Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par Messager


Nous avons reçu une copie de l'entretien que Jonas Mukamba avait accordé à notre ami Claude Kangudie pour le compte de la radio Diyi dia Kasaï. Le "patriarche" Jonas Mukamba a donné son accord écrit pour la diffusion de son interview sur Mbokamosika. Nous le remercions pour cette largesse à l'égard de notre blog.

 

ENTRETIENS AVEC JONAS MUKAMBA KADIATA NZEMBA

 

Cet entretien est essentiellement basé sur les rétombées du diamant au Kasaï. Les implications de celui-ci dans la vie économique de la province. L'apport et la gestion de Mr Mukamba dans la gestion de cette pierre au Kasaï. Pour certains qui ne trouveront pas réponses à certaines questions qu'ils auront voulu poser, nous disons qu'une autre occasion sera donnée à Mbokamosika....

 

Initiales: MKN: Mukamba Kadiata Nzemba.

CK: Claude Kangudie.

 

1. PRESENTATION DE L’INVITE

 

1.1. Identité

 

  • Jonas MUKAMBA Kadiata Nzemba

  • Né le 04 Janvier 1931 à Tshikapa (Kasaï Occidental ), de père ILUNGA et de mère NGOMBA.

  • Originaire de : Territoire de Katanda (Secteur Baluba-Lubilanji) ; District de Tshilenge, Province du Kasaï Oriental.

 

1.2. Etudes faites :

 

  • Primaires : à la Mission (Paroisse) Catholique Mayi-Munene (à Tshikapa) 1939-1944 ;

  • secondaires : les humanités gréco-latines au Petit Séminaire de Kabwe (près de Luluabourg / Kananga) 1944-1950 ;

  • supérieures : diplômé de l’Ecole Technique Supérieure des Sciences Administratives au Centre Universitaire

Lovanium – Kisantu : 1950- 1955 ;

  • universitaires : licencié en Sciences Politiques et Administratives à l’Université Catholique de Louvain (Belgique) 1957- 1961.

 

1. 3. Résumé du parcours fait dans la vie 

 

  • Agent Administratif en 4ème catégorie à la Cour d’Appel de Léopoldville :1955-57 ;

  • Membre au Collège des Commissaires Généraux de Léopoldville Septembre 1960 à Janvier 1961 ;

  • Ministre Provincial du Sud-Kasaï devenu Kasaï-Oriental (Mbuji-Mayi) de 1962 à 1965 ;

  • Gouverneur du Sud-Kasaï devenu ensuite Kasaï Oriental, de la Province de l’Equateur (Mbandaka) et de la Province – Orientale (Kisangani) 1965-68 ;

  • Commissaire du Peuple (= Député National) de 1970 à 1972 ;

  • Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire du Zaïre successivement en Ouganda (Kampala), au Soudan (Khartoum), en Italie (Rome), à la FAO-Rome, en Suisse (Berne), Nations-Unies (Genève), et au Royaume-Uni (Londres) avec accréditation en Suède (Stockholm) et en Norvège (Oslo) : 1972-1986 ;

  • Président Administrateur Délégué (PAD) de la MIBA (Minière de Bakwanga) :1986-1997 ;

  • sénateur de la Transition 2004-2007 ;

  • président national de l’Alliance des Démocrates Congolais (ADECO) : depuis le 30 Avril 2005 à ce jour ;

  • Président du Collège des Fondateurs (COFO) de l’Université de Mbuji-Mayi (UM) : de la création en 1990 à ce jour ;

  • Tuteur du Club de Football : Daring Club Motema Pembe (DCMP) ;

  • Président de la Conférence pour le Développement du Kasaï Oriental(CODEKOR) ;

  • Cofondateur, en 1961, de l’équipe de football « Union Kasaïenne » devenue à l’authenticité zaïroise « SANGA BALENDE »

 

2. LES ORIGINES DU DIAMANT DANS LE KASAÏ, DU TEMPS DE NOS ANCÊTRES

 

CK : M. MUKAMBA, de leur temps, nos ancêtres connaissaient-ils le diamant dans le Kasaï ?

 

MKN: Avant de répondre à votre question, permettez-moi, Monsieur le Journaliste, de m’acquitter d’un agréable devoir, celui de remercier votre chaîne «Radio Diyi dia KasaÏ » qui m’offre une belle opportunité d’apporter une certaine lumière sur quelques sujets historiques qui intéressent notre grand et beau Kasaï et ce, afin que les jeunes d’aujourd’hui puissent savoir situer certains événements du passé dans leur contexte réel, connaissant des vérités historiques qui échappent à d’aucuns jusque là. Cela étant, je m’en vais répondre à votre question sur ce problème qui m’a toujours passionné, car il concerne le développement de mon Kasaï natal.

 

Depuis les temps immémoriaux, j’ose affirmer que nos ancêtres connaissaient le diamant, qu’ils appelaient « bimasele » ou « bana ba mukana », que les jeunes filles ramassaient dans le lit de certains cours d’eau lorsqu’elles se baignaient. Elles se contentaient de les mettre dans la bouche et d’y les remuer pendant qu’elles s’adonnaient à cœur joie à la baignade sous le rythme endiablé de « ndiombo » (vacarme créé par un jeu d’eau). Et lorsqu’on leur demandait la raison d’être de cet usage, les baigneuses répondaient que c’est une question de fraîcheur dans la bouche.

Comme les autres peuples du monde, à l’époque, nos ancêtres n’avaient pas accordé à cette pierre la valeur économique telle que celle qu’avaient les masanga (grandes perles), les mitunda (petites perles) ou mibele (cauris) jadis utilisés comme monnaie dans les transactions.

 

3. DECOUVERTE DU DIAMANT PAR LES BELGES : MISE EN VALEUR ET EXPLOITATION

 

 

CK : Connaissez-vous l’année de la découverte du diamant par les Belges, sa mise en valeur et son exploitation ?

 

MKN : la découverte du diamant par les Belges au Kasaï est l’œuvre des prospecteurs Belges et Américains. La petite pierre de diamant a été découverte dans le ruisseau de Tshuminina près des chutes de la rivière Mayi Munene à proximité de Tshikapa le 04 Novembre 1907.

Trois noms sont donc associés à la découverte de la première minuscule pierre de diamant du Kasaï.

Ils s’agit des 2 prospecteurs Belges et 1 Américain :

  1. LANCSWEERT

  2. JANOT

  3. SHALER

 

C’est à partir de cette découverte que les missions de prospection sont intensifiées et la Forminière qui a été créée en 1906 établira son siège d’exploitation à Tshikapa. Cette Société va exploiter le diamant alluvionnaire des rivières Kasaï et Tshikapa de 1912 jusqu’à la veille de l’indépendance en 1960, soit 48 ans.

 

Au Kasaï Oriental, la découverte du diamant en 1918 par le prospecteur Ecossais Young sur la rivière Lubilanji entraînera la création de la Société Minière du BECEKA en 1919. Celle-ci exploitera le diamant dans sa concession de 1919 jusqu’à la veille de l’indépendance en 1960.

 

4. EXPLOITATION APRES L’INDEPENDANCE

CK. : Quelle exploitation le diamant a-t-il connue après l’indépendance ?

 

MKN : A la veille de l’indépendance en 1960, la Forminière a mis la clé sous le paillasson, mais la Société Minière du BECEKA qui va devenir, le 17 Juin 1960, la Société Minière de Bakwanga continuera l’exploitation et la production de la MIBA dans le Kasaï Oriental jusqu’à nos jours.

