ensuit deux ans plus tard l’assassinat de Pierre Mulele dans des conditions inhumaines, la révolte estudiantine et sa cohorte de morts et d’arrestations. Puis enfin le décès inexpliqué de Stéphane Kashama Nkoy. Ressortissant de Bandundu et conseiller en chef aux affaires culturelles à la présidence de la république, sa disparition n’a jamais été élucidée. Pour l’immortaliser, Tabu Ley lui dédie une chanson : Kashama Nkoy. Ses détracteurs diront que cette mélodie était en réalité une dédicace pour l’ancien rebelle Pierre Mulele. Ce titre avait un accent poignant , une de ces complaintes réussie qui touchent les cœurs. Rochereau pleure : « Ami nalingaka, ami na nzela ya kelasi (…), ami na sekele, ami natia motema. (..) Naleli mpe nalembi miso makauki, nazangi mayi na miso, (..) eh moninga ». On sent la douleur de l’artiste. Pourtant, la chanson comportait une phrase accablante : « Soki okutani na Lumumba okoloba nini ? ». Elle était très mal interprétée dans le cercle du pouvoir. Toutefois, pendant ces années-là , Rochereau multiplie des compositions dont le contenu jette un trouble dans la tête du président, de sa cour et de tous ses courtisans. Dans « Martin Luther King » par exemple, il ne regrette pas seulement la mort du célèbre pasteur africain-américain assassiné, mais dans la foulée, il a le culot de citer sans avoir le shimmy dans les yeux des noms prohibés à l’époque comme ceux de Mao Tsé-Toung et de Che Guevara. C’en était trop pour l’entourage du Président qui constata que l’artiste d’ébène avait pris peu à peu ses distances avec le pouvoir. Quel esprit libertaire ! Dès lors commença la série noire pour mwana ya Tabu. Ce fut un combat inégal presque comparable à celui qui opposa David à Goliath.

Comme pour jeter le pavé dans la marre, entre l’artiste et l’officier, les grands problèmes commencèrent lorsque faisant allusion au nez du chanteur fut déclenchée « l’opération zolo » qui pour certains était commanditée au plus haut sommet de l’Etat. À cette époque, le  secrétaire particulier du président Mobutu, le capitaine Denis Ilosono a une position confortable. Il est propriétaire entre autre de la société Socedibo,  des éditions Boboto et du dancing-bar Engels. Pour déstabiliser Rochereau, il n’hésite pas à lui rafler ses musiciens et non des moindres : Mangwana, Guvano, Mavatiku qui y composera Yambi chérie, Johnny Bokassa, Diana pour créer l’orchestre Festival des Maquisards. Ces artistes, dont Sam Mangwana, chantent sans état d’âme « Opération zolo ». Etant trop stigmatisant, la chanson est censurée. Muana Nzoku composera aussi « Zela ngai nasala » pour dire ses vérités à son ancien patron. « Tika ngai nadondua, tika ngai nasala, nazua mpe falanga ngai muana Mangwana » chanta-t-il avec sa belle voix lyrique. Dès lors, au-delà du bras de fer entre deux hommes, Denis et Pascal, s’ouvrit un second front, celui de la confrontation entre deux formations musicales rivales: l’African Fiesta National et le Festival des Maquisards. De son côté, le mécène Ilosono ne s’arrête pas en si bon chemin. Il offre à ses nouveaux protégés des scooters de marque Vespa. Il en fera autant avec les joueurs du Daring son équipe chérie. S’ensuivront les menaces physiques pour Tabu Ley Rochereau. On raconta des histoires dont celle qui disait qu’il était l’amant de la défunte Mama Sese. Il tenta alors un exil au Congo-Brazzaville. Le président N’Gouabi l’accueille et le défend. La télévision congolaise s’en mêla même. D’autres présidents africains dont  Senghor et Houphouët-Boigny n’hésiteront pas à plaider en sa faveur. Au moment où Monsieur Phénomène mangeait son pain noir, ses compositions « souillées » à l’instar de  « Kashama Nkoy » et « Martin Luther King » furent censurées. Pour  contraindre son ennemi juré à l’asphyxie artistique totale, un bruit avait même couru qu’étant grand mécène de la musique et vu son influence, sa puissance et sa position auprès du président,  le capitaine Ilosono avait acheté ou loué tous les grands bars et dancings de Kinshasa. De la sorte, Rochereau n’aurait où se produire.

