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Publié par Messager

 

AFFAIRE KITIKWALA DE LUTUMBA SIMARRO

 

L’artiste musicien est un poète. Le musicien tout comme le poète ne dit pas clairement ou directement ce qu’ils veulent exprimer. Il faut bien interpréter la chanson ou le poème pour arriver à découvrir le message. Le poète et le musicien expriment leurs idées ou véhiculent leurs messages souvent sous une  forme voilée. Chaque chanson transmet un enseignement, un message qu’il faut découvrir. C’est à cet exercice que je me suis prêté pour décortiquer le message sur la chanson ci-haut mentionnée. Après l’écoute attentive de la chanson "Affaire Kitikwala" du poète Lutumba Simarro, j’ai eu l’impression qu’il y exploitait les deux courants philosophiques qui sont apparues en Grèce vers les années. Il s’agit la philosophie épicurienne et stoïcienne.  L’Épicurisme prône la recherche effrénée du plaisir. C’est la philosophie du "Carpem Diem" traduisez par "Profitez quand il est temps" ou encore "Buka mikua tango ozali na minu", "Zela zela mokomboso azanga mokila".

 

Lutumba nous l’exprime à travers ces différents passages repris dans le corps même de la chanson.

 

Feruzi, yela ngai St Pauli ya mpio lokola nazali nanu na bomoi. Kuna na nse ya mabele molunge eleki mingi.

 

Lutumba a exploité ce même théorie dans sa chanson "Na lifelo bisengo bizali te". Il faut jouir de la vie pendant qu’on est encore vivant. La mort vient comme un voleur et sans s’annoncer.

 

Na la vie elingi boye, na la vie buka mikua tango ozali na minu ; sepelisa nzoto tango ozali makasi, lobi okokufa.

 

Il faut jouir de sa jeunesse et s’amuser mais de façon intelligente. Sinon on regrettera dans la vieillesse.

 

Na la vie elobi boye, bakoko baloba boye : na la vie yeba talo ya mbisi tango tata azali na bomoi, yeba talo ya kwanga tango mama azali bomoi lobi bakokufa. (La leçon vaut son pesant d’or. Beaucoup de jeunes qui n’ont pas profité de leurs études pendant que les parents avaient encore de moyens sont en train de le regretter maintenant. Beaucoup se disaient : Mon père est ministre, ma mère est Directrice d’une entreprise. Aujourd’hui que ce régime est tombé, ils grincent les dents.

 

Na mokili ya nse, on ne vit qu’une seule fois. Sakana libela soki ozwi mua tango. Melaka libela, on ne vit qu’une seule fois. Yaka tolingana tala tango ezali koleka, liwa ekozela. Mabele eponaka se eloko ya kitoko, mabele alelisi biso mua lelesi, bana ya Lomeka bazali nde kolela Mujinga

 

La vie est unique pour le païen. D’où il faut en profiter chaque fois que l’occasion se présente. Pourquoi se soucier du lendemain, car on ne vit qu’une seule fois. Aimons-nous de l’heure fugitive, car la mort nous attend. Le chrétien lui vit mais veut se conformer aux lois divine parce qu’il sait qu’après la vie sur cette terre, il y aura la vie éternelle qui l’attend. Elle le fruit de la façon dont auras vécu sur cette terre.

 

Lutumba fait allusion à un passage biblique qui nous dit que nous de passage sur cette terre des hommes. Notre demeure est auprès de notre père céleste. Mais la voie qui nous mène vers notre père céleste est pleine d’embûches et plus étroite que le trou d’une aiguille. Un autre passage obligé pour y arriver est la mort. D’où la comparaison entre notre monde et un bateau qui navigue. En aval tout comme en amont, les gens débarquent pour dire simplement qu’ils arrivent à destination ou  meurent.

 

Na mokili toyaki tozali lokola na kati ya maswa. Monano to na motio libongo ekosema bato bakokita. Ekomama bongo. Nzela ya mokili eleki nde molayi etondi na nzube, ezali na suka te. Na mokili tozali bapaya tokoleka nzela.

 

Ne connaissant pas la date exacte de sa mort, le chrétien se prépare à toute éventualité tandis que le païen se réjouit de la vie, car la vie pour lui se limite sous la terre. Sans l’espoir de résurrection pour la vie éternelle et craignant la chaleur torride de l’enfer, il va s’amuser, boire un verre de bière bien tapée avant d’aller affronter cette épreuve.

 

Tika na sakana, mama ayebisaki ngai date na botama kasi oyo na kokufa ayebisaka ngai te. Lozimo yela kopo ya mpio, lobi ekozala soki tour na gai kuna na se ya mabele. Na mokili tozali bampaya tokoleka nzela.

