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Publié par Messager

 
SPÉCIAL CINQUANTE ANS RDC
 
SEMAINE 
"ROCHEREAU PASCAL"
PREMIER MARÉCHAL CONGOLAIS (2)
(Cliquez, ce sont l'âge de l'amour et Ndaya mon amour)
"1963 -1965"
 
OBJET :    "PRÉLUDE AU SEPTANTIÈME ANNIVERSAIRE DE CE GÉNIE,
              né le 13 novembre 1940"
 
PRÉAMBULE
 
MANU DIBANGO, DR NICO, ROGER IZEIDY, ROCHEREAU EN 1980
    Le secret de toute enfance, c'quand on est sans connaissance, il arrive à un certain moment, c'est à l'âge de 18 ans, on se plaint à la nature car on découvre le sentiment. Quand sa vie devient étrange, devinez en pourquoi, ça toujours été pour une blonde que l'on tient ce langage. L'amour est toujours le plus beau, mais je n'ai jamais été flambeau à la mode d'un esprit caché.  Source : Rochereau Pascal Maréchal Tabu, première chanson de l'African Fiesta après avoir quitté l'African Jazz de Grand Kallé, entre juillet et août 1963.
 
I.    LA LIBERTÉ D'EXPRESSION AU-DELÀ DE CELLE D'OPINION
 
    Ce n'est un secret pour personne, Rochereau, comme son grand frère le Grand Kallé Jeff, est un artiste qui exploite constamment l'excellence en recherchant le sublime.  La beauté pour Rochereau est l'escale de l'esthétique par sa manifestation achevée.  Comme cet artiste n'est pas peintre, c'est dans les mots qu'il taille les bijoux de ses sculptures mentales et dans l'élégance le prononcé de ses déclamations.  Aussitôt que le Maréchal Tabu et le Docteur Nico se retrouvent tout seul, ils se sentent permis d'aller au-delà des frontières de l'African.  L'imminance pour ces deux amis, c'est l'innovation du son instrumental et du style dans l'expression chantée.  En fait, le constat immédiat dans le cercle de l'African Fiesta est que les fanatiques ne sont plus les adultes qui ont assudûment travaillé presque toute leur vie avec les autorités du Congo-Belge, mais les jeunes qui arrivent au marché du travail au tournant de la colonisation à l'indépendance.  Ce sont en clair, les forces d'une jeunesse qui essaie de s'affirmer sans les béquilles des anciens.  La Dame qui soutenait la voix de Rochereau, nommée "Fotas", n'a pas besoin de se cacher ou de se sentir mal à l'aise à cause de qu'en dira-t-on comme au temps de Lucie Eyenga, elle est libre et ne s'en fait pas des limitations qui étaient autrefois mises comme obstacle au progrès de la femme, c'est pareil dans l'OK Jazz avec Miss Bora avec son tube à succès "Nakufi nakolela, nakufi na mabanzo".  Tout le monde a écouté cette pièce en 1964 et 1965.
 
    Dans l'African Jazz, il y a des règles catégoriques pour aborder un chant, c'est-à-dire un rituel dans l'introduction qui est généralement une synchronisation des phrasés de tous les musicens ensemble.  Dans "Africa mokili mobimba" on en a l'exemple.  Ce sont les mesures Afro-cubaines syncopées que d'une manière simple que l'on peut réduire à ce décompte 1 2 - 1 2 - 1 2 - 1 2 3 et 1 2 - 1 2 - 1 2 - 1 2 3 et sous la forme d'une percussion de beat sonore comme tan (1 2), tan (1 2), tan (1 2), tan (1 2 3) et tan (1 2), tan (1 2), (1 2 ), tan (1 2 3).  Celui qui est capable de transposer ces onomatopés en harmonie parviendra sans court-circuit aux sons de la guitare introductive du lead joué par le Dr Nico avant dans "Africa mokili mobimba" que voici : http://www.youtube. com/watch? v=fpkOaVMm14o&feature=related.  Vérifier, voici la mélodie est appliquez-vous sur les chiffres 1 2 ou les lettres tan, vous aurez exactement la concordance de l'introduction classique de chef-d'oeuvre.  Il en va de même dans la chanson Gérmaine, elle est construite sur une structure harmonique analogue, mais là, les tan tan comme les chiffres servant de métronome au beat des trompettes découvrez-les vous mêmes : http://www.youtube. com/watch? v=I1w_fGEnJVM.
 