Bazakama & Ley
 

1985, Paul Bazakana (attaché de presse), Tabu Ley et Shaba Kahamba (chef d’orchestre) sur la terrasse de l’hôtel Indépendance de Conakry. Photo d’archives B.B.

 

Après le départ de ses musiciens dans le Festival des Maquisards, Tabu Ley s’organisa artistiquement et forma une solide équipe avec Pépé Ndombe, Pierre Attel Mbumba (venu d’African King), Saki, Karé, Michelino Mavatiku, Faugus, Izeidi, Lokasa plus tard Empompo et les autres. Il se devait de répondre à toutes ces attaques et provocations. Ses répliques furent dans la pure tradition des satires et connurent un grand succès auprès des mélomanes. Rochereau composa « Peuple » en étalant ses difficultés à tout le monde : « Nabanzaki te bakolimbisa ngai , nalembi, nzela nzela nateli miso » et de confirmer :« Natosi mpe mibeko oyo bapesi ngai na bakonzi ya mboka ». Il fait ici allusion à l’incident  du gala organisé par le couple présidentiel à la saint Silvestre 1967. Rochereau et son orchestre qui étaient le clou de la soirée se sont produits très tard alors que  lassés d’attendre, monsieur et madame Mobutu étaient déjà partis. Un décret ministériel daté du 1er janvier 1968 suspendit l’African Fiesta National pour une période de trois  mois pour sabotage de la soirée artistique et culturelle. Mais quelles étaient ces conditions reçues auxquelles il devait s´en tenir ?  Quelqu’un lui mettait-il les bâtons dans les roues ? Derrière cette suspension se cachait l’ombre de son ennemi juré Denis Ilosono. En tout cas, il ne s’était pas plaint pour rien. Il prendra d’ailleurs les Congolais qu’il salue à témoin car il est bien de retour sur scène. Puis, il sort « Songo+ songo=Songi songi » dont selon le journaliste Bazakana le titre initial avant la sortie du

Mokitani ya Wendo                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            Pochette de l’album Mokitani ya Wendo. Sur la photo on reconnait le soliste Pierre Attel Mbumba à gauche derrière Tabu Ley

 

45 tours était «Kosu kosu  » pour faire allusion à la maladie dont souffrait le capitaine Ilosono et dont on disait qu’il s’agissait de la tuberculose. Dans  ce titre, il fustigea le commérage ou le « songo-songo ». en disant : « bandeko basusu babandi kobangisa biso, bokozuaka  mbongo kaka na kotekaka bato ». Il prolongea sa satire dans « Toyota » où il lança : « Apekisi natinda boy  (entendez le musicien du Festival des Maquisards) zando na makolo, asombeli ye vespa ». Il composa aussi « Mokitani ya Wendo » dans lequel il se demande lui-même le mal qu’il avait fait pour subir pareil sort, puis d’ajouter : « Nalembi kotala na miso, nazela kaka baya koboma » et de conclure : « Liwa ya Tabu ezali na maboko ya Nzambe ». Rochereau ne connut le calme que lorsque l’arbitre siffla la fin de la partie. Le capitaine Ilosono fut arrêté sur ordre de son patron de président  pour détournement de fonds publics ( !). L’officier perdit presque tous ses biens dont le dancing  Engels. Cédé par le pouvoir à Franco Luambo, il le rebaptisa Un-Deux-Trois après y avoir effectué des travaux de réfection. Plusieurs des scooters qu’il avait fait don aux joueurs d’Imana furent saisis parfois en pleine rue. Tabu Ley salua cette arrestation  à sa manière. Pour savourer et illustrer la quiétude désormais retrouvée, il composa la chanson « Mosolo » dans laquelle il dit : « Mosolo ya mingi ezali mayi ya ebale, keba na tango ya kosukola ekomela yo. Mosolo ezali fungola ya bomengo yango mpe ya  prison (cimetière) ». Ainsi se termina cette longue et triste épilogue où l’intrigue et les coups bas s’étaient des deux côtés entremêlés dans un rythme endiablé. Dieu merci personne n’y laissa sa peau. Tabu Ley mit sa voix au service du régime. Il se remit à composer pour la gloire du Guide et auréola son action par des chansons militantes comme Objectif 80, Mongongo ya Mobutu, MPR engenga, Salongo alinga mosala etc. Le chanteur continua tranquillement sa carrière artistique alors que l’indéboulonnable capitaine banni s’était tu pour toujours. Le duel sans merci entre Pascal et Denis venait enfin de prendre fin.