 

Le stoïcisme nous enseigne que la vertu doit être la seule source du bonheur et non le plaisir. Il faut avoir le courage et l’impassibilité face à la douleur et à l’adversité. Il faut souffrir avant d’avoir le bonheur.

Étant donné que nous sommes de passage dans ce monde, même si n’avons pas une bonne vie comme les autres, prions, ayons la foi en dieu et nous obtiendrons la vie éternelle. Dieu nous a crée tous différents, hommes, femmes, blancs, noirs, jaunes, riches et pauvres, beau ou vilains. Il n’ya pas d’égalité dans ce monde, mais nous sommes tous égaux devant la mort et le marché. Nous mourrons tous et personne n’y échappera. Nous nous rendons tous dans les mêmes banques, les mêmes magasins ou alimentations, riches ou pauvres. Cessons de pleurnicher, de nous apitoyer sur notre sort.

 

Na mokili ya nse tozwi te tokozwa ata na paladiso, sambelaka na pokwa liboso ya kolala, na mokili ya nse, nzambe akaba ba chance, akaba bi longi, na mokili ya nse, égalité ikele ve, longola loboko na litama pona kolela la vie, pona kolela pasi ya mokili)

 

Un autre enseignement non pas le moindre que nous pouvons tirer de cette chanson est que même si on vit dans le dénuement, il vaut mieux s’acheter un bon lit. Le poète a sans doute assisté au deuil d’une personne de bonne vie dont le corps était exposé sur un lit mortuaire  de fortune. Des critiques fusaient de partout. A Kinshasa, on enregistrait souvent ce genre de critiques. C’est pour contourner cette difficulté qu’on avait instauré le système de catafalque pour pleurer nos morts dans la dignité.

 

Na mokili ya nse, eloko moko tokopesa toli. Ata ozangi nionso kasi kozanga mbeto te. Somba mbeto ya kitoko. Mokolo yo okokufa soki mbeto ya kitkuala, ebembe na yo ekoyoka soni…)

 

J’aimerais terminer par dire aux Mbokatiers qu’il ne s’agit ici d’une interprétation que je fais de cette chanson. Tous vos commentaires seront les bienvenus, car nous n’avons pas tous les mêmes opinions. Nous sommes différents dès par notre nature. Si vous pouvez enrichir cette réflexion dans le souci de nous compléter pour le bien de notre culture, la société nous en sera reconnaissante un jour. Les commentaires du poète Lutumba auteur-compositeur de la chanson pourront corriger certaines lacunes et nous édifier.

 

Merci à tous et bonne lecture.

 

Zéphyrin Kirika Nkumu Assana

 

 


Commenter cet article

Pascal YoungSon 14/03/2016 11:30

Une chanson educative

Richard Kasongo 11/04/2011 13:02



Affaire Kitikwala c  la 2eme version de Kuna na LIFELO BISENGO EZALI  de papa Simaro Lutumba.      Merci Richard Kasongo.-



simbandaye 10/04/2011 19:43



Cher Zéhyrin, j'apprécie particulièrement la profondeur de ton article, sur un sujet assez ardu et qui tient à l'existence même de l'être que nous sommes. Et je me félicite
qu'un sujet d'une telle importance ait lieu sur Mbokamosika. Il est d'autant plus difficile qu'il s'adosse sur des philosophies de vie, parmi lesquelles la religion. Et je me
félicite que tu aies présenté le sujet de manière synthétique, sans imposer ton point de vue. Enfin, il ne pouvait y avoir meilleure illustration que cette magnifique chanson, Affaire
Kitikwala de Lutumba Simarro, qui prône la philosophie des Epicuriens: Le problème, c'est que cette
philosophie s'oppose tout naturellement au ''Discours sur la montagne'' de Jésus qui annonce un monde de félicité dans les cieux, pour tout homme qui pratique le bien sur terre,
mais en serait paradoxalement privé ici bas. Encore une fois, chacun d'entre nous est libre de croire ou de ne pas croire. Sauf que (étrange coïncidence) le très engagé article Génération
consciente de notre ami Adeitoko ci-dessus s'inscrit radicalement en faux contre les Béatitudes. Et je crains que même des chrétiens convaincus et
pratiquants ne lui donnent raison. Car si les Congolais attendent que le changement, vital, dans leur pays descende du ciel, l'attente risque d'être fort longue. Pourquoi? Parce qu'il
devrait y avoir un temps pour tout: un temps pour faire la fête et on ne peut pas dire que les Congolais n'aient pas fait la fête depuis le 30 juin 1960 mais aussi un temps pour prendre
conscience que ce grand et beau pays mérite mieux qu'une éternelle prédation qui paupérise ses populations de jour en jour. Simba Ndaye



Zéphyrin Kirika 08/04/2011 21:59



Juste pour compléter une information manquante. L'Épicurisme a été fondé en 306 av J.C tandis que le stoicisme date de 301 av J.C.


Merci.