    L'African Fiesta Vita, celui de Nico et Rochereau n'est plus cette exigence scolastique de Kabaselle, la musique se fait plus simple mais aussi rigoureuse que dans l'African jazz.  La différence s'appréhende désormais dans la liberté du musicien à commencer l'exécution de la chanson à sa propre convenance.  Cette évolution peut être comparée à la simplification que subit la "Musique classique" à l'époque du "Romantisme" .  En effet, les musiciens ne sont plus tenu à exécuter leurs pièces comme à la Cour de Louis IV en France, à celle de Monseigneur Coloredo à Salzbourg en Autriche ou à Rome, en italie, à la Chapelle Sixtine losrqu'un musicien comme Scarlatti ou les autres y sont invités.  Rochereau et le Docteur Nico sont libres et s'amusent chacun dans les possibilités de son talent.  Autrefois, Kallé, debout à côté d'une cymbale battait la mesure et d'un mot espagnol comme "Waïla", il donnait le ton pour commencer une chanson, mais dans l'African Fiesta ce n'est plus le cas.  La où les règles faisaient loi, le réflexe libéré des contraintes avait autorité sur la formule.  Rochereau et Nico s'éloignaient de plus en plus des anciens établis en musique, à leur tour, ils arrivaient avec ce qui deviendra principe auprès de ceux qui les admirent et les prennent en modèle.  Les vrais discipline de leur École sont des jeunes de l'orchestre "Le Diamant bleu" dont les plus célèbres d'entre-eux sont  Sam Manguana et Vangu Gustave dit Guvano mwana.  Plus tard on retrouvera ces jeunes loups aux côtés de Rochereau dans l'African Fiesta national Le Peuple, de 1966.  Main, on n'en est pas encore là, le récit de Rochereau n'est qu'à ses débuts.  Avec la liberté gagnée, parcourons ce qu'en a fait Rochereau.
 
II.    ROCHEREAU ET LA BEAUTÉ DE LA FEMME
 
    La femme, la Congolaise, dans la musique de Rochereau est un culte à l'amour et à la beauté.  D'après ce que je devine sans me faire prier, j'affirme que le Maréchal Tabu est devenu artiste-musicen à cause de l'émerveillement qu'il a de l'être féminin.  Les Congolaises de tout les temps ont toujours facsiné les hommes qui les ont regardé.  Les archives de la "National Geographic" racontent que la disparition redoutée de David Livingstone était due à la fascination que celui-ci avait des femmes "Bakusu du Maniema", car c'est là qu'il a le plus séjourné avant d'être découvert à Udjidji.  Il semble que cette localité là ne lui a servi que d'exutoire pour rendre innocente sa rencontre avec Henry Morton Stanley qui le recherchait au nom de tout l'Occident éploré par le silence de ses voyages missionnaires en Afrique noire.  Peut-on dire de même de Tabu Ley quoi que n'ayant pas été l'objet d'un voyage dans un ailleurs des Amazones ?  Pourquoi pas ! ...
 
    Rochereau a voyagé, mais dans les paysage de sa poésie.  Le Docteur nico l'a compris et les deux se sont complétés sans se trahir à travers l'expression de leurs arrangements musicaux.  Rochereau et Nico c'était une fusion du chanteur et du guitariste, un mariage de la voix avec l'instrument.  En effet, ne voulant point souffrir de maladie d'amour, Rochereau a plongé dans la piscine de la musique pour y végéter allègrement au rythme des oscillations de l'horloge du coeur baigant les allégoriques océans du rêve.  Ce qui est incontestable, c'est la facture harmonique et mélodique de l'African Fiesta à ses débuts, celle-ci étonne plus d'un par la puissance des mots de son chanteur vedette qui sème à tout vent les paroles caressantes.  Même ceux qui n'aimaient pas Pascal Tabu étaient unanimes, Rochereau a prêté sa verve enchanteresse à toutes les bouches qui avaient en envie de dire je t'aime à une femme longtemps estimée.  Et que dire de ceux qui étaient en déficit des improtueuses adresses de tendresse ?  Ils n'ont pas souffert d'indifférence, Rochereau était leur moulin à émotion parlée et solfiée.
 