Samuel Malonga


1.Peuple

2 Humanité

 

 

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Ian Smith 28/04/2014 01:01

Stéphane Kachama Nkoy meurt d'un cancer en 1968. Il n'était pas suspectes ou inexpliquées, sa veuve a été témoin le diagnostic aux États-Unis et il mourut quelques mois plus tard.

Nécrologie 22/09/2011 15:56



ILO PABLO BAKUNDE IZIA MPEY DE ZAIKO LANGA-LANGA N´EST PLUS.



FRANCOIS MALHEUREUX 19/09/2011 14:25



Kembo na Nzambe na likolo na nse Boboto na bato banso, nalingi obele kotuna soki Mbuta-Muntu Denis Ilosono azali kaka na bomoyi mpe asalaka lisusu mosala nini, mpo soki nabungi te, na 1965 ye
Kulutu wana azalaki na mibu 29 to mbula ntuku mibale na libua.



joseph pululu 15/09/2011 09:16



Ndeko Monano,


Ba remarques na yo ezali kitoko, mais il faut oyeba que Musique na mboka na biso totikala kopesa yango statut ya industrie te, ce qui fait que likambo ya developpempent notamment ya ba studio
d'enregistrement, etikala jamais kokota na ba stratégies na biso.C'est ainsi que na époque Manu Dibango akebisaka bazairois po na fin ya disque, Verckys akeyi kolokota kibola bola po napresser ba
33T; tOYEBI NDENGE ESUKA.
Likambo ya developpement ya musique na biso, il faut ekota na boule ya bato ya mayele, ba hommes d'affaires!


 



Oliver 14/09/2011 20:53



Génial article. Les chansons de Tabu  Ley sont comme des manuels d'histoire.


Auriez-vous la chanson "Objectif 80"? Si ma mémoire est bonne, elle est composée en 1970, quand Mobutu, sûr de lui, promet aux Congolais qu'ils feront partie des pays dévélopés avant 1980.
Dans la chanson, Rochereau appelait tous les Congolais à se rassembler autour de Mobutu pour atteindre cet objectif: "Sika totala l'avenir boyakani tosangana pembeni na ye..."
"Jeunesse ya mboka, Congo ya lobi ya bino, yaka tosangana pembeni ya Mobutu...", etc.



Monano 07/09/2011 13:38



Concernant le conflit entre De Mi Amor et Ilosono, balobaka ete Franco adefaki mbongo epayi ya vieux Denis, alors ils se sont convenus que le remboursement se fera par le truchement des Editions
Musicales Epanza Makita, malin qu´il est, le Roi de Niongo comme on l´appelait a à l´époque, Franco soki amoni nzembo wana ezali kosala succès ya makasi na ba concerts akobimisa yango na Editions
Boma-Bango, alors oyo ezali na succès ya makasi te ekobima na Editions Epanza Makita, quand vieux Denis avait compris le double jeu de Luambo, il commencera à "bouler" comment punir le
Colonel Yorgho, c´est ainsi que Lasitura Kwany Munsi entrera dans le jeu...


Quant à Mwana Tabu, l´histoire a une autre coloration, il y a eu trop de bizarreries, de médisances, voire même kofingana ya VIS-A-VIS, dommage.


La question que tout le monde se posait à l´époque pourquoi vieux Denis n´avait pas monté des studios d´enregistrement ou carrément une usine de pressage des disques vynil pour mieux aider les
artistes musiciens... en lieu et place de déstabiliser les structures déjà existantes à savoir l´Ok Jazz et l´Afrisa, dans son entreprise diabolique, il ne s´était pas arrêté aux seuls musiciens,
les équipes de football surtout leurs marabouts  et certains hommes d´affaires BAMONAKI OYO BAKOKI KOMONA...



Faustin 07/09/2011 00:19



Mutoto ya Congo Pululu,


Olobi ya solo Vieux Denis asalisaki ba musiciens mingi to afungolaki bango miso na ba droits na bango, kasi kobosana te libulu ya mbongo epayi vieux Denis azalaki kozua ezali ndenge moko te na ki
"patron" ya orchestre. Nabanzi soki oyoki nzembo ya afr. Jazz, na titre "basi ya African Jazz", okozua mua ba idées mingi, en plus vieux Denis azali mosika mingi te na ndenge ya famille na vieux
Roger Izeidi Monkoy, balobaka ete leki ya vieux Denis abalaki semeki to leki ya muasi ya vieux Roger Izeidi, ata vieux Roche azali ndeko ya ba vieux Roger te, kasi na tangu ya kala na Kinshasa,
lokola batu bazalaki mingi te, soki bowuti côté moko to kaka ki camarade ezalaki kobonguana famille, puisque na Kinshasa ya kala batu oyo bazangaki ba famille bazalaki ebele....