A la suite de la libéralisation de l’exploitation artisanale du diamant en 1982, la MIBA s’est vue dans l’obligation de protéger ses sites d’exploitation réduits à 5 Km2. Il convient de signaler que la concession de la MIBA s’étend sur les deux Kasaï et est de 72.000 km2.

 

Pour la protection de ses gisements miniers, le Gouvernement a accordé à la MIBA une force pour la protection qui, dans le temps, s’appelait Brigade Minière et maintenant la Police Minière, tandis que la MIBA elle-même avait sa propre force que dirigeait un certain belge, M. Blondeau : voilà pourquoi cette force continue à être appelée les « Blondeaux », du nom de son premier et célèbre encadreur.

 

Les deux forces sont chargées de protéger les sites d’exploitation pour empêcher leur envahissement par les creuseurs et autres intrus.

 

L’exploitation industrielle de diamant n’a pas connu une perturbation après l’accession du pays à l’indépendance qui a coïncidé avec la naissance de l’Etat Autonome du Sud Kasaï, car les autorités de la jeune entité naissante avaient veillé à la sécurité et à la protection du personnel de la MIBA et de ses installations.

En effet pendant qu’à cette époque de l’euphorie générale où une jeunesse droguée et fanatisée se lançait, partout au Congo, à la chasse à nos anciens maîtres et à la destruction sauvage des infrastructures de production héritées de la colonisation, KALONJI Albert qui se trouvait à la tête du Sud-Kasaï avait jeté l’anathème sur quiconque s’attaquerait aux Européens qui avaient décidé de continuer à œuvrer au Pays et sur tout un chacun qui oserait détruire l’instrument de production de la Forminière devenue Minière de Bakwanga ou MIBA. « Onso (yonso) wakeba mua kushipa batoka badi banisha mua kushala netu, ne wanyanga biamu bia mudimu, mmuluishi wa muana wa Muluba, wapueka ne mayi ».

A cette époque, j’étais moi-même son Chef de Cabinet avant d’être Ministre de l’Intérieur du Sud-Kasaï. Je dois vous certifier que la sécurité et la protection des biens de la MIBA étaient assurées sans faille et la production n’avait souffert d’aucun arrêt.

Quant aux Mines de Tshikapa, celles-ci avaient connu, depuis les années 50, un sérieux ralentissement et, à l’époque de l’indépendance, Tshikapa était presqu’abandonné, les Mines fermées, la Forminière ayant focalisé son exploitation sur le diamant industriel dont elle était devenue première productrice mondiale : d’où l’importance des Mines de Mbuji-Mayi.

 

5. REPRESSION CONTRE L’EXPLOITATION ARTISANALE ET CLANDESTINE

 

 

CK : M. MUKAMBA, que savez-vous de la répression contre l’exploitation artisanale et clandestine de diamant ?

 

MKN : Parler de la répression contre l’exploitation artisanale et clandestine, c’est évoquer l’éternel problème de la protection des matières précieuses qui a existé depuis le temps colonial.

Durant la colonisation, le diamant était un véritable tabou. On avait même peur de pouvoir citer ce mot d’où la naissance du vocable « bimasele » que l’on cache sous les herbes « masele ». Au Kasaï, l’Administration coloniale avait mis sur pied un corps des détectives dont la filature était redoutée de tout le monde, blancs et noirs. Et tous ceux qui se rendaient coupables de détention ou de trafic de diamant étaient punis avec rigueur. A cette époque, l’exploitation artisanale ne se pratiquait pas, surtout pas sur une grande échelle comme c’est le cas après l’indépendance où la répression est devenue sauvage, brutale, conduisant aux massacres, à des peines très graves d’emprisonnement, de saisie de tous les biens, meubles et immeubles …

 

CK : Monsieur le Sénateur, comme vous venez de citer le cas de massacre, pouvez-vous nous parler un peu de « massacre de KATEKELAYI » qui a défrayé les chroniques politiques du Congo au début des années 80 ?

 

MKN : Vous avez raison lorsque vous voulez connaître la vérité sur cet événement malheureux qui constitue une des pages sombres de la Province et de notre peuple.

Je dois vous avouer que, lors de la commission des faits je n’étais pas au Pays, j’étais en poste diplomatique, en qualité d’Ambassadeur Plénipotentiaire et Extraordinaire à Rome. Et comme un événement de pareille envergure ne laisse pas indifférentes les autorités des Pays auprès desquels l’on est accrédité, je m’étais forcé de connaître la vérité en vue d’en informer ces dernières en connaissance des causes. La première chose que je dois vous affirmer d’après les renseignements récoltés auprès des témoins oculaires est que « les massacres de KATEKELAYI » ne sont pas une fiction, c’est un fait réellement vécu. Pour votre gouverne, KATEKELAYI est une colline située le long de la rivière Mbuji-Mayi, en aval de la Ville du même nom, dans le village de Ditutu Bakwa Nsumpi, Secteur de Mukumbi, Territoire de Lupatapata dans le District de Tshilenge, bien sûr dans la Province du Kasaï Oriental.

Au début de 1980, un gisement très riche en diamant fut découvert à cet endroit par des creuseurs, lequel attira un public nombreux compte tenu de son ampleur : les gens venaient de partout : Mbuji-Mayi, Tshilenge, Katanda, Miabi, Kabinda,Kabeya Kamuanga, voire Kananga et ailleurs. Cet afflux attira négociants, creuseurs, trafiquants, commerçants et autres pananco (femmes qui évacuent le terril) et petits restaurateurs (didia dilenge).

Il est à rappeler que nous sommes à l’époque où le pouvoir de Kinshasa avait déversé sur Mbuji-Mayi et ses environs la fameuse brigade choc de triste mémoire, qui opérait avec cruauté et brutalité sans bornes. Ayant pris vent de ce gisement, les éléments de la brigade choc l’encerclèrent, selon les témoins qui ont vécu l’événement, à dix heures du matin au moment où creuseurs et négociants étaient en pleine activité et se mirent à tirer en direction de la mine. Ils tiraient de tout côté, sauf du côté qui donnait sur la rivière Mbuji-Mayi.

Ce fait de surprise créa une grande panique suivie de «sauve-qui-peut» en direction de la rivière, abandonnant sur les lieux argent, diamant, marchandises et autres outils de travail. Ils étaient nombreux ne sachant pas nager, la mort par balles qu’ils évitaient, les attrapa par noyade. Beaucoup de gens périrent les uns par balles, et les autres surtout par noyade.

 

CK : Comment pouvez–vous parler de la perte des vies humaines, lorsque le pouvoir congolais de l’époque fustigea les accusations des organisations de droit de l’homme et celles des élus «  Commissaires du Peuple » (Députés) du Kasaï, qui avaient osé dénoncer ce massacre, à cause de manque de preuves, car aucun deuil n’avait point été signalé dans le village, et aucune famille n’avait lancé un avis de recherche d’un membre porté disparu à la suite de la prétendue fusillade ?

 

MKN : Nous sommes tous des chrétiens, nous lisons dans la Bible le récit des gardes qui, sous les instructions des chefs des prêtres (autorité religieuse et politique juive de l’époque) sur la résurrection de Jésus, je cite (Matt 28 : 13) : « Pendant que nous dormions, ses disciples sont venus durant la nuit et qu’ils ont volé son corps que donc le Christ n’était pas réellement ressuscité d’entre les morts » fin de citation. Le pouvoir politique qui se défendait contre ces accusations recourait à l’argument juridique de la preuve qui incombe à l’accusateur.

