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Publié par Messager

 

RDC: le chef Maï-Maï, Kyungu Mutanga, a repris ses attaques dans le Nord-Katanga

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Opération de désarmement des milices par des casques bleus en RDC.

© Monusco

Par RFI

Début janvier, des affrontements ont eu lieu dans le Nord-Katanga entre les miliciens de Kyungu Mutanga, alias « Gédéon », évadé de prison en septembre dernier, et les forces de l'armée congolaise. Plusieurs milliers de civils ont fui la région. L'évêque de Kilwa-Kasenga, Monseigneur Fulgence Muteba Mugalu s'en est ému.

Condamné à mort pour des crimes contre l’humanité dans le Haut-Katanga entre 2001 et 2006, Kyungu Mutanga alias « Gédéon », est revenu dans son milieu après s’être évadé début septembre 2011 de la prison de Lubumbashi. Loin de croiser les bras, il a en quelques mois recruté des jeunes gens et réorganisé une milice, équipée d’armes à feu.

Première cible : l’armée gouvernementale. Des combats violents et meurtriers entre les deux groupes début janvier ont fait fuir les populations des villages.

« Violence, psychose, panique, peur », l’évêque de Kilwa-Kasenga [évêché du nord de la province du Katanga, NDLR], Mgr Fulgence Muteba Mugalu, n’a pas eu d’autres mots pour décrire cette situation qui a déjà fait plus de 10 000 déplacés dont la plupart sont des enfants. Nombreux de ces déplacés sont cachés dans la forêt, sans assistance et livrés aux intempéries. 

Cependant, pour l'évêque, il y a une « main noire » derrière cette aventure de Gédéon. Il a demandé qu'une enquête sérieuse soit faite sur les circonstances de l'évasion du chef de guerre et que celle-ci soit élargie « aux personnes qui manipulent Gédéon et lui fournissent des moyens pour tuer son propre peuple ».

Gédéon Kyungu Mutanga et 20 de ses miliciens Maï-Maï s'étaient rendus le 12 mai 2006 aux forces de l’ONU. Le chef de guerre avait été condamné à mort le 9 mars 2009 par la cour militaire de Lubumbashi pour crimes contre l'humanité, rébellion et terrorisme, au terme d'un procès de 19 mois. Dans son jugement, la cour avait souligné la responsabilité du gouvernement pour n'avoir pas désarmé les miliciens Maï-Maï, ses alliés, après la fin de la guerre congolaise en 2003 et l'avait condamné à payer des indemnités aux victimes et à leurs familles.

Le 7 septembre 2011, près de 1 000 prisonniers s'étaient échappé de la prison de Lubumbashi lors d'une opération commando de miliciens. Parmi eux, Gédéon Kyungu Mutanga.

Une récompense de 100 000 dollars a été offerte par les autorités pour tout renseignement pouvant conduire à son arrestation.

« On le croyait définitivement écroué et condamné. On croyait même qu’il s’était converti à la foi chrétienne pour s’être fait « baptiser » ostensiblement dans une secte. Tout n’a été finalement qu’une comédie, une amère comédie. Gédéon est bel et bien de retour dans sa région natale, aux confins du territoire de Mitwaba et de celui de Pweto, dans le Haut Katanga », commente avec amertume Mgr Muteba.

Ntabo Ntaberi Sheka, un autre chef Maï-Maï, recherché pour des crimes et viols, a fait campagne en novembre 2011 pour un poste de député à Walikele dans le Nord-Kivu. Sheka est accusé d'avoir organisé le viol de collectif de 387 personnes dans une douzaine de villages de la région.

Dans les archives de RFI, les milices congolaises

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