Compte-tenu ya ba masolo oyo nionso, tii lelo nakamuaka ndenge nini vieux Denis na vieux Rochereau bakomaki tii na niveau wana, kaka ndenge ndeko Samuelé alobi, il faut ezala na likambo to na
motu oyo atiyaki SONGI-SONGI na kati na bango... Kobosana te, bokasi ya mbongo ezalaka na bibundeli ndenge na ndenge, kasi ekozalaka pamba na miso ya Nzambe... lelo tosuka wapi...


 


Faustin



Samuel Malonga 06/09/2011 16:02



Cher Pululu,


Je n'ai pas écrit un article anti-Ilosono. Mais, je n'ai fait que relater l'histoire telle qu'elle fut dite et redite à l'époque des faits. Toutes ces chansons de Tabu Ley ont été
composées parce qu'il y avait un problème entre les deux hommes. Je ne pense pas que c'est seulement parce que vieux Denis voulait promouvoir une certaine jeunesse qu'il avait déclenché
"opération zolo". De la façon dont les deux hommes s'étaient haïs, je pense qu'íl y avait quelque chose de très profond que nous ne connaissons peut être pas. Les deux hommes s'étaient alors
servis de la musique pour étaler au grand jour leur querelle. Le journaliste Paul Bazakana, qui a longtemps cotoyé Tabu Ley a écrit un livre "Dans les coulisses de Rochereau"dans leque il revient
sur ce problème en reconnaissaint que Le vieux Kasongo n'était pas aimer par les hommes du Président. En plus "Ticket ebunga" ou "Yambi chérie" est une composition de Michelino Mavatiku. Ce
talentueux guitariste n'a fait qu'un pasage éclair dans Festival des Maquisards. Il était vite rentré au bercail. Toutefois, il y a dans ce que tu as écrits certaines vérités incontestables.



Joseph Pululu 06/09/2011 09:03



Ilosono contre l'hégémonie de Rochereau et Franco.


A lire l'article de Samuel Malonga, Ilosono Denis c'était le diable en personne, pourtant rien n'est plus faux. Il faut avoir rencoàntré ceux qui ont été soutenu par Ilosono, pour comprendre les
motivations de cety amoureux de la musique congolaise.
En effet, les problèmes de Rochereau et Denis Ilosono trouvent leur génèse à Mbandaka, au premier congrès constitutif du MPR, dont la chanson Monano rend admirablement compte. Rochereau tout
comme Franco ont été invité pour agrémenter l'évènement avec leujrs orchestres respectifs et ils ont été gracement retribués. Et celui qui tenait la caisse c'était Ilosono.
Mais telle ne fut pas sa surprise, lorsque au retour à Kinshasa, rencontrant les musiciens de Franco et Rochereau, il se rend compte que ces deux patrons ont gardé le pactole pour eux et n'ont
pas retribué leurs musiciens. Ilosono qui était jeune, ne pouvait pas laisser cela. Mal elon certains aînés, Ilosono aurait bien tenté de demander, par personnes interposées, aux deux "patrons"
de faire un geste envers leurs musiciens, mais ceux-ci, l'auraient éconduits, en lui demandant de s'occuper de ses onions. Et dans l'affaire, le plus insolent aurait été Rochereau.
C'est ainsi qu'Ilosono, confiant aux talents des artistes qui ont accompagnés ces deux monstres sacrés, decidera de leur donner les moyens de donner une leçon à Franco et Rochereau. C'est ainsi
que sont nés les orchestres Révollution de Kwamy Munsi, débauché de l'OK Jazz et équipé par ses soins en instruments de musiques, ainsi que le festival des maquisards, avec Guvano et Sam, tous
deux anciens de Fiesta. Pour Ilosono, au délà de sa querelle avec Rochereau, c'est d'abord, une question d'équité: il voulait amener les deux grands, Franco et Rochereau à mieux retribuer leurs
artistes, à reconnaître aux autres leurs talents. Le marché du disque congolais de l'époque ne s'en potrtera que très bien, puisque les groupes d'Ilosono, vont créer la première révolution de la
mpusque congolaise, en destabilisant les Franco et Rochereau. Par ailleurs, il leur permettra de réaliser des tournées à l'intérieur du pays, même pour le festival des maquisards, la tournée de
Kisangani finira par un rétentissant fiasco que Sam Manguana immortalisera par "Ticket ebunga", puisque le mécène Ilosono, resté à Kinshasa et débarqué ndes services de Mobutu ne pouvait plus
assurer à son groupe chéri ses moyens.