Comment voulez-vous, Monsieur le Journaliste, dans les conditions décrites ci-dessus, dénombrer les morts car, pour plusieurs raisons :

- il y a eu nombreux cas de noyade, la rivière Mbuji-Mayi seule après Dieu, en détient le chiffre ;

- les victimes de fusillade qui étaient tombées sur la terre ferme ont été enterrées dans des Fosses communes par leurs bourreaux à des endroits tenus jusqu’à ce jour secrets ;

- les blessés qui étaient ramassés sur-le-champ (place) auraient été liquidés dans le but d’éviter des témoins gênants ;

- le moment des événements coïncide avec le sommet du régime de l’époque qui tenait tout le monde en respect ; qui pouvait soit organiser le deuil pour un membre de sa famille disparu, ainsi que l’exigeait le pouvoir comme moyen de preuve, soit aller déclarer auprès des autorités la disparition remarquée dans sa famille, de peur d’être taxé d’agent informateur des organisations de droit de l’homme, accusées par ailleurs de chercher à déstabiliser le régime ? D’ailleurs personne n’est sans connaître le sort qui a été réservé aux élus du Kasaï Oriental qui avaient osé élever la voix pour appuyer les déclarations des organisations de droit de l’homme, lesquels se verront hors du Comité Central lorsqu’en 1981, cet organe verra le jour parmi les organes du M.P.R., d’où la colère de ces derniers (=députés) qui se trouveront non appelés à la table de nouvelles têtes couronnées du Parti - Etat ;

- aussi l’occupation de cette mine militairement pendant une période plus ou moins longue après les tristes événements ne permettait-elle pas, même aux plus hardis du monde, à y tenter, après le massacre, tout travail de recherche des corps des victimes ainsi que de leur identification.

 

CK : Etant donné que notre blog s’est assigné comme devoir la lecture du passé en vue de la reconstruction de l’avenir du Kasaï, que peut-on dire au sujet de l’existence du diamant dans le sous-sol du Kasaï, est-ce une malédiction ou une bénédiction pour les Kasaïens et les Kasaïennes ?

 

MKN :Il est bon de rappeler que le Maréchal Mobutu a autorisé la libéralisation du diamant après plusieurs attaques des élus du Kasaï (Comité Central et Conseil Législatif) qui insistèrent que l’exploitation du diamant, la seule richesse du Kasa¨, soit libéralisée (le groupe de NGALULA, KADIMA TSHIOVO, TSHISEKEDI, KALALA KIZITO et autres se demandaient toujours pourquoi les originaires des autres provinces du Zaïre (RDC) jouissaient de leurs richesses du sol et du sous-sol : café, poisson, caoutchouc et bois à l’Equateur, or, cassitérite etc., dans le Kivu etc., tandis que les Kasaïens étaient formellement interdits d’accès aux mines du diamant.).

Revenons à votre question de savoir si le diamant est une malédiction ou une bénédiction des Kasaïens : il serait inexact de répondre par un oui ou par un non sans avoir analysé divers paramètres qui peuvent concourir à une bonne appréciation de vos préoccupation.

La présence de diamant dans le sous sol du Kasaï est un objet de prestige et de fierté pour tous ses filles et fils, car c’est par cette présence que le Kasaï et ses originaires sont connus à travers le monde.

C’est à cause du diamant que le Kasaïen était respecté et considéré par son compatriote congolais et même par l’ancien colonisateur car grâce à ce diamant, le Kasaï contribuait efficacement au budget de l’Etat. Il n’était pas comme certaines provinces du pays  « consommateur sans contribution » ; raison pour laquelle le Kasaïen est de nature fédéraliste et se nourrit des sentiments ambitieux et légitimes d’être associé à la gestion de la chose publique.

Mais, la présence de diamant constitue, par ailleurs, une entrave au développement du Kasaï. En effet, dès la découverte du diamant dans la région, celle-ci fut déclarée par l’autorité coloniale, « Zone A » et soumise à une législation politique et économique particulière. La région fut reconnue le monopole d’une seule Société d’Exploitation Minière, la Forminière (MIBA) qui dicta sa loi et empêcha l’implantation de toute autre société tant à caractère industriel que commercial. Une législation spéciale régit la région et interdit aux autochtones de se livrer à toute activité industrielle ou économique quelconque et à investir sur leur territoire. Les accès comme les séjours des étrangers dans la région, y compris les originaires habitants ailleurs, furent strictement surveillés et la région devint ainsi une zone fermée durant toute la période de colonisation.

Exploitée selon les méthodes des sociétés à charte, la Forminière était seule à envisager les actions quelconques à y entreprendre. Hélas, jusqu’à l’indépendance, ces actions avaient tardé de venir, contrairement au Katanga où l’Union Minière du Haut Katanga créa une chaîne de sociétés filiales sur l’ensemble du territoire de ses concessions : Sogelec, Meterkat, Cimenkat, Minoterie de Kakontwe, Brasseries du Katanga, Elevekat, et j’en passe…

A cause de la présence du diamant, parallèlement à la politique économique, le pouvoir colonial pratiqua, pour toute la région où existaient les gisements de diamant, une politique visant à maintenir les habitants dans une sous-culture en se refusant d’y créer les établissements d’enseignement secondaire. Pour s’en convaincre, un Collège d’humanités gréco-latines que les missionnaires de Scheut avaient osé implanter à Mérode « Tshilundu » en 1947, fut délocalisé en janvier 1948 en faveur de Kamponde, une petite localité missionnaire qui venait à peine de voir le jour en région Bakete !

Privés de structures fiables d’enseignement, beaucoup de jeunes gens étaient obligés de déserter la région en quête d’établissements d’enseignement loin de leurs parents et ce, dans des conditions d’études parfois très pénibles.

 

CK : Monsieur le Sénateur, les faits que vous dénoncez là sont extrêmement graves et débordent ma cervelle.

 

MKN : ce n’est pas tout, ayez votre calme, abstenez – vous de toute conclusion hâtive. Tenez : après l’indépendance, la présence de diamant dictait toujours la loi. C’est ainsi que lorsqu’en 1967 fut décidée la permutation des agents de l’Administration politique en vue de créer l’esprit national à la suite de quelques secousses qui avaient ébranlé la jeune République du Congo au lendemain de son accession à la souveraineté internationale, les fonctionnaires et agents de l’Administration territoriale, mutés au Kasaï Oriental, reprirent les méthodes coloniales. Constitués en conquérants et décidés à s’enrichir par tous les moyens et à tout prix, les territoriaux se sont livrés au pillage systématique de l’économie de la région. Devenus eux-mêmes trafiquants, ils sont descendus jusque dans les puits pour creuser. Ils ont érigé les barrières sur toutes les routes pour percevoir illégalement le péage. Ils ont engagé la chasse à tous les hommes d’affaires soupçonnés d’être trafiquants. Ils ont levé toutes sortes de taxes, imaginables et inimaginables, appauvrissant la population. Ils ont monopolisé le commerce de certains biens et interdit leur exercice par les commerçants pourtant en règle avec les lois régissant le domaine.

Sous prétexte de lutter contre le trafic illicite des pierres précieuses, des tribunaux d’exception furent créés pour juger ceux qui se livraient au trafic. A cet effet, une Brigade Minière dénommée « Choc » fut créée au Kasaï Oriental et sillonnait toutes les artères conduisant vers Mbuji-Mayi, Kananga et Mwene-Ditu, elle arrêtait, fouillait, confisquait tous les fonds que quelqu’un pouvait détenir sur lui, car considérés comme produits de la vente du diamant !

