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Publié par Messager

 JEAN SERGE  ESSOUS

      Qui est ESSOUS                        

     ET  L’HERITAGE  ANTILLAIS

 

I – MUSIQUES VENUES D’AFRIQUE.

 

Les Antilles ont exercé depuis l’enfance d’ESSOUS le plus puissant attrait sur l’imagination des musiques divers venus d’Afrique au 16 ème siècle, par le canal de l’esclavage, et qui se sont métissées avec les apports hispaniques ou français pour donner naissance à la Salsa ou à la biguine.

 

Le déploiement  de l’incomparable beauté des chants, la chaleur rythmique de la Salsa et de la Biguine avaient  longtemps excité l’enthousiasme de Jean Serge ESSOUS. Au point où dès sa descente à Fort-de-France (Martinique)  en 1966, son exaltation a été d’une violence inouïe.

 

De toute façon, il ne pouvait pas rester indifférent à l’égard de ce qu’il avait découvert sur cette terre d’asile à laquelle la métropole avait fait don des « meilleures qualités de son génie »

 

C’est d’abord dans la sphère  « Rumba-Soukous » que Jean Serge ESSOUS s’est  taillé une solide réputation de chanteur soliste et saxophoniste-clarinettiste-flutiste.

 

Très intelligent, toujours en avance sur son temps, la  plus grande et remarquable réussite, d’ESSOUS  - longtemps ignoré – c’est d’avoir été le véritable génie créateur du « Zouk ». Et l’on ne résiste pas au plaisir d’écouter, les premiers morceaux qui ont façonné l’assemblage de la « Rumba-Soukous » avec « la biguine »  pour élaborer avec une éthique de travail sans équivalent, le genre rythmique auquel l’on a attribué le nom « ZOUK ». Un vrai défi, ESSOUS avait gagné son pari. Laisser son nom pour la prospérité dans cette contrée des « Iles »  de façon à obliger les gens à tirer ce qu’il y avait de plus enrichissant dans l’expérience africaine.

 

II  - CARNET DE BORD D’ESSOUS POUR ATTEINDRE LES ANTILLES

 

1 - 1966 – PREMIER FESTIVAL MONDIAL DES ARTS NEGRES – DAKAR

 

Du 1er au 24 Avril 1966, Les Bantous ont l’honneur de représenter la musique congolaise au 1er Festival mondial des arts nègres à Dakar. L’enthousiasme avait caractérisé cette rencontre de toute la diaspora noire du monde. La reconquête de son identité en fût l’objectif à long terme.

 

Après le festival, L’orchestre sillonne le Sénégal, la Gambie et particulièrement la Côte d’Ivoire où il participe brillamment au 6ème anniversaire de l’Indépendance à Abidjan. Il  surclasse tous les locaux, il est retenu pour  la circonstance à imprimer le disque commémoratif  intitulé « Le 6ème Sillon »  suivi de  la signature d’un contrat de 6 mois de production à l’Hôtel Ivoire d’Abidjan.

 

La signature à l’hôtel Ivoire ne sera pas honoré par Les Bantous, qui pour des raisons d’état sont tenus à regagner Brazzaville. Une décision qui va manifestement déplaire au chef d’orchestre, ESSOUS, qui refuse de rentrer à Brazzaville. Naturellement, il laisse Nino MALAPET prendre les destinés de l’orchestre.

 

D’Abidjan, ESSOUS prend la direction de Paris où il rejoint Joseph KABASELLE, Jeannot  BOBENGA, Casimir MBILIA « Casino » et autres musiciens pour une série d’enregistrements sur disques, sous l’étiquette African Jazz. (Avant de participer plus tard à quelques enregistrements de  l’African Team de Manu DIBANGO, KABASELLE, MUJOS, KWAMY, GONZALO et autres)

 

A Paris, ESSOUS rencontre  également Freddy NKOUKOU. Il est à la tête de l’orchestre RYCO JAZZ qui après une longue tournée en Afrique, se trouve baser à Paris.  ESSOUS intègre le groupe, sa venue est d’ailleurs vivement saluée.

 

2- 1966 – VOYAGE ET SEJOUR AUX ANTILLES

 

ESSOUS

L’arrivée d’ESSOUS dans le RYCO JAZZ tombe à point nommé : l’invitation faite à l’orchestre à se rendre à la Martinique pour une semaine.

 

Le 25 Décembre 1966, l’orchestre RYCO JAZZ atterrit à Fort –de-France (Martinique) et on compte dans ses rangs les tous premiers musiciens ci-après renforcés par quelques autres intégrés en 1967 :

 

NKOUNKOU Freddy (chant)

ESSOUS Jean-Serge (saxo)
MALEKANI Gerry (guitare solo)
NEVEU Philippe (guitare basse)

GENEVRARD Jean-Jacques (orgue)
MBILIA  Casimir « Casino » (tumba et chant)

CAVLA Jojo batterie (antillais)

ABDALLAH Bernard (guitariste rythmique)

 

Dès son arrivée, ESSOUS se préoccupe aussitôt de connaître l’histoire des Antilles. Il visite la commune des 3 Ilets en Martinique. Aussi sa surprise est grande de découvrir une stèle élevée en mémoire des résistants « marrons » de l’époque des colons français. Ils sont vraisemblablement d’origine congolaise : NGUELA- BOUANGA – NGOMA… Ces premiers témoignages très significatifs incitent ESSOUS à chercher davantage les moindres indices liés à l’esclavage. C’est ainsi  qu’il va s’appesantir sur l’origine de la Biguine. Il tombe effectivement, sur un ouvrage datant du 17ème siècle et qui justifie l’origine congolaise de la biguine, (comme d’ailleurs celle de la Rumba à Cuba). ESSOUS aura ainsi produit tout un répertoire des faits liés à l’esclavage et particulièrement ceux concernant le golfe de guinée, entre le Sénégal et le Congo. Lieux de localisation de « matières premières » qui avaient été reconnus par les colonisateurs français entre le XIVe et le XVIIe siècle.

