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Publié par Messager

 

Il fut la seule étoile qui illuminait au firmament de la planète foot de la fin des année 50 jusqu’au-delà des années 1970. Il se surnommait Pelé. Comme il est de coutume au Brésil, Il avait bien fait de se trouver un pseudonyme car il avait un nom imprononçable pour les Congolais. Il s’appelait en réalité Edson Arantès do Nascimento. A presque 26 ans, il foula pour la première fois le sol des deux Congo. En juin 1967, il fut l’hôte d’honneur des amoureux du ballon rond à Kinshasa et à Brazzaville. Au stade Tata Raphaël, c’est à Mobutu que Pelé remit le fanion de Santos Futebol Clube, le président ayant fait office de capitaine des Léopards. Les Brésiliens portaient un maillot immaculé alors que nos fauves étaient tous de bleu vêtus. Leurs tenues étaient surmontées d’une étoile jaune et des barres transversales rouge-or, couleurs du drapeau national. Pour ce jour de fête, le tout Kinshasa sportif s’était donné rendez-vous au temple du football congolais dans la commune de Kalamu.

 Léopords-Santos


Kinshasa juin 1967, photo souvenir Léopards –Santos: 1-2

Debout de g à d: Orlando, Muwawa, Joel (caché), Lima, Matumona, Zito, Mulongo, Bilengi?,Kazadi,                                                                                                                                                                                                                                                                                                                Mungamuni, …. (Mungamuni),Mbuli, Katumba, Claudio (caché), Rildo, Lembi Lemons ? et Tshimanga ?

Accroupis : Wilson, Kasongo, Clodoaldo, Kibonge, Toninho, Mokili Saïo, Pelé, Makelele ?, Abel et Nicodème                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              Kabamba.

 

Mais, Combien étaient-ils cet après-midi-là pour voir de leurs propres yeux le roi du football mondial dans ses œuvres ? Quatre-vingt-dix mille peut-être davantage. En tout cas, le stade était archicomble. Le président de la république n’avait pas voulu manquer cette occasion. Il n’avait pas dérogé à cette règle qui voulait que les chefs d’Etat qu’ils soient rois, reines, princes ou présidents aillent voir jouer Pelé de passage dans leur  pays. Même les papes se plaisaient à le recevoir au Vatican. Il était la première star planétaire du football. Tenez, une anecdote : Lors d'un match amical en Uruguay, un arbitre expulsa Pelé qui fit justice lui-même pour se venger d'un méchant tacle. Furieux, les spectateurs descendirent sur le terrain, chassèrent l'homme en noir, allèrent chercher le roi dans les vestiaires, le remirent sur le terrain. Et le match reprit comme si rien ne s’était passé. " Nous avons payé pour voir jouer Pelé, pas l'arbitre ", expliqua le public. Au Nigeria en pleine guerre du Biafra (1 million de morts), les belligérants signèrent un cessez-le feu pour voir jouer l’éternel numéro 10. A Kinshasa, Santos FC avait battu les Léopards par deux buts à un. Le roi ne parvint à sauver son honneur qu’après la blessure de Freddy Mulongo qui était son ange gardien du jour. A Mfoa entendez Brazzaville, les mêmes Brésiliens conduits par le Roi prirent le dessus sur Congo-Sport par trois buts à deux. Avant ce match, il avait plu abondamment en plein mois de juin. Le public brazzavillois n’avait pourtant pas quitté l’arène qui pour la première fois était remplie comme un œuf. Personne ne voulait manquer le spectacle malgré les caprices de temps. Mais le supporter ordinaire finit par trouver la réponse à l’énigme de cette météo inhabituelle pour une saison sèche. C’était le fétiche brésilien, la macumba, qui venait mouiller les gris-gris congolais par ces eaux qui tombaient dru du ciel. Sur le terrain, après avoir été mené par deux à zéro, Santos remit les pendules à l’heure par Pelé et finit par l’emporter sur le score étriqué de 3-2. Les superstitieux n’avaient-ils pas vu juste ?

 

http://pele.m-qp-m.us/images/photos/camp/camp_060.jpg

Pelé congratulé par le président Mobutu

 