Plusieurs furent condamnés à de lourdes peines avec saisie de tous leurs biens. Deux prisons furent aménagées pour eux à Angenge et à Akafele ( dans la Province de l’Equateur) où nombreux y effectuèrent un voyage sans retour, car ils y laissèrent la vie loin de leur Kasaï natal. Que leurs âmes reposent en paix ! Et pour échapper à cette répression, nombre d’hommes d’affaires quittèrent la région pour aller revivre tranquillement sous d’autres cieux. Et l’élan économique, qui avait vu le jour après l’indépendance, augurant un développement fulgurant de la région longtemps laissée pour compte, fut estompé.

La présence du diamant par ailleurs a aussi malheureusement permis l’émergence d’un type nouveau de Kasaïens, ou « tshitantshiste », un riche éphémère et irrationnel.

Cette espèce de nouveau type d’hommes sortis des milieux des jeunes analphabètes, marque fortement le comportement des habitants victimes d’une litanie d’anti-valeurs charriées par cette nouvelle philosophie dont les caractéristiques principales sont :

  • l’arrogance malgré les insuffisances intellectuelles caractérisées, l’insolence, l’effronterie, l’impolitesse, l’impertinence voire les injures faciles ;

  • la vantardise qui pousse aux singeries, simagrées, minauderies sans se rendre compte du ridicule ;

  • l’irrationalité, guidée par l’esprit moutonnier et l’imitation servile : Le tshitantshiste préfère acheter une marque de voiture non utilitaire pour être comme X ou Y pendant qu’il manque un logis ; il prend un appartement dans un hôtel de luxe avec une suite, pour un séjour prolongé afin d’égaler un concurrent ou d’épater les rivaux ; il en est de même de types de maison à se construire ou de tel ou tel teint des femmes à épouser ;

  • la gabegie : arrivistes éhontés dans le « club de nantis occasionnels » les tshitantshistes s’illustrent par les dépenses de prestige qui font d’eux ‘’riches du matin et clochards du soir ‘’!

En effet, beaucoup de ceux qui ont fait la pluie et le beau temps hier, sont aujourd’hui l’ombre d’eux-mêmes, c’est-à-dire vagabonds sans logis,sans gîte, qui couchent dehors, habituellement aux lieux de deuil et aux veillées de prières.

 

CK : Le diamant constitue-t-il l’origine de certains fléaux sociaux au Kasaï ?

 

MKN : Effectivement. Avec la présence du diamant, sont apparus au Kasaï, pays jadis de mœurs rigides, certains fléaux sociaux au nombre desquels nous pouvons épingler :

  • La déstabilisation du foyer, cellule de base de l’édifice social devenue monnaie courante  par la violation incessante de notre code ancestral des bibawu, des bibindi et des mikiya ; les mbuji ya nyima tendent à disparaître ; le disambuka biuma fait une inquiétante entrée dans les unions matrimoniales ; les Ilunga-Mbiye (vierges) se comptent du bout des doigts, tandis que les « Mwanjadi » (mudilama, mujalama, wa tshitembu) se font rares, pendant que le « kashielele » le SIDA décime la population ;

  • La recherche du gain facile introduite par la présence de diamant a conduit à l’abandon de l’agriculture au profit de l’exploitation artisanale des pierres précieuses. Le Kasaï, réputé jadis le grenier agricole du Katanga, est redevenu importateur de tout : manioc, maïs, riz, haricot et j’en passe ;

  • D’autre part, la situation déplorée du temps colonial concernant la scolarisation se répète avec l’afflux des jeunes à l’âge de scolarité vers les mines de diamant : le Kasaï qui jadis s’appelait « le creuset d’intellectuels » risque d’être demain compté parmi les îlots de la planète regorgeant le pourcentage le plus élevé d’illettrés (vous n’avez qu’à voir les résultats des examens d’Etat où le Kasaï occupe la dernière place);

  • La montée de l’égocentrisme et la disparition de la solidarité constituent une marque déposée de la fonction « diamantifère ». Malgré l’accumulation des fortunes énormes par devers eux,nombreux trafiquants ne laissent au Kasaï que leurs noms, pas d’infrastructures industrielles, pas de constructions ( buildings) qui reflètent la hauteur de ce qu’ils ont amassé comme richesse, pas d’écoles, pas d’hôpitaux …

Par esprit d’égocentrisme et de concurrence,chacun préfère faire cavalier seul, c’est le principe de   « waditanta wadiambika, wadielela ne musha ». Jamais, chez les diamantaires, n’existe la culture de « l’union fait la force » chère à nos ancêtres « nkunde ya bangi, ibobele ne mate ». Ces milieux des diamantaires ont la réputation de repaire de coup bas, de peu d’émulation, d’imitations serviles et de concurrence déloyale…

Voilà, Monsieur le journaliste, le tableau peint sur la présence de diamant au Kasaï.

Quitte à vous d’en tirer une réponse adéquate à votre préoccupation de savoir si le diamant au Kasaï est une malédiction ou une bénédiction des Kasaïens et Kasaïennes.

 

6. MANDAT DE MONSIEUR JONAS MUKAMBA A LA TETE DE LA MIBA : FONCTIONNEMENT, PRODUCTION, REPARTITION DE LA PRODUCTION ENTRE DIVERS PARTENAIRES

 

J’ai été nommé à la tête de la Minière de Bakuanga (MIBA) en tant que Président Administrateur Délégué (P.A.D.) par l’Assemblée Générale de cette Société en date du 21 Octobre 1986.

 

Le fonctionnement de la Société a été conforme aux structures normales d’entreprise à économie mixte, à part quelques changements que nous y avons apportés, telle la création à Mbujimayi de la Direction Médico-Sociale et de celle des Exploitations, ainsi que la Représentation Extérieure localisée à Bruxelles, pour coordonner toutes les commandes d’engins et autres fournitures nécessaires à la bonne marche de l’Entreprise.

La hiérarchie se présentait comme suit :

  • Assemblée Générale

  • Comité de gestion

  • Directeurs à la tête des Directions

  • Attachés de Direction

  • Chefs des Départements + Adjoints

  • Chefs des Services + Adjoints

  • Travailleurs spécialisés et ordinaires.

 

Voici ci-dessous les chiffres de la production de la MIBA durant mon mandat :

 

1986 – 8.691.542 carats 1992 – 4.567.285 carats

1987 – 8.171.454 carats 1993 – 4.534.539 carats

1988 – 7.935.039 carats 1994 – 4.882.587 carats

1989 – 9.014.315 carats 1995 – 5.669.300 carats

1990 – 9.556.436 carats 1996 – 6.803.903 carats

1991 - 6.851.751 carats

NB.  Dès 1992, il y a eu baisse de production due à l’effet des pillages : certains engins et autres matériels bloqués au Port de Matadi ou à Ilebo.

Il n’a jamais été question de répartir la production entre les 2 partenaires, Etat / Sibeka : durant tout mon mandat, les opérations de vente des diamants ont toujours eu lieu à Kinshasa, en toute transparence, devant les témoins de l’Etat Zaîrois et de Britmond, l’acheteuse et ce, au Centre National d’Expertise ( au 17ème étage de l’ex-BCZ, aujourd’hui Banque Commerciale du Congo (BCDC).

Les partenaires avaient un seul droit, celui du partage des bénéfices des ventes (s’il y en avait ).