        Butu na moi na kolota
        Bolingo na ngai maria Chantal,
        Bongo oteli mabanzo motema,
        Yo nde libongo ndimela Rachel i e,
        Nakolobela yo ma belle
        Bolingo ah we leki na ngai,
        Na butu nakolota e nandimi e ekoteli yo
 
        Ref
 
        Maria Maria Chantale,
        Tindela ngai maloba ma yo,
        O motema motema na ngai,
        Nakolala se kobanza se yo
        Source : Rochereau dans Marie Chantale.
 
    Quelle femme peut résister quand son bien-aimé lui fait entendre ça, quel homme ne va pas exploiter ces paroles pour combler ses déficits de barratin ?  En connaissez-vous ?  Je doute, ils sont très peu des chanteurs de ce genre et Kallé, à ce moment-là, a pris momentanément congé de la  scène musicale pour préparer son retour sur le même chemin avec Jeannot Bombenga et Papa Noël Nedule.  Mais, au lieu de regarder chez ces voisins autres que l'African Fiesta, dépoussiérons qui étaient les fanatiques de cet orchestre dont on a dit "Nayoki mpe nsango na Léo African Fiesta kombo ya sika.
 
    Le début des concerts était toujours précédés des chansons Afro-cubaines.  Dehors les bars s'attroupaient des jeunes qui voulaient écouter la bonne musique, mais leur âge mineur les en empêchait, mais les plus âgés qui étaient sans travail furent dans la même condition de privation, car ce qui leur manquaient le plus, c'est l'argent pour le billet d'entrée.  J'avoue qu'ils étaient nombreux, ce sont ceux-là que les musiciens ont nommé "Les Ngembos".  Et assister au concert par l'extérieur à la bonne place requérait toute une gymnopédie.  La pratique du ngembonage suscita un verbe que d'aucuns savent : "Ngemboner".  Ceux qui s'addonaient à cet exercice n'étaient pas des ploucs, c'était des gaillards et des personnes exercées à la bagarre.  Il fallait être fort pour se disputer les meilleurs place ou encore avoir suffisamment de prestige pour ne pas se voir arracher sa copine par un autre garçon plus fort que soi.  Les Bars célèbres du temps de Tabu Ley dans les années '64 et '65, en particulier sont :
  • Le Vis-à-Vis Bar à Matonge ;
  • Engels Bar à Dendal (Kasa-Vubu);
  • Perruche Bleue (plus du pop et du jazz) ;
  • David Bar à Bandal ;
  • Alfonso Bar à Bandal ;
  • Chez Nzuzi Bar à Kintambo ;
  • Bar La Délice à Kintambo ;
  • Chez Maître taurreau à Yolo, etc.
    Les Ngembos sont pour la plupart des Yankés disséminés ici et là.  Quand on a leur amitié, on jouit automatiquement de leur protection et de leur soutien.  Peu importe le statut qui les condamne à regarder évoluer de loin leurs vedettes bien-aimées, les Yankés sont généralement des gars de grand coeur, mais entrapinés aux réflexes du Far West pour survivre dans leur milieu.  Qu'à cela ne tienne, ceux-ci seront retribués par Rochereau qui constate que sans eux, sa notoriété et celle de l'African Fiesta sont en partie décapitées.  À deux reprises, Rochereau leur dédiéra sans se faufiler des chansons à succès : "Ba Bill oyé" en 1964 et "Ba ngembo bo juger" en 1966.  Ces chansons respectent scrupuleusement le décor de la posture dont se réclament les Yankés, les Bills et les Nkiliba. 
 
    Dans la première chansons Ba bill oyé, la scène a pour espace Matonge là où se trouve le Bar Vis-à-Vis, car c'est à cet endroit que se concentrent beaucoup des Yankés et des Nkiliba, (catégorie au sein duquel on trouve des sans-souci, des sans abris, des chômeurs et des animateurs de tout bord), ceux-ci y finissent leur journée à Djakarta, nom donné par Franco au petit marché de bwaka nzoto dae la périphérie de la maison communale et le rond-point Victoire.  La duexième pièce a pour localité le stade municipal de Bandalungwa faisant face au David Bar.  Il arrivait que l'motion de la satisfaction apportée par cette sorte de reconnaissance que les yankés, comme un seul homme, entrent dans le bar y soutirent Rochereau et le portent en triomphe pour l'y retourner après.  Au stade municipal de Bandalungwa, cette scène est arrivée plusieurs fois entre 1966 et 1968.
 