Près de deux ans après son premier voyage, l’équipe de Pelé revint en Afrique centrale. Le 17 janvier 1969, le Brésiliens étaient à Pointe-Noire. Il avait plu abondamment la veille. Et c’est avec la sable ramené de la plage que l’on boucha les flaques d’eau sur le terrain du stade Franco Anselmi.  C’est donc sur une aire de jeu en très piteux état que Santos eut raison de la sélection du Kouilou par un cinglant 3-0. Deux jours plus tard, les Brésiliens rencontrèrent à nouveau Congo-Sport qu’ils battirent encore par 3-2 à Brazzaville. C’était comme pour dire : même endroit, même public, mêmes équipes, même ambiance, même score. Santos FC traversa le fleuve par le pool Malebo. Le 21 janvier, il bat presque facilement l’équipe nationale B à Kinshasa. Mais deux jours plus tard, ce fut l’heure de vérité. Ce jour-là, Pelé et les siens croisèrent  le fer avec les Léopards qui prirent leur revanche en battant l’équipe brésilienne par 3-2. Une clameur assourdissante envahit Kinshasa après le dernier coup de sifflet de l’arbitre. C’était comme si le Congo venait de  gagner la coupe du monde de football. Les Léopards seront la seule équipe africaine à   battre l’équipe du Roi Pelé. Ce soir-là, Brésilien Mayanga était l’auteur de la première réalisation congolaise. Alors que le bombardier Kalala sur passe d’Adelar (hors jeu ?) offrit à l’Afrique et à la RDC son unique victoire sur Santos et le roi Pelé. Les Léopards n’étaient-ils pas à l’époque la meilleure continentale? L’exploit réalisé était de taille. Ce n’était pas Santos qui était battu mais ce fut plutôt le meilleur joueur du monde qui mordit la poussière et par ricochet le Brésil tout entier. C’était un match de cliché. Quelques mois plus tard, Pelé marqua son 1000e but et l’année suivante, en 1970,  il fut champion du monde avec la Seleção. L’ancien petit vendu des cacahuètes dans les rues de Bauru, fut un joueur complet, polyvalent. Rapide, jouant des deux pieds, il possédait des tirs fumants, marquait des buts avec ses pieds tout comme avec sa tête, il pouvait même jouer au poste de gardien des buts.

 

http://www.youtube.com/watch?v=t0Vd2R3sTpk, http://www.youtube.com/watch?v=tnupvzzWxco,http://www.miroirdufootball.com/article.php?a_id=146 ,  

 

 

Gento et Pélé - 50.7 ko

Le seigneur Gento pose avec le roi Pelé

 

Le roi du ballon rond visita les deux Congo à deux reprises en l’espace de deux ans. Des milliers des gens sont accourus pour le voir. Il était l’attraction de tout le monde. Un Noir qui jouait si bien au foot, le meilleur de tous les footballeurs de la planète qui en bon artiste pouvait faire du ballon ce qu’ il voulait pour soulever le public. Peut-être que sur les gradins à Kinshasa et à Brazzaville, il y avaient ses frères, ses sœurs de sang et même ses parents et ses cousins lointains qui le regardaient à l’œuvre sans qu’ils ne s’en aperçoivent,  sans qu’ils sachent les liens familiaux qui les unissaient. Ils ne se connaîtront jamais et ne feront jamais connaissance. Peut-être que cette idée avait effleuré la pensée de la star lorsqu’il joua au stade Tata Raphaël et  à Révolution. Peut-être que cette pensée le hantait lorsqu’il saluait la foule. Ses ancêtres, comme la majorité des noirs brésiliens, sont  venus d’Afrique centrale. Et si par hasard il était des nôtres, Pelé serait  alors un bantou. Et s’il était des nôtres, quelle aurait été sa tribu ? son clan ? son ethnie ? sa province ? sa langue maternelle ? N’eut été l’esclavage, il serait peut-être né quelque part au Congo-Kinshasa, au Congo-Brazzaville ou en Angola. Qui sait, peut-être que le sang qui circule dans ses veines est congolais ou angolais. Il n’a jamais joué à Luanda, l’Angola étant encore à l’époque une colonie portugaise de peuplement. Mais c’est en homme d’affaires averti qu’il y investi. N’est-ce pas là la preuve que le sang angolo-congolais qu’il porte lui parle de son appartenance à cette partie de l’Afrique où seraient nés ses grands-parents qui un jour partirent dans les cales d’un bateau négrier vers le Brésil?  N’est-ce pas ce souvenir  qui habite l’homme ? Mieux qu’un simple signe de reconnaissance, c’est un acte d’amour pour une de ces trois nations qui  auraient dû être la sienne.  En tout cas, Dieu seul connaît les profonds sentiments qui ont poussé Pelé à investir en Angola. En faisant le voyage dans le sens inverse que ses grands-parents, il renforce ses liens personnels avec ce qui est sans nulle doute l’un des probables pays de ses ancêtres. Il honore par ce geste significatif son attachement indéniable  au lointain royaume de ses aïeux en étalant son penchant pour  cette Afrique noire où vit encore et vivra toujours la frange africaine de sa propre famille.

 

Samuel Malonga

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yens 16/04/2011 01:30



Sam,


Merci pour cet article,j'ai eu des larmes en lisant la partie où tu évoques les origines bantoues de PéLé,cette traite de noirs fut un crime contre l'humanité(on le dira jamais
assez).Mais de par sa morphologie,il m'a toujours donné l'impression que ses origines sont de la cuvette centrale(rire) .Merci encore Sam



Samuel Malonga 13/04/2011 21:46



C'est exact.



Messager 13/04/2011 21:10



Sam,


Après Kazadi, nous avons Mungamuni dit Asmara. à moins que je me trompe.


 


Messager


 



Samuel Malonga 13/04/2011 10:17



Messager,


C'est fort probable que ce joueur soit Makelele.



Messager 12/04/2011 18:43



Samuel,


Sur les trois joueurs dont tu n'es pas sûr, je peux confirmer à mon niveau Lembi Lemos et Tshimanga aux mêmes positions débout.


Quant  au joueur accoupi entre Pelé et Abel, ce n'est pas Mukombo, je crois qu'il' 's'agirait de Makelele Soucous dans la mesure où il avait participé à ce match, mais la figure me semble un
peu étrange.


 


Messager