 

7. CK : Quelles sont les retombées du diamant sur le Kasaï depuis son exploitation à nos jours ?

 

MKN : Quand on parle du diamant au Kasaï, on voit directement la Société Minière de Bakwanga. Sans la MIBA, Mbuji-Mayi serait un grand village.

 

  • La MIBA a construit 300 villas pour des cadres et 3.500 maisons pour ses travailleurs. Ce qui a donné à cette contrée l’aspect d’une ville…

 

  • Concernant l’aspect énergétique, il convient de rappeler que la Société Minière du BECEKA avait construit en 1930 deux barrages hydroélectriques de TSHALA pour les besoins de la mine. Les capacités installées pour ces deux barrages est de TSHALA I 300 Kw et TSHALA II 600 Kw soit un total de la puissance installée de 900 Kw.

A la suite de la persistance du manque d’énergie électrique pour l’exploitation de la mine, la Minière BECEKA avait construit un autre barrage sur la rivière Lubilanji baptisé « barrage Young » en mémoire du prospecteur Ecossais qui avait découvert le diamant en 1918. Ce barrage a été rebaptisé « barrage Lubilanji » avec 4 turbines d’une capacité installée de 1.650 kw chacune soit un total de puissance 6.600 Kw.

Avec la convention du 1er Mars 1985, la MIBA a entrepris la construction d’un second barrage de trois turbines sur le même site de Lubilanji pour une capacité de 1.500 Kw chacune soit un total de 4.500 Kw.

La construction de la nouvelle centrale appelée « Lubilanji II » 1er phase parce que le génie civil était terminé pour la 2ème phase a amélioré la capacité installée des centrales hydroélectriques de Mbujimayi soit 12.000 Kw ;

 

  • Les trois hôpitaux (Clinique MIBA – Bonzola – Dipumba ) construits par la MIBA et qui profitent à toute la population ;

 

  • L’Etat-Province étant dépourvu, c’est la MIBA qui intervient dans tous les cas de force majeure : elle loge les services de l’Etat, le Gouverneur, Vice-gouverneur, Président et Vice-Président de l’Assemblée Provinciale, l’Evêque de Mbujimayi, les Généraux FARDC et de la Police Nationale, la Magistrature, etc. …

 

  • La lutte contre certaines érosions ; l’entretien de différentes routes par exemple : la route Mbujimayi – Muene Ditu, Mbujimayi – Lac Munkamba, etc.

 

  • La distribution d’eau et d’électricité à la population directement ou indirectement via la Regideso qui reçoit de l’énergie de la part de la MIBA ;

 

  • La distribution des denrées alimentaires aux travailleurs de la MIBA dont une partie est vendue sur les marchés de Mbujimayi, jouant ainsi un rôle de régulateur des prix ;

 

  • Les écoles gratuites pour les enfants des travailleurs et agents, y compris les bourses d’études pour les plus doués.

 

Comme on le voit, la MIBA est la mère nourricière, la vache à lait et comme elle est à l’arrêt, eh bien ! la Province et sa population sont à genoux.

Il serait fastidieux d’énumérer toutes les réalisations de la MIBA. Quand même, comme l’occasion nous est offerte, nous prendrons soins de vous donner , au cours de cet entretien, quelques unes des réalisations à caractère social sous notre mandat (voir point ou question 12 ci-après)..

 

8. CK: Parlez-nous de MOBUTU et le diamant du Kasaï...

 

MKN : Je sais que beaucoup de mes frères kasaiens ont prétendu que la MIBA appartenait soit à MOBUTU soit à sa famille biologique. Il n’en est rien car la MIBA est une Société d’économie mixte qui appartient à l’Etat pour 80% des parts et à la SIBEKA (Société Belge) pour 20%.

La Société SIBEKA a vendu ses 20% à la Société MWANAFRICA. Voilà la réalité, dire autre chose constitue un mensonge, c’est de la démagogie. Que l’on me dise alors quand a eu lieu la remise et reprise entre cette famille et les chasseurs du Maréchal qui règnent actuellement sur la MIBA.

 

9. CK: Parlez-nous relation entre Britmond, Miba et le Kasaï...

 

MKN : Les relations entre la MIBA et la Société BRITMOND étaient basées sur le contrat d’exclusivité de vente de diamant à cette Société moyennant un prix minimum garanti. Ce prix était de 10,55 $US le carat . Sachez que la Société BRITMOND et la Société DE BEERS appartiennent à la Société Sud-Africaine Anglo American. La seule relation entre BRITMOND, MIBA et le Kasaï, c’est que Mbuji-Mayi étant le champ d’action et de production des diamants, le Kasaien subit les effets positifs ou négatifs de la présence de 2 Sociétés sur le sol Kasaïen.

 

10. CK: Et qu'en est-il des relations entre De Beers et la Miba...

 

MKN : Comme j’ai eu à l’expliquer, la SIBEKA détenait 20% des actions dans la MIBA, tandis que la Société DE BEERS qui appartient au Groupe Sud Africain, Anglo American, détient 19,26%dans la SIBEKA. C’est la seule relation que la MIBA avait avec cette Société par l’entremise de la SIBEKA.

En outre, les Sociétés BRITMOND et DEBEERS appartiennent au Groupe Sud African Anglo American et BRITMOND avait un contrat d’exclusivité d’achat des diamants de la MIBA.

 

11. CK: Le désengagement de DE BEERS du Kasaï, est-ce à cause des mines du Nord canadien ?

 

MKN : Avec la crise financière mondiale et l’effondrement des cours des matières premières, tels cuivre, diamant, cobalt, etc.. il est tout à fait normal que les Sociétés minières se désengagent de notre pays, car les coûts de production sont devenus très élevés et il n’était plus rentable de produire ces minerais faute de clients.

 

12. CK: que pouvons-nous retenir sur votre passage à la MIBA ? Quels sont les faits et réalisations pour le Kasaï ?

 

MKN : A ma prise des fonctions à la tête de la MIBA en 1986, il fut décidé que la gestion courante et journalière de l’Entreprise soit confiée au représentant de la partie majoritaire ( Etat 80%) qui fut votre serviteur, alors que mon prédécesseur était issu du partenaire minoritaire (la  SIBEKA ) ;

  • Pour être logique avec le principe, le premier fait saillant était d’africaniser les cadres : de 53 agents expatriés (belges, français etc.), non universitaires trouvés en service, il n’en restait que 3 en 1997 ( progressivement remplacés par des zaïrois) ;

  • En outre, sur 4 Directeurs trouvés, 2 Belges et 2 Zaïrois ( l’un originaire du Katanga et l’autre du Bas-Zaïre et aucun Kasaïen), j’ai remplacé les 2 Zaïrois par 2 originaires du Kasaï en propulsant les 2 premiers ZaÏrois dans le Conseil d’Administration. Les 2 nouvelles Directions créées furent évidemment occupées par les « muanetu » ;

  • Nous avons créé la BIOPHARCO, usine des solutés injectables, première en Afrique Centrale ;

  • A notre initiative, l’Université de Mbuji-Mayi reçoit une dotation spéciale de fonctionnement conjointe de la MIBA et de la Sibeka . L’université de Mbujimayi existe grâce à la MIBA qui intervient pour plus de 75% ;

  • Nous avons ouvert les bureaux de représentation de la MIBA à Bruxelles.(Belgique), à Dar es Salaam (Tanzanie), à Ndola (Zambie), à Johannesburg (Afrique du Sud) : ce n’était pas du luxe, car les Ports de Matadi et d’Ilebo étaient rendus inaccessibles par les pillages ; les bateaux et autres trains de l’Ouest ne fonctionnaient plus, d’où que les voies de l’Est et du Sud devenaient accessibles et nécessaires pour nous ;