On sait aussi que sentant le danger sur leur carrière, Franco et Rochereau, feront jouer leur relation pour se rapprocher de Mobutu et l'amener à se débarraser d'Ilosono. Franco sera bien payé en
retour en récupérant le bar d'Ilosono alors que Rochjereau obtiendra le souitien de Mobutu pour son Olympia.
Et pour les musiciens de ces deux larrons, ce sera le retour à la case départ: des miettes. La situation n'a paas beaucoup changé depuis.
Imaginons un peu ce que serait devenu la vie du musicien congolais, si Ilosono avait réussi à amener les aptrons des orchestres à mettre en place des structures pour mieux retribuer le travail du
musicien congolais?
En tout cas, en ce qui me concerne, je n'ai jamais accablé le Capitaine Ilosono et Rochereau, on s'en rend compte aujourd'hui, n'éatit pas le petit Saint et la victime d'Ilosono. Tout ce qui lui
était arrivé n'était que la conséquence du mauvais comportement qu'il avait dé"veloppé à l'égard de ses musiciens,  et auquel Ilosono voulait mettre un terme à sa manière.


Joseph Pululu



Samuel Malonga 05/09/2011 10:22



Merci ndeko Témoin Occulaire pona témoignage na yo.



Témoin occulaire 04/09/2011 22:33



Effectivement makambo eyaki ndongo entre Vieux Denis na Vieux Roche, biso wana toza kaka ba Ngembo, concert na Lemba na Au Pépé Bar ya Général Nkulufa, Afr. Fiesta National au complet avec les
Ndombe et consorts, babandi koyemba nzembo ya MOkitani ya Wembo, mbala moko Maréchal Rochereau ayembi : "bosombi ba bar balingi nabetaka te, ata na Lemba nakoya kobeta..." biso ba ngembo tout
togangi eheeeee.... miziki chauffé ya danger, un temps Polo Ndombe akati vieux Roche, abandi koyemba : Yayi Inki, biso ba ngembo Yayi Gidare, Gidare kele inki, Gidare kele dance....


Puisque ba bar lokola Vis-à-vis, A côté Bar, Alex Bar (engels), donc ba bars nionso ya Matonge, Kasa-vubu, vieux Denis abandaki ko loué yango, kasi eyebanaki kaka ke Vieux Denis asombi ba bars
wana,...


Bongo yoka discussion na biso ba ngembo, vieux Denis apekisi Rochereau abeta na Capitale, sikoyo Rochereau abanda kaka kobeta na ba provinces, entendez, Capitale Matonge, Kasa-vubu, Ngiri-ngiri,
ba provinces donc Kintambo, makala, Lemba, Matete, Ndjili....


Après wana concert mosusu ezalaki na Souzanella, tango bar yango ezalaki na Place commerciale na Limete, tomona kaka motu moko aleki na micro, alobi Rochereau ba ASSASSINE ye, panique général na
biso ba ngembo, puis alobi, Rochereau ba assassiné ye kasi akufi te, tozalaki na concert moko bongo bapetaki masasi, yango na concert ya lelo na souzanella Rochereau akoya te, tangu toyoki ke
Rochereau azoki te, akufi te, biso ba ngembo tosepelaki, puis Polo Ndombe azui micro abangi koyemba répertoire nionso à la satisfaction générale, kasi Vieux Roche azali kaka vieux Roche, absénce
na ye esalaki bien te....



Mutoto ya Africa 04/09/2011 10:07



En 1985 le gouvernement kenyan avait pris la décision d´interdire la diffusion des oeuvres musicales étrangères à la radio nationale, cette décision fera souffrir en particuler la
commercialisation des chansons congolaises, comme vous le savez bien, 1985, c´est l´année où Mbilia Bel trônait au sein de l´Afrisa de Tabu Ley avec des oeuvres de hautes factures, et que la
moribonde Mazadis, pour ne pas la citer, était en perte de vitesse. Le Kenya étant à cette époque un des rares pays africains a avoir des radios privées, c´est l´époque des partis uniques en
Afrique, Mwana Tabu conscient de cette situation ne tardera pas de composer une chanson patriotique à la gloire du Président Kenyan et qui sera diffusée rien qu´aux radios privées, et le ministre
de l´information ne tardera pas d´abroger cette mesure d´interdiction à l´encontre des oeuvres étrangères pour permettre à la radio nationale de diffuser l´oeuvre à la gloire de leur "Sese Seko"
Kenyan.