    Ceci dit, Rochereau est un chanteur qui casse allègrement les "Tabous", il est le premier à oser chanter la femme au-delà des limites d'expression permise.  Ce n'est pas avec désinvolture, mais avec le génie littéraire que redoutait les conservateurs de tout bord.  Par exemple dans "Slikutu".  Dans cette chanson, Rochereau va loin, il exprime sa peine jusqu'au degré de montrer sa fragilité psychologique devant la rupture.  En fait, c'est une femme qui relate sa douleur à travers la voix de Tabu Pascal et qui jure presqu'en disant que cette décption lui donne envie de faire un mal capital contre celui qui l'a quitté.  Les mots ne sont pas vulgaire, mais poignant avec le tragique du "Cid" de Pierre Corneille.  C'est également pareille dans "Ya Gabi ngai leki na yo".  Rochereau dénonce les caprices d'une bien-aimée qui n'a d'idéal en amour que quand l'argent se montre maître pour la domestiquer.  Encore une fois dans cette oeuvre, Rochereau se surpasse en démontrant à cette dernière le contraire de ses illusions, il passe pour celui qui a joué au pauvre, mais en fait, il est plus creusus que le Jules qui l'a corrompue.
 
    Sans les femmes, Rochereau n'est pas Rochereau, il ne peut pas être artiste en dehors d'elles parce qu'il sera privé de toute inspiration.  La différence entre Rochereau et les chanteurs de l'Ok Jazz est dans le fait que 99 % de ses thèmes sont liés à l'amour, or chez Franco, il y a tout, l'amour (Ngai Valenta ata nayebi), la vie sociale (Zuani nabala na mbongo), la religion (Liwa ya Wetshi a un solo de Dies irae), la sorcellerie (Cathérine ndoki), les personnages (Bulundwe gouverneur ya Katanga ou Commisaire Mwaku ya Kwango), politique (Ba nationalistes balati pili dédié à Lumumba assassiné).  Chez Rochereau, la politique ne vise qu'à donner un message ponctuel ou à exprimer une objection pour ou contre l'autorité.  Très souvent, c'est aux élites dirigeante et aux intellectuels qu'il s'adresse dans ce cas-là.  Aussi, les opportunités de se faire remarquer poussèrent Rochereau à montrer qu'il peut faire ce qu'il ne fait pas d'habitude.  Le passage à l'Olympia et les chansons comme "Pitié toi mon amour" et "Ce soir sur la rivière" sont à prendre comme des chansons entrant dans le registre consistant à prouver ses multiples capacités de polyvalence.
 
    Rochereau est un amoureux à la verve facile, il n'a pas insulté la femme dans ses oeuvres, il a tout fait pour la préserver en la présentant comme l'espoir de la libration de l'esprit et de l'âme.  Certes, il y a ici et là des petites insunuation comme "oyo mwasi mensonge, malamu nalata mosolo lokola ekoti".  Mais Rochereau ne va pas au-delà de ces limites permises par l'éthique publique et les valeurs obligatoires des prérequis sociaux linguistiques.  Évidemment, celui qui veut aller loin pour me contredire, sans doute il ne manquera pas de trouver la bibite.  Tout compte fait, Rochereau est un homme, il peut avoir s'être trompé, mais il n'a pas été un homme impudique avec les femmes, c'est un gentleman poli, un insatiable mendaint de l'amour venant du coeur des femmes.
 