  • La réhabilitation de l’Institut Technique de Lusambo où sont formés les différents corps de métiers tels que les plombiers, maçons, menuisiers etc., tous, nécessaires pour l’entreprise. Ledit Institut avait été pillé par les rebelles de triste mémoire : nous l’avions réhabilité complètement et équipé en matériel et en professeurs ;

  • La construction d’un ouvrage d’art pour lutter contre l’érosion dite « Tshimanga Kapuku » qui menaçait la route Bakwa-Dianga vers l’Université de Mbuji-Mayi ;

  • La construction de 5 km de route asphaltée qui part du rond-point Bakwadianga ( rond-point de l’étoile) jusqu’au rond-point Maman YEMO (vers l’Université de Mbujimayi) ;

  • Nous avons rénové la route Mbuji-Mayi- Kabinda à partir du pont Lubilanji jusqu’au village de Lukangu d’abord, ensuite les 40 km qui précèdent l’entrée dans la ville de Kabinda ;

  • A notre initiative, l’équipe de football de la MIBA « Mbongo Sports » est la seule au Kasaï à avoir fait venir 3 équipes étrangères sur le sol kasaien, en compétition Africaine ( de Namibie, de Cameroun et du Nigeria) ;

  • Nous avons aménagé deux sites d’habitations en propriété pour les cadres de la MIBA ;

  • Les salaires et autres avantages financiers mensuels et périodiques ont été assurés durant tout notre mandat.

 

INVESTISSEMENTS AU SEIN DE L’ENTREPRISE MIBA

 

  • Construction de la laverie de Kanshi III ;

  • Rénovation de l’Usine Centrale de Traitement de diamants ;

  • Rénovation de la laverie de Kimberlite ;

  • Rénovation de la centrale de triage des diamants par l’introduction de nouvelles machines ;

  • Pendant 10 ans, chaque année, nous nous sommes astreint à l’achat de :

    • 6 Bennes Caterpilar 769 D

    • 3 Scraper 621 E

    • 2 Niveleuses Caterpilar 14 G

    • 2 Dozer D 8 G

 

Etant donné que le chemin de fer ne connaissait plus d’activités à la suite de pillages qu’a connus le pays, nous avons acheté,sur fonds propres, un avion-cargo Boeing 729-100 pour l’approvisionnement de la Société en différentes sortes de pièces de rechange et autres biens, y compris le transport de nos passagers et autres compatriotes.

 

Je ne terminerais pas ce point 12 sans parler des critiques généralement véhiculées et selon lesquelles MUKAMBA n’a pas donné du courant électrique à son Kasaï natal, encore moins de l’eau comme il n’a pas fait des routes etc.. ; que l’opinion sache que la MIBA a 2 objectifs essentiels : d’une part assurer la production des diamants et d’autre part la paix sociale de l’entreprise. Les réalisations et autres faits ci-haut énumérés le prouvent. En effet, mon personnel a été servi du côté social à 100% et la production du diamant a été jugée supérieure à celle de tous mes trois successeurs. L’opinion doit savoir que la SNEL( pour l’électricité), la REGIDESO(pour l’eau) et l’Office des Routes sont, à l’instar de la MIBA, des entreprises publiques ayant des budgets distincts de celui de la MIBA. Par exemple si à Kinshasa on manque de l’eau, ce n’est pas l’affaire de l’ONATRA, idem quand il n’y a pas d’électricité dans un quartier, on doit s’adresser à la SNEL et non à l’Office des Routes, mais au Kasaï un manque quelconque dans un domaine donné, c’est la faute de MUKAMBA et sa MIBA, on en faisait un tapage sur MOBUTU, MUKAMBA, MIBA etc. … Que s’est-il passé après-moi ? Chaos et nos frères et sœurs balubas se sont tus. C’est ça la vie !

 

13. CK: A votre avis, pourquoi la MIBA est en faillite aujourd’hui ?

 

MKN : La MIBA est en faillite, à notre humble avis, à cause de la mauvaise gestion de différents comités de gestion qui nous ont remplacés d’une part, d’autre part et surtout à cause de différents prélèvements de fonds effectués par différentes Autorités politiques auxquelles ils ont cédé si facilement et pour cause...! La presse locale et internationale a publié la liste de personnes ayant fait lesdits prélèvements ainsi que les montants prélevés (rapport LUTUNDULA.)

Aussi constate-t-on la mauvaise gestion consécutive à l’augmentation des charges de structure. Tenez : nous avons fonctionné pendant 10 ans avec 10 Directeurs, mais aujourd’hui les Directeurs sont 89. Notre enveloppe salariale mensuelle, pour travailleurs et agents était de plus ou moins de $US 780.000, à présent elle est de plus ou moins $US 2.000.000, alors qu’ils produisent moins :tirez vous-même la conclusion.

 

14. CK: Est-ce que la chute de la MIBA est-elle provisoire ou définitive ?

 

MKN : La chute de la MIBA n’est pas définitive ; mais pour remonter cette pente, il faut des investissements qui peuvent se chiffrer à des centaines des millions de dollars. D’après les informations que nous recevons, la mine est fermée et il n’y a plus, sur le site d’exploitation, des engins miniers, des pick-up, des camions pour faire l’exploitation du diamant. Dans ces conditions, il faut beaucoup d’argent pour mettre à flot la MIBA. Bien entendu, il faut une Direction intelligente, honnête, efficace, autoritaire, pour opérer des changements utiles dans la structure et le fonctionnement de la MIBA.

 

15. CK: Quel avenir pour le KasaÏ ?

 

MKN : Chaque chose a son temps ; ce qu’il faut savoir c’est que le Kasaï a beaucoup d’atouts pour se développer même sans diamants dans son sous-sol. Je peux citer entre autres : ses innombrables fils et filles dont les capacités intellectuelles ne sont plus à démontrer, la fertilité de son sol qui a fait du Kasaï, en son temps, l’un des greniers du pays alors que son agriculture n’était même pas mécanisée, sa situation géographique pouvant faire d’elle la plaque tournante des échanges, non seulement à l’intérieur de la RDC, mais aussi dans les régions de l’Afrique centrale et australe.

L’époque actuelle étant celle de l’industrialisation, il est inconcevable que l’électricité qui constitue un préalable pour accéder à ce secteur ne soit pas jusqu’à ce jour une réalité pour le Kasaï ! C’est autant dire que notre premier combat doit être celui de doter le Kasaï de l’énergie électrique sûre, et ça va changer de mentalité, voire susciter les opérateurs économiques à créer de petites et moyennes entreprises. L’avenir du Kasaï dépend de la sagesse de ses intellectuels. Aussi longtemps que les sentiments extrémistes, intégristes et défaitistes continueront à avoir de l’ascendance sur la plupart d’entre nous, inutile de s’attendre à quelque chose de bon.