Idée du Jour 04/09/2011 08:52



A quelque chose malheur est bon, et si Franco Luambo avait accepté d´accompagner Kallé Jeef à la table ronde...



Moninga 03/09/2011 15:49



Comme l'on vient de mentionner 'les compagnons de la revolution' dans l'un des commentaires precedant le
mien, puis-je supplier Vieux Emma Kandolo de nous faire un long recit et bien elabore de la facon qui est lui est unique de ces derniers, l'un apres l'autre, leurs prouesses et declins, leurs
projenitures et ce qu'ils sont devenus.


J'avais une fois rendez-vous avec un responsable a la Citibank/Kin et on me dira qu'il s'agissait de
Jean-Marie Mulamba dont son pere fut une fois relate ici par Vieux Emma. On s'ecrivait et se parler pour la mise en place de mes petites affaires avec Citibank, mais dommage que mon deuxieme
voyage pour finaliser le contrat me verra traiter avec un autre monsieur qui me dira que Monsieur Mulamba aurait quitte l'institution. Grande etait ma deception car je voulais devenir amical avec
lui afin de savoir quelque chose de son pere et ce que sa famille connut apres sa mort, le regime de Mobutu durant.


Comme un tout petit garcon, j'apprenais qu'un certain General Masiala connut la mort dans un
crash aerien. La seule chose que je retenais est qu'il fut general dans l'armee congolaise. Voila qu'a travers cet espace - qui nous ramene toujours au pays et nous apprend son histoire grace a
la bonne volonte et l'amour de ses participants - je decouvre aujourd'hui que General Masiala fut l'un de ceux qui arracherent le pouvoir a Kasa-Vubu, dirige par Mobutu, si c'est exactement
ca ce que 'les compagnons de la revolution' veut dire dans l'histoire de notre Congo.


Puis-je terminer par dire que ma femme et mes enfants lisent avec moi Mbokamosika afin
d'apprendre nos deux langues (Lingala et Francais) et l'histoire de notre pays, ne pouvant pas leur fournir des manuels et livres d'ou apprendre. Ainsi, quand Vieux Emma ecrit en
Lingala, ils sont tres contents car le francais, ils l'apprenent aussi ailleurs. Vous tous qui participez sur ce blog, me rendez la tache facile: vous apprenez a ma faille ce que
j’ai peux pas leur apprendre. Merci!


Sais qu'il y a longtemps qu'eux (ma famille) et moi avons lu Vieux Emma ici. Que quiconque peut
l'atteindre n'hesite pas de lui dire combien il nous manque, et surtout que nous l'attendons autour de la table a manger, notre lieu d’etude familiale.


Bon weekend a tous les mbokatiers!



Polo 02/09/2011 16:37



En réalité c´est quand l´Ordre des Compagnons de la Révolution fut créé et comme le Général Masiala en était le Chancelier, il fut appel au Capitaine Ilosono pour s´occuper des affaires
administratives de son bureau, mais une fois encore le Général était décu... les tenanciers des bars et autres nganda de Kinshasa en savent quelque chose... Vieux Denis la fierté des Kinois...



Richard MAWETE 02/09/2011 13:59



Un très bon recit sur la signification des plusieurs chansons de Tabu Ley.Je rajouterai seulement que Denis Ilosono avait retrouvé une position enviable auprès du marechal dans les années
1975,sauf il s'était mis à cultiver la discretion,pour ne plus attirer l'attention sur lui.



Kin-Malebo 02/09/2011 11:55



Tabu Rochereau faisait partie de l´'African Jazz, comprenez la suite, l´antagonisme entre Pascal et Denis est peut-être la suite logique de ce qu´on peut appeler "affaire African Jazz"...


N´a-t-on pas dit que l´African Jazz avait dansé avec le loup à la Table Ronde de Bruxelles...


Ndeko Malonga Samuel, bravo pour la face visible de cette histoire, mais fais un effort pour découvrir sa face cachée car il y a point de fumée sans feu...



Antoine NICKEL 01/09/2011 22:24



Bravo pour cet article très intéressant qui nous en apprend encore, si besoin est, sur ce système qui a sévi pendant des décennies au Congo.