III.    L'APPORT NOUVEAU DE L'AFRICAN FIESTA ENTRE 1963 ET 1965
 
    On ne saurait dire mieux, la contribution de Rochereau Pascal et le Docteur Nico après avoir quitté l'African Jazz se situe dans leurs personnalités, ces deux artistes veulent vivre la musique sans contrainte et exceller avec les richesses de leurs talents naturels.  Cependant, s'il importe de répondre à tout à l'interrogateur impersonnel qui veut exactement connaître ce que ces jeunes artistes des années '60 ont donné, il convient de fixer leur apport sur deux dimension créatrice de la Musique Congolaise Moderne.  Rochereau et Nico arrive avec un bagage de deux dimension, c'est le Concerto de la voix et le concerto de la guitare.  Dans une même pièce, l'un et l'autre s'exprime à sa façon avec la particularité de son génie.  la voix de Rochereau est d'une suavité qui a longtemps fait rêver les auditeurs et les disciples de sa science.  La guitare de Nico est tout, elle n'a pas besoin des autres instruments pour se faire compléter dans l'exécution d'un chant.  Alors, la fusion de deux produit un double concerto qui se fait combat.  Le mot concerto est d'ailleurs génériquement duel ou comba en latin.  Tabu Rochereau et le Docteur Nico se battent l'un et l'autre avec leurs instruments, le premier, c'est sa voix et l'autre c'est sa guitare.  L'une des façons les plus achévées de cette expression se trouve dans l'arrangement de la chanson "Sey, Sey" sur ce lien : http://www.youtube. com/watch? v=FxcH4a6OXtw&feature=related
 
    Entre 1963 et 1965, Rochereau a composé ses plus belles chansons du répertoire de la Musique Congolaise Moderne.  D'aucuns nommeront cette époque à l'avenir, "La période classique de Rochereau".  Effectivement, elle en était une.  Les chansons des Rochereau étaient des thérapie.  Plus d'une fois j'ai eu à le prouver sans chercher vraiment à procéder à l'exercice de vérification.  Notons que 1963 est le moment que Mulele Pierre déclenche la rébellion au Bandundu, le Congo sera en peu de temps divisé en deux entités, celle de l'Ouest sous l'autorité de Kinshasa et celle de l'Ouest sous la mouvance de Gbenye à Stanleyville et Bukavu.  Le peuple exténué par les chicanes politiques et la guerre civile due à la guerre froide et la subversion au Congo ne pouvait se consoler qu'à l'écoute des chansons comme celles de Rochereau en attendant d'écouter aussi Franco qui n'était pas de moindre.  Les sketch de Maboké avaient, en général, jeté leurs dévolu sur l'OK Jazz. 
 
    Il n'emêche que Rochereau, pour les jeunes surtout était une révélation.  Dans les zones occupées par les rebelles, j'ai eu à entendre les "Chef Simba" dire que lorsqu'ils seront à Léopoldville, ils inviteront Rochereau à leurs bals de la victoire.  C'était à Vunga, près de Wembo Nyama, dans la région de Lubefu.  Je me trouvai là en vacances debout presqu'à côté de "Maman Onema" qui était l'oraclesse et la druide féticheuse des Simbas mulélistes.  Cette opportunité de voir cette dame que l'ANC redoutait était un hasard dû à l'arrêt du cortège des rebelles près moi.  Était à mes côtés pour me protéger, le Docteur Kembe Raphaël.  C'était assez étonnant de voir que ces hommes qui tuaient d'autres hommes par multitude étaient eux aussi sensible à poésie de Rochereau.  L'un d'entre eux, nommé Lohayo, a même dit à cette occasion à ses amis d'infortune que sa prmeière rencontre avec l'aura de Léopoldville, ce sera celle d'aller congratuelr Rochereau.  Qu'est-ce qu'ils entendaient ces rebelles, rine d'autre que "Le secret de toute enfance" que j'ai mis en exergue de ce journal.
 
    En dehors de cette parenthèse, Rochereau et Nico ont su intégrer des audaces encore inconnues dans le monde de la musique jouée au Congo.  C'est l'intrépide immersion de la guitare hawaïenne dans la Musique Congolaise Moderne.  Tout le monde l'appelait  à l'hawaïenne sans trop savoir comment était cet instrument qui répandait des sons faisant des rond et des elypses dans l'acoustique de l'air à l'oreille.  Lorsque, moi Djamba Yohé et Pépé Felly avions demandé à Nico qui lui avait suggéré d'introduire la guitare hawaïenne dans la Musique Congolais Moderne, celui-ci nous répondit qu'il ne pensait même pas à cet instrument que sans doute, il ne connaissait même pas.  Il ajouta, et cela en sa présence, que c'était Papa Roger Izeidy, au cours de l'un de ses voyages en Europe à la fin de 1963 qui lui avait apporté cet instrument.  Nico dit encore qu'il ne savait même pas la jouer, c'est au fil des lectures de son mode d'apprentissage qu'il a vite compris comment l'utiliser.
 