 

16. CK: pouvez-vous nous parler de la fondation de l’équipe de football SM Sanga Balende ?

 

MKN : En 1961, avec MUELA KANKONDE et Nestor LUBULA, on avait fondé à trois l’Equipe de Football alors appelée « Union Sud-Kasaïenne »qui regroupait essentiellement les joueurs venus d’ailleurs que de Luluabourg (KANANGA). En effet, avec le retour massif et forcé des Baluba chez eux, dans Bakuanga, alors Zone A, où la seule équipe de football était Diamant Sports de la MIBA, il s’est imposé une deuxième équipe de football composée essentiellement de la jeunesse et des dirigeants venus du Kasaï Occidental. Les autres jeunes se sont trouvés, en quelque sorte écartés, abandonnés, spécialement ceux qui venaient du Katanga. L’idée nous est venue de rassembler et unir toute cette jeunesse laissée pour compte : d’où l’appellation « Union Sud Kasaïenne », devenue à l’authenticité mobutienne « SANGA BALENDE ».

 

17. CK: Quel mot avez-vous pour le conflit bena Nshimba et bena Kapuya ? Il s'agit de deux clans qui ont des conflits territoriaux au Kasaï-Oriental, comme celui que connait la province de l'Equateur actuellement...

 

MKN : Conseil d’apaisement et de réconciliation à nos frères et sœurs de Bena Kapuya et de Bena Nshimba:

 

Avant de revenir au conseil d’apaisement et de réconciliation à donner à nos frères/sœurs de Bena-Nshimba et de Bena-Kapuya, j’aimerais donner un bref éclairage historique, je dis bref car ce n’est pas le moment de distraire notre monde du sujet important qui est : le Diamant du Kasaï et ses répercutions. Viendra le moment, si vous le décidez, où je vous parlerai abondamment du problème de Katanda.

 

D’ores et déjà, l’histoire donne les Bena-Nshimba comme habitant de façon permanente la terre qu’ils occupent aujourd’hui et ce, bien avant l’arrivée de l’homme blanc : ils venaient du plateau communément appelé TSHIKOLA, situé actuellement dans la chefferie de Bakua-Mulumba (Territoire de Ngandajika) ; la même histoire renseigne que déjà, vers les années 1892 la présence de Bena-Nshimba était signalée dans cette contrée sur la carte présentée dans l’ouvrage intitulé « DES BALUBA DANS LA TOURMENTE » (que vous pouvez consulter dans les Bibliothèques Occidentales). Quant aux Bena-Kapuya, les mêmes histoire et carte renseignent qu’ils ont connu de nombreux changements d’adresse à travers les chefferies et Groupements recensés en 1892, à savoir : Kankelenga et Kalundu (chez les Bakua-Nsumpi), Bena-Nkelenda (Secteur de Tshitolo), Bakua-Tshinene, Bena-Mbuyi Mukulu, Bakua-Ndoba , Bakua Kalonji, Bakwa-Kanda, Bena-Nshimba (1ère fois), Bena Nomba, et Bena Kalambayi d’où ils furent chassés pour atterrir pour la 2ème fois chez les Bena-Nshimba qui les accueillirent vers les années 1906-1907 sous le règne de KAZADI Mbua’Matumba, lequel les plaça sur le plateau communément appelé « KATABWA » : ces faits sont confirmés par les divers rapports administratifs cités ci-après et dressés par les différents Commissaires de District et Administrateurs de Territoire de l’époque coloniale qui n’étaient pourtant pas de la tribu de Bena-Nshimba :

  • en 1910, rapport de Monsieur Léonard ;

  • en 1913, rapport de Monsieur REDEMECKER ;

  • 16/04/1914, rapport de Monsieur DECLERCK ;

  • en 1916 celui de Monsieur Paul ORGAN ;

  • en 1920 celui de Monsieur REISDORFF ;

  • en 1921 celui de Monsieur HEENEN ;

  • le 03/01/1936 celui de Monsieur POTVIN ;

  • le 21/02/1936 et le 09/09/1936 de Monsieur PIERROT ;

  • la liste est longue et se termine par le rapport de Monsieur OLDENHOVE Jean en 1940.

Nos frères Bena-Kapuya savent très bien avoir fêté l’indépendance le 30 Juin 1960 un groupe à LUKONA, un deuxième à KALUNDA, les 2 plateaux qui ont toujours appartenu aux Bena-Nshimba.

Nos problèmes ont toujours été créés par un clan ou par un autre et la sagesse a plusieurs fois triomphé. Je pense qu’il y a un seul conseil à donner, celui d’abord d’inviter nos autorités politiques à être judicieuses, honnêtes, mûres, sans parti-pris et compétentes dans la prise des décisions administratives, ensuite d’interpeller les autorités judiciaires pour bien mener des investigations et punir sévèrement tout coupable d’où qu’il vienne et où qu’il appartienne et ce, sans interférences politiques.

 

Il vous revient aussi, en tant que organe de presse de descendre sur terrain et d’y mener des investigations afin d’éclairer l’opinion. Pour rappel de l’histoire récente, pendant mon mandat, en tant que Gouverneur élu du Sud Kasaï et du Kasaï Oriental (1965 -1968), il n’y avait jamais eu des conflits, encore moins des tueries, entre les deux communautés précitées : que l’on me prouve le contraire. Aujourd’hui encore je côtoie tous mes frères et toutes mes sœurs desdits Groupements sans discrimination, je m’arrête aussi bien dans nos villages que dans ceux de Bena-Kapuya, sans aucun incident ; mais les gens sont mal informés et c’est pour cela que les solutions tardent à venir. Mon souhait est qu’on laisse la politique aux politiciens et la justice aux tribunaux et ainsi la paix survivra.

 

Pour conclure, je voudrai inviter tous les kasaiens, surtout la génération montante, à plus de réflexion et de responsabilité. Je suis parmi les derniers survivants de ma génération et j’ai résolu de continuer à contribuer au développement de mon Pays, la RDC et évidement à celui du Kasaï, jusqu’à la fin de mon séjour terrestre. Raison pour laquelle, ma carrière étant politique et comme on ne peut donner que ce qu’on a, j’ai créé, depuis le 30 Avril 2005, le parti politique dénommé ALLIANCE DES DEMOCRATES CONGOLAIS, « ADECO » en sigle. Ce parti compte, à travers le pays, 4 Députés Nationaux, 1 Sénateur et 6 Députés Provinciaux. ADECO est un manguier que j’ai planté pour l’émergence des jeunes modérés et démocrates épris de paix et de justice. C’est un cadre qui me permet d’initier et de former les jeunes pour une bonne gestion de la chose publique, c’est ma façon de préparer la relève, tout comme en 1965, une fois devenu Gouverneur du Sud Kasaï, avec feu MABIKA KALANDA , j’avais recruté une dizaine des jeunes sortis de Lovanium pour constituer une équipe d’universitaires kasaïens que nous avions baptisée « Bureau Technique de Coordination », équipe qui courageusement remplaça la «SORCA », une autre équipe des techniciens belges et français que la MIBA avait mise à la disposition de KALONJI et NGALULA pour servir de conseillers techniques aux premiers jours de notre indépendance ; encore une fois, à ma prise des fonctions à la MIBA, j’ai tenté la même expérience avec TSHIMANGA MUJANGI en associant filles et fils du Kasaï Oriental toutes tendances et convictions confondues, à la création de la « CONFERENCE POUR LE DEVELOPPEMENT DU KASAÏ ORIENTAL », en sigle « CODEKOR », cadre idéal pour le Développement du Kasaï natal : malheureusement il y a eu comme toujours de l’incompréhension et des idées à priori.

Que Dieu et nos Ancêtres nous aident à comprendre où il y a de vrais intérêts des Kasaïens, pour cette génération et celle à venir.

 

Kinshasa, le 17 Avril 2010.