 

Invité pour un nombre de concerts précis à l’occasion des fêtes de Noël et de Nouvel an,(1966/67) le séjour d’ESSOUS et l’orchestre RYCO JAZZ  va se tirer en longueur, jusqu’à cinq ans.  Le groupe est  réclamé dans toutes les îles antillaises françaises, anglaises,  hollandaises et à Trinidad et Tobago. La tournée va changer la vie d’ESSOUS. Un impact énorme sur son cheminement personnel. ESSOUS reconnais n’avoir jamais eu autant de succès dans sa carrière musicale. Sa réputation d’indispensable expert du rythme en dit long. Pour ne citer que ces quelques faits non négligeables :


a) - FEVRIER 1968,  ESSOUS est primé meilleur artiste du carnaval  antillais pour la chanson  « Timothée » qui devient l'hymne du carnaval. A cette occasion, comme à l’accoutumée la Marseillaise est jouée à son honneur sur la place de l'impératrice

Joséphine DE BEAUHARNAIS.

 

b)- Toujours plus fort, ESSOUS marque davantage les points avec la
La chanson "Désarmement" chanté en créole, certes, mais dans laquelle ESSOUS distille son impressionnant savoir faire, excite le monde et remporte un succès énorme.   

 

c)- Matériellement, ESSOUS n’avais  jamais obtenu autant  d’acquis, au point de défier bon nombre d’opérateurs économiques locaux. Il roulait Simca 1300 ensuite DS, D19, logé dans un confort de luxe.

 

d)- Musicalement, ESSOUS est  à une période où nos grandes vedettes antillaises d’aujourd’hui, (DEVARIEUX- DECIMUS – NEMBRO-  Claude VAMUR…étaient  les jeunes cadets et les fans d’ESSOUS.

 

Autre privilège, encore plus rare, il faisait partie de ces musiciens  de la biguine connus et appréciés d’un public qui s’étendait  au de-là de la Martinique. Tout le monde connaissait  le saxophoniste-chanteur à la technique acrobatique et au saxophone coudé. ESSOUS était devenu pour bon nombre de jeunes musiciens, une référence. Tellement que l’on admirait en lui, son placement rythmique incroyable, son feeling, son spectre harmonique large et son improvisation facile…Et l’on sentait chez lui une grosse culture de l’histoire de la musique afro-caribéenne.

 

ESSOUS, avait aussi  gravé quelques uns des chefs d’œuvre qui ont donné au « Zouk » ses lettres de noblesse. C’est ainsi qu’on reconnaît  toujours en lui, celui dont les œuvres avaient su concentrer en elles l’évidente rayonnante et le mystère troublant  de la grande Musique ZOUK dans son style initial. ESSOUS et son groupe le RYCO JAZZ, auront  été aussi ceux qui ont ouvert  le chemin aux musiques africaines ou aux orchestres africains de nouer leurs rapports autour des influences croisées de la   « Rumba-Soukous+Biguine = Zouk »

 

e)- Familialement, ESSOUS a eu l’occasion à la Martinique de former un foyer stable, grâce à son union avec une martiniquaise avec laquelle il a eu un enfant.

 

3 – 1971  RETOUR  D’ESSOUS AU CONGO

 

FEVRIER 1971 - ESSOUS, son épouse antillaise de la Martinique et leur fils né à Fort-de-France (Martinique)  sont de retour à Brazzaville, après cinq années passées en France et aux Antilles. Peu de temps après, et à la grande satisfaction de la famille musicale congolaise, ESSOUS est employé à la SOCODI (Société congolaise de disque) en qualité de Conseiller artistique. Le commandant Alfred RAOUL (Vice-président du Conseil d’Etat et chef du département de l’Industrie) l’investit de toute sa confiance. Lui-même mélomane très averti. ESSOUS apporte tout son savoir faire à Félix TATHY, directeur général de la SOCODI, cumulativement avec ses activités au sein de l’orchestre Les Bantous de la Capitale.

 

Clément OSSINONDE

Clement.ossinonde@sfr.fr

 

Pour de plus amples informations sur le séjour d’ESSOUS aux Antilles, un film en DVD réalisé par Denis MALANDA et produit par Cyriaque BASSOKA (www.bassoka.fr) est en vente dans  les FNAC. « Qui est ESSOUS ? »  - d’Afrique aux Caraïbes -


Essous et le Ryco-Jazz

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Pedro 25/01/2014 06:51


Chers mbokatiers,


 


Qui a composé la chanson qui dit Tolakisi na miso ya molongo mobimba (e)te Kongo moke ezali Kongo monene ? Est-ce Essous ?