    L'African Fiesta de 1963 et 1965 était un orchestre qui a innové la Musique Congolaise Moderne avec les audaces des deux personnalités que sont Rochereau par sa facture tessiturale et Nico par ses possibilités multiples de la connaissance de l'harmonie.  De toutes les façons, dans l'African Jazz, tous les musiciens s'étaient frotté au solfège et presque tous étaient des musiciens avec des professions de qualification ailleurs.  Joseph Kabaselle, Roger Izeidy, Rochereau sont des experts en comptabilité, le Docteur Nico était professeur de mécanique à l'École technique professionnelle de N'Djili, Edo clary était un ingénieur naval, Willy Mbembe de la trompette était un fonctionnaire au building administratif, manu Dibango était un pianiste et saxophoniste de formation, donc lisant la musique à vue, Charles Antoine Kibonge était un pianiste de Conservatoire, Tino Baroza était professeur de guitare et s'apprêtait à venir enseigner au Conservatoire national d'Arts Dramatique quand la mort l'a surpris au Cameroub quelques jours avant son retour au pays où l'attendait Philippe Kanza le Directeur de cette Grande École qui était là où se trouve aujourd'hui le Stade des Martyrs.
 
    Quand on commence à faire de la musicologie avec les production de Rochereau, on va s'apercevoir que c'est lui est le Docteur Nico qui ont ressorti l'art de l'usage de la voix à des fins lyriques sentimentales et passionnelles sans se soucier des règles en vogue à l'époque et l'art de faire de la guitare la compagne fidèle du chanteur ténors sans se faire du chagrin en l'absence des instruments aérophones et percussifs.  On peut se figure cela à travers les instroductions ees chansons comme :
  1. Nakufa na ngai kala o nazelase kopola, oeuvre marquée par l'autorité de la voix et du chant ; 
  2. Tango ekoki Fiesta atika bino mpo akende na mokili mosusu, oeuvre tissée par l'expression sonore de la guitare ;
  3. Ya Gaby ngai leki na yo, oeuvre marquée par un mariage partagé de la voix et de la guitare ;
  4. Minge Minge, en musique classique, c'est un rondo ;
  5. Sey Sey la Cubana, c'est un double concerto de la voix et de la guitare ...
    L'on peut dire pour clore cette page que Rochereau n'est pas un musicien arriviste, c'est un artiste né qui a su développer son talent au fil des transitions d'histoire de sa vie et des saisons politiques et culturelles.  Le message de Rochereau est tissé d'une poésie lyrique qui fait rêver tous ceux qui l'écoutent, même les rebelles et sa nature est l'une de celle que l'on ne peut pas domestiquer puisque son âme est constamment emportée par des envolées romantiques qui échappent à la lecture des intuitions normales.  Il est digne et bienveillant de rappeler les contributions d'un artiste de sa trempe pour livrer à la postérité la taille de celui que nous nommons Tabu Ley dans la philologie de notre mémoire et l'anthologie de notre dictionnaire des Grands Congolais immortels.
 
PS : Pour toi Nzita Mabiala, à Zürich Elima Dimanche au nom de Tabu Ley.
 
(À suivre)
 
Gaston-Marie F.
Djamba Yohé,
Le Congolais de l'Atlantique Nord.
Ottawa, le 15 septembre 2009
Canada.
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Danielus 15/03/2010 20:15


Lorsque qu'on parle de célébration de l'anniversaire des 50 ans de certains pays africains, on ne cesse de penser à la femme qui a été longtemps laissée à la traîne. Cela vaut pour le temps d'avant
indépendance et du temps après indépendance. Cependant, ce sont leurs maigres revenus qui animent l'essentiel de la vie socio-économique en Afrique. Lire la suite sur : danielus.over-blog.com


JP Lubaya 24/09/2009 20:14


Juste un rectificatif sur les paroles de la chanson Maria Chantal: BUTU NA MOYI NA KOLOTA, BOLINGO NA NGAI MARIA CHANTAL,BO photo, na makanisi na ngai etikali bongo libela..au lieu
de Butu na moi na kolota

        Bolingo na ngai
maria Chantal,


        Bongo oteli mabanzo
motema,


        Yo nde libongo ndimela Rachel i
e,


        Nakolobela yo ma
belle


        Bolingo ah we leki na
ngai,


        Na butu nakolota e nandimi e ekoteli
yo


 



Distribution prospectus 17/09/2009 15:41