 

 

Patriarche Jonas MUKAMBA Kadiata Nzemba

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Moninga 07/05/2010 17:15



Ndeko Claude Kangudie,


Je vous remercie pour ce grand travail que vous venez d'accomplir en nous rapprochant l'un de ceux qui connaissent plus de notre pays et de son passe. Ma suggestion est de nous prevenir quand une
autre occasion se presenterait de s'adresser a une autre figure du passe comme le fut le cas avec votre interlocuteur dont il est question ici. Cela nous permettrait de vous suggerer des
questions qui nous preoccupent car nous sommes tres nombreux a ne pas comprendre pourquoi le Congo, grand comme il est, soit descendu ci-bas. J'ai aime le language diplomatique ont a fait
preuve Monsieur Mukamba, mais suis trop peu convaincu qu'il ait assume ses responsabilites politico-gestionnaires au profit du peuple. Quand bien meme il se moque de la classe de Mukendi Fontshi,
Kadima Tshiunza, Nkolongo Cocovera, Wetrafa, Muana Nkese, Kalobantu ainsi que les jeunes qui suivent dans le commerce du diamant, je me demande, ou se situe l'une de nombreuses ecoles que
lui a leguees a la generation montante? Le voir se vanter de la production de la Miba sous son administration est ridicule car elle est tres pauvre a mon avis vu le potentiel de la region. $90m
de vente! Et une fois les travailleurs payes et d'autres depenses recuperees, il pouvait y avoir rien comme profit net et a reinvestir. A cette allure, la Miba est restee stagnante jusqu'au point
de s'eteindre peu apres. Mr Mukamba s'attendait a cela et a comme tous les autres mal-intentionnes remplis ses propres poches quand il en avait encore l'occasion. Il mourra aussi malheureux
dans son coeur si pas financierement. La preuve de son echec est simplement qu'a son age et avec tout ce qu'il pretend comme exploits il joue encore aux billes (mbenga, comme on dit chez lui)
avec les petits fous qui sont actuellement au pouvoir. Il nous a echappe, mais ne donnez pas l'occasion encore a la prochaine victime qui tomberait sur notre chemin.
Avertissez-nous seulement en avance et nous contribuerons avec nos questions. 



LUKUSSA MUKENDI 28/04/2010 08:10



Cher frère Claude Kangudia.


Je me permet de prime abord à vous féliciter de ce grand travail que vous réliser à travers ce site dont vous faites partie.Encore mille fois merci ainsi qu'à toute l'équipe qui collabore avec
vous, lmes mots sont faibles peut-être pour vous témoigner cette grâtutide. Je suis émerveillé chaque Lundi matin lorsque j'ouvre mon ordinateur et tmbe sur de chansons nous rappelent notre
jeunesse bien méritée et la vie paisible, sans souci aucunet j'en passe. Je vous félicite aujourd'hui de la clarté apporté par son excellence Patriache jonas Mukamba Kadiata Nzemba. j'avoue avoir
critiqué comme c'est la monnaie courrante chez l'homme entant que humain, mais aujourd'hui, que j'ai suivre son interview que vous avez réalisé, et transmis au public, je lui donne
pleinement raison, j'ai compris beaucoup de choses dans sa gestion à la tête del a MIBA.Mais, une chose que déplore est que nos patriaches, très précisement Luba; attendent quoi pour écrire leurs
mémoires. La mort n'épargne personne, certains sont partis sans laisser une trace, alors qu' ils ont jouent un rôle très capital pour notre Kasaï Natal ( Bakwanga actuel Mbuji-Mayi wa
Balengela). Je m'arrête par ici mon frère et brâvo pour votre service.



Claude kangudie 25/04/2010 22:54



Salut mon frère Jérôme et les autres qui ont lu cet entretien. En prenant la responsabilité de publier cet interview, je savais qu'il n'allait pas satisafaire ou répondre aux attentes et
questions des uns et des autres. Je crois avoir bien souligné dans quel cadre il a été fait et quel domaine allait être abordé. Les attentes, questions et soif de savoir sur l'histoire de notre
pays, telle que vue et vécue par J. Mukamba, que vous avez, je les partage aussi..et croyez moi, ce sont aussi mes attentes. Je précise encore que ce n'était pas une interview open à tous les
sujets. En lisant bien l'intro vous le comprendrez bien. Je peux vous assurez, au moins que ce souci commun que nous avons tous de savoir l'histoire de notre pays par ceux qui l'ont vécue et
écrite, je l'ai moi même transmis à Jonas Mukamba. L'avenir nous donnera l'occasion de revenir largement sur les sujets historiques d'intérêt national. On apprend même à travers des sujets "moins
intéressants et mal ficelés"...Mes salutations patriotiques à tous.


 



La vie 25/04/2010 09:59



Ndeko Claude,


Yango soki otanga kelasi mingi te, to mokuse, soki ozali JE LE CONNAIS te, elingi koloba il faut ozala pauvre, okoki kozala na vie ya malamu lokola motu nionso awa na mokili te, tomoni na mikili
mingi Leta ya ba mboka na bango ezali kopesa faveur na motu nionso mpo azala na vie ya malamu, voiture to villa ezali eloko nini, bango batu batanga mingi, elingi koloba bango batu bakozala
bakonzi ya misala ya politique, mais que constatons-nous, bazali ko enrichir ba jardiniers ya ba mboka ya mindele, ba cuisinier, ba domestiques nionso na mboka mindele, alors tokoloba nini, na
biso batu totanga te na bango batu batanga mingi, alors soki natimoli diamant, nakoni masangu, manioc etc.. nakeyi bokila nabomi ba niama, nakeyi peche nabomi mbisi, il faut bayayebaka ekozala
SAMBUISA...  SUPER MERCEDES, SUPER VILLA  na nko.



Jérôme Nzembelé 25/04/2010 04:52



Je manque vraiments des mots pour débuter ce commentaire. Je suis partagé entre l'amour d'un frère qui m'a toujours épaté dans toutes ses interventions et le fait de vouloir rester moi-même avec
un raisonnement critique.

Mais ne dit-on pas que une science sans conscience n'est que ruine de l'âme? Voilà pourquoi je suis obligé de me pencher du côté de la culture qui, du reste démeure le dénominateur
commun de notre blog.

Je suis vraiment désolé de cette interview car il m'a semblé que l'interviwieur n'a pas bien fait son travail. Il s'est plus intéressé à amenager l'Honorable qu'à informer les lecteurs.  Il
ne s'est  pas rendu compte du caractère precieux de son invité de part sa longévité politique et son age aussi très avancé. A ceci si on ajoute le fait notre invité du soir fait partie de
l'espèce des humains qui se sont choisis de ne surtout pas transcrire leurs connaissances, alors nous pouvons tous nous dire tant pis pour l'histoire. On attendra toujours qu'elle nous soit
écrite à Londrs, New-York ou à Paris.


Je veux vraiment m'empêcher de trop pousser sur le bouchon mais je ne peux  pas me retenir de critiquer le choix d'un tel sujet. Le diamant, qu'est ce qu'on en avait à foutre puisqu'il
existe des tonnes de mémoires et travaux de fin de cycle qui ont traité sur cette pierre maudite. Le journaliste du soir s'est resteint son champs, laissant l'espace le plus riche aux autres.

Nous venons de lire l'interview du PDG de la MIBA et non le ministre de l'intérieur de l'Etat du Sud Kasai, ni celui de l'un des commissaires généraux.

Les amoureux de l'histoire attendrons l'Honorable comme ils continuent à attendre l'intervention du Ranger Major Mpika.